674 – LES FEMINISTES

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L’étendard féministe n’est pas encore rangé dans le placard ! Elles sont encore sur la brèche, toujours prêtes à un nouveau combat, insatiables dans leurs revendications jusqu’au ridicule et à l’absurde. La nouvelle tendance est au néo-féminisme, version intégriste du féminisme de maman…

L’origine

Simone de Beauvoir telle une adolescente, voulait choquer le bourgeois!…

 Je ne vais pas faire ici l’historique du mouvement féministe qui eut ses heures de gloire et ses succès bien mérités. Néanmoins, je situe vers le milieu du 20ième siècle l’apogée du mouvement féministe dont le point d’orgue fut sans doute atteint en Mai 68, date à laquelle on peut dire que le monde a basculé.

Il faut dire que nous venons de loin, dignes héritiers des valeurs judéo-chrétiennes qui enfermaient les femmes dans un rôle strictement familial, sous la sujétion masculine. Il fallut attendre les philosophes de l’existentialisme pour que le mouvement féministe reçoive ses lettres de noblesse grâce en particulier à Simone de Beauvoir.

Mais la plus grande aide à la cause féminine est venue des philosophes, dits de la «déconstruction», qui entreprirent le formidable travail de démolition de l’ensemble de nos mœurs et de nos valeurs traditionnelles. C’est Derrida qui utilisait l’expression de « phallo-logo-centrisme » pour suggérer à la fois la domination masculine (le phallus) et celle de la raison (logos). Ce phallo-logo-centrisme étant, selon lui, à l’origine du colonialisme, de l’oppression des femmes et de la nature en général.

C’est aux USA qu’est né l’éco-féminisme selon lequel il existerait un lien direct entre l’oppression des femmes et l’asservissement de la nature. Ainsi, la défense des unes et de l’autre ne saurait être séparée.

La pensée 1968

 En 1968, on est passé de la théorie à la pratique. Le slogan « faire l’amour et pas la guerre » fut le plus écouté sur les campus ! Ce fut comme un grand moment de délivrance après des siècles de séparation des sexes jusqu’au mariage. Si les femmes furent les bénéficiaires de ce mouvement de libération, les hommes en profitèrent aussi !

Dans le même élan, un beaucoup plus grand nombre de filles entreprirent des études longues et la majorité quittèrent les travaux domestiques pour un travail rémunéré.

Au fil des années, les idées qui percèrent à l’occasion de Mai 68, s’infiltrèrent dans la société au point que progressivement les femmes pouvaient se féliciter d’avoir atteint l’égalité des sexes tant réclamée.

Désormais, elles peuvent conduire un tracteur, porter des sacs de ciment et même faire la guerre. Elles sont donc supposées être épanouies et sereines. Restait encore à atteindre la même responsabilité politique que les hommes, c’est chose faite en France avec l’élection de la nouvelle assemblée.

L’amour

Jadis les mariages étaient arrangés. On ne parlait pas beaucoup d’amour, mais de patrimoine, d’intérêts des familles, ou de lignées. Le pater familias décidait du destin de ses enfants et il n’était pas question de se rebiffer.

On peut dire que le 20ième siècle a vu naître le mariage d’amour, puis l’union libre sous-tendue par l’amour. L’amour est désormais ce qui donne sens à la vie et qui permet à la femme de choisir son destin pour le meilleur et pour le pire.

Le couple n’est plus fait pour durer, mais pour célébrer l’amour. Si l’amour s’estompe parce qu’il n’a pas été assez entretenu, le couple se dissout. Pour faire face à ces aléas, la femme travaille et assume sa liberté, même si elle est parfois lourde à porter.

Dans le même mouvement de libération, de plus en plus de jeunes femmes se sont affranchies presque totalement des tâches ménagères qui sont devenues, à leurs yeux, humiliantes et dégradantes. Ce féminisme triomphant revendique la liberté et l’absence de contraintes au point parfois qu’il conduit à une certaine irresponsabilité puérile.

