1081 – CONFORMISME

C’est toujours plus confortable d’être conformiste, il suffit de suivre le troupeau ! Il suffit de regarder uniquement la télé que tout le monde regarde et de répéter ce que tout le monde dit… Le conformiste regarde d’où vient le courant et se laisse porter par le flot… Il a peut-être raison ?

Si les media disent que le cheval blanc d’Henri IV était noir, nous seront aussitôt de cet avis et nous dirons que ceux qui en doute sont des complotistes ! Il n’est pas facile de résister au rouleau compresseur de la pensée dominante, de la pensée unique, du prêt-à-penser médiatique, car on peut se sentir isolé et rejeté par le groupe.

Le pire du conformisme est celui qui se substitue à la morale et se transforme en soumission aux diktats de la bien-pensance. Nous vivons cette époque de la police de la pensée qui délivre des interdits de s’exprimer à ceux qu’elle qualifie de raciste, de xénophobe, de complotiste, de fasciste, de gauchiste, de transphobe, etc…

Mais, il y a ceux qui ont la fâcheuse habitude de vouloir regarder ce qu’il y a sous les cartes, de douter des affirmations hâtives et qui veulent réfléchir par eux-mêmes et refusent de répéter des slogans qui anesthésient la pensée.

La plus grave des maladies de civilisation

Toutes les sociétés humaines ont besoin d’un certain consensus qui donne la cohésion au groupe. Chaque groupe humain détient ses propres croyances et ses tabous qui lui servent de ciment social.

Cette cohésion est indispensable pour survivre et se défendre collectivement dans un environnement hostile, pour se procurer de la nourriture ou combattre un ennemi menaçant. En France, avant la première guerre mondiale, le mouvement pacifiste, mené par Jean Jaurès, était anticonformiste et refusait la guerre. Mais, face à l’ennemi, ils sont aussitôt rentrés dans le rang !

Cela ne veut pas dire que les pacifistes avaient tort, mais leur position était devenue intenable face à une immense majorité belliqueuse qui les accusait de traitrise. Nous vivons actuellement une situation similaire avec ceux qui contestent le bien fondé de l’attitude belliqueuse des occidentaux vis-à-vis de la Russie. La majorité a désigné la Russie comme l’ennemi à abattre et il convient de se ranger à cette position, sauf à devenir un traitre à son propre pays…

Et pourtant, il est souvent utile d’écouter des points de vue différents qui peuvent modifier nos certitudes et nos décisions. La pluralité des opinions et des discours est non seulement la base de la démocratie mais c’est aussi une saine attitude pour éviter certaines erreurs de jugement et bien des décisions néfastes.

En ce sens, le conformisme aveugle est une grave maladie de civilisation que l’on a vu à l’œuvre au moment de l’épidémie du covid durant laquelle les décisions les plus stupides furent prises, à commencer par le confinement aux conséquences délétères, mais que personne n’osa contester. De même pour la vaccination hâtive, avec un produit expérimental, dont on commence à mesurer les conséquences sanitaires. (Relire Chronique N°1080 « Nouvelles études sur la vaccination »).

Si les autorités avaient pris le temps de seulement écouter les arguments de ceux qui doutaient du bien-fondé des décisions, au lieu de les traiter de complotistes, de les trainer dans la boue et de leur interdire d’exercer, nous aurions évité bien des drames et des déconvenues en desserrant un peu le carcan du conformisme…

Le conformisme médiatique

Nous vivons une époque dans laquelle les discours doivent être lisses et sans aspérité. Il est de plus en plus difficile d’émettre des opinions qui dévient de la pensée unique dictée par une nomenklatura politico-médiatique qui prétend dire ce qu’il est bon ou mauvais de penser.

Les grands media officiels véhiculent tous plus ou moins le même conformisme sur les grands sujets de société, sur la guerre en Ukraine ou à Gaza, sur le mouvement woke, sur les déviances sexuelles, sur l’éducation des enfants ou sur la médecine. Tout se passe comme si les journaux étaient désormais écrits par ChatGpt !

Il se trouve que le quotidien Milanais Il Foglio vient de tenter l’expérience de sortir des numéros entièrement rédigés par l’Intelligence Artificielle ! « L’idée est de faire passer l’intelligence artificielle de l’état gazeux à l’état solide ! » affirme le rédacteur en chef qui, désormais, peut être seul… Cet exemple illustre parfaitement la tendance d’une presse consensuelle et conformiste, sans aspérité, à la mode.

