Accepter peut-être une force !

Posted on avril 14, 2015 par

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Je viens de relire le texte d’Yves sur la soumission … Je suis tout à fait d’accord avec lui sur le fond, sur le fait que nos sociétés occidentales perdent leurs forces créatives, c’est à dire qu’elles ne «produisent» plus assez d’hommes et de femmes assez passionnés par la vie pour se battre contre l’intolérable, pour résister à la «moutonnerie» dans laquelle les gouvernements veulent nous enliser. 

Nous sommes «achetés» par la facilité, par ces fameux loisirs qui nous endorment : la télé, bien sûr, mais également internet, ses jeux, ses exhibitions et ses mensonges, tous ces clubs de vacances et voyages en groupe qui nous montrent ce que nous devons voir et non pas ce que nous aurions pu découvrir par nous-mêmes.

  • La télé nous dit ce que nous devons penser.
  • La publicité nous dit ce que nous devons aimer.
  • Les politiques nous disent ce que nous devons accepter.

Et, au milieu de tout cela, surfant sur internet, sur une toile complètement surveillée, nous croyons être libres !

Donc, oui Yves a raison : nous sommes de plus en plus soumis.

Maintenant, peut-être, pouvons-nous faire la différence entre soumission et acceptation ?

Il y a des choses que l’on ne peut pas changer : à quoi sert-il alors de se battre contre des moulins à vent ?

Yves a pris comme exemple cet avion dans lequel nous sommes restés parqués comme des moutons pendant plusieurs heures. C’est vrai, j’y étais aussi ! Mais ma vision est différente : la compagnie EasyJet, pour ne pas la nommer, a fait ce qu’elle a pu pour nous permettre de partir quand même. Ils se sont donc mis sur la liste d’attente, sur la piste de décollage, prêts à partir dès l’autorisation reçue. Ils étaient, comme nous, otage des aiguilleurs du ciel français.

Donc, comment leur en vouloir ? Ils travaillaient, eux. Etre otage ne signifie pas être soumis ! Et ces «vieux râleurs» dont parle Yves, en quoi étaient-ils plus créatifs ? Ils passaient leurs nerfs sur les pauvres hôtesses qui n’y étaient absolument pour rien … Elles faisaient, avec le sourire, un travail ingrat. Ma responsabilité, dans cet exemple, était plutôt de les remercier et d’apprécier leur gentillesse plutôt que de leur «gueuler» dessus !

Je ne suis pas sentie soumise, je me suis sentie prise en otage. Et comme je ne pouvais absolument rien faire, l’autorisation de décoller ne dépendant pas de moi, que faire de mieux que d’accepter avec philosophie ? 

Selon moi, la soumission commence lorsque l’on peut changer quelque chose mais que nous ne le faisons pas par confort, par manque de courage, par lâcheté, par fainéantise. Et, effectivement, cela nous arrive tous souvent !

Par contre, l’acceptation est une forme de sagesse : il y a des choses qui ne dépendent pas de notre volonté. Nous ne pouvons rien y faire … Accepter est alors une forme de courage, de sagesse.

Nager contre le courant n’est pas productif ! En général, on fait du sur-place pendant un certain temps puis on s’épuise et l’on recule, emporté par les flots. Si c’est possible, il est peut-être plus judicieux de chercher à sortir de l’eau pour remonter le fleuve à pied ? Ce n’est pas de la soumission, c’est de l’acceptation …

Pour conclure, je citerai Marc Aurèle :

« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre ».

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