La gauche est mue, depuis des lustres, par une idéologie fondamentale antinationale. Elle n’a cessé de combattre le roman national qui soude le peuple et lui donne des raisons de vivre. Elle dénigre les grandes figures qui ont fait l’histoire de France de Saint Louis à De Gaulle, en passant par Jeanne-d ’Arc. Dans tous les conflits qui ont opposé la France à un pays tiers, la gauche a été du côté de l’étranger. Elle est mue par une idéologie qui prône la haine et le combat. L’Autre, qui ne pense pas comme elle, est toujours un ennemi qu’il faut faire taire, combattre… et si possible abattre.
Avant la guerre, pendant que l’Allemagne Hitlérienne s’armait à outrance et proférait des menaces, le Front Populaire organisait des manifestations monstres, faisait grève pour les congés payés et luttait contre l’armée Française. La Gauche au pouvoir a refusé de s’armer ! A l’époque, la Gauche Française avait des yeux de Chimène pour l’URSS, alliée des Allemands.
En Août 1939, les communistes français sabotaient le matériel dans les arsenaux et refusaient de participer à « la drôle de guerre » ! Certes, après la rupture du pacte Germano-Soviétique, les Communistes ont tardivement participé à la résistance dans l’espoir de prendre le pouvoir après la guerre. Certains de ses membres éminents, à commencer par son chef, Maurice Thorez, qui avait déserté leur régiment et s’étaient enfui à Moscou.
Après la guerre, la gauche prétendait que l’URSS avait plus participé que les Américains à la défaite des Allemands et 61% des Français partageaient cette opinion. L’emprise de l’idéologie communiste était totale sur les intellectuels Français qui avaient perdu toute lucidité. Un militant ne pense pas par lui-même, c’est le Parti qui s’exprime à travers lui.
Tous ceux qui critiquent le parti communiste sont des « fascistes ». Ceux qui prétendent que l’URSS abrite des camps de concentration sont des fascistes. En 1947 De Gaulle est considéré comme un fasciste par la gauche qui reprendra la même rengaine lorsqu’il reviendra au pouvoir en 1958. En 2026, c’est toujours le même qualificatif de « fasciste » qu’utilise la gauche pour désigner les partis qui ne partagent pas ses idées !
En 1948, les partis de gauche fondent le mouvement des « Combattants de la paix » qui font l’éloge du pacifisme soviétique en opposition au bellicisme US et auquel participe la fine fleur de l’intelligentsia Française. La bombe atomique soviétique est alors applaudie car elle serait un facteur de paix !
Dans les années qui suivirent, les journalistes et intellectuels Français ont leurs ronds de serviette à la table du Kremlin et ne cessent d’encenser le régime et son chef Josef Staline. Ils nient les exactions et les crimes du maitre du Kremlin. Après les premières révélations sur les camps soviétiques, une députée communiste a été jusqu’à dire : « Je considère le système pénitentiaire soviétique comme indiscutablement le plus souhaitable dans le monde entier ». Jean-Paul Sartre ajoutant : « un anticommuniste est un chien ! »
Il a fallu attendre 1956 et l’invasion soviétique qui écrase la révolte populaire à Budapest pour que les adorateurs de Moscou ouvrent les yeux : « Par quel aveuglément avons-nous fait comme si le communisme n’était pas une névrose ? » écrira Pierre Emmanuel !
La fin de l’Empire colonial
Depuis la fin de la guerre, un vent de liberté soufflait outre-mer, à Madagascar, à Hanoï, à Rabat et, plus tard, à Alger. Les gouvernements de gauche, qui se sont succédé, défendaient farouchement l’empire français qu’ils avaient constitué au fil des ans. Même le journal L’Humanité écrivait en 1945 : « Les colonies sont absolument incapables d’exister économiquement, et par conséquent politiquement, comme nations indépendantes ». La même année le parti communiste ne s’oppose pas aux crédits militaires pour l’Indochine.
Néanmoins, quand les Communistes ont quitté le gouvernement en 1947, ils ont commencé à saboter l’œuvre française Outre-mer. Ils ne supportaient pas que l’armée française s’oppose au Viet Minh d’obédience communiste, soutenu à la fois par la Chine de Mao et l’URSS de Staline. La gauche, entrainé par le parti communiste, a lancé des campagnes de sabotage de matériel. Certains éléments ont transmis des informations militaires au Viet-Minh et incité les soldats français à la désobéissance !
