1143 – POURQUOI LES PEUPLES FONT-ILS LA GUERRE ?

C’est une question qui me hante depuis longtemps. Pourquoi cette haine entre les peuples ? Pourquoi sommes-nous fascinés par la destruction, y compris l’autodestruction ? La paix est-elle si ennuyeuse et monotone ? Avons-nous un besoin fondamental de braver le destin et de jouer avec la mort ?

Avec l’expérience de l’âge, plus que jamais, je mesure à quel point la condition humaine est pathétique. Notre planète est merveilleuse et nous y trouvons tout pour y vivre heureux, en harmonie entre les peuples et avec la nature. Malgré cela, nous sommes envieux et insatisfaits. Nous avons le nécessaire mais nous voulons toujours plus et prendre au voisin ce qui lui est indispensable.

Nous sommes des boulimiques insatiables, avides de tout, animés d’un désir pathologique de puissance et de domination. Nous voulons toujours plus de territoires et plus de richesses, comme des enfants capricieux qui veulent de nouveaux jouets. Pour cela nous usons de la force, que notre ingéniosité a porté au paroxysme. Notre Histoire n’est constituée que de suites ininterrompues de guerres et de vengeances meurtrières, jamais assouvies.

J’ai eu l’honneur et l’avantage d’être né avant la dernière guerre mondiale qui a bercé mon enfance, sans compter les terribles et douloureux souvenirs que nos parents et grands-parents conservaient de la première guerre et qui ont émaillé notre jeunesse de récits effrayants. Faut-il avoir longtemps vécu pour prendre conscience de façon si aigüe de la folie des hommes ?

Je suis hanté par cette folie destructrice de l’humanité, si déraisonnable de la part d’une espèce qui prétend régner en maitre sur l’univers. C’est dans cette démarche que j’ai déjà commenté dans une récente chronique la terrible campagne de Russie de l’armée Allemande, racontée dans l’excellent livre autobiographique de Guy Sajer qui m’a beaucoup marqué (Relire chronique 1126 « Le soldat oublié », un des livres les plus émouvants que j’ai jamais lu).

Comment comprendre que cette humanité, qui soi-disant fourmille de penseurs, de philosophes et de sages, qui se vantent d’une pensée pacifique et universelle, et qui prétend avoir atteint le nec plus ultraqu’une civilisation puisse atteindre, se lance encore dans des opérations militaires de conquête et de destruction ?

 « Europa delenda est »

J’ai déjà écrit tout le mal que je pensais de la guerre en Ukraine, qui aurait pu se résumer en une simple incursion Russe dans le Donbass, mais que l’Occident a porté à l’incandescence meurtrière qui dure depuis trois ans. Quel exemple plus frappant de la folie des peuples ? L’Europe ne semble avoir rien appris de son histoire et ceux qui nous dirigent, gonflés d’orgueil et de prétention, nous conduisent vers la ruine et le chaos, sans que le peuple ne se soulève.

Nous pouvons être légitimement effarés, lorsque nous observons le président Macron, qui a mené son pays au déclin économique, et décide seul de donner à l’Ukraine les quelques milliards qui nous reste, pour que ce pays achète des armes aux américains ! Le plus étonnant, qui me révolte et m’anéantis le plus, c’est de constater que pratiquement aucun leader politique ni aucun media ne contestent cette décision qui me semble aussi folle…

L’Europe entière demeure favorable à la guerre à outrance et prête à y sacrifier ses enfants ! Qu’est-ce qui la motive ? Quelle pulsion d’autodestruction la pousse ou l’attire ? La situation est d’autant plus étonnante que, lors des premiers jours du conflit, le président Zelenski était prêt à négocier et probablement abandonner le Donbass, russophone et russophile, dont toute l’Histoire le rattache indiscutablement à l’empire Russe. Une simple question posée par référendum aux habitants de cette région aurait suffi à régler le problème… Personne ne l’a proposé ! Ils préféraient la guerre !

Tout s’est passé comme si l’Europe, qui soufflait sur les braises, voulait la guerre à tout prix, et quel que soit le prix à payer ! “Quoi qu’il en coûte” dirait Macron ! D’où peut provenir cette pulsion meurtrière qui affaiblira durablement l’Ukraine ? J’en viens à me demander si cette guerre ne correspond pas à une pulsion autodestructrice dont l’Europe est atteinte et que j’ai signalée à de multiples reprises dans mes chroniques. Pulsion inconsciente sans doute, mais qui fait écho au déclin accéléré de sa culture, de ses mœurs, de son économie, de son industrie et de son rayonnement dans le monde…

Tout se passe comme si un plan sous-jacent, qui nous dépasse, était à l’œuvre pour accompagner et accélérer notre déclin, jusqu’à la chute ! A cet égard, l’attitude de la France, déjà exsangue, semble suicidaire. Malgré cela, personne ne proteste, personne ne bouge, comme si notre inconscient participait déjà à ce destin funèbre. Caton dirait sans doute : « Europa delenda est »(L’Europe doit être détruite), comme il le disait à propos de Carthage.

