332 – Où VA LE QUEBEC ?

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Avant de quitter l’Amérique, faisons une halte dans la Belle Province, si chère à notre cœur. Une nouvelle fois, le Québec fait un accès de fièvre…

PAULINE MAROIS

 Les Québécois viennent de voter et, pour la première fois, ils viennent d’élire une femme, Pauline Marois, qui devient Premier Ministre. Ses premiers pas faillirent lui être fatals car elle échappa de justesse à un attentat meurtrier, le premier jour des résultats. Il faut dire que cette élection ne laisse personne indifférent au Québec où le parti de Pauline Marois, le Parti Québécois, frise la majorité et succède au gouvernement au parti Libéral de Jean Charest.

Je vous raconte tout cela parce que le Parti Québécois est ce que l’on appelle ici un parti « souverainiste », c’est à dire qui revendique l’indépendance du Québec afin de mieux cultiver sa différence. Cette bataille me paraît d’un autre âge. Je connais bien l’histoire du Québec et les nombreuses vexations, humiliations et même l’ostracisme dont les francophones ont été jadis victimes de la part des anglophones. Aujourd’hui, le Québec est reconnu et respecté, personne ne remet en cause le particularisme linguistique et culturel de cette province. On voit mal dans ces conditions ce que les francophones auraient à gagner s’ils se retiraient de la fédération Canadienne. A n’en pas douter, cela créerait plus de problèmes que cela n’en résoudrait !

On peut se poser la question de savoir si les Québécois ne seraient pas atteints du même mal que les Latins restés en Europe ! Ce mal, je le résumerais en deux mots : « TOUJOURS PLUS» ! Tout se passe comme si les latins en général, et les francophones en particulier, avaient du mal à être satisfaits. Ils veulent le beurre et l’argent du beurre, ils veulent être indépendants mais toucher des subsides de l’Etat, ils veulent des aides sociales, des subventions et une étatisation rampante qui les prenne en charge. Le maître en la matière est évidemment la France, mais il est curieux de constater que la Belgique francophone présente un peu la même pathologie… Même la sérieuse Suisse Romande, influencée par la France voisine, a souvent des penchants socialisants et pro-étatiques.

 Par voie de conséquence, la future politique du nouveau gouvernement Québécois fait peur, à commencer par la communauté anglophone de la Province, mais aussi au gouvernement fédéral d’Ottawa. La presse de langue anglaise s’alarme et parle déjà d’exode (comme en France actuellement). Deux référendums d’autodétermination ont déjà eu lieu en 1980 et 1995. La dernière fois, les autonomistes ont frisé la victoire. Pourquoi faut-il que le Québec soit à nouveau travaillé par ses vieux démons ?

La situation économique est bonne dans l’ensemble, malgré un taux de chômage de 8,4%, nettement plus élevé qu’en Colombie Britannique, la Province jumelle de l’Ouest (6,9%). Le Québec est riche grâce à la présence de nombreux gisements miniers dans ses vastes étendues du Nord, à commencer par les fameux gaz de schistes. L’ancien premier ministre, Jean Charest, avait élaboré le désormais célèbre « Plan Nord » qui prévoit l’aménagement des zones minières situées au Nord du Saguenay. (Voir chronique libre 222 et intitulée « Le Québec, nouvel eldorado »). Ce plan, présenté au sommet de la terre à Rio, apparaît comme un modèle de développement durable. Il est certainement critiquable et on ne peut nier un certain risque écologique. Néanmoins, le Plan Nord constitue une opportunité exceptionnelle  pour l’avenir économique du Québec. Le refus a priori de ce plan, comme le font certains souverainistes, ressemble fort à une sorte de suicide économique, comme on le constate actuellement dans les milieux écologiques européens.