La chute du camp retranché de Dien Bien Phu en 1954 représenta un choc émotionnel considérable dans l’opinion française. 40.000 soldats du corps expéditionnaire furent faits prisonniers dans des conditions effroyables et dont les ¾ ne revinrent jamais ! La gauche bienpensante n’a pas versé une larme et au quartier Latin on continua à faire la fête…
Quelques années plus tard, le même scénario se répéta en Algérie. « L’Algérie c’est la France » affirmait François Mitterrand. De son côté le socialiste Pierre Mendes-France, qui avait signé la reddition au Vietnam, confirmait : « On ne transige pas lorsqu’il s’agit de défendre l’unité, l’intégrité de la République. Les départements d’Algérie constituent une partie de la République Française ».
Néanmoins, quelques années plus tard, la gauche reprit en Algérie le même travail de sape et de sabotage intellectuel qu’en Indochine. En 1955, un journaliste de renom interpelle Mendès-France et Mitterrand en lançant cette accusation : « Votre gestapo d’Algérie ! ». Progressivement, pour la gauche, l’armée est coupable, tandis que les terroristes du FLN sont absous. Le criminel n’est plus le poseur de bombe, mais celui qui traque les poseurs de bombe !
Nul ne conteste ce que fut la dureté de la guerre d’Algérie pour les deux camps. Mais la mansuétude de la gauche fut toujours et tout le temps pour l’ennemi et contre les Français et leur armée… En 1960, circulait à Alger un manifeste intitulé « Le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », publié dans un bulletin pro-FLN, Vérité-Liberté. Cet appel était signé par 121 intellectuels, dont Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, et incitait ouvertement à soutenir le mouvement d’insurrection. Sabotage !
C’est encore la même gauche qui a désarmé et abandonné 70.000 harkis, soldats Algériens dans l’armée française, à la vindicte des tortionnaires du FLN. De même, les civils Algériens qui étaient sincèrement en faveur de l’Algérie française, et ils étaient très nombreux, furent persécutés. C’est peut-être là que se situe le plus grand déshonneur de la France qui ne fut pas plus brillante pour protéger les européens d’Algérie qui, malgré les termes des accords d’Évian, durent prendre le bateau pour Marseille, avec leurs valises. C’était « le cercueil ou la valise » !
Très peu d’intellectuels ou d’hommes politiques de gauche eurent le courage de faire leur autocritique, à l’exception du mathématicien Laurent Schwartz qui fut très engagé auprès du FLN : « J’ai espéré qu’ils ne seraient pas musulmans à ce point-là, qu’ils garderaient les Français en Algérie, mais sans privilèges. Nous avons sous-estimé les questions nationales, les crimes commis par les Algériens sur les Français ».
La parenthèse 1958-1981
De Gaulle est revenu au pouvoir en 1958, car les vieux briscards socialistes de la IVème République finissante se sont révélés incapables de résoudre le très épineux problème Algérien. Une fois signés les accords d’Évian, de Gaulle eut la sagesse d’entreprendre une grande œuvre de décolonisation en Afrique noir, en gardant avec ces pays des liens que l’on pourrait qualifier de familiaux.
Les années qui suivirent furent les plus belles années de la France depuis longtemps. Des années d’espoir et d’action. La France était enfin au travail, gouverné par des équipes qui avaient un cap et se donnaient les moyens de leurs ambitions. La France se modernisait tous azimuts, l’école, l’université et la recherche héritaient de moyens nouveaux, de grands chantiers étaient entrepris, des entreprises industrielles se développaient à vive allure. L’avenir était ouvert pour tous…
La gauche a bien cherché à briser ce bel élan à l’occasion des manifestations étudiantes de 1968, mais les Français, qui n’avaient pas encore oublié les années sombres du radical-socialisme triomphant, renouvelèrent massivement leur soutien à de Gaulle. « Nous avons un objectif qui doit dominer tous les autres : faire de la France une grande nation industrielle » affirmait Georges Pompidou en 1969. Le cap est clair ! Il fut hélas oublié lorsque la gauche est revenue au pouvoir en 1981…
La haine de soi
Au cours des années 1960 et 1970 une litanie de héros hante les rêves de Saint Germain-des-Près. Tour à tour, Tito, Hô Chi Minh, Castro, Che Guevara, Mao Tsé-toung, Kadhafi, Arafat ou Allende sont portés sur les autels !