Un grand nombre de jeunes femmes modernes attendent tout de l’homme. Il doit être irréprochable à tous les niveaux : un excellent amant, cela va sans dire, mais aussi un gentil mari, un père exemplaire, un travailleur bien rémunéré et enfin un aide ménager efficace. Ces exigences élevées peuvent s’accompagner de récriminations véhémentes à la moindre négligence. Ces jeunes femmes, filles de la génération 68, mettent la barre très haut et sont donc difficiles à satisfaire. Elles peuvent même devenir des sortes d’adjudants pointilleux.

Je connais bien des hommes de ma génération qui remercie le ciel ne de pas avoir 30 ans aujourd’hui !

Le néo-féminisme

Les jeunes filles modernes s’exhibent volontiers de façon provocante et mettent en avant leurs atouts féminins. L’impression qui en ressort, c’est qu’elles sont en permanence dans une surenchère outrancière.

 Il est bon que la jeune femme soit fière de son corps mais, sous l’influence d’un féministe conquérant, elle se transforme en aguicheuse professionnelle. Sous l’influence d’une idéologie victimaire, elle se plaindra sans vergogne, et non sans hypocrisie, de l’assiduité excessive des hommes. Je leur dirais qu’un attitude vulgaire attire la vulgarité !…

Comme chacun sait, la provocation n’a pas de limite et l’intégrisme guette toujours tous les mouvements qui se radicalisent. La dernière trouvaille, le dernier étendard des néo-féministes n’est autre que le sexe féminin qu’il faut désormais montrer dans son intimité la plus profonde ! Elles sont encouragées « à célébrer les vagins, les vulves, les lèvres, les poils pubiens, les règles, la confiance sexuelle, l’amour de soi ». Les réseaux sociaux sont naturellement les véhicules idéaux pour diffuser ces images.

Montrer son sexe, pourquoi pas, Gustave Courbet, avec son tableau célèbre « l’origine du monde », avait déjà brisé ce tabou. Mais je vois comme une provocation d’adolescente le besoin d’écarter les cuisses afin de filmer son clitoris. On peut se demander si finalement ce féminisme intégriste ne conduit pas à une régression qui infantilise la femme et, une fois de plus, en fait un objet !

La morale n’est pas ici en question. Ce qui interpelle est plus grave : la bêtise érigée en slogan idéologique !

En 1882 Nietzsche avait inauguré l’ère qui annonçait « la mort de Dieu », après 1500 ans d’un règne sans partage. Aujourd’hui, les néo-féministes élèvent un panthéon à leurs nouvelles idoles, le vagin et le clitoris. Tout cela se célèbre sur Gynopedia ou sur les réseaux sociaux.

Gustave Courbet: « l’origine du monde »

2 comments

  1. De nos jours, je trouve qu’il est difficile de comprendre les raisons du féminisme et ses différents mouvements contemporains.
    Et ce n’est ni les conférences élitistes des universitaires, ni le brouhaha et la confusion entretenue par les médias de masse qui pourront vraiment nous éclairer sur les véritables motifs du féminisme.
    Pour comprendre le féminisme il faut connaitre sa véritable Histoire, plusieurs fois millénaires, et ses acteurs.
    Aussi, je souhaiterai que vous me permettiez de poster deux extraits de textes qui, pour moi, n’ont pas pris une ride, symbolisent et nous éclaire, très clairement et simplement, sur les origines du féminisme et l’importance du rôle et de l’action de la Femme dans nos Sociétés.
    D’avance merci.

