824 – LA CONTAGION SOCIALE

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Puisque l’on parle d’épidémie, parlons-en ! Il n’y a pas que les virus qui soient contagieux. Les idées, les émotions, les modes, les opinions, les haines et les peurs le sont aussi… ainsi que le bonheur…

Il suffit d’observer les mouvements de masse, les foules et les hystéries collectives pour savoir que nous sommes extrêmement sensibles à toutes les sortes de contagions sociales. Non seulement nous partageons volontiers les idées ou les peurs de la majorité, mais encore il est souvent bien difficile d’avoir un point de vue différent sans risquer de se faire exclure de la communauté.

Les maîtres de la peur

La peur fait appel à des mécanismes physiologiques extrêmement archaïques, ancrés au plus profond de notre psyché, car elle a constitué de tout temps une réponse de sauvegarde pour toutes les espèces animales.

La peur nous protège de bien des dangers et nous pousse à fuir ou à se regrouper pour mieux lutter. Mais la peur a ceci de particulier qu’elle annihile le bon sens et la raison. La peur nous empêche de réfléchir par nous-même et, au contraire, nous fait aller avec le troupeau.

En quelque sorte, la peur nous amène à déléguer notre pouvoir au groupe et à nous déposséder, à la fois de notre liberté et de notre responsabilité. Ce n’est donc pas un hasard si, depuis que le monde est monde, le pouvoir n’assied jamais mieux son hégémonie qu’avec la peur.

Toutes les dictatures, toutes les tyrannies et tous les abus de pouvoirs, qui émaillent l’histoire de l’humanité, ont tous eu la peur comme socle fondamental de leur puissance. A cet égard, les religions sont passées maîtres dans l’usage de la peur pour assoir leurs dominations, comme nous l’avons vu jadis avec la religion chrétienne et comme nous le voyons aujourd’hui avec l’islam.

Il ne faut pas croire que seul le tyran ou le grand-prêtre inspire la peur. En fait, chaque membre du groupe devient un petit tyran, prêt à la délation, pour marquer son adhésion au groupe et comme preuve de sa loyauté. Car la peur a pour effet de rassembler, de souder le groupe. La tyrannie exercée par Hitler n’a été possible que parce que des millions de petits tyrans ont exercé leur sadisme pour mieux marquer leur adhésion au groupe.

Une pandémie est un domaine d’excellence pour que la peur se diffuse et le pouvoir médical sait user et abuser de ce réflexe fondamental pour exercer sa domination. Nous avons pu voir, sur les télévisions du monde entier, les experts en blouse blanche brosser des tableaux apocalyptiques de la situation. Leurs sombres perspectives étaient proportionnelles à leur ignorance et leur impréparation. La peur fut le seul remède qu’ils avaient à proposer !

Les masses dociles se sont regroupées terrifiées, comme un troupeau de moutons sous l’orage, prêt à suivre la plus stupide des recommandations. La peur ne rend ni intelligent, ni rebelle. A partir de ce moment-là, le monde entier s’est arrêté de penser. La peur s’est répandue d’un bout à l’autre de la planète et, comme les moutons de Panurge, chacun fut conduit docilement au confinement, sans réfléchir davantage. Le cœur du monde s’est mis à battre la chamade et à perdre tout esprit critique.

A partir de là, tout était possible et toutes les décisions, même les plus coercitives ou les plus incohérentes, furent suivies à la lettre, sans protestation ni murmure. On vit réapparaitre la délation et ceux qui tentaient encore de penser par eux-mêmes durent vite rentrer dans le rang, sous peine de l’opprobre générale.

Les réseaux invisibles

Dans toutes les épidémies, il existe un indice de contagiosité, dénommé R0 (R zéro). Plus cet indice est élevé, plus l’épidémie est contagieuse. Le R0 du Covid-19 est relativement faible. Celui de la peur doit être extrêmement élevé, au moins au niveau de celui de la rougeole ou de la variole !

Mais il existe quantité de contagions sociales avec un R0 beaucoup plus modéré. C’est ainsi que nos compatriotes forment des clans, des tribus, ou, pour être à la mode, des clusters. Chacun se regroupe en fonction de ses affinités et de ses gouts et adhère à un groupe de gens qui lui ressemblent.

Il existe des congrégations de tatoués, des aficionados du football ou de la pêche à la ligne, des apôtres du survivalisme, des adeptes de la permaculture ou des tribus de végétariens. A l’intérieur de chaque groupe humain sévit une contagion sociale qui règle les comportements et les façons de penser ou de s’habiller.

On peut observer le même mécanisme de contagion sociale dans la prolifération de l’homosexualité ou du transgenre, devenus phénomènes de société. C’est toujours le même processus qui est en marche, l’adhésion à un comportement humain qui se banalise en même temps qu’il se répand et devient un gage de modernité.

Le port du masque participe à ce phénomène d’adhésion au groupe. Le masque est courant en Asie, il est très rare en Occident où personne ne voudrait être seul à le porter. On voit la réticence à le mettre, sauf lorsqu’un grand nombre le porte déjà. C’est un problème de conformité sociale qui s’apparente à la mode.

Vous avez peut-être entendu parler de l’étude de Framingham ? Depuis plus de 60 ans des chercheurs de l’Université de Harvard étudient le comportement et la santé de la population de Framingham pour tenter d’en tirer des enseignements utiles. Cette étude au long cours a livré, en autre, des résultats épidémiologiques de première importance.

Parmi les découvertes réalisées, les chercheurs ont mis en évidence des regroupements humains par affinité et comportements. C’est ainsi qu’il apparut que les fumeurs fréquentent des fumeurs, les alcooliques boivent entre alcooliques, les obèses se regroupent avec d’autres obèses et les dépressifs se retrouvent avec des dépressifs. De la même façon les gens qui se prétendaient heureux rencontraient ceux qui avaient le même sentiment.

