Education, Innovation, Esprit d’entreprise et démocratie apaisée sont à la base de la réussite éclatante du modèle social et économique de la Suisse. Cette réussite devrait constituer un exemple à suivre pour le reste du monde ! Hélas, la Suisse est jalousée et critiquée mais jamais imitée, les recettes sont pourtant simples…
Il est étrange de constater combien les peuples s’enferment facilement dans des idéologies et des pratiques dont ils ne veulent pas changer, y compris lorsqu’elles conduisent à des impasses et à des échecs.
Généralement les gouvernements, les partis politiques, les syndicats et les media sont autocentrés et refusent d’étudier des modèles qui semblent mieux fonctionner ailleurs. Ils persistent dans leurs erreurs contre le bon sens. Chaque pays veut construire son propre modèle, sans tenir compte de ce qui se fait ailleurs, et s’enferme souvent dans des certitudes et des a priori qu’il défend avec un intégrisme religieux.
Aucun pays ne peut prétendre avoir les meilleures lois et les meilleurs règlements mais, dans chaque domaine, certains réussissent mieux que d’autres. Pourquoi ne pas s’inspirer des succès et réussites des autres ? Un enfant apprend de ses erreurs et modélise le comportement de ses parents et professeurs pour progresser et s’améliorer. Il est noté en conséquence. Pourquoi les gouvernements et leur administration semblent ne jamais rien apprendre ?
Il est assez spécifique de la sphère étatique de se laisser enfermer dans des idéologies qu’il est malséant de vouloir remettre en cause, comme s’il s’agissait de dogmes religieux. Au contraire, dans le domaine industriel et commercial, l’innovation et le changement sont à l’honneur, dans une recherche permanente d’améliorations multiples et d’une saine émulation. C’est sans doute pourquoi, partout, le libéralisme qui favorise les initiatives privées surperforme le socialisme, qui favorise le contrôle et la gestion étatiques.
De ces considérations il découle que le libéralisme, et le système démocratique Suisse qui ont fait sa réussite, ne semblent pas inspirer les peuples voisins qui semblent vouloir persister dans leurs résultats médiocres. J’ai déjà mentionné mon admiration pour le système Suisse dans de précédentes chroniques.
Education
Le socle de toute société est constitué d’un système éducatif solide et performant. Le but étant de former des talents dans des domaines qui seront utiles à la société. Le système Suisse est, en ce sens, très pragmatique et repose sur l’idée simple que l’on ne fait pas des études pour se faire plaisir, mais pour s’insérer dans une société et y apporter sa pierre. Le plaisir d’apprendre n’étant qu’une qualité supplémentaire…
La Suisse mise beaucoup sur l’éducation, avec deux filières complémentaires et essentielles : l’apprentissage qui forme des praticiens, et l’université qui forment des théoriciens et des chercheurs. Aucune de ces deux filières n’est plus valorisée que l’autre, le choix se fait en fonction des goûts et des compétences de chacun.
L’apprentissage forme à 200 métiers différents et concerne 70% des collégiens qui entrent dans cette voie à l’âge de 15 ans. Il en sort, 5 à 7 ans plus tard, des techniciens de haut niveau grâce à une collaboration étroite entre l’industrie et l’école, ce qui permet un enseignement pratique et théorique avec une semaine partagée entre stages et cours.
Une bonne formation d’apprentissage assure des débouchés bien rémunérés dans une des nombreuses PME qui constituent le tissu industriel et commercial de la Suisse. Ce système s’est révélé extrêmement performant à l’ère digitale qui nécessite quantités de savoir-faire techniques très spécifiques.
Mais il existe aussi de nombreuses passerelles qui permettent aux jeunes de revenir vers l’enseignement général et vis-versa. L’enseignement supérieur est constitué de plusieurs « hautes écoles » spécialisées, mais est dominé par deux mastodontes de réputation internationale, l’École Polytechnique Fédérale de Zurich (EPFZ) et son équivalent romand l’EPFL à Lausanne. Ces deux écoles sont dans le haut du tableau du classement de Shanghai.
Les deux atouts maitres de ces deux écoles est, d’une part offrir des salaires très attractifs aux professeurs et ainsi d’attirer les meilleurs au monde, et d’autre part, mettre à disposition de chacun des budgets de recherche conséquents.
Innovation
L’EPFZ aussi bien que l’EPFL sont tournées vers l’innovation qui constitue la mission essentielle de ces écoles qui abritent quantités de start-up qui y éclosent et y grandissent. Les campus regroupent étudiants, chercheurs, start-up et multinationales dont les échanges permanents permettent la germination des innovations.