Si vous dites qu’il faut parler avec les Russes, vous êtes un traitre ; si vous mentionnez les exactions Israéliennes à Gaza, vous êtes un antisémite ; si vous dites que les transsexuels devraient d’abord être soignés psychologiquement, vous êtes un transphobe, injure suprême ; si vous estimez qu’il faut mieux contrôler l’immigration, vous êtes un fasciste ; et si vous osez écrire sur les effets secondaires générés par certains vaccins, vous êtes un dangereux complotiste !… Tous ces qualificatifs infamants ont pour but de faire taire ceux qui ne sont pas dans la mouvance des bien-pensants…

L’avantage avec ChatGpt, c’est que nous sommes à l’abri de toutes ces dérives. On nous offre un discours lisse, policé, consensuel, neutre, sans goût et sans saveur, c’est-à-dire à la mode, comme la cuisine fast-food ! Tout le monde est beau et gentil ! ChatGPT, et les autres IA ont de beaux jours devant eux. Ils penseront et s’exprimeront à notre place et tous les conflits seront, sans doute, évaporés… « dans le meilleur des mondes possibles ». Mais, ne l’oublions pas, l’IA se nourrit de textes, photos et vidéos réalisées par des humains…

Qu’est-ce que l’anticonformisme ?

Dans l’Histoire, les plus graves erreurs surviennent lorsque tout le monde commence à regarder dans la même direction, lorsque les majorités sont pléthoriques et les foules galvanisées par ceux qui pensent à leur place…

Ces situations ne sont pas réservées qu’aux régimes autoritaires et dictatoriaux, dans lesquels il est interdit de penser et de dire en dehors d’un discours officiel qui sépare le bon grain de l’ivraie, ce mauvais grain qu’il faut éliminer. Dans ces régimes, les conformistes sont ceux qui transitent dans l’orbite du pouvoir, les autres ne font que suivre les directives. Les quelques anticonformistes ne sont que des dissidents…

Dans les régimes qui se prétendent démocratiques, nous assistons souvent à une dérive vers une dictature démocratique, c’est-à-dire un système dans lequel le peuple est suffisamment anesthésié pour être consentant de sa propre servitude. C’est ce à quoi nous assistons progressivement en Occident.

Dans la dictature démocratique, le pouvoir exerce son autorité par l’intermédiaire de la morale et de la bien-pensance. Il n’y a pas de violence directe mais un lent étouffement de la contestation par une police de la pensée de type clérical. Une armée de bons-apôtres médiatiques, formatés dans les mêmes écoles de pensées, diffusent urbi et orbi leur évangile mondialiste, woke, et postmoderne.

Sous le couvert des bons sentiments ils imposent une vision du monde monochrome qui vise le consensuel. Une espèce de philosophie molle, sans consistance et sans goût, mais facilement assimilable par tous. Un mélange de bons sentiments et de laisser-aller… Mais, sous l’apparence d’un conformisme généralisé et d’esprit libéral, il s’agit d’une censure sévère, mais cachée et insidieuse.

Ceux qui n’épousent pas le conformisme officiel, n’ont tout simplement plus le droit à la parole. C’est une inquisition molle, sans bucher, mais avec les mêmes mises à l’Index, les mêmes Imprimaturs, les mêmes anathèmes et les mêmes procès en sorcellerie. Une nouvelle bien-pensance cléricale décide du bien et du mal.

Montrer du doigt ce conformisme officiel et en faire la critique, c’est cela être anticonformiste ! C’est être conscient de la mise sous tutelle de notre liberté de pensée et en souffrir. Ce n’est pas une position confortable car on est ostracisé, montré du doigt, exclu du débat public, comme un malade contagieux qui pourrait disséminer son infection.

Comment ce conformiste militant a-t-il été possible ? Avec deux leviers complémentaires et extrêmement efficaces : d’un côté, des media nourris par la même idéologie et qui véhiculent les mêmes slogans que l’on peut assimiler à un lavage de cerveau, de l’autre, des citoyens paresseux qui trouvent plus simple et plus confortable de suivre la voie de la facilité qui leur est offerte. 

La mondialisation a pour conséquence de gommer les différences et les spécificités des peuples et des individus. Elle effectue un profond brassage et une homogénéisation des pensées et des connaissances. La mode vestimentaire, qui devient identique d’un bout à l’autre du globe, donne un exemple de cette homogénéisation mortifère car la vie nait de la différence !

Le conformisme est, en quelque sorte, la mort de la pensée. Pour rester vivant, osons l’anticonformisme, non pas pour paraitre original, mais pour exprimer le fond de sa pensée, en toute honnêteté et avec lucidité…

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