C’est l’époque de l’émergence du Tiers monde qui va agiter les esprits des intellectuels de gauche. C’est l’époque du refrain antifasciste qui prétend faire le lien entre les camps nazis, les camps des réfugiés espagnols de 1939, les camps français en Algérie ou les camps Palestiniens. Un seul oubli : les camps soviétiques !
C’est l’époque de la mauvaise conscience. En 1961, parait « Les damnés de la terre », tiré à 160.000 exemplaires. On y lit que « Les capitalistes se sont comportés comme de véritables criminels de guerre ». En 1965 parait ce qui deviendra le livre de chevet d’une génération d’enseignants : « Le pillage du Tiers-Monde ». Jean-Paul Sartre, maitre à penser de l’époque, poussera la provocation et la haine de soi jusqu’à écrire : « Abattre un Européen, c’est de faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre ».
Après le temps de la vénération de Staline, vint le temps de l’adoration de Mao. Chez les intellectuels la mode était au Maoïsme ! Peu importe que Mao, en 1957, eût reconnu la liquidation de 840.000 personnes. Peu importe qu’entre 1959 et 1962 la famine avait entrainé la mort de 20 à 40 millions de Chinois. En 1966, la gauche n’avait d’yeux que pour la « Révolution culturelle » et le Petit livre rouge de Mao !
De même que les staliniens se rendaient en URSS, les Maoïstes pélerinent en Chine. Toute la gauche était dithyrambique et se transforma en commis voyageur du maoïsme, se répandant en louanges extrêmes tant elle était fascinée. « Moyennant l’idéologie Marxiste-léniniste revue et corrigée, Mao Tsé-toung a, à sa façon, libéré son peuple socialement et politiquement » écrivait le correspondant du journal Le Monde à Pékin en 1975. Ils étaient tous aveuglés par leur idéologie quasi religieuse.
Mai 1968 : le tournant du siècle
A partir de ce mois de Mai 68, souffla un vent de contestation jusqu’à la folie et qui concerna toute la société française, et même au-delà dans le monde. Ce fut un vent contestateur et réformateur qui fut aussitôt récupéré par la gauche pour en faire un tsunami révolutionnaire.
« Le prurit n’épargne personne : on voit des fonctionnaires ennemis de l’État, des officiers antimilitaristes, des patrons partisans de l’autogestion, des professeurs qui cherchent à renverser l’école, des parents qui renoncent à élever leurs enfants, des artistes qui veulent détruire l’art » résume Jean Sévilla dans « Les habits neufs du terrorisme intellectuel ».
On connait tous les slogans de déconstruction de l’époque, « il est interdit d’interdire », « Jouissez sans entrave », « il y a plus inconnu que le soldat inconnu : sa femme », « sex, sea and sun ». La libération individualiste atteint son paroxysme jusqu’à l’obscène ! C’est l’époque où la gauche bien-pensante fait ouvertement l’éloge de l’homosexualité et de la pédophilie. On pouvait lire dans la revue éditée par Le Front homosexuel d’action révolutionnaire :« Nous nous sommes faits enculés par des Arabes. Nous en sommes fiers et nous recommencerons ». A la même époque, parait un manifeste signé par les intellectuels de gauche, de Roland Barthes à Philippe Sollers, en passant par l’inoxydable J-P Sartre, et réclamant la dépénalisation des relations sexuelles avec des mineurs !
1973 : la gauche refuse de voir l’évidence
Un évènement majeur survint cette année-là et susceptible de dynamiter l’idéologie marxiste à la mode dans les partis politiques de gauche. Ce fut la publication de L’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenitsyne qui constitue à la fois une histoire de la répression en URSS, une géographie des camps et une chronique de la destinée des prisonniers.
