Le monde de demain se met en place de façon accélérée. De nouveaux équilibres apparaissent. De nouvelles puissances émergent et d’autres s’effacent. Après une longue période de calme, les plaques tectoniques de la géopolitique se mettent en mouvement…
Sous l’effet de cette puissante dynamique, l’Europe se trouve au centre de plusieurs poussées qui risquent de l’engloutir. Une poussée Atlantique hégémonique, une poussée orientale opportuniste, une poussée nordique déçue et une autre poussée migratoire, en provenance du Sud, qui profite de l’affaiblissement du centre …
Globalement, sur la scène internationale, l’Europe est décrédibilisée moralement, contestée économiquement, provoquée militairement. Elle n’est plus le modèle qu’elle fut jadis, considérée désormais comme décadente et en déclin.
Gaza : la honte de l’occident
Le génocide en cours à Gaza et l’ensemble des exactions de l’armée Israélienne, sous l’œil bienveillant des USA et de l’Europe, soulèvent le cœur de la planète entière. Nous assistons chaque jour à une succession de crimes contre l’humanité et nous restons muets.
Individuellement et collectivement nous sommes moralement responsables. Après avoir fermé les yeux sur le génocide des juifs il y a 80 ans, l’Europe ferme à nouveau les yeux sur ce mimétisme génocidaire, réalisé par les anciennes victimes transformées en bourreaux !
Les nouvelles générations, qui observent les évènements actuels, sont horrifiées et ont hontes pour ceux qui nous gouvernent et qui prétendent faire la morale. Devant pareilles turpitudes, comment l’Europe ose-t-elle encore prendre la parole et prétendre jouer un rôle dans la marche du monde ? Elle marche dans les pas des Etats-Unis, comme un caniche servile.
L’hypocrisie est à son comble lorsque les dirigeants occidentaux condamnent, urbi et orbi, tel conflit ou tel gouvernement, à l’autre bout du monde, au nom de je ne sais quel principe moral qu’ils bafouent eux-mêmes …
Ukraine : la guerre suicidaire
La Russie a envahi le Donbass, cette région russophone et russophile rattachée à l’Ukraine, mais qui était la cible permanente des milices ultranationalistes financées et aidées par les USA et le camp Biden.
Le projet américain de faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN, et d’y installer des bases militaires menaçant la Russie, était inacceptable pour Moscou. Le Président Poutine l’a fait maintes fois savoir, mais les occidentaux sont passés outre et ont violé unilatéralement les accords signés à Minsk en 2014 et 2015. Ces accords prévoyaient un désarmement des milices ukrainiennes et un statut spécial pour ces régions qui devaient constituer une zone tampon.
Conseillés par les Américains, les dirigeants Ukrainiens n’ont pas respecté les accords de Minsk, malgré les mises en garde répétées de Moscou. L’intervention Russe devenait alors inévitable.
Il s’agissait donc d’un conflit entre les USA et la Russie et l’Ukraine était le prétexte d’un affrontement larvé. Le but des Américains était d’éviter un rapprochement entre la Russie et l’Europe, cette dernière devant rester sous domination américaine. Les dirigeants européens, soumis, n’ont rien compris de l’importance de ce qui se jouait !
En participant plus ou moins directement au conflit, à côté des Américains, les Européens ont perdu ce qui leur restait d’indépendance et se trouvent désormais coincés entre de multiples hégémonies, sans moyen de peser sur la marche du monde.
Il n’est pas exagéré de dire que la guerre en Ukraine actera le suicide collectif et politique de l’Europe. Il ne serait pas étonnant que la fin de la guerre coïncide avec l’éclatement de L’Union Européenne et la disparition de l’OTAN.
La Chine au centre du monde
La défaite militaire et politique en Ukraine, et la défaite morale à Gaza, constitueront les deux marqueurs historiques qui précipiteront le déclin de l’Europe. Les dirigeants Européens actuels sont aveugles face aux grands mouvements de l’Histoire des peuples et sont responsables de notre effacement.
