697 – VICTIMES ET BOURREAUX

Posted on décembre 4, 2017 par

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Le harcèlement sexuel est sur toutes les lèvres. Le monde est soudain peuplé de pervers et des quatre coins de l’univers on n’entend plus que la complainte des victimes sexuelles, reprise en chœur par les media. Il faut que nous en parlions.

Je ne suis pas une femme, il est vrai, mais je n’ai pas tout à fait la même vision des choses que les media. Ils ont tous repris le même refrain qui circule en boucle. Mes lecteurs me pardonneront de n’être pas toujours politiquement correct et même parfois d’être impertinent. Que les choses soient claires, je ne vais parler ici ni du viol, ni des relations sexuelles avec des très jeunes filles, ni des violences conjugales. Je voudrais aborder seulement les relations entre des adultes responsables.

Une société permissive

Je ne vous apprendrais rien si je vous dis que nous vivons dans une société de consommation extrêmement permissive, où le sexe se pratique, se vend et s’achète, comme n’importe quel bien de consommation. On peut situer à 1968 le grand basculement qui a bouleversé nos mœurs, pour le meilleur et pour le pire.

Le cinéma et la télévision nous renvoient aujourd’hui l’image d’une société hédoniste dans laquelle la jouissance est le souverain bien. On n’y fait plus l’amour, on y baise, tout simplement, sans chichi, au gré des désirs et des pulsions.

Dans la publicité et dans les media la femme est « libérée », c’est-à-dire que, comme les hommes, elle se laisse dominer par ses instincts et ne rechigne pas à faire des « avances » aux hommes.

Incitation à la prostitution devant les lycées. Est-ce cela la libération de la femme?

Dans les cours de récréation circulent des vidéos qui n’ont rien de romantique et dans lesquelles les enfants puisent leur éducation sexuelle. Dans ces séquences torrides, la femme n’y apparaît pas toujours sous son aspect le plus vertueux. Ils en retirent l’idée que la femme est un objet sexuel et qui, d’ailleurs, ne demande que cela.

Tout cet ensemble crée un certain climat d’érotisation de la société. Tout se passe comme si les individus n’avaient plus qu’une idée en tête : profiter de l’instant, jouir et vivre d’orgasme en orgasme… Il y a deux mille trois cents ans, Epicure avertissait déjà ses disciples en leur disant que la poursuite immodérée du plaisir nous rend non pas heureux, mais misérables…

Le mouvement féministe

Le féminisme a réellement fait avancer l’égalité entre les hommes et les femmes et il a permis un réel épanouissement d’un grand nombre d’entre elles. On peut dire que la reconnaissance du talent des femmes dans de nombreuses professions autrefois réservées aux hommes, constitue un réel progrès.

Madonna, figure emblématique de la femme moderne?

 Hélas, tout mouvement renferme en son sein des ultras, on dirait aujourd’hui des « intégristes » qui par leur sectarisme et leur intransigeance font plus de mal que de bien à la cause qu’ils prétendent défendre.

En France, nous avons vu récemment des panneaux publicitaires installés devant les lycées qui incitaient les jeunes filles à se prostituer pour payer leurs études ! Est-ce cela la libération de la femme ?

Partout la morale et la pudeur sont bafouées, le mot même est devenu ringard. A l’image de Madonna, les femmes rivalisent de provocation. La façon dont, en été surtout, un grand nombre d’entre elles se vêtissent en mettant en avant leurs appâts, en prenant des airs innocents, est déjà une forme, souvent inconsciente, de harcèlement sexuel. Elles n’ignorent pas l’effet d’attraction que cela représente pour les jeunes hommes qu’elles aiment émoustiller.

C’est dans ce contexte que s’est déclenchée, tout azimut, une vague d’accusations pour harcèlement sexuel contre un certain nombre de personnages en vue. Beaucoup de faits sont très anciens et on peut s’étonner du peu d’empressement de ces femmes de les avoir dénoncés plus tôt. Il s’agit souvent de femmes modernes, médiatiques et qui n’ont pas froid aux yeux. Leur silence m’étonne, comme m’étonnent aussi ces dénonciations anonymes mises sur la place publique qui fleurissent ici ou là, à retardement et de façon lâche.

Le triangle infernal

Je n’ignore pas qu’il existe nombre d’hommes grossiers qui peuvent être des prédateurs sexuels, surtout chez les jeunes filles ou sur les personnes vulnérables. La dépendance hiérarchique est pour eux l’occasion d’exercer leur pouvoir maléfique.

Néanmoins, il est difficile de croire que dans de nombreuses situations, une femme adulte et bien dans sa tête ne puisse pas remettre à sa place un harceleur trop entreprenant, même si c’est son supérieur hiérarchique. Croire cela, c’est prendre les femmes pour plus nigaudes qu’elles ne sont.

Ainsi, je ne pense pas qu’il faille sans cesse présenter systématiquement la femme comme la victime, sous le joug d’un bourreau implacable ! Il n’y a pas d’un côté les bons et les prudes et de l’autre les méchants et les pervers sexuels. Aujourd’hui les media jouent le rôle du sauveur et ainsi construisent le célèbre triangle infernal de la psychanalyse : victime, bourreau, sauveur.

Ce triangle est infernal précisément parce que, à force de se plaindre, de se lamenter et de culpabiliser l’autre, la victime finit par prendre la place du bourreau. La victime, bien installée dans son rôle, a le talent de manipuler tout le monde : le bourreau qui la martyrise et le sauveur qui n’en fait jamais assez ! Il faut sortir de ce dilemme…

L’éducation

La mise en place d’une nouvelle police des mœurs pour protéger les « victimes » de l’appétit des « bourreaux » serait plus une régression qu’un progrès. Comme souvent, c’est du côté de l’éducation qu’il faut se tourner.

Que dit-on à l’école ou en famille de la sexualité ? A force de mise en garde, ne mettons-nous pas déjà les jeunes filles dans le rôle des victimes et les garçons dans celui de bourreau ?

Avant toute chose, ce qu’il faudrait apprendre aux jeunes, c’est que pour être respecté, il convient au préalable d’être respectable.

La sexualité n’est pas qu’une question de mécanique bien huilée. Quand parle t-on d’amour et de respect de l’autre ? Il ne faut pas oublier que les victimes et les bourreaux d’aujourd’hui ont été, hier, des enfants que nous avons élevés. Il y a peut-être un laisser-aller ambiant dont nous sommes collectivement responsables ?

La jouissance par le sexe a peut-être pris une place trop importante dans nos sociétés permissives, sans cesse à la recherche de plaisirs immédiats. Nous sommes des enfants gâtés qui n’acceptent pas le refus. Si nos mères ne nous ont jamais dit « non » à nos caprices, nous ne comprenons pas qu’une femme refuse nos avances. Un peu plus de frustration et une dose supplémentaire de Surmoi ne ferait pas de mal !

Il faut repenser notre façon d’être avec nos enfants, si nous ne voulons pas en faire de futures victimes et de futurs bourreaux, ces derniers étant destinés à devenir les victimes des saintes Nitouches. Cette remise en cause comprend la rénovation de notre environnement sociétal, de ce que l’on peut voir au cinéma, de ce que l’on peut entendre de nos maitres à penser et de nos modèles d’identification. Bref, il faudrait remettre un peu d’éthique et de morale dans nos relations : vaste programme !…