376 – L’ENCENS ET LA MYRRHE

Posted on janvier 2, 2013 par

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A la veille de la fête des rois, nous séjournons au pays de l’encens et de la myrrhe, dans le Sultanat d’Oman, au bout de la péninsule arabique.

images Autant le dire tout de suite, à Oman, nous sommes dans un autre monde, à la fois celui du passé et celui de l’avenir. Le passé se rencontre dans les souks, les mosquées, les mille forts et dans les villages de l’arrière pays, le futur est dans Muscat, la capitale somptueuse, hyperactive et pleine de fastes. Muscat est en effervescence perpétuelle, surgie des sables il y a quelques années et s’étalant maintenant sur 30 kms de bords de mer et s’installant dans le moindre escarpement au pied des montagnes minérales, ocres sur fond du bleu intense de la mer. Tout est rutilant, flambant neuf, et même si la ville champignon ne rivalise pas encore avec sa voisine Dubaï, on se croirait parfois dans la Silicon Valley, au milieu des bougainvilliers qui fleurissent à l’ombre des palmiers.

Ce qu’il me plait de venir étudier à Oman, c’est le fonctionnement d’une monarchie

SULTAN QABOOS

SULTAN QABOOS

éclairée, à la fois à l’opposé des dictatures trop autoritaires de nombres de pays arabes et africains et à l’opposé aussi de nos démocraties molles, enlisées dans une sorte de démagogie où elles se meurent lentement. Sa Majesté le Sultan Qaboos Bin Said règne ici depuis plus de 40 ans et jouit d’un respect unanime et sincère. Eduqué en Grande Bretagne et, en particulier, dans la fameuse école militaire de Sandhurst. Il a progressivement abandonné l’absolutisme et adopté une monarchie parlementaire relativement souple, bien qu’inspirée par le Coran. Les femmes ont le droit de vote et plusieurs sont ministres. A l’université Qaboos la majorité des étudiants sont des femmes. Bien qu’il soit l’héritier de la dynastie des Bin Said qui pratiquèrent longtemps la Traite des noirs depuis Zanzibar, il n’est pas exagéré de dire que le sultan Qaboos a sorti son pays du Moyen Age où il se trouvait encore du temps de son père.

MUSCAT

MUSCAT

 Le visiteur qui arrive à MUSCAT est tout d’abord frappé par la modernité, par la beauté des lieux et par la propreté. Tout est parfaitement entretenu, les jardins sont fleuris, les routes autour de la ville sont resplendissantes, l’environnement est protégé et les omanais sont élégants et raffinés. Est-ce l’Arabie des Mille et une nuits ? Les bâtiments officiels ressemblent à des palais somptueux et les constructions neuves qui surgissent de partout sont élégantes. Les avenues et les voies rapides sont bordées de jardins merveilleux, parsemés de fleurs, malgré l’aridité environnante. L’argent coule ici à flot, cela saute aux yeux. La population omanaise semble satisfaite de son sort car les opportunités ne manquent pas. Une très importante minorité d’Indiens tient l’essentiel du commerce de la capitale, tandis qu’une armée de travailleurs pakistanais et philippins s’agitent sur les chantiers de constructions et dans les innombrables jardins.

Capture d’écran 2013-01-01 à 17.30.43 Le tourisme à Muscat semble encore relativement discret, d’autant que les préceptes vestimentaires en vigueur nous épargnent les étalements de chairs. C’est pour cette raison que j’oserais qualifier la ville de capitale de l’Arabie heureuse …

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