1088 – QU’EST-CE QU’UN COMPORTEMENT NORMAL?

Si vous marchez nu et à quatre pattes dans la rue, tout le monde conviendra, sans controverse, que cela n’est pas un comportement normal. Mais, en dehors des cas extrêmes, la distinction entre le normal est l’anormal varie suivant les lieux, les époques et les cultures.

Le mot « normal » renvoie à une norme. Mais qui définit la norme ? En général le normal s’oppose à l’anormal, au pathologique, avec tout le flou que comportent ces concepts. La normalité est une construction sociale qui englobe des comportements, des idées et des caractéristiques qui s’adaptent à la vie en société. Il s’agit donc d’un moyen d’autorégulation sur lequel la société compte.

C’est pourquoi la notion de normalité est un concept utile et important pour la vie en société et c’est la raison pour laquelle les auteurs d’actes ou de comportements jugés anormaux sont généralement vilipendés et souvent exclus de la société. On peut dire que les valeurs qui sont le socle des sociétés sont considérées comme normales par celles-ci, mais peuvent évoluer en fonction des époques.

Le monde occidental actuel est soumis à d’importants bouleversements qui remettent en cause, pour le meilleur ou pour le pire, toutes nos valeurs traditionnelles et nos définitions de la normalité. Essayons d’y voir clair dans la notion de normalité…

Les critères de la normalité

Quelles sont les éléments qui permettent de définir la normalité de nos comportements et qui va en juger ? Il apparait que les sociétés très structurées éditent des normes strictes et sévères qui leur permettent de perdurer en excluant les « anormaux ».

Finalement, les tribunaux, quels que soient leurs fondements et les époques, jugent avec plus ou moins de sévérité, en fonction de leurs critères et des lois de la société. Il est évident que les régimes autoritaires sont plus sévères que les régimes démocratiques pour juger les déviants. Si les tribunaux ecclésiastiques ont trop souvent péché par excès de sévérité, il se peut aussi que, dans les démocraties modernes, les tribunaux pèchent par manque de sévérité, voire par laxisme.

Le premier critère repose sur des valeurs partagées par le plus grand nombre. Les comportements les plus souvent répétés seront normaux ; tandis que ceux qui se produisent peu souvent seront pathologiques ou anormaux. Cette méthode parait objective pour déterminer la normalité, mais il perd de son efficacité lorsqu’il existe beaucoup de variabilité. Nous rencontrons également le problème de la définition du seuil qui permet de déterminer le point de passage du normal à l’anormal…

Le deuxième critère est biologique, avec la notion de processus naturel. Des comportements qui répondent aux lois biologiques déterminent la normalité. La science détermine la normalité. Par exemple la notion de masculin et féminin est déterminée de façon biologique dans notre patrimoine génétique. Certains milieux progressistes contestent ce critère sous le prétexte que les données scientifiques peuvent changer. Néanmoins, s’il est vrai que la notion de masculin et féminin possède une composante culturelle, elle ne gomme pas la composante génétique. Autant dire que le débat n’est pas fini pour déterminer si nos comportements sont normaux ou pathologiques…

Le troisième critère est basé sur l’idée que la normalité est ce que la société accepte comme normal. Ce critère est extrêmement mouvant et subjectif, il varie d’une culture et d’une époque à l’autre.

Le quatrième critère ne repose plus sur le regard ou le jugement des autres, mais sur notre propre regard porté sur nos comportements. Autant dire que ce critère est encore plus subjectif car nous sommes généralement les plus mal placés pour considérer nos comportements comme pathologiques.

Une notion à géométrie variable

Nous prenons conscience de la difficulté de séparer de façon certaine ce qui relève de la normalité ou du pathologique. Comme personne n’aime être placé dans la catégorie des pathologiques, nous sommes capables de prouesses sémantiques et psychologiques pour y échapper.

Aujourd’hui, l’esclavage est unanimement considéré comme un comportement inhumain, pathologique et condamnable. Néanmoins, pendant très longtemps et en maints endroits, il fut considéré comme normal, basé sur le principe qu’il existerait une hiérarchie entre les sociétés humaines, les différentes races ou ethnies.

Il y a une soixantaine d’années, la pédophilie était couramment pratiquée dans certains milieux artistiques et médiatiques. Certains osaient même s’en vanter ouvertement et le revendiquaient comme faisant partie d’une idéologie progressiste. Bien que la pédophilie continue hélas à se pratiquer dans l’ombre, elle est désormais juridiquement condamnable et fortement réprouvée dans les pays occidentaux.

Dans ma jeunesse, ceux qui pratiquaient ou avaient recours à l’avortement (les médecins et les femmes) étaient pénalement et lourdement condamnés. Le point de vue de la société ayant considérablement évolué, l’avortement est devenu une pratique courante, recommandé dans les centres de planning familial et remboursé par les assurances santé. Pour satisfaire son confort, la société a modifié sa morale et ses valeurs et, comme par magie, le pathologique fut transformé en normalité et le crime en vertu.

