464 – LE MODELE SUISSE POUR L’EUROPE DE DEMAIN

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Cela fait plusieurs années que nous plaidons, dans nos chroniques, en faveur d’une Europe Fédérale, sur le modèle Suisse. Nous sommes heureux d’apprendre que d’éminentes personnalités politiques commencent à formuler le même point de vue.

NICOLAS BERGGRUEN
NICOLAS BERGGRUEN

 

 C’est au sein du très sélect « think tank » de Berggruen que de tels propos sont clairement formulés. Dans ce club de réflexion siègent de nombreux politiciens européens de haut rang, depuis Tony Blair jusqu’à  Gerhard Schröder, en passant par Alain Minc et Pascal Lamy. L’institut créé par le jeune Nicolas Berggruen, milliardaire philanthrope et amateur d’art, a pour vocation de réfléchir sur la bonne gouvernance au XXIème siècle, pour faire face aux nouveaux défis que doivent affronter les démocraties. Je vous conseille, en cliquant sur les liens ci-dessous, de jeter un œil sur le parcours de Nicolas Berggruen et sur les activités de l’Institut Berggruen.

 La description liminaire du but de ce « groupe de réflexion et d’action, indépendant et non-partisan » ne pouvait que nous réjouir, lorsque nous avons lu les lignes suivantes : « Un réveil politique et culturel, amplifié par les media sociaux, fait partie intégrante de ce mouvement et une bonne gouvernance doit réagir en décentralisant le pouvoir et en engageant les citoyens de façon plus significative dans le gouvernement de leurs communautés ». Ces mots sont pour nous comme du miel et tranchent singulièrement avec les paroles des politiciens qui, aujourd’hui, sont au pouvoir.

 Nicolas Berggruen vient de publier une étude intitulée « Gouverner au XXIème siècle », avec comme

A LIRE ABSOLUMENT
A LIRE ABSOLUMENT

 

sous-titre : « La voie du milieu entre l’Est et l’Ouest ». J’en conseille vivement la lecture car il s’agit de l’avenir de nos démocraties. Le constat qu’il fait de la situation actuelle est sans ambiguïté  et rejoint notre point de vue: « La démocratie libérale occidentale qui traverse une crise majeure, est aujourd’hui menacée d’obsolescence. Il est temps d’interroger en profondeur notre système de gouvernement et, pour ce faire, de porter plus loin notre regard ». Il poursuit : « Cette situation requiert un nouveau système de gouvernance intelligente capable d’organiser la délégation de pouvoir et d’impliquer réellement les citoyens dans le processus décisionnel ». C’est exactement ce que nous préconisons lorsque nous parlons de « démocratie directe ».

 Le modèle préconisé par l’étude existe déjà sous la forme de la « Confédération Helvétique » qui réunit en son sein 22 cantons et 4 langues nationales. Cet ensemble fonctionne depuis des siècles parce que le pouvoir central a respecté l’autonomie des cantons et veillé à ne pas abuser de ses prérogatives. Il faudra à l’Europe des décennies pour évoluer graduellement vers un tel modèle. « Comme la Suisse, l’Europe a besoin d’un pouvoir central fort mais limité, qui laisse toute latitude à la plus grande diversité locale possible ». Cette fédération ne peut être imposée d’en-haut, mais faire l’objet d’un choix  démocratique de chaque pays. Si certains pays s’y refusent, la fédération doit se faire avec ceux qui veulent y adhérer.

 C’est dans ce sens que Daniel Cohn-Bendit, un des rares politiciens français qui ne soit ni sectaire ni partisan, propose de transformer les élections de 2014 au Parlement européen en élection d’une assemblée constituante destinée à rédiger une nouvelle constitution pour l’Europe.

 

L'UNION POLITIQUE EST DEVENUE VITALE
L’UNION POLITIQUE EST DEVENUE VITALE

 

 L’union politique pourrait fonctionner de la façon suivante : « Le Parlement européen élirait le président de la commission européenne qui formerait alors un gouvernement, issu des principaux partis ». Cette participation des principaux partis au gouvernement, comme en Suisse, oblige au compromis et au dialogue. Serait nommé aussi un ministre des finances « ayant le pouvoir de lever des impôts et de préparer un budget à l’échelle européenne ». Ce gouvernement supranational aurait aussi la responsabilité de la défense, de la politique étrangère, et de l’énergie. De nombreuses décisions reviendraient aux gouvernements nationaux. La cour européenne de justice arbitrerait les conflits de souveraineté.

 Le Parlement désignant le président de l’Union, les élections des parlementaires se feraient à partir de listes européennes et non plus sur la base des partis nationaux. Cet édifice pourrait être couronné par de fréquentes consultations populaires sur les principaux sujets de société.

 

Nous pouvons espérer que la Chancelière Allemande, une fois réélue, puisse prendre des initiatives dans ce sens. Elle a déjà évoqué ce sujet, mais s’est trouvé face à la frilosité du gouvernement français qui a une vision étriquée de l’avenir de son pays et de l’Europe.

 

3 comments

  1. Pas du tout d’accord avec cette idée !!!!
    Cela reviendrait à dire ; « on ne s’en sort pas ! laissons les autres prendre les décisions ! »
    Ou serait l’indépendance de la France (déjà bien mise à mal) ?
    Comment écouter les Français (ce qu’on ne fait déjà pas aujourd’hui …) ?

    Quant à votre définition de Daniel Cohn-Bendit, elle est pour le moins farfelue ; ni sectaire ni partisan ? mauvaise définition d’un gauchiste de première !!

    Vous savez comme moi que tant que les politiques seront attitrés à un parti quel qu’il soit, ils se moqueront bien du sort de la France et des Français et ne penseront qu’à leurs intérêts !

    Maintenant… on peut aussi vouloir œuvrer dans la disparition totale des nations ….!!!
    Alors là, oui ! Donnons tous pouvoirs à une instance supérieure, européenne ou même américaine et gérons le troupeau d’humains ainsi constitué d’une même façon en prônant : égalité, égalité, égalité (c’est à dire tout le monde au même niveau !)
    Quel programme !!!!

    1. Je suis en effet convaincu que le destin de la France est lié à celui de l’Europe. Une France isolée sombrerait dans les oubliettes de l’histoire…
      Par ailleurs je plaide pour une gouvernance décentralisée avec une implication des citoyens ce qui suppose la démocratie directe au niveau local, au niveau national et au niveau européen. Il s’agit donc bien de redonner le pouvoir aux citoyens.
      Pour ce qui est de Cohn Bendit, je ne partage pas ses vues, mais je le considère comme un « esprit libre », c’est à dire qui ne se laisse pas enfermer dans les discours sectaires des partis politiques. C’est assez rare pour être signalé.

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