Ce n’est un secret pour personne, les enfants se font rares ! Dans beaucoup de villes, on ferme les écoles car les femmes font la grève des ventres… Je passerai ici sous silence ce que sera le monde de demain, peuplé de vieux grincheux, comme votre serviteur ! Mais je me contenterai d’observer le monde d’aujourd’hui…
Trois faits de société ont attiré mon attention ce week-end : (info du journal Le Monde 14/12/2025)
- Les confidences d’un vétérinaire
« La relation entre l’humain et son animal domestique a profondément évolué ces dernières années, le chien et le chat accédant quasiment au statut d’enfant, avec les attentions et les soins à la hauteur de cette (supposée) filiation. « J’ai autant d’amour pour mon chien qu’une maman pour son enfant », nous confie Hélène Gateau, l’autrice de Pourquoi j’ai choisi d’avoir un chien (et pas un enfant) (Albin Michel, 2023), tout en caressant son border terrier, Colonel. » …
La “pet parentalité” est un phénomène de société qui touche autant les villes que le monde rural et périurbain…
« Cette “pet parentalité” nous met énormément de pression, reconnaît la docteure Calais. Je me trouve à examiner des animaux “enfants rois” à qui les “parents” n’ont pas donné de limites. Agressifs et intouchables, je dois leur mettre des muselières ou des collerettes, parfois même les envelopper dans une couverture pour les neutraliser…
Le taux de suicide de cette profession est quatre fois supérieur à celui de l’ensemble de la population.
« Il nous voit comme un bien de consommation, à sa disposition vingt-quatre heures sur vingt-quatre », regrette la vétérinaire comportementaliste francilienne…
En France, où la santé humaine est largement prise en charge par la Sécurité sociale, la facture vétérinaire tombe comme un coup de massue : autour de 100 euros pour une consultation, jusqu’à 1 500 euros par an, voire davantage quand on additionne les soins, les vaccins, les traitements…
- Un nouveau métier d’avenir : photographe pour chien
« La difficulté avec les chiens européens, c’est qu’ils se tiennent un peu moins bien pendant les séances photo. Les chiens new-yorkais sont tellement habitués à poser que ça facilite le travail… Quand ils arrivent, on dirait qu’ils savent déjà ce qu’on attend d’eux. » …
« Les chiens de milléniaux sont plus habitués à être manipulés par des dog-parents aux petits soins. » …
Certaines tendances ont émergé. « A l’apparition des cafés pour chiens et du yoga pour chiens »,
Souvent de jeunes « parents chiens » une formule qui s’emploie et qui semble s’être généralisée à partir de 2023, « depuis qu’on assume de traiter l’animal de compagnie comme un membre de la famille ».
« Quand on pense que les gens peuvent dépenser 3 000 dollars à New York pour organiser l’anniversaire de leurs chiens », relativise Carmen Gonzalez.
Carmen Gonzalez demande aux « parents chiens » de venir avec des friandises et beaucoup d’eau, ce qui est « essentiel pour éviter la langue pendante sur les clichés ».
- Les kid-adultes
« Les adultes auront-ils leur jouet sous le sapin ? C’est le pari que font les magasins face à un marché en pleine transformation. Catalogues pour adultes, fan-zones dans les boutiques de jouets, boîtes de Lego à 850 euros… Les adolescents et les adultes, ces consommateurs de plus de 12 ans que les professionnels appellent « kidultes », sont aujourd’hui l’une des explications de l’insolente croissance du marché du jouet en 2025…
Alors que la consommation des ménages est paralysée par l’instabilité économique et fiscale, le marché du jouet a bondi de 9 % en valeur entre janvier et mi-novembre, selon le cabinet d’études Circana. « Une croissance impressionnante », juge Frédérique Tutt, experte de l’industrie mondiale du jouet chez Circana, alors que le marché oscille chaque année entre une hausse de 2 % et une baisse du même ordre, comme ce fut le cas en 2024, quand les ventes de jouets avaient baissé de 0,7 %, à 4,3 milliards d’euros…
Et cette croissance « jamais vue depuis vingt-cinq ans », assure Jacques Baudoz, PDG du groupe JouéClub (enseignes JouéClub et La Grande Récré), est tirée, selon Circana, par les ventes de jouets destinés aux plus de 12 ans, qui ont progressé de 22 %. Ces « kidultes », cette nouvelle clientèle, plus âgée, qui avait commencé à entrer sur ce marché en achetant puzzles et coloriages pour adultes au moment de la pandémie de Covid-19, représentent 36 % des ventes de jouets en France sur les neuf premiers mois de l’année…
Qui sont ces grands enfants ? « Ce sont ceux qui collectionnent, par exemple, les cartes Pokémon ou des figurines. Ou qui sont fans d’une licence, comme Star Wars ou Marvel. Mais aussi ceux qui jouent à des jeux de société entre eux, entre amis, en famille, ou qui construisent des puzzles », assure Mme Tutt. Quelque 47 % des 13-55 ans s’achètent des jouets – hors jeux de société – « pour leur propre plaisir ou en reçoivent en cadeau », d’après une étude de l’institut Junior City publiée le 10 septembre. Ils en possèdent 12 en moyenne, et 14 chez les CSP+. Leurs motivations ? « Se détendre avant tout, rien à voir avec la nostalgie », précise Yves Cognard, le directeur de cet institut. « Dans un contexte d’actualité anxiogène, les Français recherchent, au travers des jouets, des instants de légèreté et de partage », analyse Mme Tutt.
Pas étonnant, finalement, quand l’âge moyen des téléspectateurs de la chaîne pour enfants “Gulli” est de 33,6 ans, selon Médiamétrie…
Si bien qu’aujourd’hui la Saint-Valentin, et les Fêtes des mères et des pères sont devenus des moments de forte activité dans les magasins de jouets…
Avec cette nouvelle clientèle, les distributeurs se frottent les mains. Car ces consommateurs sont un relais de croissance inespéré pour le marché, confronté à des vents contraires. « Cela compense la baisse de la natalité, qui affecte de manière importante des catégories comme les poupées, les jeux d’imitation et les jouets de premier âge », constate M. Baudoz…
Je ne sais pas ce que mes lecteurs vont penser de ce qui précède… En ce qui me concerne, ces éléments me confirment que, si notre civilisation n’a pas encore touché le fond, nous en approchons à grande vitesse. Remplacer les enfants que nous ne savons plus faire par des chiens et des vieux enfants recyclés … Il fallait y penser ! Comme quoi la nature a horreur du vide et a besoin de substituts d’enfants.
Je suis prêt à parier que nous allons très prochainement voir se répandre des enfants virtuels, des avatars d’enfant… c’est moins encombrant, c’est moins compliqué à élever et c’est plus fun !
Notre civilisation est pathétique !