163 – LE GOÛT DU BONHEUR …

Posted on août 10, 2011 par

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J’aimerais partager avec vous une belle leçon de vie que m’ont donné deux petites filles. 

Lorsque nous sommes en ville, Yves et moi apprécions beaucoup de nous asseoir quelque part, à la terrasse d’un  café ou bien dans un parc public, et nous observons les gens qui nous entourent. Nous apprenons ainsi, beaucoup plus que dans les livres, sur les comportements des humains !

Ce jour là nous étions dans un parc : il faisait beau, l’air était léger, les fleurs embaumaient et l’ambiance était paisible : vous savez, ces journées parfaites où l’on remercie Dieu, la source ou tout simplement la Vie d’être là, sur notre belle Terre.

A un moment, une maman et sa petite fille se sont installées près de nous. La maman avait l’air un peu las (nous avons compris pourquoi après !) et la petite fille -environ 8 ans- était bougonne. Elle traînait les pieds et râlait …

Sa mère s’est assise et a montré à la petite (qui s’appelait Diana) les jeux qui étaient là, devant elle : balançoires, échelles, portiques et autres délices pour enfants. Mais Diana ne voulait pas se balancer ni jouer avec qui que ce soit. Sa maman lui propose alors un fruit : elle l’attrape sèchement, sans la remercier, croque dans l’abricot et jette le reste d’un air dégoûté. 

«Tu n’aimes pas, ma chérie ?» lui demande sa maman
«J’ai pas envie d’abricot» répond Diana
«Tu préfères peut-être un gâteau ?»
Joignant le geste à la parole, sa mère lui met un gâteau dans les mains.
«Non, j’en veux pas» bougonne Diana qui, encore une fois, jette le gâteau par terre.

 Sa mère lève les yeux au ciel, ne dit rien, se lève, va ramasser le gâteau ET le morceau d’abricot.

 «Diana, je t’ai déjà dit de ne pas jeter par terre : si tout le monde faisait cela, tu imagines l’état du parc ?»
«Je fais ce que je veux» répond Diana, l’air de plus en plus buté et sombre.
 «Va jouer, ma chérie, lui dit sa mère en souriant. Regarde, il y a ton amie Sophie qui s’amuse là-bas. Va la rejoindre !»
 «Non, elle m’énerve, je l’aime pas».
 «Tu préfères lire à côté de moi ? Veux-tu que je te raconte une histoire ?»
 «Non, je veux rentrer à la maison !»
«Mais, ma chérie, nous venons d’arriver et c’est toi qui voulait aller au parc !»
 

Voilà, grosso-modo, le dialogue dont nous avons été témoin dans ce parc ce jour-là. La maman semblait au bout du rouleau, excédée et ne sachant plus quoi faire. Manifestement elle cherchait à faire plaisir à son enfant même si, apparemment, celle-ci n’appréciait rien. La petite Diana semblait souffrir du syndrome : «J’ai envie d’exister en opposition», quitte à se rendre malheureuse, à ne jamais profiter des bons moments et, bien sûr, à empêcher sa mère (et les autres) d’être heureuse également.

Je regardais cette petite avec beaucoup de compassion mais … je l’avoue … un certain énervement. Elle avait la chance d’être là, dans un bel endroit, des jeux, une amie, une maman aimante, une bonne santé et … elle se gâchait la vie ! Quelle tristesse … Que lui manquait-elle ?

C’est alors que sont arrivées, s’installant sur un autre banc, une femme poussant une chaise roulante dans laquelle se trouvait une petite fille, chétive, toute blonde, environ de l’âge de Diana. Elles papotaient et riaient, elles avaient l’air complices et heureuses d’être là, toutes les deux.

Je ne sais pas de quel handicap souffrait la petite mais, lorsque j’ai croisé son regard, je fus émerveillée par la joie qu’il irradiait. Ses yeux pétillaient comme deux soleils et elle me sourit avec un air tellement gentil que j’en fus toute émue !

Sa maman lui proposa alors d’aller se balancer … J’en suis restée toute surprise : la petite ne semblait pas en état de marcher, ses jambes étaient si fluettes ! 

 «Veux-tu aller de balancer, Fleurette ?» (ce prénom lui allait tellement bien …)
«Oh ! oui, merci maman»

Sa mère se lève alors et la pousse tout près de la balançoire. Arrivée là, elle aide la petite Fleurette à se mettre sur ses jambes flageolantes et, au prix d’un bel effort, la petite fille s’est jetée sur le siège de la balançoire. Sa mère a alors commencé à la pousser, de plus en plus fort, et Fleurette riait, riait, et son rire évoquait un concert de clochettes.

Sa maman riait à l’unisson et elle formait une image tellement belle, toutes les deux, que mon coeur a rit avec elles. Combien cela lui faisait du bien, à mon coeur, d’entendre rire si gaiement la petite Fleurette après la triste scène dont nous avait affligés Diana !

Fleurette est redescendue de sa balançoire, a repris sa place dans sa chaise roulante, puis elle est allée se pencher vers un petit garçon, de deux ou trois ans, qui jouait tout près avec une petite voiture. Je ne sais pas ce qu’elle lui a raconté, je n’entendais pas d’où j’étais, mais elle l’a fait rire, courir, revenir vers elle et il semblait vraiment heureux tous les deux.

Ces deux rencontres, ces deux petites filles du même âge mais tellement différentes, m’ont fait beaucoup réfléchir. L’une avait tout pour être heureuse … et ne l’était pas car elle gâchait tout par son attitude. Manifestement, elle n’avait pas le goût d’être heureuse.

L’autre était handicapée, en chaise roulante à 8 ans, et ce -peut-être- depuis sa naissance. Je ne sais pas, mais on voyait bien qu’elle était très fluette. Forcément, elle devait souffrir dans son corps et dans son âme de ne pouvoir vivre et courir comme tous les enfants de son âge. Pourtant, elle semblait heureuse : elle irradiait et était ouverte aux autres. Malgré son grand handicap, cette petite fille était un cadeau et sa maman semblait bien plus sereine que la mère de Diana !

Fleurette a compris quelque chose qui, je pense, échappe à beaucoup d’entre nous : le bonheur est là, il est en nous, nous pouvons à tout moment choisir de le cultiver, l’arroser, le savourer, le partager et il peut être présent même au milieu des difficultés … Merci à toi, Fleurette, pour cette merveilleuse leçon et j’espère que Diana, un jour, saura elle aussi développer le goût du bonheur !