L’Union Européenne fut jadis un projet ambitieux et grandiose, rêvé par la génération d’après-guerre. 50 ans après, l’Europe a été mise sous tutelle d’une administration pléthorique et d’une armée de fonctionnaires qui ont vidé le projet de sa substance. En outre, une succession de politiciens médiocres et démagogues ont ruiné l’Europe…
Pour les gens de ma génération, devant cet immense gâchis, le constat est amer. Il n’est pas étonnant qu’à la veille des élections européennes les citoyens soient perdus et désorientés. L’échec du beau projet européen est global et il n’est pas un seul secteur dans lequel on peut dire que ce fut un succès ! L’Union Européenne n’a même pas été capable de protéger l’Europe de la guerre, comme on peut le constater en Ukraine…
Trois erreurs fondamentales furent commises. Tout d’abord, le fait d’agglomérer ensemble trop de pays disparates, alors qu’il eut fallu attendre le décollage du noyau des six pays fondateurs. Ensuite, l’incapacité des gouvernants de s’émanciper de la tutelle américaine, ce qui a conduit l’Europe à devenir une colonie éloignée de l’empire américain, comme on peut le constater à propos de la guerre en Ukraine et à Gaza. Enfin, l’absence de démocratie, avec une commission à Bruxelles qui décide de tout sans jamais consulter les électeurs, ce qui a amené les peuples à se désintéresser du projet européen…
Aujourd’hui, l’Union Européenne est devenue un carcan, une somme de contraintes administratives, une perte de liberté et d’ambition. Elle est subie et non plus désirée. A l’occasion des élections européennes, il est peut-être temps de renverser la table et d’élire des députés qui ont une autre vision !
Démographie
Le taux de natalité est un indice de la vitalité d’un pays. Dans l’ensemble de l’Europe, la natalité est en baisse rapide et ne permet plus le renouvellement des générations. Nous approchons du seuil fatidique de seulement 1,5 enfant par femme !
La croissance de la population est assurée, d’une part, parce que nous vivons plus vieux et, d’autre part, grâce à l’immigration massive. La conséquence, c’est que la population des actifs (15-64 ans) croit moins vite que la population générale, ce qui constitue une charge énorme pour ces actifs. Par ailleurs, l’immigration de personnes non qualifiées et d’origine culturelle très différente complexifie les difficultés.
Temps de travail et productivité
Le Wall Street Journal résumait assez bien la situation, dans son édition du 17 Juillet 2023, en écrivant : « L’Europe se caractérise par une population vieillissante qui préfère le temps libre et la sécurité de l’emploi aux revenus ». Le diagnostic est implacable : les citoyens européens, en général, manquent d’ambition et ne sont pas armés pour affronter la compétition internationale.
Il suffit de constater la largesse des aides sociales qui incitent davantage à ne rien faire qu’à travailler. Très souvent, les jeunes diplômés rêvent plus d’année sabbatique que de plan de carrière. Globalement, les distractions et les plaisirs passent avant le travail.
Il n’est donc pas étonnant, que la productivité baisse un peu partout. A titre d’exemple, selon les experts, « la productivité du travail est en décrochage en France depuis 2019 », en baisse de 8,5%. Depuis les années 60 le nombre d’heures travaillées en Europe a baissé de 20 à 30%. Tout est dit !
Économie et industrie
Il n’est pas étonnant non plus que, sur les dix dernières années, l’Union Européenne ait enregistré une croissance annuelle moyenne du PIB de 0,8%, soit moitié moins que celle des USA à 1,7%. C’est ainsi qu’en 2010, le PIB par habitant était supérieur de 30% aux USA. Mais, douze ans plus tard, l’écart a plus que doublé à 87% ! La chute est vertigineuse…
Tout ceci est aussi la conséquence d’une désindustrialisation massive en Europe et en particulier en France où la part du PIB dans l’industrie n’est plus que de 10%. Ceci est le résultat d’une politique calamiteuse en matière d’imposition et une mauvaise gestion des finances et des investissements publiques. Les technocrates en cravate ont pris le pouvoir et ont tout misé sur le made in China : faute impardonnable !
A ce constat, il faut ajouter un manque de formation des emplois qualifiés, faisant suite à la faillite complète du système éducatif qui forme des chômeurs potentiels plus que des vraies compétences. C’est ainsi que selon un rapport qui vient d’être remis au ministre français des finances, « 60.000 postes restent toujours non pourvus dans l’industrie ».
Dans le domaine de l’automobile, l’avenir est encore plus sombre, avec le passage en marche forcée à la voiture électrique dont la Chine possède le savoir-faire et la technologie des batteries. Or, la moitié de la valeur d’une voiture électrique est constituée par ses batteries.
Les Chinois ont anticipé ce basculement, en constituant une filière complète, du raffinage des minerais à l’usine. Ils détiennent 90% du marché du graphite et, désormais, pas une seule batterie dans le monde ne peut être produite sans composants chinois.
