644 – LA REVANCHE DES URNES

Posted on novembre 19, 2016 par

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La connivence entre les media et les politiciens fait partie du jeu de la démocratie parlementaire. Ils ont besoin l’un de l’autre pour asseoir leur pouvoir et dominer les citoyens. Mais aujourd’hui la défiance est totale vis-à-vis de l’un comme de l’autre.

Le résultat des dernières élections au Royaume-Uni et aux USA atteste de ce rejet massif de cette oligarchie qui se croyait tout permis et qui utilise les institutions démocratiques pour servir leurs propres intérêts. Pour eux, le vote pour le Brexit et l’élection de Donald Trump font l’effet d’un tremblement de terre tant ils s’étaient acharnés à nous faire peur, comme si le ciel allait nous tomber sur la tête et le sol se dérober sous nos pieds. Rien de tout cela n’est arrivé, sauf que les media et leurs acolytes politiques sont un peu plus discrédités.

L’insulte suprême pour l’oligarchie au pouvoir consiste à traiter de « populistes » tous ceux qui remettent en cause ce système dans lequel la démocratie est truquée et la parole du peuple étouffée. En fait, les populistes seraient ceux qui voudraient redonner la parole aux citoyens et tenir compte de leurs souhaits, de leur vision de la vie. Dans ces conditions, soyons populistes ! Les media ont pris l’habitude de nous dicter ce que nous devons penser de tel ou tel événement, ils prétendent influencer nos choix électoraux en indiquant pour qui il faut voter et pour qui il serait inconvenant de voter. Nous refusons ce diktat et nous estimons être en mesure d’apprécier par nous-mêmes à qui nous pouvons faire confiance et déléguer notre pouvoir.

Selon l’oligarchie qui prétend nous dominer, le Brexit devait signer l’effondrement de la Grande- Bretagne et de l’Union Européenne qui ne sauraient survivre l’un sans l’autre. Dans les faits, ce Brexit est une occasion pour le Royaume-Uni de se recentrer sur ce qui lui paraît essentiel et de jouer à fond la carte du libéralisme qui lui réussira mieux que la bureaucratie bruxelloise. Pour l’Europe, c’est l’occasion rêvée de se débarrasser de l’handicap anglais et de retrouver l’esprit et les valeurs qui avaient animé les pères fondateurs de l’Union. C’est désormais à chacun de jouer sa partition au mieux de ses intérêts. Contrairement à tous les oiseaux de mauvais augure politico-médiatique, le Brexit peut être une chance inespérée pour la refondation de l’Europe, si elle sait la saisir.

A entendre les mêmes, l’élection de Donald Trump devait annoncer l’effondrement des bourses mondiales, l’apocalypse, la fin des temps, le triomphe du mal sur le bien. En fait tout est resté calme, mis à part les lamentations politico-médiatiques et les bla-bla habituels ad nauseum ! Comme les autres, le nouveau président des Etats-Unis devra faire avec la réalité. Il ne semble pas suicidaire et il se peut même qu’il ait assez de bon sens pour faire mieux que ceux qui se prévalent d’intellectualisme ! Ce rebelle, apôtre du politiquement incorrect, est plus intelligent que voudrait nous faire croire l’hystérie médiatique qui s’est déchainé contre lui.

Ce qui est probable, c’est que cette élection soit bénéfique pour l’Europe. Le slogan princeps de Donald Trump est « America first », ce qui signifie un certain repli de l’Amérique à l’intérieur de ses frontières au lieu de vouloir régenter le monde. Cela devrait obliger l’Europe à prendre son destin en main et se doter enfin d’une armée commune au lieu de toujours s’abriter derrière l’armée américaine. Par ailleurs, Donald Trump ne semble pas avoir d’animosité particulière contre Wladimir Poutine, contrairement à son prédécesseur dont l’administration rêvait d’en découdre avec la Russie. Les américains avaient procédé à un véritable encerclement de la Russie avec des bases militaires disposées tout autour de l’Empire. L’agressivité américaine s’était même exercée jusqu’en Ukraine en fomentant une révolution anti-Russe ! Si Donald Trump délaisse cette politique agressive au profit d’un accord loyal avec la Russie, l’Europe ne peut qu’applaudir car elle ne souhaite nullement la confrontation avec la Russie qui devrait être à la fois une amie et une alliée, au même titre que les USA.

Dans un autre ordre d’idée, la soi-disant élite politico médiatique nous abreuve depuis des lustres des bienfaits supposés de la mondialisation, c’est-à-dire de l’ouverture des frontières à tous les vents de la concurrence mondiale, aussi sauvage qu’acharnée. Dans les faits, et comme nous pouvions nous y attendre avec un peu de bon sens, cette mondialisation a profité essentiellement à l’élite super diplômée, mobile et polyglotte qui exerce ses talents au sein des grands groupes multinationaux qui s’étendent d’un bout à l’autre de la planète. Les plus grands bénéficiaires de la mondialisation sont naturellement les actionnaires de ces multinationales sur lesquelles le soleil ne se couche jamais. Autrement dit, la mondialisation a été préparée et mise en œuvre par les plus riches, au profit quasi exclusif des plus riches !

Nous assistons aujourd’hui à la revanche des urnes. La grande majorité des citoyens américains ou européens ont été personnellement les premières victimes de la mondialisation. Sous le joug implacable de la concurrence mondialisée, ils ont vu leurs emplois menacés, puis supprimés, au profit d’une main d’œuvre asiatique innombrable, laborieuse et spartiate. Tous les grands discours de la sphère oligarchique qui se répandent sur les ondes ne feront rien contre cette évidence criante et douloureuse : la mondialisation s’est faite au dépens des travailleurs occidentaux, devenus le tiers monde des banlieues, des villes et des campagnes.

Ce qui m’étonne le plus, c’est l’étonnement de cette oligarchie méprisante, face au rejet massif et total dont elle est l’objet. Elle est responsable d’une mondialisation excessive et mal préparée, ainsi que d’une immigration massive non contrôlée, il est donc normal qu’elle en assume les conséquences en laissant la place à ceux qui prétendent, à tord ou à raison, être capables de réparer les erreurs commises. D’un bout à l’autre de l’Europe, tout ce petit monde des media et du politiquement correct tremble désormais par la peur d’être balayé par les urnes. Le vent de la revanche couve et la rébellion populaire a besoin d’être assouvie.

Les nouveaux venus seront-ils à la hauteur du défi ? Il est certainement souhaitable que l’Amérique et l’Europe se recentrent sur leurs valeurs propres pour être plus forts. Mais le défi de l’Europe est plus grand encore car elle doit parfaire son unité et le pire pour elle serait, au contraire, de se laisser aller à la facilité de la dissolution et du démembrement. Il est toujours plus facile de descendre une pente que de la remonter…

Posted in: Politique