195 – LA FIN DU « TOUJOURS PLUS »

Posted on octobre 24, 2011 par

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Il va falloir changer notre façon de penser. Depuis plusieurs siècles, la formule gagnante pouvait se résumer à « toujours plus » : plus de gens, plus de richesse, plus d’énergie, plus de production, plus de performances. Mais, comme dit le philosophe, « rien n’échoue mieux que le succès ». C’est ainsi que le « plus » s’est progressivement transformé en « trop » : trop de crédits, trop de malades, trop de vieux, trop d’assistés, trop de fonctionnaires, trop d’immigrés, trop d’inactifs, trop de dettes, trop de changements…

  L’occident a vieilli, il s’est empâté et alourdi, il est devenu moins mobile et incapable de s’adapter aux formidables changements qui sont en cours. Les Grecs ont trop dépensé et maintenant ils font grève et descendent dans la rue pour protester. Ce n’est pas exactement ce qui va les enrichir. Bref, les Grecs se sabordent, c’est leur droit. Pendant ce temps-là, l’Europe tétanisée est incapable de prendre la décision courageuse et inéluctable : préparer la Grèce à sortir de la zone Euro. La gouvernance de l’Europe est à l’image de sa population, incapable de réagir vigoureusement face aux réalités implacables qui surviennent. Les baby-boomers ont trente ans de retard et raisonnent comme des soixante-huitards ! Ils croient que le « toujours plus » fonctionne encore. Ils parlent de croissance alors qu’ils sont en récession.

Les hommes politiques se croient dans un cirque et jonglent avec les milliards comme d’autres jonglent avec des balles ! Les media, qui veulent nous ménager, parlent de « quelques milliards d’Euros » pour sauver l’Europe. Jolie formule lorsque l’on sait que la Grèce, à elle seule, a une dette de 350 milliards d’Euros ! Le prix des meilleurs jongleurs revient indiscutablement à Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, ex-aequo, puisqu’ils viennent de jongler avec 2.000 milliards d’Euros qu’ils hésitent encore à« apporter » au Fond de soutien Européen. Ce ne sont pas seulement des jongleurs, ils sont aussi de prodigieux prestidigitateurs, puisqu’ils sortent ces milliards d’un chapeau ! Les Américains, toujours à l’avant-garde du progrès, ont déjà inventé un terme pour faire plus bref. Ils parlent de trillion, dont le symbole est un T, pour évoquer mille milliards. Finalement les dirigeants Européens ne jonglent qu’avec 2T d’€, pas grand chose en somme…d’autant que tout cela, ce n’est que du papier.

Mais soyons francs et ne tournons pas autour du pot, nos fameux jongleurs que nous admirons tant préparent notre ruine. Ils nous engagent sur 2.000 milliards d’Euros, mais ils ont oublié de nous consulter, de nous demander notre avis. Il paraît que l’on appelle cela la démocratie, la plus belle conquête de l’humanité avec la roue et le cheval ! Il est vrai que ces « quelques milliards » sont sans importance puisque nous ne les avons pas. Nous pouvons donc dormir tranquille sur nos deux oreilles. D’autant que personne ne remboursera jamais ses dettes, nous en serons tous incapables et nous nous retrouverons bientôt avec un bout de papier entre les mains qui ne vaudra plus rien !

JOUISSEZ SANS ENTRAVE

  Nous pourrons dire que les joyeux papy-boomers nous auront mis dans le pétrin. En Mai 68 ils voulaient réformer le monde et prétendaient créer un ordre nouveau. Pour cela ils ont semé la pagaille sur tous les campus universitaires de la planète. Ils voulaient plus de liberté, plus de sexe, plus d’argent, plus de jouissance. Ils nous ont fait connaître le blue-jean, le hamburger et le Coca-Cola. Puis ils devinrent les apôtres de la dérégulation, de l’absence de contraintes, de la finance sans garde-fou, du laisser-faire, de la dette tout azimut. Pendant quarante ans ils ont obéi aux slogans qu’ils brandissaient sur les barricades : « Il est interdit d’interdire et jouissez sans entrave » ! Bref, ils ont bien vécu et laissent leurs enfants jongler avec les milliards de leurs dettes. Leur devise pourrait être :  « Après moi, le déluge ! ».

Une nouvelle génération, comme toutes les autres, pleine d’illusion, nous parlent aujourd’hui de « décroissance » qui serait la réponse à tous nos maux. Je crains que leurs vœux soient pleinement récompensés car nous voici de plain-pied dans la « récession ». Après le « toujours plus », nous voici arrivés au terme du voyage. Il va falloir redescendre de nos hauteurs et aller désormais vers le « toujours moins ». Qui a dit que la vie est un éternel recommencement ? La qualité remplacera la quantité.

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Posted in: Economie