Face à ce constat, selon le patron de PSA, « les européens déroulent le tapis rouge » sous les roues des constructeurs chinois. Les européens n’ont aucune vision d’avenir et sabotent leur industrie automobile. Des centaines de milliers de voitures chinoises s’amassent déjà dans le port d’Anvers, prêtes à déferler sur les routes européennes ! La suite va être sanglante…
Energie
Les Européens, en s’engageant dans la guerre en Ukraine, ont signé leur faillite collective. Ils se sont volontairement coupés des sources d’énergie russes, et mécaniquement, se sont disqualifiés dans la compétition internationale car ses prix d’achat ont explosé. Le comble, c’est que la Russie n’a pas été pénalisée puisqu’elle exporte désormais son gaz et son pétrole en Asie à bon prix.
Une tribune parue le 24 Avril 2024 dans le journal Le Monde précise que « les Etats-Unis bénéficient d’un prix trois fois inférieur à l’Europe… Par rapport à la zone euro, cela constitue un avantage compétitif pour les années qui viennent, ce qui amène certaines industries européennes à délocaliser leurs usines outre-Atlantique ». Le bilan est attristant !
En ce qui concerne l’énergie solaire, le constat est aussi accablant puisque 95% des panneaux photovoltaïques proviennent de Chine et coûtent deux fois moins chers que ceux produits en Europe. Il faut cependant savoir que la majorité des composants sont fabriqués au Xinjiang par une population internée dans des camps de travail forcé. L’Europe, volontiers moralisatrice, devrait avoir honte d’elle-même !
Innovation et R&D
D’où provient l’innovation aujourd’hui ? Quelles sont les innovations européennes ? Pour répondre à ces questions, il suffit de voir où sont localisées les grandes sociétés technologiques qui préparent le monde de demain. Elles sont presque toutes aux USA et en Chine !
Les entreprises européennes, pour la plupart, conservent une vision nationale et continuent à se faire concurrence comme autrefois, au lieu de s’associer et d’affronter le marché mondial.
Il faut dire que la politique délibérée de Bruxelles contre les entreprises monopolistiques a bridé considérablement les rapprochements intracommunautaires, au nom d’une idéologie désuète. Ceci est un autre exemple du travail de sape des politiciens et des technocrates européens contre les intérêts de l’Europe !
Handicapée par sa faible taille, l’industrie européenne n’investit que 2,2% du PIB en Recherche et Développement pendant que les USA dépensent 3,5% de leur PIB. La différence est considérable et aggravée par la pauvreté et la faible efficacité de la recherche universitaire en Europe qui manque d’universités prestigieuses.
Endettement
Malgré ces sombres perspectives, l’Europe vit au-dessus de ses moyens et poursuit un train de vie qui n’est plus à sa portée. Les dépenses sociales et de santé crèvent tous les plafonds et aucun mécanisme de contrôle n’est mis en place.
Son manque de compétitivité freine ses exportations et gonflent ses importations. Dans un environnement aussi défavorable, la monnaie européenne ne cesse de se dévaluer par rapport aux autres monnaies, ce qui renchérit le coût des importations. Il y a 15 ans un euro valait environ 1,4 dollar, aujourd’hui il ne vaut plus que 1,07 dollar et approche de la parité. Rien n’illustre mieux l’effondrement de l’économie européenne !
Pendant ce temps-là, la dette publique cumulée des pays de la zone euros explose à 12.700 milliards d’euros, soit 90% du PIB. A noter que la dette de la France représente, à elle seule, le quart de cette somme. Elle cumule, en outre, le triste record d’un déficit budgétaire de 5,5% du PIB en 2024 ! Emmanuel Macron peut être fier de lui…
Ces chiffres peuvent paraitre modestes face à la dette américaine qui dépasse les 34.000 milliards de dollars, soit 130% du PIB. Mais le dollar est le dollar et, jusqu’à présent, règne en maitre sur l’économie mondiale.
L’économie américaine est même en surchauffe et le plein emploi a forcé les entreprises à augmenter les salaires. 20% des ménages américains gagnent plus de 100.000 $ par an. L’écart de niveau de vie n’a jamais été aussi fort et un voyage aux USA devient hors de prix pour un européen. Autre signe du décrochage du Vieux Continent…
L’Union Européenne n’a donc pas de quoi pavoiser. Elle ne peut être fière d’elle-même dans aucun domaine. Ce triste constat est accablant pour nos élites qui, par leur incompétence ou leur idéologie obsolète, conduisent l’Europe vers le déclassement et l’appauvrissement généralisé. Les citoyens qui désirent continuer à apporter leur voix à ceux qui nous gouvernent devraient méditer sur le champ de ruines qu’ils vont nous laisser !… Les rouleaux-compresseurs chinois et américains vont nous laminer.