    Extrait 1 : LE RESPECT DE LA FEMME (1902)
    L’époque à laquelle nous sommes arrivés est, de l’avis de tous ceux qui comprennent la signification des événements, une ère de révision générale.
    On remet en discussion toutes les questions qui ont été agitées par l’esprit humain depuis les temps les plus reculés, avec l’espoir que, de cet examen, sortira la vérité sur laquelle on posera les bases d’un régime nouveau qui donnera à tous une vie meilleure.
    Or, la base de toute réforme sociale c’est la reconstitution de la vie morale, c’est à dire des mœurs.
    Pour rétablir les relations de l’homme et de la femme il faut, d’abord, remettre les deux sexes à leur place, les faire rentrer dans le rôle que la nature leur a assigné, respecter les facultés de chacun et assurer leur plein développement.
    Si les bonnes relations de l’homme et de la femme ont été rompues, c’est parce que chacun d’eux n’occupe pas sa vraie place dans la société, ne vit pas suivant ses facultés.
    La femme est un être avili, placé dans la vie sociale à un rang inférieur à celui que la nature lui a assigné. Son autorité est nulle, sa parole n’est pas écoutée, ses œuvres ne sont pas estimées à leur réelle valeur, tout ce qui vient d’elle est déprécié.
    Cet état de choses a été résumé dans une phrase qui me fut dite un jour par le professeur Reclus : « Tout ce que vous faites est frappé de stérilité d’avance. »
    Or, le féminisme doit avoir pour but, avant tout, de remettre la femme à la place qui lui est due, dans la vie sociale et dans la vie familiale.
    Pour y arriver il faut diriger l’opinion de façon à ce que justice lui soit rendue devant l’esprit public.
    Pour que les droits sacrés de la femme soient reconnus, il faut d’abord les formuler. Et pour cela il faut commencer par étudier les conditions qui déterminent la valeur réelle des êtres et leur assigne une place dans la hiérarchie humaine.
    Ce n’est pas avec des formules vaines, répétées au hasard, avec des mots vides de sens qu’on résoudra cette grave question. Ce n’est pas non plus par vanité de sexe que la femme doit parler d’elle (ainsi que les hommes l’en accusent, supposant qu’elle se met, comme eux sur le terrain de l’intérêt personnel), c’est dans un esprit de suprême justice que la femme, laissant de côté toute modestie imposée et trop facilement acceptée doit étudier les conditions qui différencient les deux sexes, au point de vue anatomique, physiologique, psychologique et moral.
    C’est à elle qu’incombe la tâche de faire connaître la valeur de l’être humain qu’elle représente et l’étendue des facultés dont elle est douée.
    Tant qu’elle n’entrera pas résolument dans cette voie, définissant elle-même les différences qui existent entre les deux sexes, l’ignorance qui règne en ces questions perpétuera les conflits, prolongera les luttes.
    Le grand devoir de la femme est de sortir de sa passivité docile, de faire acte d’indépendance intellectuelle en commençant par étudier sa réelle nature. Elle serait coupable si elle continuait à accepter les enseignements et les conclusions humiliantes des hommes qui l’infériorisent et à s’incliner devant eux comme devant des maîtres.
    C’est à cette condition seulement qu’elle saura diriger sa vie, faire l’éducation morale de ses enfants, jouer un rôle utile dans la société.
