1010 – CONFONDRE CAUSES ET CONSEQUENCES

Dans sa lutte contre tous les fléaux qui l’assaille, c’est un funeste travers de l’esprit humain de vouloir agir sur les conséquences, sans tenir compte des causes. Cette erreur de jugement aggrave souvent les effets néfastes que nous voulons combattre.

Le monde est complexe et soumis à de multiples facteurs qui s’entremêlent, à l’intérieur desquels causes et conséquences interagissent. Mais l’esprit humain n’aime pas s’encombrer de la complexité et il cherche à simplifier les facteurs, au risque d’être simpliste et binaire.

J’ai choisi quelques exemples qui montrent combien notre esprit n’est pas à l’aise dans la subtilité des interactions. Nous sommes souvent celui qui ne regarde que le doigt qui montre les étoiles !…

La santé

J’ai beaucoup écrit sur la santé car mon expérience est longue dans ce domaine qui illustre parfaitement mon propos. J’ai souvent été extrêmement critique vis-à-vis d’un système de santé qui se préoccupe plus des conséquences que des causes.

Nos symptômes ne sont que la résultante d’un désordre métabolique. Supprimer le symptôme ne supprime pas la maladie. Il conviendrait d’abord de comprendre les causes de la perturbation métabolique et y remédier en agissant sur les causes. Il ne suffit pas de couper une mauvaise herbe, il faut l’arracher !

Un comprimé d’aspirine va soulager notre mal à la tête, sans que l’on en cherche la cause. Faire baisser la température lorsque l’on a la grippe, ne soigne pas la cause mais seulement le symptôme.

De nombreux médicaments chimiques n’agissent que sur les symptômes. C’est en effet plus simple que de démêler les causes qui peuvent être complexes ! C’est ainsi que la consommation de psychotropes explose sans que personne ne se préoccupe du mal être de nos sociétés, en particulier chez les jeunes.

Je pourrais donner des exemples à l’infini pour vous montrer que la guérison ne peut se faire qu’en supprimant les causes qui ont engendré la maladie… La médecine chimique, quant à elle,  ne sait pas le faire, sauf pour les maladies infectieuses ou parasitaires, mais pas pour les maladies internes. Votre médecin se pose-t-il la question des facteurs psychologiques qui influencent votre santé, par exemple ?

 Drogues et psychotropes

L’explosion de la consommation de drogues est un autre symptôme qui masque des causes profondes. C’est bien d’arrêter les dealers et de courir après les consommateurs ! Mais c’est infiniment plus difficile de lutter contre cette pulsion autodestructrice. D’où vient-elle ?

Encore une fois, la consommation de drogues exprime un mal-être profond, une sorte de désespérance, de manque de foi en la vie. Les causes sont multiples et si complexes qu’il parait plus simple de ne pas chercher à les connaitre !

S’agit-il d’un manque de reliance, de transcendance, de spiritualité ? Nos sociétés sont-elles trop matérialistes ? Est-ce dû à un excès d’individualisme, à un repli sur soi mortifère ? Est-ce lié à un sentiment de déclin d’une société sans perspective ? La surconsommation de drogues légales ou illégales repose sur les mêmes causes, dans une société fatiguée d’elle-même, en mal de vivre.

La guerre

Qu’il s’agisse de la guerre en Ukraine, à Gaza ou ailleurs dans le monde, c’est toujours la même pensée dualiste qui domine. Il y a d’un côté les bons, et de l’autre les méchants et vis-versa selon le point de vue de chacun.

Cette pensée simpliste évite de comprendre les origines des guerres, les causes profondes sous-jacentes qui, comme pour les maladies, sont souvent complexes. Mais personne ne veut accepter que les responsabilités soient partagées. Il est toujours plus facile de regarder la surface des choses.

On se lamente en Ukraine ou à Gaza sur les conséquences horribles de la guerre, mais tout le monde ferme les yeux sur les causes profondes qui sont pourtant évidentes. En Ukraine, c’est l’attitude hostile et provocatrice des USA qui voulaient faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN et à Gaza, c’est une prison infernale à ciel ouvert dans laquelle les prisonniers sont humiliés depuis des décennies.

C’est bien de mettre sur pied une aide humanitaire d’urgence, mais cela serait tellement mieux de mettre tout son poids pour faire arrêter les hostilités ! Au lieu de cela, les pays qui financent l’aide humanitaire sont aussi ceux qui financent la guerre et la favorisent ! Le cynisme de nos gouvernants est à son paroxysme…

La chimie

Depuis trois quarts de siècle, les pays avancés mènent une lutte acharnée pour combattre les effets du cancer dont l’incidence n’a cessé de croitre. La recherche médicale dépense des milliards pour pourchasser les cellules malignes. Elle se glorifie lorsqu’elle parvient à augmenter l’espérance de vie des malades de quelques mois.

Le cancer est vécu comme un fléau tombé du ciel, comme par hasard, sur des individus qui ne s’attendaient à rien. Personne n’évoque les causes possibles du cancer, obnubilé par les terribles conséquences.

Pire, à l’hôpital on utilise des médicaments chimiques ou des rayons ionisants, potentiellement oncogènes, pour éliminer les cellules malades ! Par ailleurs, notre environnement est gravement pollué par quantité de nouvelles substances chimiques toxiques. Il n’est pas nécessaire d’être un grand savant pour constater que l’augmentation vertigineuse des cas de cancer est directement proportionnelle à l’utilisation de produits chimiques dont notre organisme est saturé. Sans compter les nombreuses autres maladies qui sont directement liées à notre environnement chimique.

Malgré ces évidences, le Parlement européen vient de rejeter un texte clé du « Green Deal » qui prévoyait une baisse de 50% des produits phytosanitaires d’ici 2030. Il est temps de mettre un grand coup de balai pour renvoyer chez eux ces parlementaires corrompus, achetés par les lobbies de la chimie ! C’est encore le même cynisme, des actes en contradiction avec les paroles…

L’inflation

L’inflation est de retour et nous la subissons en courbant l’échine. En conséquence, la pauvreté progresse à grands pas. Les media et les gouvernements présentent l’inflation comme une calamité naturelle, imprévisible. Elle nous tomberait dessus à l’improviste comme le fut l’épidémie de covid.

Comme si les conséquences étaient sans causes, dues à la malchance, au destin, au mauvais œil ! Là encore, les causes sont multiples mais il n’est pas très difficile d’en discerner les principales.

Trois causes sautent aux yeux : Tout d’abord, les folles décisions prisent durant la pandémie quand l’économie fut arrêtée et les gens payés pour rester chez eux, « quoi qu’il en coûte ».

Ensuite, la reprise du travail fut laborieuse et beaucoup manquaient à l’appel, trouvant plus confortable de continuer à recevoir les subsides de l’État.

Enfin, la décision suicidaire de se couper du gaz et du pétrole Russe, avec pour conséquence de doubler ou tripler le coût de l’énergie en Europe.

Autrement dit, nous sommes directement responsables de l’inflation qui nous ruine, de la même façon que nous sommes collectivement responsables de l’augmentation du nombre de cancers et autres maladies du métabolisme qui nous tuent.

Les causes sont toujours complexes et les humains n’aiment pas la complexité, c’est sans doute la raison pour laquelle ils n’aiment pas chercher les causes des phénomènes… Nous sommes trop souvent myopes et ne voyons que les conséquences de phénomènes parfois complexes. Nous luttons en vain pour écoper, mais nous omettons de boucher la voie d’eau qui va faire couler le bateau…

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