« America first »

Ce slogan répété à loisir par le président Trump ne fait que résumer le célèbre et universel proverbe de bon sens qui affirme que « toute charité bien ordonnée commence par soi-même » ! Nous aimerions que les États-Unis appliquent davantage ce slogan de campagne électorale et se mêle moins des affaires des autres.

Dans le monde, personne ne doute aujourd’hui que les USA, sous l’ère Trump, constitue le principal danger de déstabilisation globale et représente la caricature de cet esprit guerrier et conquérant dont l’humanité a tant souffert au cours de son histoire. Une sorte de paranoïa s’est emparée de l’Amérique dont la puissance lui donnerait le droit de régenter le monde à sa guise.

Elle fut l’initiatrice qui a bloqué les tentatives de paix en Ukraine, dont j’ai parlé plus haut, et sous l’ère Trump, elle a amplifié ses prétentions et ses agressions tous azimuts. Ses menaces et ses attaques actuelles en Iran ne servent ni ses intérêts, ni ceux du reste du monde, mais elles constituent des risques systémiques de grande ampleur pour l’équilibre global.

En tant qu’observateurs, nous pouvons noter à l’évidence que les interventions de l’armée américaine en Iran ne servent que l’ego de Donald Trump ! Il s’approprie la puissance de l’Amérique, la fait sienne, et s’y identifie. Ses foucades et ses humeurs constituent sa seule stratégie pour montrer au reste du monde qu’il peut faire selon son « bon plaisir ». Les psychanalystes y verraient une faille du « Moi ». Le seul inconvénient c’est qu’il dirige le pays actuellement le plus puissant militairement.

L’ami Israélien

Au milieu de ce capharnaüm mondial, Israël poursuit son œuvre d’annexion des territoires Palestiniens et poursuit une guerre sans merci à Gaza où il perpétue, jour après jour, des exactions et des crimes de guerre, pour soumettre une population démunie et affamée !…

Malgré quelques hésitations de façade, les USA continuent d’appuyer sans réserve la politique agressive de ses amis israéliens. Ce n’est pas un hasard si les principaux conseillers de Donald Trump sont d’origine juive et souvent binationaux. Plus de dix personnalités très influentes à la Maison Blanche sont d’origine juive, à commencer par l’envoyé spécial au Moyen- Orient Steve Witcoff, sans compter le gendre du président Jared Kushner, très impliqué dans la politique américaine au Moyen-Orient ! Il n’y a donc pas de place pour l’impartialité et un discours raisonnable, en opposition avec la majorité des Américains qui commencent à trouver cet ami très encombrant.

Comme d’habitude, l’Europe est aux abonnés absents et se contente de prendre acte de l’attitude américaine. Quelques petites protestations timides surgirent ici ou là, mais bien vite effacées par les media, eux aussi soumis à l’influence sioniste. Selon un scénario bien rodé, toute condamnation de la politique agressive d’Israël et même une simple critique vont être qualifiées, de façon odieuse, de propos antisémites !

« Dans la tête de Macron »

C’est ainsi que, d’un bout à l’autre de la planète, l’humeur est guerrière. La guerre nous est présentée comme inévitable, une impérieuse nécessité, une mise en œuvre vitale. Les gouvernements européens unanimes préparent la guerre, avec un Macron aux avant-postes, prêt à nous mener à la catastrophe. Devant les militaires il vient de déclarer officiellement, à propos de l’Ukraine : « Nous sommes prêts à les défendre toujours, et au prix du sang s’il le faut » …

Par quel processus mental en est-on arrivé à cette fuite en avant suicidaire qui nous replonge dans l’atmosphère de 1913 ou 1938 ? C’est exactement le mécanisme que Michel Fize, sociologue, a passé au crible dans son enquête « Dans la Tête de Macron ». Une guerre, ça justifie des pouvoirs qu’aucun vote n’accorde.

Sa thèse est dérangeante : « Un homme prêt à tout pour rester au centre du jeu, écrit-il, y compris à mener une guerre »... Et Emmanuel Macron a l’air bien parti dans cette direction. Il a un modèle : Zelenski, qui est resté accroché au pouvoir à la fin de son mandat, et qui est toujours là, sans vote démocratique ! En temps de guerre toute opposition est qualifiée d’entente avec l’ennemi…

Macron entrainera-t-il la France et l’Europe dans une spirale infernale suicidaire, une sorte d’apothéose finale pour parfaire son œuvre de destruction, commencée il y a près de 10 ans ? Les media sont muets et le peuple apathique. Heureusement que le pire n’est jamais certain, mais les dégâts de l’ère Macron sont déjà considérables…

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