Le monde entier prend conscience de l’horreur du régime soviétique et des 12 millions de déportés… sauf une grande partie de la gauche française qui refuse obstinément à accepter l’évidence. Aux yeux des socialistes, l’anticommunisme demeure une maladie honteuse, et l’antisoviétisme un réflexe réactionnaire. Après la publication de l’Archipel du Goulag le journal L’Humanité s’insurge contre « une campagne antisoviétique contre la détente ». Pire, le journal Le Monde dresse un parallèle entre l’écrivain et les apologistes de la collaboration sous le régime de Vichy. C’était l’époque de l’Union de la gauche, initiée par François Mitterrand, et comme il ne faut pas contrarier les amis communistes, le journal socialiste Témoignages Chrétiens peut écrire à l’adresse de la presse de droite : « Qu’ils soient libres de proférer toutes les sottises réactionnaires qu’ils voudront. Mais, de grâce, ne crions pas à gauche, avec la meute des anticommunistes de tous poils ».
Il faut dire que Soljenitsyne n’est pas seulement anticommuniste, il est chrétien et patriote, deux attributs suffisant pour lui attirer les foudres de la gauche. En outre, pour aggraver son cas, il critique le matérialisme moderne, il défend les droits de l’âme et appelle à une régénération spirituelle de la Russie… autrement dit, l’horreur pour la gauche !
Phnom Pen et Saïgon
Nier l’évidence et se laisser aveugler par son idéologie, tel fut l’attitude récurrente de la gauche de façon permanente et répétée. L’année 1975 va lui donner l’occasion d’exceller dans ce domaine avec l’arrivée au pouvoir au Cambodge, du désormais célèbre Pol Pot, qui doit sa formation au parti communiste français ! Sa principale et unique vertu étant de se référer au communisme qui va « purifier le peuple Cambodgien » !
En 48 heures, 2 à 3 millions de citadins sont déportés. Les intellectuels, moines et opposants n’ont pas le temps de se poser de questions, ils sont assassinés à coup de manches de pioches, ou la tête enfermée dans un sac en plastique. Les autres partent en direction des travaux forcés dans des conditions épouvantables ! Ces éléments dramatiques n’ont pas empêché le journal Le Monde de titrer fièrement, le 18 avril 1975 : « Phnom Penh est tombé ». L’article parle de libération, de liesse populaire.
L’ensemble de la presse de gauche se range derrière Pol Pot, le libérateur et approuve toutes les exactions des sinistres Khmers Rouges ! Le Nouvel Observateur décrit la situation avec admiration, comme étant « une audacieuse transfusion de peuple ». Un seul journaliste, après avoir exprimé son admiration pour ce geste spectaculaire, émettra une réserve : « Parmi les évènements que nous n’avons pas compris, il y a eu l’évacuation totale des hôpitaux, qui abritaient environ 25.000 blessés ou malades, dans des conditions sanitaires effroyables ». Dans les faits ces malades furent abandonnés et laissés crever, comme des bêtes, au bord de la route.
En 1979, quand le Vietnam envahit le Cambodge, on décompte 500.000 exécutions sommaires, 3,3 millions de morts. Pol Pot et ses sbires, avec l’assentiment de toute la gauche française solidaire, est redevable de la disparition du tiers de la population du Cambodge. On attend encore le mea-culpa de ces intellectuels, maitres à penser !
Dans la même année 1975, durant laquelle la gauche encensait Pol Pot, le même scénario se préparait à Saïgon sous la poussée du Viet Minh communiste, soutenu par les Chinois. Le journal Le Monde jubile : « Le nouveau pouvoir liquide les séquelles de la présence américaine ». En fait de liquidation, ce sont près d’un million de Vietnamiens du sud qui sont envoyés dans des camps où 300.000 moururent ! La moitié de la population de Saïgon est déportée et soumises à des travaux forcés dans « des nouvelles zones économiques ». Avec l’approbation de toute la gauche, le Vietnam est devenu un immense Goulag…
En 1978, quelques belles âmes du quartier Latin furent émues par les boat people, ces centaines de milliers de Vietnamiens qui cherchent à fuir par la mer de Chine sur des embarcations de fortune. Ils montent une opération humanitaire modeste dénommée « un bateau pour le Vietnam » et cherchent des fonds. Le parti communiste et l’aile gauche du parti socialiste condamnent l’entreprise : son but serait de discréditer le régime communiste prochinois de Hanoï. Ils moquent les fuyards vietnamiens qui ne seraient que des réactionnaires incapables de se plier aux justes contraintes de la démocratie populaire…
Dans les années qui suivirent, les autocritiques furent rares et modestes. Il fallut attendre 1987 et le livre d’Olivier Todd, La chute de Saïgon, pour lire : « J’avais milité afin d’installer à Saïgon un régime que nous condamnions à Prague ou à Budapest ». De son côté, Jean Lacouture écrit, dès 1978, à propos du Cambodge : « J’avoue que j’ai manqué de pénétration politique » … C’est peu dire !
