1037 – BOUFFÉES DE CHALEUR ET MÉNOPAUSE

La médecine classique est muette en ce qui concerne les désagréments de la ménopause. Toutefois, même s’il ne semble pas y avoir de traitements miracles, il existe néanmoins des approches naturelles dont l’efficacité a été prouvée.

Il n’est pas exagéré de dire que la ménopause constitue une étape importante de la vie d’une femme et elle entraine de profonds bouleversements hormonaux et sociaux. Cette phase de transition dure plusieurs années et est associée à divers symptômes tels que la sécheresse vaginale, les sautes d’humeur, les difficultés de sommeil et les bouffées de chaleur…

Les bouffées de chaleur sont les symptômes les plus fréquents, chez 80% des femmes au moment de la ménopause, et consistent en de rapides et intenses sensations de chaleur interne, des suées, des rougeurs du visage et une vasodilatation périphérique. Elles durent environ 8 ans, en moyenne, avec de fortes différences individuelles.

La durée des bouffées de chaleur est d’une dizaine de minutes et la fréquence des épisodes varient considérablement d’une femme à l’autre…

Ces désagréments semblent indépendants de tous les autres facteurs connus, concernant le style de vie, le poids, le risque cardiovasculaire, l’existence de syndrome prémenstruel, la perte de densité osseuse ou l’origine ethnique !

On peut dire que les troubles de la péri-ménopause constituent le trou noir de la médecine qui semble avoir renoncé à l’étudier et à développer des traitements adéquats. Donc, la physiopathologie de la ménopause demeure en partie une énigme. On sait cependant que les bouffées de chaleur sont accompagnées par la libération de différents médiateurs dont l’histamine. L’intensité des bouffées semble être accentuée par les repas épicés, la caféine et l’alcool.

La réponse médicale

Si vous allez voir votre médecin pour vos bouffées de chaleur, il risque d’être démuni. S’il s’agit d’un médecin radical, il peut vous proposer un traitement hormonal à base d’hormones oestrogéniques. Il s’agit d’un traitement efficace qui, dans 75% des cas, réduit les symptômes de la ménopause, mais pas sans conséquence…

Une association œstrogène et progestérone peut aussi être prescrite. Mais la prescription d’hormones de remplacement est de moins en moins fréquente depuis que plusieurs études cliniques contrôlées ont clairement démontré qu’elles augmentaient de façon significative le risque de cancer du sein ou du cancer de l’endomètre.

En résumé, la prise pendant 10 ans d’un traitement hormonal de substitution multiplie par 2 ou 3 le risque de développer un cancer du sein durant les 15 ans qui suivent. C’est donc une épée de Damoclès qui demeure pendant très longtemps au-dessus de la tête des femmes qui ont suivi ce traitement. Quand on connait l’incidence du taux de cancer du sein chez les femmes en général, il faut avoir le goût du risque pour entreprendre un traitement hormonal de substitution durant la péri-ménopause !

Il existe des alternatives médicamenteuses, non hormonales, sous forme de composés chimiques inhibiteurs de la recapture de la sérotonine. Il s’agit en fait d’antidépresseurs dont les effets sur les bouffées de chaleur semblent modestes en regard des effets nocifs de ces psychotropes chimiques.

Des traitements de phytothérapie sont parfois proposés par les médecins, en particulier des extraits de soja riches en isoflavones ou des herbes de la pharmacopée chinoise. Les résultats sont très modestes et ne méritent pas d’être mentionnés. On peut retenir cependant l’utilisation de la sauge officinale qui contribue de façon significative à la diminution de la fréquence des bouffées de chaleur. (1)

 J’attire néanmoins votre attention sur deux traitements naturels qui ont fait l’objet d’études cliniques sérieuses apportant la preuve d’une bonne efficacité, sans effet secondaire…

L’alpha alanine

L’alanine est un acide aminé non essentiel qui est un précurseur de la synthèse de la Carnosine, un dipeptide présent en grande quantité dans les muscles. La prise orale de béta alanine provoque une augmentation substantielle du taux de Carnosine qui joue un rôle prépondérant dans la contraction musculaire.