    Mais cette science acquise lui impose de grands devoirs, car alors elle comprend que son intervention est nécessaire pour éclairer les autres.
    Quand la femme saura quelle est sa propre valeur, c’est elle qui rétablira « LE RESPECT DE LA FEMME » et en imposera, à l’homme, le devoir.
    Pour se faire respecter, il faut, avant tout, se respecter soi-même.
    Cet auto-respect, c’est la dignité, sentiment qui consiste à se mettre soi-même à sa vraie place afin que les autres reconnaissent notre valeur.
    Et comme la valeur intellectuelle et morale de la femme, généralisée, doit s’étendre à tout le sexe féminin, il faut que les femmes les plus éclairées, les premières initiées à cette science nouvelle, fassent respecter les autres femmes ignorantes des lois psychiques de leur féminité afin que les hommes comprennent enfin les devoirs qu’ils ont à remplir vis-à-vis de l’autre sexe, c’est à nous de leur dicter l’attitude qu’ils ont à prendre envers nous.
    La femme est l’éducatrice de l’homme, et son premier devoir, pour remplir cette mission, c’est de diriger l’opinion, qui est la reine du monde, de manière à rétablir « le respect » qui disparaît de toutes les nations où la femme ne sait pas se mettre elle-même à sa vraie place.
    C’est l’opinion qui règne dans le milieu ambiant qui fait le respect ou l’irrespect. Elle est mal dirigée presque partout. C’est pour cela qu’on a pu dire : « L’opinion, c’est l’erreur du plus grand nombre. » Pourquoi les femmes qui sont le nombre, et même le plus grand nombre, ne réagissent-elles pas, chacune dans sa sphère, contre tout ce qui avilit la femme : les affiches indécentes, la littérature scandaleuse, les publications pornographiques, le théâtre démoralisant, les propos malveillants tenus sur chacune de nous pour diviser le féminisme?
    Pourquoi permettent-elles que « l’opinion » soit la sanction de tous les mensonges, la force de toutes les erreurs, la ressource de tous les fourbes ?
    Je ne sais pas ce qu’il y a de plus dangereux pour notre avenir moral : les hommes qui inventent les erreurs ou les femmes qui les propagent ?
    Appliquons-nous à changer l’opinion, à la diriger dans le sens de la vérité et de la justice, et tout le reste viendra sans efforts.
    Et nous n’avons pas seulement à faire l’opinion dans la vie présente. Pour rétablir « le respect de la femme », nous avons encore à remonter dans le passé, pour chercher dans l’histoire (ou à côté de l’histoire) comment elle a été avilie, quelles furent les phases de « Cette évolution lente qui la firent descendre de la Déesse antique à la prostituée moderne.
    C’est toute l’évolution des passions de l’homme et des faiblesses de la femme.
    En fouillant dans le passé nous trouvons que la femme a été discréditée de générations en générations, par le mensonge :
    On a caché ses œuvres ;
    On les a mises à l’avoir des hommes ;
    On a mis des noms masculins sur des personnalités féminines;
    Des époques toutes entières ont été effacées de l’histoire pour cacher sa gloire ;
