On nous répète que la démocratie est le plus mauvais des systèmes, mis-à-part tous les autres ! Il faudrait donc sauver la démocratie qui nous assurerait la paix, la tranquillité et, sinon la richesse, du moins une certaine prospérité et douceur de vivre… Est-ce si sûr ?
Il est vrai que, sur le papier, la démocratie est supposée permettre aux sages citoyens de désigner et d’élire, avec conscience et pertinence, les plus compétents et les plus aptes à les diriger, à les protéger, et à assurer leur épanouissement.
La démocratie a été inventée et pratiquée en Occident, avec plus ou moins de succès, depuis la démocratie Athénienne, la plus ancienne, jusqu’à la démocratie Américaine, la plus résiliente et la plus longue. Les succès économiques des Etats-Unis ont souvent été associés à la démocratie, mais il semble plus vraisemblable de l’associer au capitalisme, ce qui est une autre histoire…
Dans mes chroniques, j’ai souvent abordé le thème de la démocratie, sans doute parce que je pressens une grave crise au niveau de la gouvernance des États. La démocratie occidentale semble plus fragile que jamais, malmenée à la fois par les gouvernants eux-mêmes et aussi par les citoyens trop dociles. Dans bien des cas, nous observons la dérive vers des pseudo-démocraties, vers des démocraties de façade, des gouvernances estampillées « démocratie » de façon usurpée. (Relire chronique-libre n°1068 « Se gouverner soi-même »).
Il est intéressant de remarquer que le déclin de l’Occident, qui est en cours, s’accompagne d’une crise de la démocratie. Peut-on avancer l’idée que les déclins des civilisations se produisent à de nombreux niveaux, économiques, technologiques, militaires, sociétaux et aussi politiques ?
L’alternance
Les démocraties se targuent avant tout d’assurer l’alternance des gouvernements, ce qui éviterait la captation du pouvoir par un groupe ou par un individu. L’alternance définit la démocratie par rapport à la dictature et la royauté, prévues pour perdurer et se perpétuer pour le meilleur ou pour le pire !
Si les démocraties n’apportent pas le meilleur, elles sont supposées nous prémunir du pire, ce qui ne serait déjà pas mal. L’inconvénient majeur de l’alternance réside dans le manque de temps pour avoir des visions et des actions à long terme. Certaines démocraties peuvent être amenées à changer diamétralement de direction tous les 4 ou 5 ans. Il n’est pas possible de mener une politique ambitieuse et d’en voir les fruits en si peu de temps…
Pour conjurer cet inconvénient majeur, certaines démocraties pratiquent une fausse alternance. Elles changent de leader sans changer de cap et, pour obtenir ce résultat, elles sont prêtes à toutes les compromissions et à toutes les turpitudes. En effet, les citoyens sont volontiers versatiles et peuvent promptement changer de camp s’ils sont mécontents. Or il se trouve que la démocratie est manipulable, on peut la tordre et lui faire dire le contraire de ce qu’elle voudrait dire…
Plusieurs techniques efficaces et bien rôdées peuvent être à l’œuvre pour réaliser de fausses alternances. La technique la plus efficace consiste à discréditer les partis et les leaders qui seraient prêts à assurer l’alternance. Avec l’aide des médias, il convient de qualifier le parti adverse d’extrémiste afin que, dans l’imaginaire des citoyens, ces partis soient mis hors-jeux. La perversité consiste à distinguer deux types de partis, les partis dits « de gouvernements » et les autres, qui ne seraient là que pour pouvoir conserver l’appellation de démocratie.
S’il s’avérait que cette technique ne soit pas suffisante, il reste l’arme judiciaire qui consiste à monter une cabale contre le candidat favori des sondages et à fouiller sa vie, son enfance, ses comptes, ses relations, etc. Bref, on finit toujours par trouver quelque chose et à le monter en épingle pour arriver jusqu’au point ou la justice est sommée de s’occuper de son cas ! Ensuite l’affaire est dans le sac…
Voilà comment se pratique la soi-disant alternance en démocratie : on tourne en rond, on prend les mêmes et on recommence. Tout est soigneusement noyauté par des politiciens professionnels et un pouvoir politico-médiatique de l’ombre. Dans ces conditions, peut-on encore croire en la démocratie ?
La pratique du pouvoir
Dès lors que les citoyens ont remis les clés entre les mains des élus, ils n’ont souvent plus leur mot à dire. Dans nombre de démocraties occidentales, et en France en particulier, les élus ont tous les pouvoirs, à commencer par le chef de l’État. Ils sont là pour 5 ans et font ce qu’ils veulent.
