650 – L’ESPECE HUMAINE SERA T-ELLE STERILE ?

Posted on janvier 8, 2017 par

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Pour de nombreux couples, avoir des enfants est devenu de plus en plus difficile. Aujourd’hui, des familles entières, sur plusieurs générations sont incapables de se reproduire sans l’aide de la médecine. De plus en plus souvent c’est la stérilité masculine qui est en cause et le phénomène s’aggrave.

Le sperme d’un homme jeune, fécond, contient au minimum 15 millions de spermatozoïdes par millilitre, mais il peut en contenir 10 fois plus. Hélas, la pollution chimique fait des ravages à ce niveau là aussi, au point qu’actuellement, dans les pays développés, 20% des sujets jeunes présentent des altérations sévères du sperme. Il s’agit le plus souvent d’une baisse drastique du nombre de spermatozoïdes et d’une moindre vigueur qui les rend incapables de pénétrer dans l’ovule. C’est dans ce contexte que la stérilité des couples est en constante augmentation, aggravée aussi par le fait que les femmes font des enfants de plus en plus tard, à un âge où leur fertilité est amoindrie.

Photographie d'une injection intracytoplasmique d'un spermatozoïde dans un ovule.

Photographie d’une injection intracytoplasmique d’un spermatozoïde dans un ovule.

 Face à cette situation, la médecine a recours à la fécondation in vitro : un ou plusieurs ovules sont prélevés dans les ovaires de la femme et sont mis en présence des spermatozoïdes dans un tube à essai. Mais, pour faciliter la pénétration, l’expérimentateur est souvent obligé de percer la membrane de l’ovule et d’injecter directement un spermatozoïde. Cette injection intracytoplasmique est dénommée ICSI. Après cette fécondation forcée l’œuf qui en résulte est réintroduit dans l’utérus de la femme où il poursuivra sa destinée. Il donnera naissance à un enfant en bonne santé. La pratique est devenue courante puisqu’un enfant sur 50 nait de cette façon !

Mais ce succès de la médecine est néanmoins obscurci par un phénomène qui vient d’être décelé, à savoir que les enfants masculins d’un père stérile seront eux-mêmes le plus souvent stériles. Les couples candidats en sont informés, mais ce désavantage ne les dissuade pas de recourir à l’intervention. Ils préfèrent avoir recours au sperme défaillant du père plutôt que de recourir à un donneur. Dans une chronique précédente je montrais comment la technologie médicale pourra très bientôt permettre d’obtenir des enfants sans défauts physiques suivant le rêve de nombreux parents (Chronique 634 – Corriger le code génétique). Mais ici, nous constatons que le rêve d’avoir un enfant à soi et de soi, porteur d’un défaut connu, est préférable au risque de défauts imprévisibles en provenance d’un donneur.

La baisse de la fécondité est devenue un phénomène majeur dont on ne mesure pas encore bien les conséquences au niveau de la société humaine et des risques qu’elle fait courir sur la survie de notre espèce. Il est désormais possible d’être stérile de père en fils ! Ceci semble défier le bon sens, mais il faut envisager des familles entières dans lesquelles tous les enfants mâles sont stériles et qui devront recourir à la médecine pour se reproduire…

Dans ce contexte, la médecine va à l’encontre de la sélection naturelle qui était encore en vigueur il y a vingt ans. Permettre aux couples stériles de se reproduire, c’est favoriser la stérilité et l’entretenir. La faune sauvage n’est pas à l’abri de ce phénomène de stérilité induite par les polluants. Dès les années 50 les chercheurs ont fait le rapprochement entre la disparition de la loutre en Grande-Bretagne et l’utilisation d’un insecticide, le Dieldrine. Dans les années 60 ce fut le tour des visons du Michigan intoxiqués par le PCB. Puis, dans les années 80, on observa le même phénomène sur les alligators et les panthères de Floride. Plus tard il fut noté une intersexualité chez les poissons, une baisse de la fertilité chez les ours polaires et les oiseaux marins, avec diminution de la taille des organes génitaux mâles.

Il n’est pas possible de se contenter d’étudier ce phénomène de stérilité sans déterminer les causes, les analyser et proposer des solutions. Il est déjà bien connu que le tabagisme a un effet très néfaste sur la fécondité des hommes et des femmes en accélérant le processus de vieillissement. Une femme qui fume aura une ménopause précoce et risque donc de ne pouvoir procréer si elle tarde à vouloir être mère.

La pollution de l’air est un facteur important qui a été mis en évidence dans une étude portant sur des sujets masculins travaillant aux péages des autoroutes et dont la fécondité était diminuée par rapport à un groupe témoin.

unknown Mais c’est du côté de la pollution par les pesticides où semblent résider les coupables et, plus précisément, les tristement célèbres « perturbateurs hormonaux » qui ont un effet féminisant. Ainsi, les petites filles sont pubères de plus en plus jeunes, les femmes ont des seins plus volumineux et les jeunes hommes peuvent avoir des atrophies testiculaires et des anomalies du sperme. Néanmoins les perturbateurs hormonaux ne sont pas les seules substances féminisantes de notre environnement, il faut aussi compter sur les résidus de certains médicaments dans les eaux de boisson, à commencer par les estrogènes des pilules contraceptives et des glucocorticoïdes, en abondance dans les urines des femmes et qui ne sont pas éliminés par les procédés actuels d’épuration.

Ce phénomène de stérilité masculine est en constante augmentation ce qui peut susciter quelques inquiétudes dans les milieux médicaux spécialisés. Pour l’instant le seul remède consiste à rechercher une vie saine et s’astreindre à consommer principalement des produits issus de l’agriculture biologique qui ne peuvent, par ailleurs, n’avoir que des effets bénéfiques sur la santé. Les aliments industriels font courir un grand risque à notre santé. Il faut aussi éviter de consommer des aliments ou de l’eau qui ont séjourné dans des récipients en matière plastique qui contiennent des phtalates ou du bisphénol qui sont aussi des perturbateurs endocriniens.

Baisse continue du nombre de spermatozoïdes.

Baisse continue du nombre de spermatozoïdes.

 De nombreuses substances chimiques sont en cause et il conviendrait d’en interdire l’usage d’urgence ou de les mieux contrôler, mais les années passent et les gouvernements ne font rien, comme sur de bien d’autres sujets, car ils sont trop dépendants du lobby de la puissante industrie chimique et pharmaceutique. Finalement, les maladies ainsi générées constituent une source importante de revenus pour l’économie en général, le phénomène n’est donc pas prêt d’être enrayé… Personne n’y a intérêt, sauf vous et moi, bien entendu, mais qui s’en soucie? Les scientifiques peuvent continuer à s’alarmer et à faire des congrès sur le thème, ils ne seront pas entendus tant que les citoyens resteront muets et dociles !