    On a calomnié les grandes femmes en leur faisant une légende avilissante. Et si des hommes consciencieux cherchent eux-mêmes à rectifier l’histoire et à leur rendre l’auréole de gloire qu’elles avaient méritée, des femmes ignorantes continuent à discréditer leur propre sexe en propageant les récits mensongers. Elles se font injustes elles-mêmes pour les femmes calomniées.
    Elles se montrent sévères pour celles qui veulent les réhabiliter, comme si elles craignaient de se faire complices des vices que des imposteurs ont attribués aux grandes femmes jalousées.
    Elles ne savent pas que c’est leur premier devoir de s’instruire afin de ne plus jamais permettre la flétrissure de leur sexe.
    Nous savons aujourd’hui que les grands mensonges historiques ont été inventés pour nous cacher l’ancienne puissance de la femme, sa position suprême dans la religion, son grand rôle dans la société, son droit maternel, base de la primitive famille.
    Dès qu’elle fut vaincue dans les héroïques luttes de sexes de l’antiquité, on s’appliqua à justifier la domination de l’homme en donnant au sexe mâle toutes les supériorités et en affectant de croire à l’incapacité de la femme.
    Ce système a prévalu, il règne encore. Nos savants modernes s’occupent surtout de la femme pour lui chercher des tares afin de la déclarer inférieure et de dérouter ainsi ceux qui cherchent à définir, par la science, sa véritable nature. Et dans cet ordre de choses nous voyons encore des femmes faibles s’unir aux hommes fourbes et propager leurs allégations intéressées, sans aucune vérification, avec la même foi aveugle de celles qui ont propagé les mensonges de l’histoire.
    Or, nous devons avoir le respect de la vérité si nous voulons arriver au respect de la femme.
    Tant que le mensonge ne sera pas extirpé de la société, la justice n’y pénétrera pas.
    Cette question m’ayant grandement préoccupée, j’ai entrepris moi-même la rectification de l’histoire, en remontant aux sources les plus anciennes et les plus sûres, en comparant les différentes altérations des textes. L’ouvrage sur ce sujet a six volumes. Il est une complète réhabilitation de la femme, en même temps qu’il fait connaître les luttes de sexes dans toutes leurs manifestations, leurs origines et leur évolution dans toutes les nations.
    En terminant, je veux, Mesdames, appeler votre attention sur la gravité de l’époque actuelle.
    L’humanité est arrivée à une phase de son évolution où de grandes choses vont se décider.
    Les hommes, actuellement, sont encore indécis sur le parti à prendre vis-à-vis de la femme.
    Il dépend de nous de les amener à faire, avec nous, la brillante rénovation que nous rêvons, de conjurer la crise morale qui s’accentue de jour en jour, en marchant avec franchise et résolution dans le Bien, en ayant toutes les audaces contre le Mal. L’ère des concessions est passée, elles nous ont fait sombrer dans la dégénérescence de la race. Il nous faut maintenant un effort de volonté pour remonter la pente descendue par nos aïeules ; il faut renoncer aux anciens systèmes qu’employaient les femmes faibles, renoncer aux petites ruses, aux obliques détours, aux équivoques.
    Il n’est plus temps de tergiverser, il faut aller droit au but, sans hésitations et sans défaillances.
    Et ce but c’est : la vérité absolue et la justice intégrale.
    Ainsi, nous réaliserons ce que Victor Hugo, le grand poète moderne, a annoncé quand il a dit :

