935 – AVEUGLEMENT OCCIDENTAL

 Les pays Occidentaux semblent engagés dans un processus inflationniste qu’ils ont eux-mêmes générés. L’inflation va créer la pauvreté et accroitre la misère mais les gouvernants s’entêtent dans leurs erreurs. Comme toujours, les citoyens vont payer la facture…

L’erreur est humaine et c’est grâce à ses erreurs que l’humanité a progressé de façon vertigineuse dans le domaine concret de la technique qui fait appel à un raisonnement logique.

Mais dans les domaines plus mouvants des idées, des relations humaines ou de la politique, l’irrationnel et l’émotion dominent. C’est ainsi que nous nous entêtons souvent sur des idées politiques, économiques et religieuses ou des sentiments amoureux sans issues. Nous sommes alors imperméables à tout discours raisonnable et rationnel, nous sommes aveuglés par nos certitudes.

Il en est de même en ce qui concerne les gouvernants qui trop souvent s’engagent dans des idéologies erronées et qui, face à l’évidence, refusent encore de modifier leurs décisions ou leurs orientations. C’est ainsi que les sociétés humaines ont, par entêtement idéologique, cette tendance fâcheuse à agir contre leur propre intérêt. C’est aussi pourquoi l’humanité tourne en rond, depuis des temps immémoriaux, sans progresser de façon significative.

Aujourd’hui encore, face à la guerre en Ukraine, à la crise économique ou à l’inflation, il semble que les pays occidentaux aient choisi d’agir, de façon irréfléchie, contre leur camp ! Du fait de cet aveuglement, l’avenir va devenir plus compliqué et plus incertain. Nous en sommes tous coresponsables et nous en subirons tous (ou presque) les conséquences…

Le monde est global

La globalisation est le maître-mot qui accompagne tous les discours sur l’économie, sur la politique ou sur le climat. Notre monde n’a jamais été aussi petit et la moindre décision peut avoir des répercutions planétaires. Nos dirigeants n’ont que ce mot de « globalisation » à la bouche, mais ils ne semblent pas en tenir compte dans leurs décisions.

Le faisceau d’évènements que nous subissons, ou que nous avons délibérément créé depuis deux ans, va avoir des répercutions importantes sur nos vies. L’émergence du covid et surtout la façon irrationnelle dont nous l’avons abordé, furent l’élément déclencheur d’un jeu de dominos qui n’en finissent pas de tomber les uns sur les autres.

Nous avons donné une importance démesurée à cette pandémie en prenant des mesures disproportionnées qui ont gravement impacté nos économies pour un résultat extrêmement médiocre. Depuis des années, les pays occidentaux s’endettent de façon exponentielle et la création monétaire atteignait déjà des sommets dangereux qui furent largement dépassés lors de la crise du covid.

La démagogie est la grande faiblesse des démocraties en bout de course et qui tentent de se maintenir en accordant aux citoyens des privilèges ou des subventions dont elles n’ont pas les moyens. La France à elle seule a accru son endettement, déjà vertigineux, de 600 milliards d’euros et c’est ce qui a permis à Emmanuel Macron d’être réélu, quoi qu’il en coûte à l’économie française qui risque de ne pas s’en relever.

Durant la période covid de nombreuses entreprises ont dû licencier du personnel sous l’effet de décisions gouvernementales inappropriées. Elles se trouvent maintenant à cours de main d’œuvre et doivent augmenter massivement les salaires pour en trouver. L’agriculture, le tourisme et la restauration manquent cruellement de personnel…

La guerre en Ukraine est intervenue dans ce contexte d’économie déjà fragilisée. Les Occidents ont cru bon de prendre fait et cause pour l’Ukraine, sans avoir pris le temps de réfléchir à cette funeste décision. Durant une décennie, ils ont fait la sourde oreille aux demandes légitimes et réitérées de la Russie confrontée aux attaques répétées contre la population russophone du Donbass par des groupes armés néonazis. En outre, les Occidentaux n’ont pas respecté les accords de Minsk qu’ils avaient eux-mêmes acceptés !

L’intervention armée de la Russie était non seulement prévisible, elle était inévitable. Au lieu de chercher un accord avec la Russie, les Occidentaux, manipulés par les Etats-Unis, ont cherché l’affrontement et envenimé l’atmosphère. Ils avaient simplement oublié que le monde est global et que l’Europe est dépendante du gaz et du pétrole Russe, mais aussi du blé ukrainien et de quantité d’autres fournitures essentielles…

En fin de compte, tout le monde sait très bien que l’Ukraine n’a pas les moyens de résister à la force de frappe de l’armée Russe. Les dirigeants européens, qui continuent à encourager l’Ukraine à poursuivre une guerre sans espoir, contre tout bon sens, sont gravement responsables d’une situation dramatique sur le plan matériel et humain. Nous savons tous depuis longtemps, que ceux qui font la guerre depuis leur fauteuil sont les plus dangereux ! Nos dirigeants pourront se vanter d’avoir sur la conscience les milliers de morts qui, chaque jour, tombent en Ukraine pour satisfaire l’ego de Joe Biden, de Boris Johnson ou d’Emmanuel Macron…

Le spectre de la récession

Le cumul d’une création monétaire incontrôlée, d’une dette explosive, d’une crise covid mal gérée et d’une guerre en Ukraine dans laquelle nous intervenons de façon irréfléchie, constitue une somme d’erreurs de jugements, difficilement pardonnables, de la part de nos gouvernants. Cela n’a pas empêché les Français de réélire imprudemment leur président, comme quoi les citoyens sont sans rancune ou bien aveugles…

Quoi qu’il en soit, dans ce monde global, les évènements s’enchevêtrent et cumulent leurs effets selon une mécanique rationnelle et implacable et ne tiennent pas compte des idéologies ou des discours des politiques. Il nous faut donc regarder la réalité en face et se dire que rien n’arrive par hasard : nous avons créé tout ce qui nous attend !…

En économie, les choses commencent à s’aggraver sérieusement avec l’inflation des prix qui, naturellement, augmentent plus vites que les salaires. L’énergie est la pierre angulaire de toutes les économies modernes, les enfants savent cela dès l’école primaire, mais les énarques semblent l’avoir oublié ! Nos déplacements coûtent plus chers, nous fabriquons plus cher, donc les salaires doivent augmenter ce qui alimente la spirale inflationniste.