La carnosine a une action tampon sur le pH et diminue l’acidose provoquée par l’effort. Elle augmente la contractilité des fibres musculaires et lutte contre l’excès de radicaux libres oxydants. Pour ces raisons, la béta alanine est largement utilisée par les sportifs pour augmenter le métabolisme énergétique.

En outre, la carnosine possède une action antivieillissement selon divers mécanismes. La béta alanine est par ailleurs un antagonisme de l’acide nicotinique et inhibe la libération d’histamine, qui sont deux facteurs impliqués dans la sensation de chaleur au visage. La béta alanine agit aussi sur des récepteurs qui régulent la vasodilatation. Ces éléments peuvent rendre compte de son efficacité sur les bouffées de chaleur.

Plusieurs études cliniques contrôlées, en double aveugle contre placebo, attestent de l’efficacité de la béta alanine dans la majorité des cas et sa parfaite tolérance, à la dose de 400mg/jour. Une publication scientifique résume le bilan de l’ensemble de ces études en ces termes : « Toutes les études furent cohérentes à montrer une rapide et durable diminution du nombre et de la fréquence des épisodes de bouffées de chaleur, avec une amélioration concomitante de la qualité de vie et du sommeil. L’effet du traitement fut évident sur la totalité du spectre de sévérité des bouffées de chaleur, faibles, modérées et sévères. La tolérance a été excellence dans toutes les études » (2).

Extrait purifié de pollen

Les études cliniques ont été réalisées avec un extrait purifié de pollen protégé par un brevet. L’intérêt de cet extrait réside aussi dans le fait qu’il s’agit d’une préparation qui ne contient pas d’hormone végétale. Elle peut donc être utilisée chez les femmes qui ont eu un cancer du sein.

Une première étude contrôlée, en double aveugle contre placebo, fut réalisée par une équipe danoise sur 54 femmes ménopausées. Après 6 mois de traitement, la réduction de l’intensité et de la fréquence des bouffées de chaleur fut enregistrée sur 65% des femmes sous traitement d’un extrait de pollen ordinaire et sur 27% sous placebo. (3)

Une étude italienne plus récente, et comparative, fut réalisée avec un autre extrait de pollen, breveté. Pendant 6 mois, 57 femmes prirent deux tablettes par jour de l’extrait de pollen et 60 reçurent une préparation contenant de l’isoflavone de soja. « L’extrait de pollen permet d’obtenir une meilleure amélioration des bouffées de chaleur et des troubles du sommeil que l’isoflavone de soja. L’extrait de pollen est surtout efficace sur la qualité du sommeil ». (4)

Très récemment, une équipe américaine a publié les résultats de l’analyse des 5 principales publications concernant les effets bénéfiques de l’extrait de pollen purifié. Les auteurs de ce travail mettent en évidence l’efficacité significative sur les bouffées de chaleur, sur les troubles nocturnes et sur les humeurs dépressives. (5)

L’association béta alanine (400mg par jour) et extrait purifié de pollen (320mg par jour) apparait comme le traitement naturel de choix pour lutter contre les bouffées de chaleur avec le maximum d’efficacité et une excellente tolérance, en évitant ainsi le recours aux traitements hormonaux de substitution.

1– « The effect of Salvia Officinalis on hot flashes in postmenopausal women: a systematic review and meta-analysis” – Int J Community Based Nurs Midwifery. 2023; 11(3):169-178

2-“Women dealing with hot flushes: the role of beta-alanine– Eur Rev Med Pharma Sci. 2020; 24:5148-5154

3- “Femal, a herbal remedy made from pollen extracts, reduces hot flushes and improves quality of life in menopausal women: randomized, placebo-controlled study – Climacteric. 2005; 8(2):162-70

4- “Non hormonal treatment for menopausal symptoms and sleep disturbances: a comparison between purified pollen extracts and soy isoflavones” – Curr Pharm Des. 2020; 26(35):4509-4514

5- “The efficacy of purified pollen extract for reducing vasomotor symptoms in women: a systematic review and meta-analysis” – Menopause. 2024; 31(2):154-159

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