1036 – QUI SONT LES JEUNES D’AUJOURD’HUI ?

Les jeunes préparent l’avenir. Ausculter la jeunesse d’aujourd’hui aide à anticiper ce que sera la société future. Les jeunes d’aujourd’hui ne pensent pas et n’agissent pas comme la jeunesse précédente. Qu’est-ce qui a changé ?

Bien sûr, la jeunesse a toujours été iconoclaste et a toujours pris plaisir à bousculer la tradition. Les jeunes d’aujourd’hui n’échappent à cette tendance, mais on peut y déceler des particularités et des innovations qui nous donnent des indices sur la société future.

Ceux et celles qui me lisent régulièrement savent que je consacre nombre de mes chroniques à observer la société, à noter les nouveautés et à scruter l’avenir en fonction des tendances en cours.

J’ai déjà publié diverses chroniques qui, hélas, anticipaient un avenir difficile pour la société occidentale qui fut longtemps un leader incontesté dans le domaine des idées, des sciences, de la technique et des arts. Certains de mes lecteurs ont pu juger que mon diagnostic est trop pessimiste, j’espère qu’ils ont raison et j’attends leurs arguments avec intérêt !…

Quelle image nous envoie les jeunes d’aujourd’hui ? Certes, il est difficile de parler de la jeunesse en général, tant elle est diverse. Néanmoins, il existe des traits caractéristiques généraux et certains courants d’avant-garde nous renseignent sur ce que peut devenir la société de demain si elle suit la même tendance.

Les nouvelles familles

La démographie constitue la mère des sciences sociales et l’indice de natalité en dit plus long que de longs discours sur l’état de santé de notre société. Pour différentes raisons, l’indice de natalité est en chute constante dans les pays occidentaux et le renouvellement des générations n’est pas assuré. (Relire chronique 963 « Menaces sur la survie de l’humanité »).

En France, par exemple, le nombre total des naissances baisse régulièrement de 7% par an, malgré l’immigration massive de jeunes hommes et femmes en âge de procréer.  De nombreux couples ne souhaitent pas avoir d’enfants ou se décident trop tardivement. Sous l’impulsion d’un certain féminisme, de plus en plus de jeunes femmes considèrent la maternité comme dégradante !

En outre, la pollution chimique est responsable d’un nombre considérable d’infertilité que toutes les techniques de fécondations artificielles ne parviennent pas à rétablir. Pour tout dire, le désir d’enfant s’émousse ce qui constitue, à mon avis, l’indice symbolique le plus fort d’une société fatiguée qui a perdu le goût de vivre…

Mais, comme chacun sait, la nature a horreur du vide ! Progressivement, dans de nombreux couples, le chien ou le chat remplace l’enfant manquant. Traditionnellement, l’animal de compagnie était adopté lorsque les enfants avaient quitté le nid familial pour compenser le syndrome du nid vide.

La nouvelle tendance concerne les jeunes couples trentenaires qui n’hésitent même plus à promener parfois leur chien dans une poussette de bébé ! La France n’est qu’au début du phénomène mais compte déjà plus de 22 millions de chiens et de chats, soit le double du nombre de jeunes de moins de 15 ans…

33% des foyers possèdent un canidé. Un reportage récent du journal Le Monde était intitulé, de façon évocatrice, « Comment le chien est devenu le nouvel enfant » des pet moms et des pet dads ! Les sociologues décrivent cette nouvelle parentalité au sein des nouvelles familles post-modernes.

Des succès de librairie ne trompent pas sur l’ampleur du phénomène. Ainsi le livre de Cédric Sapin-Defour « Son odeur après la pluie » a été tiré à 200.000 exemplaires. Il traite du deuil d’un animal, après « treize ans de vie commune » comme s’il s’agissait d’un enfant ou d’un conjoint !