Si vous y ajoutez un manque de personnel, un manque de biens d’équipement en provenance de Chine et une dette déjà excessive, vous obtenez de l’inflation. Tous les prix augmentent de façon incontrôlée…

Pour juguler l’inflation les banques centrales n’ont pas d’autres armes que de supprimer la création monétaire et d’augmenter les taux d’intérêts. Les pays qui ne parviennent à conserver artificiellement leur niveau de vie que grâce à l’endettement, telle la France, sont rapidement étranglés par le poids de la dette et doivent drastiquement diminuer leurs dépenses, en y ajoutant une dose d’impôts supplémentaires.

La résultante impitoyable et mécanique de cette situation c’est une diminution de l’activité économique et un appauvrissement général de la population. Cela porte le nom de récession et tout est maintenant en place, grâce aux folles décisions de nos gouvernants qui doivent s’attendre à des manifestations de masse pour une augmentation générale des salaires.

Risque de fragmentation de la zone euro

L’Europe est particulièrement vulnérable face à la crise de la dette car elle est constituée de pays dont les niveaux économiques sont très différents les uns des autres et dont les niveaux de dette sont différents.

En économie, tout est une question de confiance. Si vous avez confiance à un emprunteur, vous allez lui consentir un prêt à un taux attractif. Les taux d’intérêts sont proportionnels à la méfiance vis-à-vis des emprunteurs. Plus le risque est élevé, plus la rémunération du loyer de l’argent est élevée.

C’est ainsi que l’Allemagne emprunte sur les marchés à des taux très bas, de l’ordre de 0,5% tandis que l’Italie emprunte actuellement à 3,7% sur dix ans ! Cette différence de taux est intitulé « le spread ». L’Italie, dont l’économie est plus faible, emprunte à des taux plus élevés que les pays du Nord, ce qui diminue ses capacités d’emprunt et affaiblit encore davantage son économie.

Ce spread élevé fragilise l’euro qui baisse fortement face à de nombreuses devises et surtout par rapport au dollars US. La conséquence immédiate est une augmentation du prix des produits importés payés en dollars. Les pays dont la balance commerciale est fortement déficitaire, comme celle de la France, sont plus fortement impactés et fragilisés.

Ressurgissent alors les vieilles rancoeurs entre le Nord et le Sud de l’Europe, entre les bons élèves et les pays du club-Med, jugés irresponsables, incapables de se réformer et de juguler leurs dépenses excessives…

Dans ce contexte l’euro est à nouveau menacé, comme à chaque grave crise économique. Certains pays peuvent être tentés de quitter le navire et un jour, l’euro risque de n’attirer que les pays mal gérés…

L’isolement

A ce tableau sombre, il convient d’ajouter l’isolement de l’Occident dans la guerre en Ukraine. Le sommet des BRICS vient de se tenir sous l’égide de Vladimir Poutine qui en a profité pour prononcer un discours remarquable et remarqué.

Les pays qui sont associés dans cette organisation internationale regroupent des poids lourds que sont : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud qui ont eu « un dialogue de haut niveau sur le développement global ». D’autres pays furent associés aux débats comme l’Algérie, l’Argentine, le Cambodge, l’Égypte, l’Indonésie et le Sénégal… La Russie compte ses amis et ils sont nombreux par le monde.

Les échanges de la Russie avec les BRICS ont augmenté de 38% au premier trimestre de l’année et le pays se prépare à se passer de l’Europe. La Russie écoule maintenant l’essentiel de ses matières premières en Chine, en Inde et en Indonésie qui à eux trois comptent 7 fois plus d’habitants que l’Union Européenne ! Il faudrait que nous retombions sur terre… Par ailleurs, l’Afrique est majoritairement dans le camp des BRICS.

En s’associant à l’esprit guerrier américain, les dirigeants européens ont commis une grave faute politique et économique qui va largement nous handicaper. Les Américains sont plus préoccupés par leur engagement en Asie-Pacifique que par les soucis des européens qui auraient tout intérêt à rester en contact avec Moscou. L’Europe, en plein déclin démographique et industriel, va se trouver isolée et fragilisée.

Les entreprises européennes qui, sous la pression de l’hystérie collective, ont choisi de quitter la Russie, auront tout perdu et aggravé leur situation, sans espoir de récolter le moindre avantage… Comment peut-on à ce point manquer de jugement et de bon sens ?

En outre, nous allons bientôt manquer de matières premières et elles vont coûter plus chers, à commencer par l’Uranium, essentiel dans nos centrales nucléaires. La bêtise de nos dirigeants atteint des sommets !

Les dirigeants occidentaux et, en particulier, les européens, portent une lourde responsabilité devant l’Histoire.  Non seulement ils seront responsables de la misère en Ukraine par leur inconséquence, mais ils auront délibérément provoqué une grave récession en Europe dont nous allons tous subir les conséquences. Je ne comprends pas comment les citoyens de bon sens ont pu approuver leurs folles décisions… Il faut toujours se méfier des va-t-en-guerre assis dans leur fauteuil !

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