La démocratie contemporaine consiste à élire des représentants dociles et sans pouvoir. Ils parlent beaucoup mais agissent peu. Les vraies décisions et les engagements importants sont dictés par des organisations de l’ombre et relayés par les media qu’ils contrôlent totalement…
Après avoir beaucoup écrit sur l’illusion démocratique, et constaté à quel point nos démocraties sont malades, il est temps de s’interroger sur la réalité du pouvoir. Qui nous gouverne réellement ? Sommes-nous sous la dépendance du pouvoir de l’argent, sous la domination des forces armées, sous la tutelle des media, ou bien sommes-nous manipulés par des services secrets et des forces de l’ombre ? (Relire chronique n°1090 « Faut-il sauver la démocratie ?»).
L’Europe est aux ordres
Les chefs de gouvernement européens décident de la limitation de vitesse sur les routes, ils se préoccupent assidument du réchauffement climatique sur lequel ils ne peuvent rien faire, ils légifèrent sur les airbags, puis décident d’augmenter le plafond de leurs dettes, qui sont surtout les nôtres, mais ils détournent les yeux sur le génocide à Gaza et restent muets sur l’attaque Israélienne en Iran.
Les leaders européens ont perdu la main, nous pourrions même dire qu’ils ont perdu toute crédibilité. Ils se rassemblent, ils pérorent, ils critiquent, ils préconisent, puis pondent des communiqués qui n’intéressent personne, et ils attendent les ordres de Washington…ou parfois de Bruxelles…, Les Européens sont des figurants subalternes qui filent doux !
Selon les directives de l’oncle Sam, les européens sont priés d’envoyer des armes en Ukraine, de couper les échanges avec la Russie, de fermer les yeux à Gaza et d’applaudir les bombardements en Iran. Le pouvoir politico-médiatique s’exécute… et nous nous laissons manipuler.
Dans le même temps, du point de vue sociétal, les media suivent la doctrine soi-disant progressiste qui a cours de l’autre côté de l’Atlantique. Les Européens boivent ces paroles postmodernes et les assimilent de gré ou de force. Si vous refusez la potion du wokisme ou si vous critiquez la transsexualité, vous êtes étiqueté réactionnaire et passéiste, c’est-à-dire que vous êtes disqualifié et n’avez pas le droit à la parole.
Si vous cherchez à comprendre ce qui se trame, et à savoir qui est derrière ces directives, qui finalement cherche à déconstruire notre société et qui décide de la guerre ou de la paix, vous êtes qualifié de complotiste et d’extrémiste. Autrement dit, vous êtes prié de vous taire car vous êtes un individu dangereux.
Donald Trump est-il le boss ?
Le Président américain parle haut et fort. Il gesticule beaucoup et occupe l’espace médiatique au maximum de sa capacité ! Chaque matin, nous écoutons les nouvelles internationales pour savoir quelle nouvelle mouche l’a piqué, quelle extravagance il a décidé et quel contre ordre il a stipulé…
Le maitre du monde a ses caprices et aime le faire savoir. Il aime nous voir trembler devant ses foucades. Il joue de la carotte et du bâton, tour à tour, il nous caresse et nous étrille. Le but n’est pas ici de faire la psychanalyse de Donald Trump, mais de tenter de comprendre ce qui se cache derrière ces mises en scène. Ces gesticulations excessives ne cachent-elles pas une certaine impuissance ? Autrement dit, est-il réellement le maitre du monde, ou n’est-il qu’une marionnette au service de plus fort que lui ?
Donald Trump a-t-il ordonné les bombardements en Iran ou a-t-il été mis devant le fait accompli ? N’a-t-il pas été obligé, pour ne pas perdre la face, d’endosser le costume de chef de guerre et d’approuver a posteriori ce qu’il n’avait pas décidé lui-même ? Le déroulement des évènements le laisse à penser.
Dans une chronique écrite en février dernier, bien avant les évènements actuels, j’écrivais les lignes suivantes :
« Certains lobbies médiatiques et certaines puissances de l’ombre ont vu en Donald Trump le candidat idéal pour épouser leurs projets. C’est le cas en particulier de l’AIPAC (American Israel Public Affair Committe), dont le projet géopolitique extrêmement ambitieux consiste à la réalisation concrète du Grand Israël. Ce rêve n’est réalisable qu’avec l’appui diplomatique et militaire des États-Unis qui ont toujours soutenu Israël, quoi qu’il en coûte, y compris dans ses pires exactions.
Selon la revue Géopolitique Profonde, « L’AIPAC règne en maitre sur toutes les institutions américaines, la CIA, le FBI et bien sûr, sur tous les parlementaires et sur le Pentagone. Les capacités militaires et économiques d’Israël viennent de l’AIPAC et les pouvoirs de l’AIPAC viennent de 600 ans d’accumulation de richesse ». L’AIPAC est devenue une organisation sioniste dont le but est la construction du Grand Israël qui s’étendrait sur tout le territoire de la Palestine, le Plateau du Golan, le Liban, la Syrie et une partie de la Jordanie.