Je ne veux pas être trop cruel avec la francophonie dont je m’honore de faire partie, mais je ne peux m’empêcher de noter que, partout dans le monde, les francophones font moins bien en matière économique que les autres. En Belgique les Wallons ont un taux de chômage de 13.5% contre 6.5% en Flandre ! En Suisse, le canton de Genève, encerclé géographiquement par la France, a le plus fort taux de chômage de la Confédération, le double des Alémaniques! La France, qui vient de dépasser le seuil des 3 millions de chômeurs, donne le ton …

Tout cela pour dire que le Québec devrait sans doute regarder davantage son avenir que de s’accrocher aux rancoeurs du passé. Son avenir est en Amérique du Nord et elle a tout à perdre à copier le «modèle » des Latins Européens… Je conseille d’ailleurs souvent aux Européens d’aller faire un tour au Canada, et au Québec en particulier, pour y respirer un meilleur air ! A noter au passage, pour ceux que cela intéresse, que les banques Canadiennes sont parmi les plus sûres au monde… et le dollar Canadien est une monnaie solide… Avis aux amateurs…

 

4 comments

  1. Bonjour,

    Votre chronique jusqu’à aujourd’hui nous intéressait. Mais vos prises de position face aux problèmes de notre Province vous exclues de nos futures lectures.

    Quand on ne connaît pas un problème, on l’étudie et on pose des questions mais surtout, on ne joue pas les professeurs.

    Survoler la question comme vous le faite démontre votre condescendance envers un peuple qui sait depuis longtemps qu’il ne peut plus compter sur les français pour l’aider à s’autodéterminer.

    C’est avec ce type de discours que les français sont de plus en plus mal vus au Québec. Vous n’y comprenez rien, vous survolez notre histoire et vous vous posez en donneur de leçons : Minable est le mot qui me vient à l’esprit.

    Si vous vous étiez penchés sur notre récente histoire et notamment sur les référendums, peut être auriez-vous découvert que le Gouvernement Fédéral a triché par ses dépenses hors limites fixées par lui-même. Aller voir le scandale des commandites, révélé quelques années plus tard par les journalistes. (Allez voir les travaux de la commission Gommery)

    Un gouvernement qui triche pour une élection, ça nécessite de contester le scrutin en question, voire de le refaire s’il y a lieu.

    Quant au problème linguistique si vous viviez dans notre environnement anglo-saxon, vous comprendriez les nécessités de nos décisions sur le sujet.

    Pour la dernière campagne et sa fin tragique, si vous connaissiez le monde journalistique anglo-saxon, si vous aviez conscience des propos haineux écrit durant la campagne, (assimilant Pauline MAROIS aux régimes fascistes de la vieille Europe, la représentant avec une petite moustache sous le nez) vous comprendriez pourquoi un individu s’est cru investit d’une mission de sauvetage de son peuple en perpétrant un sordide attentat le soir des élections.

    Quand on ne connaît pas un problème, le moindre des respects envers un peuple c’est de se renseigner et de se former, d’écouter de comprendre, d’analyser et de synthétiser en restant objectif.

    Merci de me désabonner de votre chronique.

    Parfois j’ai honte d’être français quand je croise des gens comme vous, donneur de leçons et conseiller en tout genre.

    Michel MASSOUTY

    1. Je savais qu’en abordant le sujet de la souveraineté du Québec je risquais de froisser certaines personnes. Je ne donne pas de leçon, je donne seulement mon sentiment. J’estime en effet que les Québécois ont plus à perdre qu’à gagner en sortant de la communauté canadienne. Même au sein du Parti Québécois certains pensent comme moi et Lucien Bouchard lui-même le dit tout haut: voir « le Devoir » d’hier.
      Je partage votre sentiment sur ce que vous dites de la presse anglo-saxonne et son hypocrisie, voire son agressivité. Néanmoins, ma conviction profonde c’est que l’avenir du Québec est en Amérique du Nord, dans l’apaisement et non pas dans le ressentiment.
      Vous avez raison de faire remarquer que je n’habite pas sur place et que je ne connais pas tout de la vie au jour le jour, mais il est vrai aussi qu’un oeil extérieur peut prendre plus de recul et ainsi aider ceux qui sont sur place à regarder les évènements autrement.
      Merci de votre témoignage et de votre réaction qui montre que les Québécois demeurent combatifs…

  2. Si vous saviez M. Ponroy, tout le  »trafficottage » qui s’est passé, se passe et j’espère ne se passera plus autour du parti libéral… Notre peuble Québécois veut être Fier et non plus être soumis. Ça prend un début pour en faire une  »province distincte »; on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs… et en bout de ligne, qui pensez-vous, recevra toutes ces redevances… encore et toujours les gros capitalistes multinationales de notre planète qui ont le dernier mot. Merci.

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