Ils sont élus sur un programme vague et sur des promesses souvent impossibles à tenir. Ensuite ils s’installent à nouveau dans le fromage pour cinq ans. Les citoyens ont même oublié les promesses, ils râlent, ils se plaignent, mais la prochaine fois ils se feront encore rouler dans la farine… La prétendue démocratie est une sorte de dictature molle, qui possède les inconvénients des dictatures, sans en avoir les avantages.
Certaines constitutions permettent le recours au référendum afin de consulter le peuple sur les grands sujets de société qui les concernent directement. C’est le cas de la Confédération Helvétique, que j’ai souvent citée comme rare exemple de démocratie totale et efficace et, dans une moindre mesure, la démocratie Américaine. Ce n’est sans doute pas un hasard si elles sont, l’une et l’autre, les plus anciennes démocraties contemporaines !
Dans ce contexte, le chef de l’État français refuse obstinément d’avoir recours au référendum. La France qui ne pratique ni l’alternance véritable, ni aucun type de consultation, ne peut pas être considérée comme une démocratie. En un certain sens, elle ressemble au temps de la République Romaine, lorsque le sénat élisait un « tyran » avec les pleins pouvoirs, pour surmonter les périodes difficiles. Le mot tyran n’ayant cependant pas le même sens qu’aujourd’hui…
Guerre et paix
Actuellement, l’Europe n’en finit pas de jouer à se faire peur avec la guerre. Ses dirigeants rivalisent en discours martiaux, plus belliqueux les uns que les autres. A quoi jouent-ils ? Ils sont comme des enfants qui s’agitent avec des bâtons !
L’esquive et les pirouettes sémantiques sont des techniques bien connues des politiciens. S’ils sont embarrassés par une crise ou s’ils sont critiqués sur un sujet d’actualité, ils contre attaquent sur un autre thème qui va inonder soudain la sphère médiatique. Le but consiste à détourner l’attention des sujets brulants. Alors que le Président Macron ne parvient pas à se positionner à propos de la guerre israélo-iranienne, et sur laquelle il n’a aucune prise, il va se répandre en considérations détaillées sur le réchauffement climatique ou la pollution plastique des mers du globe, pour lesquels il ne peut pas faire grand-chose non plus…
Mais, étant donné que le Président Français est très largement déconsidéré dans son pays et qu’il n’est plus écouté au niveau international, il ne lui reste plus qu’un seul sujet dans lequel il a les pleins pouvoirs : décider de la paix ou de la guerre. C’est ainsi qu’il se répand en discours martiaux en menaçant de déclarer la guerre à la Russie ! Il est rejoint dans ces menaces à la Don Quichotte par les chefs de gouvernements Britannique et Allemand qui ne sont pas plus considérés dans leurs pays respectifs.
Ce sont ces trois mousquetaires d’opérette qui naviguent d’une capitale à l’autre pour répandre leurs menaces et se mettre en scène, sans mesurer la gravité de leurs propos guerriers. Ils se comportent comme des dictateurs, prêts à semer la terreur en Europe, au risque de menacer la stabilité de leur propre pays.
Il n’y a pas plus dangereux qu’un animal aux abois. Il est prêt à l’ultime sacrifice pour transcender sa faiblesse. Macron ne supporte pas son rôle actuel de subalterne, il veut retrouver la pleine lumière et se voit désormais en chef de guerre, doté des pleins pouvoirs. La guerre vaut mieux qu’une fin de mandat modeste et médiocre !…
De l’autre côté de l’Atlantique, Donald Trump promettait d’apporter la paix, mais la situation en Russie et au Moyen-Orient lui échappe. Il est lui aussi débordé par les forces occultes et il semble qu’il n’est plus le patron ! Le MI6, la CIA et le Mossad, ont pris l’initiative de convaincre l’Ukraine d’attaquer les bombardiers nucléaires Russe et d’inciter le chef de gouvernement Israélien de bombarder les infrastructures militaires iraniennes.
Quand un Président Américain est mis ainsi en face du fait accompli, dans deux faits de guerre d’une extrême gravité, nous pouvons être inquiets. Donald Trump n’est donc pas le véritable patron, c’est désormais l’Etat profond qui gouverne…La démocratie est morte… (Vous pouvez écouter la superbe analyse sur le lien en fin d’article).
Dans de nombreux pays européens, la démocratie est minée de l’intérieur. Les politiciens sont élus sur des promesses démagogiques, impossibles à tenir, et gouvernent ensuite de façon autoritaire, sans jamais consulter le peuple. La démocratie ne protège pas de la guerre, bien au contraire. Parfois, la guerre permet de gouverner en dictateur, parfois elle échappe à tout contrôle étatique. Dans ces conditions, la démocratie occidentale peut-elle encore être sauvée ?