C’est à la lumière de ce projet qu’il faut observer les conflits du Moyen-Orient. Après l’élimination de l’Irak, puis récemment de la Syrie, la dernière cible est l’Iran, seule capable de s’opposer à ce projet, surtout si elle dispose de l’arme nucléaire. Il ne fait donc pas de doute que la principale préoccupation de Donald Trump au Moyen-Orient consiste en la destruction définitive de la puissance militaire iranienne. C’est la mission qui lui a été confiée ! L’Iran est parfaitement conscient de ce danger, c’est pourquoi il n’est pas intervenu dans le conflit à Gaza ».
Aujourd’hui, et selon le plan prévu, l’Iran subit les bombardements israéliens avec l’appui des Américains et la bénédiction de Donald Trump qui ne fait qu’exécuter sa mission… Israël a su choisir le bon timing : la Russie est engluée en Ukraine et ne peut intervenir, tandis que la Chine prépare son heure à Taïwan. Pendant ce temps-là, les pays Arabes Sunnites gardent un silence complice…
Le complexe militaro-industriel
Pour comprendre l’État profond qui gouverne l’Occident, il convient de garder à l’esprit l’extraordinaire puissance du complexe militaro industriel américain qui constitue une superstructure du pouvoir profond. Donald Trump a largement profité des subventions des divers sociétés du secteur pour assurer son élection. (Relire absolument la Chronique n°1047 « Le complexe militaro industriel »).
Ce complexe militaro-industriel américain est intimement lié à Israël au niveau de l’État comme au niveau des nombreuses sociétés d’armement et de surveillance. Il n’existe pas, aux États-Unis, de force qui ne soutienne pas formellement l’entité israélienne. En 2024, Israël aurait reçu 17,9 milliards d’aides militaires directes de la part de l’Amérique.
Suivant un spécialiste, « Il y a presque une fusion quasi-totale et parfaite des complexes militaro-industriels américains et israéliens », en particulier au niveau des 10 plus grosses sociétés israéliennes du secteur qui sont des fournisseurs de choix pour l’industrie américaine de l’armement. De même que les plus importantes sociétés américaines de la défense, de l’armement et du renseignement, entretiennent des relations étroites avec leurs équivalents israéliens et développent des produits en commun.
C’est ainsi que, à bien des égards, les USA apparaissent comme les obligés d’Israël, au point que le Premier ministre Israélien a pu déclarer devant le Congrès américain en 2024 : « Notre victoire, sera votre victoire », ce qui témoigne de la tutelle d’Israël sur les États-Unis.
De son côté, Donald Trump vient d’écrire le 17 Juin 2025 : « Nous avons à présent un contrôle complet et total des cieux au-dessus de l’Iran », ce « nous » démontre à nouveau la confusion entre Israël et les USA, alors qu’officiellement ces derniers ne sont pas partie prenante dans le conflit, du moins jusqu’à présent ! Cela n’a pas empêché le Président américain d’exiger de l’Iran « une capitulation sans condition » !
Dans le numéro d’Avril de Géopolitique Profonde, on pouvait lire cette phrase prémonitoire : « Les membres de l’administration de Donald Trump, tels que Peter Hegseth, secrétaire à la défense, John Ratcliffe, le nouveau patron de la CIA, et Élise Stefanik, désignée comme ambassadrice des États-Unis à l’ONU, ou encore Mike Huckabee et Steven Witkoff ne peuvent que contenter le lobby Israélien au détriment de la paix dans le monde ».
L’État profond ne craint rien ni personne ! Il peut fomenter des émeutes comme celles de Maidan à Kiev, il peut perpétrer des génocides comme à Gaza et il peut déclencher des guerres comme en Iran, il est toujours au-dessus des lois et des reproches puisqu’il s’appuie sur la propagande des media occidentaux. Toutes les inspections récentes réalisées par l’AIEA en Iran ont été incapables d’apporter la preuve que le pays procédait à des enrichissements d’Uranium pour la réalisation d’une bombe atomique. Mais, cela est un détail pour ceux qui travaillent à la réalisation du Grand Israël. Ils ont déjà anéanti l’Irak et la Libye, sous de faux prétextes, et travaillent aussi à la disparition du Liban et de la Syrie…
Nous pouvons en conclure que l’État profond occidental, n’est autre que le complexe militaro-industriel des USA et d’Israël, réunis et fusionnés, avec en arrière-plan La CIA et le Mossad, au point de ne faire qu’une seule entité. Les nations européennes ne sont que les laquais et les supplétifs de ce « Deep State » … auquel ils sont sommés d’obéir, car c’est lui qui gouverne les media et donc manipule ou truque les élections… Le cercle est bouclé ! Il n’y a rien à attendre de nos démocraties dévoyées …