929 – TOTALITARISME HORIZONTAL

Les nouvelles techniques cognitives et la connaissance de la psychologie des foules permettent aujourd’hui aux démocraties d’exercer un tel niveau de propagande de masse qu’elles deviennent un véritable totalitarisme. Il est absolument vital d’en prendre conscience !

La crise du covid et la guerre en Ukraine ont donné lieu à une intense propagande politico-médiatique pour soutenir des thèses et des points de vue contestables. Théoriquement, la contestation constitue la base de la démocratie…

Habituellement, les démocraties vantent les mérites des « résistants », des « lanceurs d’alerte » et des « dissidents » lorsque ceux-ci s’expriment dans les régimes totalitaires. Mais, lorsqu’ils agissent dans des pays démocratiques, ceux-ci sont pourchassés et traités de « complotistes », insulte ultime destinée à discréditer leur parole. L’étiquette « complotiste », dont personne ne veut se voir affublé, autojustifie le rejet.

« L’enjeu de la guerre ouverte contre le complotisme n’est certainement pas la vérité, mais le contrôle de l’opinion publique. Avec la possibilité, désormais, de saisir le juge des référés pour interdire des contenus, c’est un ministère de la vérité à la Orwell qui s’est mis en place », ainsi s’exprime l’essayiste Anne-Sophie Chazaud.

Il ne faut pas sous-estimer ce contrôle neurocognitif des masses qui a des implications considérables sur l’avenir des démocraties représentatives, et qui ne sont pas plus démocratiques que l’étaient jadis les « démocraties populaires » de l’Europe de l’Est ! Le fait que le Président Macron ait, systématiquement, refusé d’instaurer la possibilité de référendums d’initiatives populaires montre à quel point la démocratie française restera verrouillée, entre les mains d’une caste politique et médiatique qui entend garder le pouvoir total…

Origine du complotisme

Le concept de « théorie du complot » est né aux Etats-Unis, il y a plus de 50 ans, à la suite de l’assassinat du Président John Kennedy. A cette époque, une commission fut chargée d’enquêter et publia ses conclusions, connues sous le nom de « rapport Warren », truffées de contre-vérités, d’erreurs et d’omissions.

Des voix s’élevèrent pour contester la version officielle et pour argumenter que cet assassinat était en fait un coup d’État ! Le gouvernement Johnson, qui a succédé à Kennedy, a tout fait pour discréditer ces complotistes qui questionnaient, doutaient, critiquaient et donc posaient un acte transgressif.

Le 4 Janvier 1967, la CIA envoya des messages à toutes ses antennes, demandant aux agents du renseignement d’activer leurs réseaux auprès « des relations bien disposées vis-à-vis de l’élite, en particulier des politiciens et des rédacteurs en chef » pour défendre le rapport Warren et d’insinuer que « le discours conspirationniste est généré par des propagandistes communistes ». Cette dépêche suggère d’avoir recours à « un stratagème pour décrédibiliser les détracteurs du rapport ».

L’insinuation de paranoïa, de dérive sectaire et de stupidité fut utilisée pour discréditer les détracteurs de la Commission Warren. La consigne était claire : riposter par des attaques personnelles pour décrédibiliser les opposants, et ensuite rassurer la masse en expliquant que le récit officiel est sûr et qu’un large complot n’est pas envisageable dans une démocratie moderne et transparente !

« L’outil ‘théorie du complot’, comme tactique de désinformation, s’est révélé très efficace pour censurer les discussions qui remettaient en cause le récit officiel de certains crimes politiques » écrit Francis McCollum. Autrement dit, « la théorie du complot », mise en avant par les pouvoirs en place, est paradoxalement un véritable complot !

C’est assez exactement ce que nous avons collectivement vécu lors de la pandémie et que nous vivons actuellement à propos de la guerre en Ukraine. Il y a d’un côté la thèse officielle et de l’autre les méchants complotistes !

La répression de la pensée critique

En régime démocratique, le totalitarisme n’est pas vertical avec un dictateur et une police politique omnipotente et omniprésente qui veille et surveille la population, au contraire, il s’exerce à bas bruit, de façon horizontale, avec le consentement d’une large part de la société.

La propagande et les attaques fortuites traumatisantes court-circuitent la pensée critique en influençant le psychisme profond. Noam Chomsky, professeur de linguistique au MIT, a bien montré en son temps comment la propagande, relayée par les media de masse, permettait l’acceptation sociale des choix bellicistes des Etats-Unis qu’il s’agisse de la guerre du Vietnam ou des interventions calamiteuses en Irak et en Afghanistan.