Rien n’arrête une société humaine lorsqu’elle s’engage dans la voie de la facilité, du laxisme et de la démagogie. L’évolution de la notion d’obésité en est un exemple parfait. Dans ma jeunesse l’obésité était pratiquement inexistante et considérée comme pathologique. Aujourd’hui elle est devenue si fréquente et si banale qu’elle fait désormais partie de la normalité. Des associations d’obèses revendiquent un droit au surpoids et refusent toute mesure médicale ou nutritionnelle susceptible de leur faire perdre du poids… Lorsqu’une société adopte majoritairement des comportements pathologiques, ceux-ci perdent leurs caractères pathologiques et deviennent normaux.

L’épineux problème de la transsexualité

Personne ne peut contester que, dans le monde animal, le sexe mâle ou femelle est attribué au hasard de la duplication des chromosomes lors de la fécondation et de la fusion des cellules primordiales. Chez les humains, le chromosome Y présent dans nos milliards de cellules constitue la marque indélébile de la masculinité et des caractéristiques physiologiques et psychologiques qui vont généralement avec. Lorsque le chromosome Y est remplacé par un X avec des spécificités physiologiques et psychologiques, il s’agit d’une femme.

Le fait que l’éducation, l’environnement culturel et notre propre caractère, influent sur la façon dont nous exprimons notre masculinité ou notre féminité, ne peut gommer le sexe que la nature nous a attribué.

On peut considérer que la transsexualité est le symbole du malaise de notre société occidentale qui a perdu ses repères au point que certains citoyens ne savent plus qui ils sont. Cela exprime une détresse profonde qu’il convient de prendre au sérieux. Le désir de changer de sexe exprime un mal-être qui doit être entendu au niveau psychologique, mais Il ne peut en aucun cas être considéré comme normal.

Le désir de transsexualité est en lui-même pathologique, un signe de troubles de la personnalité et nous pouvons juger sévèrement une société et un système médical qui facilitent et opèrent le passage à l’acte, au lieu d’orienter les demandeurs vers un soutien psychologique afin de remonter aux causes de ces troubles.

On peut considérer que certaines pratiques et certaines lois sont criminelles. Dans certains pays, de jeunes adolescents en crise d’identité peuvent avoir recours à la chirurgie sans l’avis des parents qui peuvent ne pas en être informés ! Dans d’autres situations, ce sont les parents eux-mêmes qui consultent les médecins afin qu’ils interviennent pour changer le sexe de leurs adolescents en mal d’identité.

Cette méconnaissance de l’âme humaine et de ses tourments est abyssale. Nous savons tous combien les crises de l’adolescence peuvent mener à de profondes questions existentielles et des remises en causes drastiques. Le rôle des parents consiste à les aider à surmonter ces passages difficiles et non pas à rentrer dans leur délire.

Il est probable que les générations futures considèreront de telles pratiques chirurgicales comme des crimes contre l’humanité de la même façon que nous condamnons aujourd’hui l’esclavage. Les médecins qui se sont ainsi déshonorés seront jugés comme furent jugés les médecins nazis qui ont pratiqué des expériences répréhensibles sur des humains.

Il fut un temps où, dans certaines cultures, il était légitime de procéder à des castrations chez les jeunes garçons, soit pour en faire des chanteurs sopranes à la voix pure, soit pour en faire des castrats gardiens des harems. Aujourd’hui, la castration chimique à laquelle procède sans scrupule le corps médical relève de la même cruauté condamnable.

Le désir de changer de sexe exprime un grand mal-être intime. Mais, le fait que la société en facilite et encourage la pratique signifie qu’elle est elle-même gravement et profondément malade !

Le bon sens d’une cour de récréation

Pour déterminer si nos comportements sont normaux ou pathologiques, nous pouvons demander aux enfants, ils pourraient apparaitre comme les meilleurs juges, les plus lucides et les plus impartiaux.

Les enfants n’ont pas d’a priori idéologiques, ils ne sont pas encore façonnés par nos biais culturels, ils ne sont pas encore imprégnés par le pilonnage médiatique qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes !

Les enfants sont plus proches que les adultes du bon sens naturel. Ils ont conservé l’instinct primordial de l’humanité. Observez leurs réactions devant des hommes déguisés en femme, ou le contraire, et vous verrez qu’ils ont conservé le jugement pur du bon sens …

En conclusion, si la notion de normalité est mouvante et souvent incertaine, nous devons admettre que cela ne permet pas toutes sortes de comportements contraires au bon sens. On peut considérer que tous les agissements qui portent atteinte à l’intégrité physique, physiologique ou psychologique, sont anormaux, répréhensibles ou condamnables… Ils doivent être considérés comme des déviations pathologiques qui méritent d’être soignées.

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