Les politiciens refusent d’admettre les réalités économiques et les contraintes qu’elles génèrent. Par démagogie, ils s’engagent dans une fuite en avant mortifère dont les citoyens seront les premières victimes. La situation française actuelle illustre parfaitement ce phénomène…
La faiblesse des démocraties réside dans l’exigence de plaire et de séduire par de belles promesses, souvent aussi dangereuses qu’onéreuses. Autrement dit, la démocratie est un luxe qui coûte cher aux citoyens qui demeurent les garants, en dernier ressort, des largesses des politiciens ! (Relire à ce propos la chronique n°1040 « La démocratie dévoyée ».
La politique du « Quoi qu’il en coûte ».
Cette phrase prononcée par le Président Macron au moment de la pandémie du Covid a marqué les esprits et est devenue l’expression symbole du laxisme des politiciens en matière financière. Cela laisse croire que l’État n’est pas tenu par les mêmes règles comptables que les citoyens, à savoir qu’il pourrait durablement dépenser plus d’argent qu’il n’en a !
Par ailleurs, les promesses électorales qui viennent d’être faites en France, en particulier par les parties de gauche, font froid dans le dos quant à leurs conséquences si d’aventure elles étaient mises en œuvre. Il faut que le système démocratique soit bien malade pour que les citoyens croient à de tels mensonges !
Faut-il rappeler, une fois de plus, que le déficit cumulé de la France atteint 1.100 milliards d’euros. Il n’est pas un service public, pas une seule organisation étatique ou régionale qui ait des finances saines. La situation est si grave que la Commission Européenne a ouvert une procédure pour déficit excessif, ce qui se traduira par une augmentation des intérêts de la dette. Autrement dit, le nœud coulant se resserre autour du cou des Français !
Il ne faudrait pas laisser les politiciens gérer les finances, ils ne savent que nous mener à la ruine. Nous connaissons tous des individus qui ne savent gérer leurs finances et qui dépensent plus qu’ils ne gagnent. Nous savons aussi que cela se termine toujours mal… La France vit au-dessus de ses moyens et cela se terminera mal !
Le renforcement des plus forts
Trois crises successives viennent de secouer l’économie avec d’importantes répercutions durables. La pandémie du Covid, la guerre en Ukraine et l’inflation qui en découle.
J’ai déjà fait remarquer comment la guerre en Ukraine a été fomentée par les USA pour déstabiliser l’Europe, en la coupant des sources d’énergie Russe, bon marché. L’augmentation soudaine du prix de l’énergie a lourdement handicapée les entreprises européennes qui n’ont pas d’autres choix que de fermer leur porte ou de se délocaliser. Se délocaliser où ? Aux USA bien sûr, où l’énergie demeure relativement bien meilleur marché. Les dirigeants européens sont lourdement responsables et les citoyens restèrent sourds et aveugles aux enjeux géostratégiques. Nous avons ainsi hérité d’une inflation durablement forte qui diminue définitivement le pouvoir d’achat.
Comme toujours, ce sont les plus fragiles et les plus vulnérables qui pâtissent le plus des effets des crises, aussi bien au niveau des individus, des entreprises et des nations. En conséquence, les plus forts deviennent encore plus forts et dominateurs, ce qui déséquilibre fortement l’ensemble de la société
Entreprises françaises en difficulté
In fine, le résultat de ces crises mal gérées débouche inéluctablement sur une dépression économique. Pour juguler l’inflation, les Banques Centrales augmentent les taux d’intérêts afin de ralentir l’économie comme si elle était en surchauffe, alors que cette inflation n’est que la conséquence des décisions stupides qui ont conduit à se priver de l’énergie en provenance de Russie.
Cette grave erreur de diagnostic nous conduit tout droit vers une dépression économique dont nous ignorons encore l’ampleur, mais dont nous entrevoyons les premières entreprises victimes. « La dépression qui vient risque d’accentuer deux effets pervers que sont le creusement des inégalités et la concentration de l’activité autour d’oligopoles » écrit un expert.
La liste des entreprises françaises en grandes difficultés s’allonge de mois en mois. Nous apprenons que 16.400 entreprises se sont retrouvées en situation de défaillance au cours du deuxième trimestre 2024, en hausse de 24 % sur un an. Les annonces de fermetures d’usines, de liquidations judiciaires ou de délocalisation se multiplient, en particulier dans l’industrie manufacturière.
On peut citer, pêle-mêle : les chariots de supermarché Caddie, l’équipementier Bosch, le sous-traitant automobile Valeo, le fabricant d’objet de manutention Metalliance, le papetier Stenpa, l’usine pharmaceutique Recipharm, les conserves Saupiquet, etc…
Cette hémorragie a entrainé 44 % de hausse de suppression d’emplois en 2024, par rapport à la même période en 2023.
La situation politique en France, avec la menace d’un gouvernement aveugle aux réalités économiques, crée un attentisme qui est préjudiciable à l’économie. Selon le journal Les Échos, « 60 % des entreprises interrogées, de taille moyenne, ont décidé de suspendre tout ou partie de leurs investissements en attendant que le paysage politique s’éclaircisse, et 28 % déclarent avoir réorienté leur budget vers d’autres pays que la France ».
Accrochez vos ceintures !
L’industrie automobile possède une place prépondérante en Europe, et en France en particulier, mais cette place est fragilisée avec la décision politique irréfléchie d’effectuer une transition trop rapide vers les véhicules électriques.
« Nous avons toujours dit que la transition vers l’électrique serait tumultueuse. Nous sommes dans ce moment difficile », prévient Carlos Tavares, directeur général de Stellantis dont les ventes mondiales accusent une chute de 14 %.
En Europe et aux Etats-Unis, la plupart des constructeurs voient fondre leurs marges, confrontés à la concurrence chinoise, tout comme leurs fournisseurs. « En 2023 et 2024, les exportations chinoises ont explosé » affirme le directeur général de Michelin qui a déjà annoncé la fermeture de deux usines en Allemagne et d’une autre en Pologne…
Les Chinois possèdent à la fois la technologie de la voiture électrique, mais aussi les sources de lithium pour réaliser les batteries les moins chères du monde. Le déferlement va être difficile à canaliser car les Chinois ne manquent pas de moyens de rétorsions dans l’hypothèse où l’Union Européenne procèderait à un protectionnisme trop strict. Les marges de manœuvres sont faibles…
Lorsque les politiciens se mêlent de choix économiques, on peut craindre le pire ! C’est la situation que risquent de vivre les Français, soumis à une surenchère démagogique, source des futurs malheurs. Bien souvent, face à nos épreuves, nous invoquons la malchance et la dureté des temps, alors qu’elles sont le fruit de nos mauvaises décisions…