Nous vivons, en live, le même phénomène à propos de la position des Occidentaux concernant la guerre en Ukraine. L’unanimité politique et médiatique qui rejette toute la faute sur les Russes est, en soi, symptomatique d’un lavage de cerveau généralisé. Au point que pas un seul homme politique n’a osé remettre en question l’aide militaire apporté à l’Ukraine. Pourtant, un quart d’heure de réflexion permet de montrer combien cette aide est contre-productive, génère des drames humains colossaux et va à l’encontre des intérêts des Européens !

La fabrique du consentement est basée sur la stratégie du choc qui consiste à mettre les foules en état de choc traumatique pour mieux les manipuler. Ainsi, pour susciter notre adhésion en faveur de l’Ukraine, des responsables militaires ont brandi la menace de l’utilisation de l’arme nucléaire par Poutine ! Et, pour imposer le choix vaccinal, sans aucune preuve d’efficacité réelle, certains prédirent la mort des non vaccinés !

On peut aussi manipuler une foule en s’adressant à ses émotions. La propagande met en exergue un évènement dramatique localisé pour en faire une généralité. Ce récit mensonger, mais officiel, devient le seul récit possible, à force de raccourcis, d’amalgames, et d’émotions suscitées. Cette propagande élaborée est spécifique aux « démocraties » occidentales et elle est d’autant plus redoutable qu’elle est plus difficile à détecter :

Les télévisions nous montrent des civils tués dans les rues d’une ville ukrainienne en affirmant que ces « crimes contre l’humanité » ont été perpétrés par les soldats Russes. En s’informant mieux, on apprend en fait que ce sont des milices ukrainiennes ukro-nazis, qui commirent ces atrocités contre les russophiles ! Les mêmes télévisions nous ont montré des images d’hôpitaux encombrés de mourants atteints du covid pour générer la peur et l’angoisse. Peu importe si, parfois, les images sont sorties des archives et datent de plusieurs années, car les hôpitaux sont toujours encombrés !

Des foules sous hypnoses

Les mensonges avérés, et la censure généralisée auxquels nous continuons d’assister à propos de la pandémie et de l’Ukraine, peuvent être assimilés à des crimes politiques organisés que l’on attribue généralement à la mafia. Mais le peuple est bon-enfant et conserve ce mythe selon lequel l’autorité est nécessairement bienveillante.

Nous avons en effet, de façon un peu naïve, de la difficulté à imaginer la conspiration, les malversations et la corruption des élites au pouvoir. Contre vents et marées nous persistons à croire que les gouvernements et les institutions restent intègres, au service de l’intérêt général.

Par conséquent, l’autorité est une figure parentale qu’il nous est difficile de remettre en cause en la suspectant de malveillance. Nous préférons souvent croire l’autorité et renier les dissidents, les lanceurs d’alerte et les dénommés « complotistes ». Nous avons, sans broncher, laisser condamner julien Assange, Edward Snowden et même Jérôme Kerviel. C’est dans ces conditions que nous avons vu les citoyens adhérer massivement à la chasse aux sorcières et désigner les « complotistes » à la vindicte populaire. « L’attaque des dissidents par des foules sous hypnose ressemble à une maladie auto-immune : le corps social, aveugle et aveuglé, se retournant contre son propre système-immunitaire. La folie à l’assaut de la lucidité », vient d’écrire Marielsa Salsilli dans un long article paru dans la revue Nexus.

Il ne fait pas de doute que ceux qui génèrent la propagande exploitent à leur profit les grandes failles psychologiques d’une large partie de la population. Ceci n’est possible que dans les démocraties représentatives dans lesquelles le peuple a abdiqué après avoir remis son pouvoir entre les mains des politiques. Et, comme l’écrit l’essayiste Gregory Matumbo : « Aucun système, aussi déviant, aussi involutif, aussi pervers soit-il ne peut se développer à grande échelle sans l’accord, même inconscient, d’un très grand nombre de personnes ».

Nous sommes tous co-responsables des dérives totalitaires des démocraties représentatives. Les Français viennent de réélire celui qui refuse obstinément la démocratie directe, qui consiste à consulter le peuple sur les décisions qui le concernent directement. Nous sommes dans la même « servitude volontaire » dont parlait jadis La Boétie !

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