« Garderie, nounous, cadeaux d’anniversaire ou de Noël, comptes Instagram diffusant les exploits du dernier de la portée, rendez-vous chez le véto au moindre tressaillement d’oreille… et si le chien était devenu le nouvel enfant ? », s’interroge l’auteur du reportage. Autrefois, le chien avait un rôle utilitaire pour la garde ou la chasse, ensuite il devint animal de compagnie et aujourd’hui, signe des temps, il est l’enfant de la famille…

Féminisme agressif

On observe curieusement une fusion entre la lutte féministe et la cause animale. C’est le cas en particulier d’Hélène Gateau dans son livre qui annonce la couleur : « Pourquoi j’ai choisi d’avoir un chien et pas un enfant ».

Ce phénomène rejoint une autre tendance, poussée par un féminisme intégriste, et qui consiste à nier sa féminité et même son pouvoir de fécondation en supprimant artificiellement ses règles. C’est la stérilité programmée et assumée, devenue symbole du féminisme post-moderne ! « Je trouve désagréable de subir une baisse de régime durant cette période » affirme une adepte.

Une jeune médecin génevoise résume cela très bien tout cela dans son livre « Briser le tabou des règles ». Les règles seraient à ranger parmi les reliques antiques, désormais sans intérêt pratique. Un simple implant hormonal apporterait la sérénité aux femmes, enfin débarrassées de ce qui devient désormais une infirmité !

Peu importe les effets secondaires possibles : baisse de la libido, prise de poids, vomissements, vertiges, épisodes dépressifs, risques de thromboses ou d’embolie pulmonaire ! La nouvelle féminité conquérante est à ce prix…

Dans le même registre, une nouvelle pratique se fait jour. Il s’agit de bloquer la puberté des très jeunes filles avec un traitement antihormones. Elles croient ainsi pouvoir changer de sexe, comme si on pouvait nier le sexe qui nous est attribué par les hasards de la génétique. Dans une société qui est devenue folle, il faut s’attendre au pire dans le registre de l’horreur !

Les déviants

Les féministes convaincues et engagées sont volontiers provocatrices, surtout celles qui s’autoproclament artistes. Certains se servent de leurs attributs féminins pour mieux affirmer leur engagement féministe.

C’est le cas d’une certaine Deborah de Robertis, sans doute auto-anoblie, comme elle s’autoproclame artiste engagée. Une de ses œuvres maitresses consiste à poser nue, assise sur une chaise, les cuisses écartées, toute vulve largement ouverte. Il faut préciser que l’artiste est ainsi photographiée sous le célèbre tableau de Gustave Courbet, « L’origine du monde », qui fut en son temps tout aussi provocateur.

Il parait que l’artiste veut ainsi défendre la cause féminine qui serait menacée. Elle est par ailleurs poursuivie pour vol et dégradation d’œuvre d’art, preuve que son engagement ne recule devant rien. Je ne peux m’empêcher de penser que l’on aimerait admirer les jeunes d’aujourd’hui pour d’autres prouesses !

Les succès médiatiques de Deborah de Robertis sont néanmoins symboliques d’une certaine jeunesse d’aujourd’hui et d’une certaine époque… la nôtre !

Il est un fléau plus grave, qui se banalise, c’est celui de la consommation de drogues diverses et d’alcool, dès le plus jeune âge. Le trafic de drogue est un cancer qui gagne même les campagnes et les autorités semblent aveugles et inactives face à ce vaste phénomène d’autodestruction.

Nous pouvons être inquiets de cette banalisation rampante dans une société qui finit par admettre des comportements déviants. Cette ambiance de laisser-aller touche une partie de la jeunesse qui a perdu le goût du travail et la notion d’effort. Le travail n’est plus une source d’épanouissement mais vu comme un asservissement. L’air du temps pousse à la facilité et à l’insouciance…

Compte tenu de ce qui précède, il est difficile d’imaginer un avenir radieux pour une certaine jeunesse qui semble s’étriquer, repliée sur elle-même, et qui ne parvient pas à s’épanouir dans des projets plus grands qu’elle. Ceux qui sont actifs et entreprenants auront à porter cette masse inerte de plus en plus lourde. Nous l’avons déjà écrit sur d’autres thèmes : l’avenir de l’Occident est sombre, à l’horizon de dix ou vingt ans…

 

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2 commentaires

  1. Serait-il possible d’avoir l’option « lire à haute voix » dans le menu « … »
    D’avance un grand merci
    Bien cordialement

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