    Temps futurs ! Vision sublime !
    Les peuples sont hors de l’abîme.
    Le désert morne est traversé,
    Après les sables la pelouse ;
    Et la terre est comme une épouse,
    Et L’homme est comme un fiancé.
    Dès a présent l’œil qui s’élève
    Voit distinctement ce beau rêve
    Qui sera le réel un jour,
    Car la femme dénouera toute chaîne,
    Car le passé se nomme haine
    Et l’avenir s’appelle amour

    Extrait 2 : RÉDEMPTION (1897)
    La lutte du Bien et du Mal, c’est-à-dire de l’Esprit dans la femme et de la Force dans l’homme, dure depuis la jeunesse de l’humanité.
    Depuis plusieurs milliers d’années le monde lutte, l’humanité souffre, le Mal règne et grandit, le Bien est vaincu et s’affaiblit ; le Droit est sacrifié à la Force.
    Mais cet état de choses ne doit pas toujours durer. La progression dans le mal a un terme fatal ; le terme même de la vie, puisque l’invasion du mal, dans l’homme, détruit peu à peu son existence ; l’invasion du mal dans les sociétés détruit peu à peu les sociétés : par la guerre, par le meurtre, par le suicide, par l’assassinat, par la misère, par la stérilité voulue de la femme.
    Il faut donc que le Mal ait un terme ou, sinon, que l’humanité disparaisse.
    Ce terme c’est la Rédemption.
    C’est le renversement de la marche actuelle des choses.
    C’est le triomphe de l’Esprit sur la Force, ramenant l’humanité dans la voie du Bien, la voie de l’Evolution progressive.
    Ce grand événement qui doit, tout d’un coup, renverser l’œuvre de destruction du passé, a été prévu et annoncé depuis longtemps. L’antiquité l’a aperçu comme un phare brillant dans un avenir lointain, et ce n’est pas là une vision surnaturelle, la marche forcée des choses devait amener ce résultat. Il pouvait même être calculé avec une précision mathématique.
    Pendant que l’évolution masculine entraînait l’humanité dans les abîmes, l’évolution féminine l’élevait sur des hauteurs qui devaient, un jour, ouvrir un horizon nouveau à la pensée humaine.
    Nous sommes arrivés à ce terme fatal. Le Mal a pris des proportions telles dans le monde, qu’il ne semble pas qu’il puisse progresser encore sans briser tous les rouages de l’organisme physiologique et moral de l’humanité.
    Le vol est dans les lois, dans les administrations, dans le commerce, dans les mœurs, le crime est de tous côtés autour de nous, l’injustice est partout, l’hypocrisie triomphe, la débauche de l’homme, qui est la cause de tous ces maux, est dans tous, ou presque tous, elle commence avec l’enfant et ne s’arrête qu’à l’impuissance…
    Mais, pendant que le Mal est arrivé à ces proportions effrayantes par l’œuvre de l’homme, le Bien a progressé dans la même mesure par l’œuvre de la femme.
    Chaque génération apportant à l’Esprit de celles qui naissent un progrès acquis dans la vie de ses aïeules.
    Cette marche ascendante vers la lumière était appelée à produire, à un moment donné, une magnifique éclosion de toutes les vérités, un épanouissement soudain de toutes les grandeurs morales, le triomphe définitif de la Science, la renaissance du Droit, la reconstitution de la Société.
    La femme reprendra sa place au sommet de l’Evolution humaine. En sortant de sa captivité intellectuelle, en brisant ses chaînes, elle montrera à l’homme ce qu’il est. C’est pour cela que la Fable lui met en main un miroir.
    L’homme méchant, qui sera vaincu dans cette lutte suprême, a toujours été représenté, à ses pieds, dans l’attitude de la rage, de la honte et du dépit. Toute son hypocrisie passée sera démasquée, il n’y aura plus de lutte possible.
    Cette Rédemption de l’homme par la femme a été pressentie et annoncée par une multitude d’esprits clairvoyants.
    Une femme remarquable, Mme d’Agout (Daniel Stern) exhorte la femme à prendre, enfin, en main la grande tâche que l’Evolution humaine et sociale lui impose. Ecoutez-la :
    « Il me déplait que les femmes pleurent si abondamment. Elles sont victimes de quoi ? De leur ignorance qui les rend aveugles, de leur oisiveté qui les livre à l’ennui, de leur faiblesse qui les retient captives, de leur frivolité qui leur fait accepter toutes les humiliations pour une parure, de cette petitesse d’esprit surtout, qui borne leur activité aux intrigues galantes et aux tracas domestiques.
    « Pleurez moins, mes chères contemporaines, la vertu ne se nourrit point de larmes, quittez ces gestes, ces attitudes et ces accents de suppliantes, redressez-vous et marchez, marchez d’un pas ferme vers la Vérité, osez, une fois, la regarder en face, et vous aurez honte de vos gémissements, vous comprendrez que la Nature ne veut point de votre immolation stérile, mais qu’elle convie tous ses enfants à une libre expansion de la vie. Prenez votre part de la science, un peu amère et du travail compliqué de ce siècle, la société qui se transforme a besoin de votre concours.