La dictature de la morale
Avec l’appui du parti communiste, François Mitterrand accède au pouvoir en 1981, date historique puisqu’elle inaugure le début du grand déclin français, du renoncement qui préfigure la décadence, qui sera en vigueur dans le nouveau siècle. Ce fut un choc violent après des années d’espoir, de redressement et d’expansion. Le nouveau gouvernement voulait tout chambouler à l’image de l’intervention du socialiste Paul Quilès qui osa dire : « Il ne faut pas se contenter de dire, comme Robespierre à la Convention, « des têtes vont tomber », il faut dire lesquelles et le dire rapidement !»
Ce que la gauche n’avait pas saisi, c’est que la France convalescente, pratiquait déjà, depuis la libération, une politique de gauche avec un important interventionnisme d’État, les prélèvements obligatoires atteignant déjà 43% du PIB. Cela n’empêche pas le nouveau gouvernement de nationaliser les fleurons de l’industrie française qui seront désormais dirigés par des fonctionnaires. La catastrophe économique était naturellement en vue…
Les intellectuels n’ont plus de causes à défendre, ni de révolutionnaires exotiques, ni de guérilleros, ni d’opprimés par le fascisme, ni de prolétaires à soutenir. Heureusement ils trouvent une nouvelle cause : les immigrés à défendre et son corollaire le racisme à combattre ! de nouveaux slogans fleurissent : « l’immigration est une chance pour la France » et « les immigrés ne rentreront pas chez eux, car chez eux, c’est désormais ici ».
Ce qui caractérise la gauche, c’est de se laisser enfermer dans une idéologie, dans des slogans que l’on répète sans avoir besoin de réfléchir, ni de savoir s’ils sont cohérents. Selon cette idéologie les portes de la France doivent rester grande ouvertes pour accueillir toute la misère du monde. Tous ceux qui s’opposent à ce leitmotiv doivent être étiquetés comme racistes.
En 1975, les Européens forment 60% du total des étrangers installés en France et les Africains sont 34%. En 1990, la proportion se renverse avec 45% d’Africains et 40% d’Européens. Tous ceux qui s’inquiètent et posent des questions sur les conséquences d’une immigration massive sont aussitôt catalogués comme racistes, voire nazis ! Le journal Libération dénonce « les chiffres bidons de la panique raciale ».
Le ton est donné et cette rengaine de racisme empoisonnera le débat jusqu’à aujourd’hui encore, de telle sorte qu’il est devenu impossible de parler sereinement et objectivement des problèmes que peuvent poser l’immigration. Surtout lorsqu’il s’agit de populations musulmanes à mille lieues de notre culture ou de jeunes hommes célibataires qui arrivent en masse sur le territoire, sans qualification, sans travail et même sans permis de travailler.
Dès que vous ouvrez la bouche pour prononcer le mot immigration, toute la gauche bien-pensante ouvre les oreilles pour aussitôt vous condamner au pilori si vous émettez la moindre réserve. Cette attitude va non seulement pourrir le débat public mais va condamner la France à subir des vagues d’immigration successives et ininterrompues qui vont l’affaiblir durablement et la fracturer… L’affaire est entendue, « la France est raciste » comme l’affirme en 1992 le sociologue Michel Wieviorka dans son livre accusateur…
Les jeunes immigrés des banlieues peuvent désormais se répandre dans Paris et se livrer à des violences urbaines. Toutes les exactions qui animent les années qui suivirent sont cachées ou minimiser par les media qui plaident pour la mansuétude et le laisser faire… Les débordements sont généralement mis sur le compte de la Police qui est systématiquement mise sur le banc des accusés. « Un flic est mort, c’est plutôt une bonne nouvelle » osera dire une radio avec l’approbation silencieuse de la gauche ! La même année, le festival de Cannes prime « La haine », un film accusateur que le metteur en scène définira avec ces mots : « J’ai voulu faire un film qui rentre dans le lard, un film contre les flics ».
