Puissance des Symboles

Posted on octobre 22, 2010 par

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Puissance des symboles:

L’ambition de cette  chronique est aussi de vous emmener vers des sentiers qui sont peu empruntés, voire des sentiers interdits au grand public. D’une façon générale notre pensée est étriquée et il est extrêmement  difficile de sortir des schémas qui ont façonnés notre esprit : notre éducation, notre culture, nos études ont formatés notre cerveau d’une certaine façon. Cela demande souvent un effort considérable d’imaginer que l’on peut penser autrement, je veux dire selon un processus différent.

Notre système éducatif privilégie la pensée logique et rationnelle. Le monde moderne est basé sur la science et la technique. Nos raisonnements sont déductifs, et chaque effet doit avoir une cause. Nous ne parvenons pas à concevoir que des évènements  peuvent  être liés entre eux par autre chose que des relations de causes à effets, mais par un effet de synchronicité. Cette logique implacable est efficace dans le monde matériel et repose sur le processus analytique de notre cerveau gauche.

Dans ces conditions notre cerveau  droit est peu sollicité et notre pensée devient en quelque sorte estropiée. Nous avons peur de l’irrationnel, considéré avec mépris. Nous sommes ainsi privés de la pensée analogique et symbolique, accusée de sentir le soufre ! Elle est reléguée dans le champ de ce que nous appelons « l’ésotérisme », un domaine considéré comme fumeux, à la limite du charlatanisme.

Nous sommes cependant confrontés quotidiennement aux symboles. Un symbole est une représentation synthétique et condensée de la réalité, doté d’une grande puissance évocatrice. C’est pourquoi un symbole en dit souvent beaucoup plus qu’un grand discours. Un billet de banque est un symbole. Dans la réalité c’est un bout de papier et il n’a que la valeur que nous voulons bien symboliquement lui attribuer. La Croix est le symbole des Chrétiens et à elle seule résume la vie, la mort et le message du Christ et aussi la masse des chrétiens. La foule peut s’incliner devant une modeste croix en bois, mais refuserait de le faire devant un homme. Le drapeau américain porte avec lui toute la puissance américaine, son histoire, ses guerres, sa richesse, etc… Celui qui brûle le drapeau américain humilie toute l’Amérique et pourtant ce n’est qu’un morceau de tissu.

Il est intuitivement évident que le pays qui a pour emblème un Coq ne peut avoir le même destin que celui qui a pour emblème un Aigle! On imagine bien que le coq, du haut de son tas de fumier, ne peut avoir la même hauteur de vue  ni la même ambition que l’aigle du haut des airs. Donc, ces symboles sont d’une puissance inouïe, beaucoup plus puissants que la réalité matérielle  qu’ils recouvrent, c’est pourquoi ils peuvent être sacrés. Les symboles concourent à la beauté du monde.

Nous baignons dans quantité d’autres symboles qui sont en fait des références culturelles incontournables et qui nous marquent beaucoup plus que tous les discours logiques et rationnels appris à l’école. Ainsi, par exemple, la représentation d’un agneau est synonyme immédiatement d’agneau du sacrifice, c’est la victime innocente, cela peut-être le bouc émissaire, c’est la victime expiatoire dont la mort nous purifie. Si je vous parle de Vénus, aussitôt vous faites l’analogie avec l’amour. De même, un tempérament  martien signifie un caractère  belliqueux, Mars étant le dieu de la guerre. L’ésotérisme consiste à rechercher les symboles cachés qui sont signifiants, en dehors d’une relation de cause à effet. C’est ce que fait l’astrologie qui parvient assez bien à décrire le caractère d’un individu à partir de la position des planètes dans son ciel de naissance. Par exemple quelqu’un dont le thème est très marqué par le signe du Lion sera orgueilleux et fier, content de lui et dominateur, comme peut l’être le lion dans l’inconscient collectif et notre imaginaire. Nous sommes typiquement ici dans une relation non causale, purement analogique ; nous pouvons seulement dire qu’il y a synchronicité entre la position des planètes dans le signe du Lion et le caractère. Le plus étrange c’est que cela fonctionne parfaitement, même si cela dépasse notre entendement  logique. De la même façon, un rêve prémonitoire ne provoque pas l’événement  mais il y a seulement une simultanéïté qui fait sens.

Nous constatons que les symboles procèdent de la pensée analogique qui est d’une richesse que nous négligeons trop souvent. L’analogie permet en fait des raccourcis intuitifs extrêmement fertiles. Il n’est pas exagéré de dire que les grandes découvertes ont souvent été faites par intuition en procédant par analogie. Je peux par exemple faire l’analogie entre nos milliards de cellules vivantes  au sein de notre organisme et les milliards d’hommes qui constituent l’humanité. Je peux ainsi postuler que les cellules se regroupent par affinité comme les êtres humains. Je peux poursuivre l’analogie dans diverses directions et envisager,  à titre d’exemple, que les cellules cancéreuses qui prolifèrent égoïstement en parasite, sans rôle réel dans l’organisme, sont comme certains individus qui se mettent en marge de la société, la perturbent et se contentent  d’être pris en charge. Telle est la richesse de la pensée analogique et symbolique, capable de raccourcis fulgurants mais parfois approximatifs.

Vous constatez  que l’on peut dévider la pensée analogique comme un fil sans fin et découvrir finalement que la diversité du monde peut se ramener à l’unité car tout est dans tout et fonctionne sur le même modèle. C’est la merveille de la globalité et de l’unicité sur laquelle nous reviendrons. Nous préconisons toujours l’union des contraires, l’union du yin et du yang, de la logique et de l’analogique, du cerveau  droit et du cerveau  gauche. Dans de prochaines chroniques, nous donnerons des exemples concrets du pouvoir de la pensée analogique, appliqués à ce que l’on nomme l’ésotérisme. Premier épisode Vendredi prochain.

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