Pendant que l’Europe est tétanisée, agressée économiquement par les USA et la Chine, confrontée à un défit militaire insurmontable en Ukraine, soumise à des vagues migratoires incontrôlées et moralement discréditée à cause du génocide à Gaza, le monde bouge et les évènements s’accélèrent.
Face à l’effacement de l’Europe et à la morgue méprisante de l’Amérique, de nouvelles hégémonies se créent et se renforcent à l’autre bout du monde, sous l’égide de la Chine. Face à la décadence de l’Occident et son agressivité, un nouveau pôle se constitue dont le message officiel est porteur de paix.
Le reste du monde ne supporte plus nos discours moralisateurs, alors que nos actes sont en totale contradiction avec nos paroles. Cette constatation constitue le ciment des nouvelles ententes qui se nouent actuellement entre la Chine, la Russie et même l’Inde. D’autres nations d’Asie et d’Afrique se joignent au trio pour constituer un front anti-occidental.
Nous sommes collectivement les principaux responsables, par notre attitude et nos choix politiques, de la constitution de ce front hostile. L’Europe, de son côté, demeure sur la touche et y restera longtemps. Elle est sortie du terrain de l’Histoire ! Par ailleurs, les incohérences actuelles de la politique internationale de Donald Trump ont, de facto, placé la Chine au centre du monde, désormais le pivot de l’ordre mondial, “l’Empire du milieu”…
Démocratie dévaluée
La force morale de l’Occident reposait sur des régimes démocratiques, respectueux du peuple et de ses aspirations profondes. Comme le reste, la démocratie est dévaluée. D’une part elle sombre dans la démagogie mortifère et, d’autre part, elle confie le pouvoir à une élite qui s’éloigne du peuple.
Le peuple est insatiable et veut tout et son contraire. Le plus grand risque que courent les démocraties, c’est de sombrer dans la démagogie, c’est-à-dire de promettre et donner au peuple plus que la société ne peut lui fournir. Ceci est aussi vrai sur le plan économique que sur le plan des mœurs. Cela se termine par un laxisme généralisé, c’est-à-dire le déclin et la décadence, comme la France de 2025 en offre un triste exemple.
L’autre risque des démocraties réside dans la rupture des liens qui unissent le peuple et ses dirigeants. Les élus ne consultent plus le peuple pour les décisions importantes et agissent comme de petits potentats, indifférents aux promesses faites. Nous pouvons le constater en France, qui se refuse à consulter le peuple par référendum et qui décide de faire la guerre sans son avis. Totalement discrédité dans son pays et en Europe, à la suite d’une politique économique suicidaire, le Président Macron, sacré jadis par les media « Mozart de la finance », cherche désespérément à exister en prônant la guerre totale en Ukraine ! Qui peut encore arrêter pareille folie ?
La situation n’est pas meilleure au niveau européen, dont les dirigeants n’ont aucun mandat démocratique. La commission européenne est constituée d’un groupe d’oligarques qui nous entraine dans de funestes aventures militaires et prend des décisions économiques ou sanitaires soumises à l’approbation de groupes de pression occultes.
Nous méditerons sur cette phrase cruelle de Marc Dugain dans Transparence : « Qu’est-ce que vous entendez par démocratie ? Se faire élire à intervalle régulier par des électeurs manipulés par les acteurs du numérique qui choisissent le candidat le plus à même de servir leurs intérêts ? Gouverner ensuite au service de ces mêmes acteurs et de bien d’autres lobbies… »
À la suite des choix désastreux de ses dirigeants, le destin de l’Europe ne lui appartient plus. Étant incapable d’agir, elle devra désormais subir toutes les pressions souterraines qu’elle ne maitrise plus. L’Europe sera la principale perdante des bouleversements en cours dans le monde. L’année 2025, et la suivante, marqueront sans doute la période historique charnière durant laquelle son destin basculera …
Le 6 septembre 2025