786 – GLOBALITE ET RESPONSABILITE

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Il faut aller sur une ile déserte, à l’autre bout du monde, pour prendre conscience de ce que veut dire « globalité » ou « interdépendance ». Notre planète est petite et toute action a des répercutions souvent lointaines.

Vous connaissez sans doute la métaphore du battement d’aile d’un papillon du Pérou qui, de proche en proche, peut générer une tempête en Europe ! Cette histoire illustre de façon imagée ce que veut dire interdépendance. Elle nous aide à nous convaincre que chaque être humain a des responsabilités qui concerne l’ensemble du monde.

Henderson Island

Si vous rêvez d’une ile déserte, loin du monde ; si vous aimez les plages immenses de sable fin ; si vous appréciez la nature vierge et les oiseaux rares, j’aurais pu vous recommander Henderson Island.

En 1988, L’UNESCO a classé l’ile d’Henderson au Patrimoine mondial pour son « écologie pratiquement intacte ». Ce joyau de 31 km2 appartient à la couronne Britannique qui l’ignore superbement, vous ne serez donc pas dérangé par les sujets de sa gracieuse majesté.

Cette perle est située au milieu du Pacifique Sud, à quelques 5.500 kms du Pérou, à l’Est, ou de la Nouvelle Zélande à l’Ouest ! L’accès n’est pas facile, mais vous devriez pouvoir vous y rendre à partir de Tahiti, situé à environ 1500 kms, en demandant une place à bord de la frégate de la marine nationale française chargée, à titre amical, d’aller jeter un œil de temps en temps sur cette possession de nos partenaires anglais. Il faudra sans doute vous dépêcher, avant le Brexit annoncé pour le 31 Octobre prochain !…

Vous pourriez ainsi admirer les 4 espèces d’oiseaux que l’on ne trouve que sur cette ile, c’est dire la diversité de la nature : le lori de Stephen ainsi que le ptilope, la rousserole et la marouette d’Henderson. Je dis, vous pourriez, parce que les dernières nouvelles en provenance de ce petit paradis perdu ne sont pas très bonnes…

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La Gyre océanique

C’était sans compter avec la gyre océanique, cet immense tourbillon marin formé de divers courants alimentés par la force de Coriolis, générée par la rotation de la terre. Dans le Pacifique Nord, cette gyre océanique tourne dans le sens des aiguilles d’une montre et se frotte à la gyre du Pacifique Sud qui tourne en sens inverse depuis les côtes d’Amérique du sud jusqu’à celles d’Australie.

Globalement, et c’est là que je veux en venir, ce sont l’ensemble des eaux du Pacifique qui sont ainsi brassées et qui charrient les détritus qu’elles trouvent le long des côtes du Pacifique Nord et Sud.

Ce gigantesque vortex véhicule la moitié des détritus de la planète et, en particulier, tout ce qui n’est pas biodégradable, à commencer par ces redoutables plastiques dont notre société semble incapable de se passer. La prochaine fois que vous verrez quelqu’un jeter un déchet plastique, dans la rue ou dans une rivière, suivez son cheminement dans votre tête et pensez à la gyre océanique dans laquelle il va finir.

Vous avez déjà entendu parler des monceaux de plastiques qui encombrent certains sites marins et qui atteignent des surfaces telles que personne n’a encore pu imaginer un moyen de les éliminer. C’est ainsi qu’il existe, entre Hawaï et la Californie, une mer de plastique qui couvre une superficie de trois fois la France !

La mondialisation au cœur de l’océan Pacifique

Vous l’aurez hélas compris, l’ile d’Henderson, « valeur universelle exceptionnelle », selon l’UNESCO, n’a plus rien de paradisiaque, car ses plages sont envahies par des monceaux de déchets en provenance du monde entier : USA, Chili, Equateur, Canada, Chine, etc.

Ceux qui ont voulu nettoyer les plages ont vite été découragés par ce travail de Sisyphe, car chaque marée apporte des tonnes de nouveaux déchets. Le nettoyage n’aura de sens que lorsque nous arrêterons de jeter nos déchets. Sinon, il est prévu qu’en 2050 les océans contiendront plus de plastique que de poissons !

Le plastique est morcelé en très petits grains qui ne peuvent pas être ramassés. Les poissons et les oiseaux ingèrent des débris de plastiques et finissent par en mourir. L’ile est ainsi envahie de la puanteur de ces milliers de cadavres en décomposition.

Aucun gouvernement ne peut à lui seul traiter les grands problèmes auxquels nous avons à faire face et qui concernent toute l’humanité. Tous les problèmes que le monde doit appréhender ne connaissent pas les frontières nationales, qu’il s’agisse du changement climatique, de l’interdépendance économique, de la pollution de l’air et de l’eau, de la prolifération nucléaire ou même des épidémies comme Ebola ! Notre monde est une unité globale et l’on ne peut en dissocier aucune partie…

Nous avons transformé l’ile du paradis en enfer ! L’ile d’Henderson, au cœur d’un monde global, est devenue le symbole de la folie de l’humanité et symbole de notre responsabilité collective.

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