« Pour savoir quelles innovations domineront le marché dans cinq à dix ans, nous devons garder un pied dans les endroits clés du monde où elles voient le jour, comme le MIT américain, Singapour et la Suisse » avoue un spécialiste en Ingénierie.
De nombreuses start-up nouent des relations avec les pôles de recherche et ces accords spécifiques sont encouragés financièrement par Innosuisse, un organisme qui dispose d’un budget conséquent. Ce financement est souvent essentiel en phase de démarrage. Le but est de stimuler et d’aider l’esprit d’entreprise.
C’est ainsi que de la viande conçue à base de protéines végétales a vu le jour à l’EPFZ. Des drones sous-marins ont été mis au point à l’EPFL par des ingénieurs allemands : « Nous avons choisi la Suisse, qui n’a pourtant pas d’Océan, car les infrastructures de Lausanne sont parmi les meilleures au monde en robotique ».
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Esprit d’entreprise
Les chercheurs ne doivent pas rester enfermés dans leurs laboratoires et leurs inventions doivent trouver des applications pratiques. Pour cela ils doivent avoir l’esprit d’entreprise et cultiver le pragmatisme. Ils ont besoin d’être confrontés au réel en échangeant avec le monde de l’entreprise et ils peuvent devenir eux-mêmes entrepreneurs.
« Ici, il n’y a pas de bureaucratie, ni de politique industrielle décidée d’en haut : tout vient du terrain et tout bouge très vite » constate le directeur de l’Agence de développement de la Suisse occidentale. La bureaucratie est en effet l’ennemi n°1 de l’innovation et de l’efficacité. Les pays concernés se reconnaitront… ou pas ! « L’État c’est nous, les Suisses, pas les politiciens » résume un économiste dans une formule qui peut interpeller certains États voisins !…
La fiscalité joue un grand rôle dans l’esprit d’entreprise car on n’attire pas les mouches avec du vinaigre, contrairement à ce que pensent certains gouvernements en Espagne ou en France ! En Suisse, la fiscalité est relativement basse pour les entreprises, avec un impôt sur les sociétés qui oscille entre 12 et 20% selon les Cantons.
Néanmoins, les salaires sont en Suisse 2,5 fois supérieurs à ceux de la zone euro et les charges patronales sont de 15% du salaire brut, contre 40% en France, par exemple. Cherchez l’erreur… Il est vrai que les Suisses paient eux-mêmes leur assurance santé privée.
Cet ensemble permet à la Suisse d’avoir un tissu industriel qui représente 25% du PIB contre 10% en France qui, malgré des indices calamiteux, ne veut rien changer à sa politique destructrice d’emploi et qui appauvrit le pays ! Il est vrai que les Suisses travaillent 40 heures par semaine alors que les Français visent 32 heures…
Démocratie apaisée
Le régime politique d’un pays symbolise et résume l’énergie ambiante. Certains pays ont opté pour une démocratie belliqueuse où se livre une véritable guerre des mots, des idées et des idées toutes-faites. Chaque nouveau gouvernement détruit généralement ce qu’a tenté de construire le précédent !
Les partis politiques Suisses défendent leurs idées mais ne se font pas la guerre, grâce à un système très astucieux qui oblige chaque parti à participer au gouvernement. Le consensus est donc obligatoire et la courtoisie indispensable. Les principaux partis sont coresponsables d’une politique faites de compromis. Ceci assure une stabilité institutionnelle et juridique qui rassure les investisseurs Suisses et surtout étrangers.
L’autre grande caractéristique des institutions politiques Suisses repose sur la démocratie directe qui consiste à consulter le peuple pour chaque décision, petite ou grande. C’est ainsi que les Suisses ont refusé, par référendum, de rejoindre l’Union Européenne. Cent mille signatures suffisent pour déclencher une procédure de référendum, pouvant porter sur une multitude de sujets, au niveau local ou cantonal, comme au niveau Fédéral.
Un système qui peut faire rêver de nombreux citoyens européens dont les politiciens refusent obstinément de leur donner la parole… Relire chronique 753 « Redonner la parole au peuple ».
La Suisse n’est certes pas le paradis, mais c’est sans doute encore le pays qui lui ressemble le plus, même si les frontières sont poreuses et les influences néfastes qui lui parviennent des pays qui l’entourent deviennent menaçantes. Il est toujours plus exigeant et difficile de rechercher l’excellence que d’accepter la médiocrité…
PS. N’oubliez pas de faire vos commentaires ci-dessous. Nous avons besoin de partager les points de vue de chacun…
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