583 – POUR UNE POLITIQUE DE L’EDUCATION

Posted on septembre 21, 2015 par

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Nous poursuivons ici notre série de chroniques qui proposent une autre politique pour sortir de la crise existentielle dont souffrent certains pays d’Europe. Nous abordons aujourd’hui la politique de l’éducation qui conditionne l’avenir.

L’école primaire est celle qui a toujours le mieux assuré sa mission et chacun en garde généralement un excellent souvenir. Elle est confrontée aujourd’hui à deux nouveaux défis : d’une-part, l’apprentissage de la langue nationale à une multitude de nouveaux arrivants en provenance de l’est de l’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique et, d’autre-part, la nécessité d’apprendre l’Anglais dès le plus jeune âge, devenue la langue internationale qu’il est indispensable de pratiquer couramment. A cet égard, la France est loin d’accomplir correctement ces deux missions essentielles pour lesquelles les maîtres ne sont pas formés.

c3a9galitc3a9 C’est à l’âge du collège que les enfants apprennent, ou non, le goût d’apprendre et le respect, ou non, de la vie en société. Or, dans beaucoup de collèges, la simple discipline n’est pas respectée et l’enseignement est considéré, souvent à juste titre, comme ennuyeux. Les horaires de classe sont tout simplement aberrants ! Les enfants doivent être attentifs et concentrés de 8 heures du matin à midi et de quatorze heures à seize heures, sans parler des devoirs à la maison ! Quel adulte en est capable ? Il vaudrait mieux envisager 3 heures de cours utiles et efficaces par jour, c’est à dire couper la journée en deux et prévoir des activités physiques dont cet âge a besoin ainsi que des activités artistiques et créatives, des travaux pratiques, des visites à l’extérieur… Toutes ces activités pourraient, par exemple, se pratiquer en Anglais.

C’est au niveau du collège que l’on doit détecter les goûts et les compétences de chaque enfant. Nous n’avons pas tous les mêmes talents, ni les mêmes capacités d’apprendre. Ce qui compte, c’est l’épanouissement individuel, c’est pourquoi il faut prôner la diversité. Nous avons tous des affinités particulières et, en général, c’est là que se trouve notre talent qu’il va falloir développer le plus jeune possible. La moitié du temps devrait être consacré à cet effet. Nous aimons cette phrase d’Einstein : « Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson par sa capacité à monter aux arbres, il passera sa vie entière persuadé qu’il est totalement stupide ». Bien sûr, les enfants doivent posséder un socle commun de base sur lequel il ne faut pas transiger et trois heures par jour doivent suffire pour cela, mais le redoublement doit être imposé à ceux qui ne possèdent pas les connaissances correspondant à leur classe. Ce n’est pas rendre service aux enfants que, par démagogie, les laisser continuer sans le bagage indispensable, c’est au contraire assurer leur échec, plus tard.

Dans ce but, il est sans doute nécessaire d’envisager des cursus différents d’un collège à l’autre, d’une classe à l’autre, et imaginer des expériences pédagogiques variées, ce qui suppose une certaine émulation entre les collèges, y compris avec les collèges privés qui disposent naturellement d’une plus grande liberté de manœuvre et donc sont plus créatifs. La rigidité actuelle de l’Education Nationale en France doit être assouplie, ce qui suppose une grande décentralisation.

Chaque région, chaque province, doit être libre d’organiser à sa guise le système éducatif, depuis le rythme scolaire jusqu’au contenu pédagogique. Ceci afin de casser la mainmise de l’Etat sur le système éducatif, devenu un monstre difforme, incapable de se mouvoir, c’est-à-dire d’innover, mais simplement capable d’imposer un carcan normatif. Chaque Province a ses spécificités et il lui revient de les mettre en œuvre au niveau local, y compris d’en assurer le financement. C’est même au niveau des villes que devrait se décider le contenu des demi-journées réservées à l’épanouissement personnel et au développement des talents.

Par ailleurs, il est nécessaire de repenser les buts de l’enseignement au imagesLycée, supposé conduire au baccalauréat 80% d’une classe d’âge. Pour arriver à cet objectif la France a dû dévaluer le niveau de cet examen. Hélas ! Le bac est un diplôme trompeur car il ne conduit à aucun métier, il permet seulement de se diriger vers l’enseignement supérieur. Mais, il est profondément stupide de vouloir emmener à l’université 80% d’une classe d’âge. Une nation n’a pas besoin d’une armée de généraux ! Tout le monde n’est pas fait pour les études théoriques, au contraire nombreux sont ceux qui s’épanouiraient mieux vers des filières plus concrètes, plus pratiques et conduisant à un vrai métier. C’est là que devrait intervenir l’apprentissage tel qu’il est largement utilisé en Allemagne et en Suisse. Dans ce dernier pays, le plus riche et le plus performant au monde, seulement 20% d’une classe d’âge obtient son baccalauréat et il existe quantité d’autres filières prestigieuses, dans quantité de métiers, depuis la banque jusqu’à l’informatique de pointe, en passant par tous les métiers manuels.

UnknownIl est affligeant de voir des élèves, non motivés, turbulents, souvent fort indisciplinés, et futurs chômeurs, continuer à user leurs fonds de culottes sur les bancs du Lycée, alors qu’il serait si facile de leurs proposer des alternatives plus gratifiantes dans lesquelles ils pourraient s’épanouir. Pour arriver à ce résultat, il faudrait casser les structures rigides de l’Education Nationale, trop centralisée, trop normative, trop corporatiste.

Pour conclure, il faudrait qu’une nouvelle politique de l’éducation apporte plus de diversité, de pluralité, de souplesse et aussi plus de décentralisation, plus d’émulation entre les établissements et entre les classes. En outre, le corps enseignant devrait être plus exigeant sur les contenus et sur la discipline, plus intransigeant sur le socle de base et devrait aussi rechercher l’excellence. L’orientation doit être plus sélective en fonction des talents de chacun, le baccalauréat n’étant qu’une option parmi beaucoup d’autres. Enfin, l’Anglais devrait être la seconde langue officielle, pratiquée au moins la moitié du temps.

Une telle réforme, qui prépare l’avenir de la nation et son redressement, doit être approuvée par référendum, afin de passer par dessus les conservatismes corporatifs. Les citoyens prendront-ils enfin conscience que le système éducatif français est actuellement une immense fabrique à chômeurs, et très onéreuse de surcroit.

Nous poursuivrons, la semaine prochaine, notre série consacrée à une nouvelle politique pour les nations européennes, sous le titre :

« Pour une Politique Agricole ». 

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