476 – LA REPUBLIQUE DES BONS SENTIMENTS

Posted on octobre 28, 2013 par

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Il est des pays où il devient de plus en plus difficile de dire ce que l’on pense, mais aussi où il est inconvenant de décrire ce que l’on voit. Sévit une sorte d’omerta qui fait que l’on ne peut plus échanger que sur la pluie et le beau temps.

 

comores-blog-immigration-clandestine-a-mayotte-caches-24h2_4b6e8f29e22cd J’ai dû me rendre récemment au parc des expositions de Villepinte, au Nord de Paris. Un dimanche matin, je me suis donc retrouvé dans le RER qui fait la liaison entre la Gare du Nord et l’aéroport de Roissy. Le train bondé traverse une banlieue triste, qui n’en finit pas, et qui fait un peu penser à l’enfer. Dans le train je me suis retrouvé pratiquement le seul européen au milieu d’une population bigarrée, métissée et haute en couleur. Je me suis cru un instant aux confins de l’Afrique subsaharienne, dans le tortillard qui relie Bamako à Kaye. Pas de quoi se plaindre, mais seulement d’exprimer son étonnement. C’est ce que j’ai fait auprès du groupe qui m’attendait à Villepinte. Ma remarque a été accueillie par un silence gêné comme si j’avais dit des mots inconvenants. Oui, j’étais pratiquement le seul blanc, dans le train entre la gare du Nord et Villepinte. Mais à Paris, il paraît que cela ne se dit pas, même si c’est la vérité !

 

Les mendiants s’égrènent sur les trottoirs de Paris, assis sur des ballots mal ficelés. Dans le métro on est sans cesse sollicité par des gratteurs de guitare et des estropiés de toutes sortes. Je n’avais jamais tant vu de boiteux, de culs-de-jatte, de manchots et d’aveugles. C’est à se demander si Paris n’attire pas tous les malheurs du monde. Même Bamako, avec ses lépreux mendiants, est moins pitoyable. L’étranger de passage a le cœur retourné, mais les parisiens naviguent au milieu de cette misère avec autant de dextérité que d’indifférence. Ils semblent à ce point aveugles qu’ils en nient l’existence et l’on est prié de n’en point parler…

 

Il n’est pas facile non plus de parler des Roms qui « pouillent » les touristes dans la pyramide du

"Les gens du voyage"

« Les gens du voyage »

Louvre et qui établissent leurs campements dans toutes les banlieues. Autrefois nous les dénommions « romanichels », précisément parce qu’ils sont originaires de Roumanie. Aujourd’hui les bien-pensants nous parlent de « gens du voyage », avec un air entendu et une fausse compassion. Inutile de leur dire que le voyage, aussi noble soit-il, n’est pas un métier qui puisse faire vivre, sauf à se livrer à quelque trafic illicite ! Mais pour eux, le qualificatif « gens du voyage » est le sésame qui mérite le respect et doit permettre d’ouvrir toutes les portes. Ainsi, la république des bons sentiments accepte que les gens du voyage vivent de l’air du temps. Il est inconvenant de dire que les roms ont une tradition séculaire de nomadisme et de vagabondage ainsi qu’un profond mépris pour toute sorte de travail salarié, assimilé à de l’esclavage. Ils paient donc leur liberté avec quelques rapines, mais ce n’est pas grave puisque le plus souvent ils ne font que dépouiller les riches touristes Chinois. Ils n’avaient qu’à rester chez eux, avec leur argent dont la France n’a que faire !…

 

images-3 Je ne vous conseille pas de poser l’hypothèse que, peut-être, éventuellement, les émigrés pourraient occuper des boulots qui seraient à la portée des français. Vous seriez aussitôt qualifié de xénophobe par les bonnes âmes médiatiques, dans un pays qui comptent 3,5 millions de chômeurs indemnisés et 5 millions de sans-emplois. Non, les émigrés ne lorgnent pas sur votre travail ! Ah, bon ? Mais ils vont vivre de quoi alors ? Encore une question qui sera taxée de « populiste », injure suprême dans un pays où le peuple n’a jamais la parole, confisquée par les politiciens. Alain Finkielkraut emploi l’expression de « narcissisme moral » qui permet de « s’applaudir  de sa générosité ».

 

La France est devenu un pays assez inconfortable pour ceux qui veulent ouvrir les yeux. Les bien-pensants, politiciens chevronnés et journalistes assermentés, délivrent leurs messages sur les ondes en pratiquant l’excommunication, voire l’inquisition. Ils pratiquent le chantage aux bons sentiments et distribuent à la volée les qualificatifs de racistes, d’islamophobes, d’antisémites, de populistes, de fascistes et pourquoi pas de nazis, puisque cela ne coûte pas plus cher ? La république a un grand cœur, mais elle est aveugle. Si j’étais cruel, je parlerais de lâcheté. « Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout, il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit », écrivait Charles Péguy. J’ajouterais : et ne pas voir ce que l’idéologie nous demande de voir.

 

Et je ne vous ai pas parlé de l’affaire Léonarda, tant elle est affligeante du niveau de l’exécutif qui gouverne la France et dont on se demande s’il a encore toute sa tête…

 

Peut-être que c’est bien, que c’est beau, que c’est noble et généreux d’être une terre d’accueil. Je ne sais pas. Si c’est le cas, il faut le dire clairement et en assumer les conséquences, toutes les conséquences, les yeux ouverts !… Je terminerais par les paroles du philosophe Alain Finkielkraut qui, sur le même sujet, disait : « Nous vivons dans une époque de glaciation idéologique et de terreur intellectuelle ». 

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