Cette étude démontre certes que nous avons tendance à nous regrouper par affinité et centres d’intérêt, mais on peut aussi se poser la question de la contagion sociale. Il n’est pas facile de ne pas fumer et de ne pas boire au milieu d’un groupe de gens qui fument et qui boivent. Faites l’expérience, mais on est vite atteint par la contagion sociale, c’est-à-dire que l’on se conforme à la majorité pour ne pas être rejeté par le groupe.

Deux sociologues, Nicolas Christakis et James Fowler ont étudié le phénomène et l’ont clarifié. Selon eux, les gens qui se fréquentent se mettent peu à peu à se ressembler, par mimétisme sociale. Ce qui veut dire que ce n’est pas parce qu’ils se ressemblent qu’ils s’assemblent, mais l’inverse. C’est toujours une histoire de R0, d’indice de contagion !

Nous avons le choix

Dans ce processus de contagion sociale, il convient de se conformer au groupe pour ne pas être exclu. Je constate chaque semaine, en écrivant cette Chronique-Libre, combien il devient difficile d’écrire librement en temps de crise, lorsque la majorité de la population semble avoir perdu la tête.

Même Facebook, où cette chronique est aussi diffusée, pratique la censure, car tout n’est pas bon à dire ! Celui qui prêche la retenue et ne participe pas à l’hystérie collective, non seulement n’est pas audible, mais il doit se taire.

Chacun s’auto-persuade que l’humanité est en danger de mort et ceux qui tentent de relativiser les risques sont ostracisés, comme le Professeur Raoult dont le discours est pourtant très modéré mais qui tente seulement de remettre cette épidémie du Covid-19 à sa place, c’est-à-dire un taux de mortalité de l’ordre de 0,5%, principalement des personnes âgées ou malades, ce qui ne méritait probablement pas d’arrêter toute activité et de se terrer chez soi.

On peut même avancer l’idée que les gouvernements ont pris des mesures draconiennes pour apaiser la peur irréfléchie et excessive des populations, attisée par des media. La peur était peut-être le seul moyen pour faire respecter les consignes par les Latins, peuples culturellement indisciplinés ? Mais les punitions et les amendes mises en place ont contribué à l’infantilisme des citoyens en les incitant à transgresser à la manière des adolescents…

L’âge médian des morts du Covid-19 tourne autour de 83 ans, c’est-à-dire dans la fourchette haute de l’espérance de vie moyenne en Occident. Ceci est confirmé par le fait que plus de la moitié des décès furent enregistrés dans les maisons de retraite.

Mais il convient d’aller plus loin dans l’analyse et se poser la question de savoir si l’on n’a pas imputé au Covid-19, qui a bon dos, nombre de décès divers dues à d’autres causes, grippes ou pneumonies diverses ? Il s’agirait d’une contagion de diagnostic, c’est-à-dire que pour être dans l’ambiance, la tendance fut de donner raison à la peur dominante et de poser un sur-diagnostic ! Ce qui va à l’appui de cette hypothèse, c’est que la mortalité totale des 5 derniers mois en France n’a absolument pas augmenté. Elle est même inférieure à celle de 2017/ 2018 ! On peut dire que cette année, on ne meurt plus de la grippe ou d’une banale pneumonie, pour faire comme tout le monde on meurt du coronavirus…

Fallait-il arrêter toute l’activité économique et jeter des populations entières dans la misère pour donner un petit sursis potentiel à quelques milliers de vieillards qui n’en demandaient pas tant ? Cette question est iconoclaste, mais elle est fondamentale pour comprendre la folie qui s’est emparée de l’humanité.

Notre intelligence a été prise en otage par les apôtres d’une peur pandémique, et ceci n’est pas un signe de bonne santé de nos sociétés modernes. Les historiens et les sociologues se souviendront de cette année 2020, année charnière durant laquelle la vie de l’individu fut plus importante que le bonheur des sociétés, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité. La folie collective m’inquiète plus aujourd’hui que le coronavirus !

L’apaisement est un choix, c’est un refus de la peur. Garder la tête froide et ne pas sombrer dans le pessimisme ambiant, ce n’est pas se mettre la tête dans le sable, c’est prendre du recul et de la hauteur. C’est regarder la seule réalité qui semble infiniment moins dramatique que celle qu’on nous dépeint… Prendre des précautions, se protéger, cela n’est pas la même chose que de s’enfermer chez soi à double tour pendant deux mois.

Nous savons aussi que si la peur est contagieuse c’est parce que nous en faisons le choix, en l’acceptant. L’esprit humain, qui finalement nous gouverne, peut faire un autre choix, celui de la lucidité, de l’apaisement, du bon sens, et de l’intelligence. N’oublions jamais que le bonheur est contagieux aussi… côtoyez des gens heureux…

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10 comments

  1. Encore une fois, merci M. Ponroy pour cette analyse aussi juste de notre société, J’approuve et me retrouve dans chaque mot de cette chronique. Et je me permets d’indiquer dans les coordonnées l’adresse de mon blog ou j’écris en ce moment le «  journal d’une vieille confinée… contestataire »

    1. Bonjour. .. vieille et contestataire ! J’adore … vous êtes mon clone ! Sauf que je ne suis pas vieille, enfin si ! Avec les nouveaux décrets puisque j’ai 73 ans …et que ce lamentable et inutile confinement + le réveil et l’éveil de douleurs physiques m’ont quand même assommés. Comment recevoir votre blog ? Excellente journée de jeune déconfinée !

  2. Je pense que toutes les idées de masse son’t dangereuses et exploitées par nos dirigants. Sur une île déserte nous seriont nous même.

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