    « Méditez, pensez, agissez et bientôt le temps vous manquera pour plaindre vos maux chimériques et accuser les prétendues injustices du sort, qui ne sont autres que les justes châtiments de vos ignorances volontaires. »
    Les hommes eux-mêmes ont entrevu ce dernier cycle de la vie de l’humanité.
    Enfantin a dit ces mots, que l’on a gravé sur sa tombe :
    « L’âge d’or n’est pas dans le passé, il est dans l’avenir ».
    Un auteur anonyme qui signe M.-E.-G., a publié en 1874, un livre intitulé : « Retour du Christ » (avec une préface d’Alexandre Dumas), dans lequel il développe la même idée : « La Rédemption par la femme ».
    Enfin, si tous n’ont pas aperçu l’œuvre de régénération morale et sociale qui devait s’accomplir par la femme, à peu près tous les penseurs ont compris que l’œuvre de l’homme s’effondre, qu’elle est minée de toutes parts, et ne peut plus être relevée par l’homme seul.
    Un prêtre, auteur d’un beau livre : « La Lettre tue », a fait une admirable peinture de cet effondrement :
    « Une formidable épreuve se prépare pour l’humanité, dit-il. De toutes parts, la croyance à la révélation s’écroule. Jusqu’à ce jour, quand on demandait où est la Vérité, on pouvait répondre : elle est ici, dans ce livre écrit sous l’inspiration de celui qui ne peut ni tromper, ni se tromper ; et l’homme ouvrait les Lois de Manou, le Zend-Avesta, la Bible, le Coran ou l’Evangile, et pour sa foi religieuse, il trouvait une base ferme, inébranlable, positive, visible. Point de doute, car ceci est la parole de Dieu : « Hic est véritas.»
    « Cet appui solide, qui donnait aux générations d’autrefois, la force, parce qu’elle leur donnait la conviction, est miné sans relâche. La science, non au service de la haine et de l’incrédulité, mais la science froide, impartiale, abat chaque jour quelque grande ruine du passé. Ecoutez : en Allemagne, en Angleterre, en Amérique, en Hollande, en Belgique, en France, aux quatre coins de l’horizon, n’entendez-vous pas le bruit sourd de quelque chose qui tombe ? C’est la chute du grand temple de la foi antique, dont les débris encombrent au loin le sol. La Vérité n’y réside plus, dit-on. Elle n’y a jamais résidé ; ce n’était que son reflet. Désormais qui veut la saisir doit la chercher dans sa raison, écho affaibli de la raison éternelle. L’autorité, si commode, d’un texte ou d’un homme infaillible nous échappe sans retour. Nous voilà seuls en face de l’infini »
    « Nous sommes au bord d’une époque pleine de mystères ; un courant irrésistible nous y entraîne. Quelle étoile guidera notre course, quelle force nous poussera vers le port ? N’y a-t-il devant nous que doute, négation, ironie, désespoir ? C’en est-il fait des vertus du foyer domestique, des vertus plus fières du croyant et du citoyen ? Plus rien que l’âpre recherche des plaisirs, la soif de l’or, l’égoïsme, la brutalité, la fraude, nul rayon, nulle lueur. Le froid, la mort, vont-ils tout envahir ? Eh bien ! Oui, si entre la foi du passé et le matérialisme, il n’y a pas de milieu, alors tout est fini, dans le monde moral va s’accomplir le rêve de Byron : Darkness, L’empire des ténèbres commence. »
    Cela est si vrai que, voyant leurs dogmes tomber et ne comprenant pas qu’en dehors d’eux la religion puisse durer, les ministres des différents cultes croient la plupart que la fin des temps approche et que l’univers actuel va se dissoudre au milieu des convulsions sociales et cosmiques prédites par l’Apocalypse.
    « Notre grand Arago, s’écrie Quinet, soutenait que la vie physique de ce globe peut finir et s’arrêter faute d’air respirable.
    « Et le monde moral, et la vie des intelligences, qu’en dirons-nous ? Ne la voyons- nous pas s’évanouir faute d’air et périr d’étouffement ? »
    Oui, les convulsions sociales prédites par l’Apocalypse vont devenir une réalité. Mais ce n’est pas une révolution, c’est une Evolution pacifique qui va changer le monde.
    Cela ne viendra ni de la politique des vieux gouvernements, ni de la dynamite des anarchistes, ni de la science des « Darwinistes », mais d’une force plus puissante que toutes celles-là : de la parole de Vérité qui secoue et ranime les esprits, de la parole de la Femme qui fait vibrer la conscience des hommes.
    C’est d’elle que vient la Vraie Science, qui va donner au monde une foi nouvelle.

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