Dans cette fin de siècle, la gauche continue de déverser sa haine sur tout ce qui représente l’autorité. En 1995, les chanteurs de NTM en concert devant 25.000 jeunes poussent un peu plus loin la provocation, toujours impunie, en chantant : « J’encule et je pisse sur la justice. La Police, ce sont des fachos. C’est eux qui assassinent. » Le ton est donné, la gauche enfourche à nouveau un vieux thème : le fascisme, car l’ordre et le respect de l’autorité sont, par définition, d’essence fasciste ! Telles sont les racines du terrorisme intellectuel qui sévira dans les décennies suivantes…
Du déclin à la décadence
À une population angoissée par le chômage, l’élite assure que, grâce à la construction européenne, cela ira mieux demain. A une population qui souffre de l’insécurité, l’élite recommande l’indulgence pour les délinquants. A une population ayant le sentiment de perte des valeurs morales, l’élite vante la tolérance. A une population voyant sans cesse arriver de nouveaux immigrés, l’élite assène que rien n’est pire que l’exclusion.
Tout est désormais en place pour le déclin et la fracture de la société qui ne se reconnait pas dans l’idéologie véhiculée par les media qui, majoritairement, penche dangereusement vers la gauche, au risque de tomber ! La dissolution de l’autorité entraina naturellement l’affaiblissement de l’autorité paternelle qui fut pendant des siècles le pilier de l’équilibre familial.
Ce qui caractérise le déclin, c’est qu’il est global, c’est-à-dire qu’il concerne tous les aspects de la société. Il s’agit d’un mal insidieux qui s’infiltre progressivement, et au fil des années, dans les esprits et dans le fin réseau capillaire de la société, au niveau familial, professionnel, moral, éducatif, législatif, médiatique et gouvernemental. Finalement, toute la société accompagne et participe activement au déclin, souvent de façon inconsciente, simplement pour aller dans le sens du courant à la mode.
C’est donc dans cette atmosphère de renoncement que les gouvernements en place, dans les premières décennies du XXIème siècle, agirent dans le sens de la facilité, se laissant entrainer dans la pente du déclin en cédant, par faiblesse et démagogie, à tous les caprices du peuple.
Pendant des générations les Français furent éduqués dans le respect du travail, avec la notion d’effort, vécu non pas comme une contrainte insupportable mais comme un moyen d’élévation sociale et d’épanouissement personnel. Les idéologies de la gauche s’étant infiltrées dans le tissu social, le travail devenait un fardeau dont il convenait de se débarrasser au maximum. C’est ainsi qu’elle commença par imposer la semaine de 35 heures, pénalisant toute l’économie de la nation.
Comme je l’ai déjà écrit, la gauche aime les idéologies dans lesquelles elle s’enferme avec délice et aveuglément. C’est de cette façon qu’elle envahit et phagocyta l’immense problème de l’écologie, trop important et trop complexe pour se laisser enfermer dans des slogans simplistes. L’écologie est ainsi devenue une chasse gardée de la gauche, au service de l’idéologie de cette dernière, dogmatique et intégriste.
La mesure de l’efficacité des mesures, mises en place par la gauche écologiste, réside avant tout dans le taux de pollution atmosphérique. Les principaux pollueurs étant les industriels, il convenait de les bannir du territoire au maximum, la France voulant devenir un modèle écologique. C’est ainsi que survint une désindustrialisation à marche forcée, au profit d’une économie faites de services et de fonctionnaires.
La France, supposée plus propre, acheta donc meilleur marché à l’étranger ce qu’elle fabriquait jadis chez elle. Elle ne fit donc que déplacer dans l’espace les sources de pollutions qui s’accumulent désormais en Asie. Pour endiguer la montée mécanique du chômage, la gauche avait une solution aussi efficace que magique : engager des fonctionnaires. Il faut comprendre que l’ensemble des gouvernements qui se sont succédé, depuis 30 ou 40 ans, ont procédé avec la même idéologie qui avait infusé la société française dans son ensemble, plus aucun parti politique, de droite ou de gauche, ne revendiquant le libéralisme économique.
C’est également avec les meilleures intentions du monde que le gouvernement décida d’abandonner l’énergie nucléaire, sous l’influence du parti écologique, pourtant domaine dans lequel la France excellait et disposait d’un niveau technologique envié. Les centrales nucléaires procuraient à la France une indépendance énergétique qui pouvait lui donner un avantage concurrentiel de premier plan. Ce choix d’abandon peut être considéré comme un véritable sabotage…
Quelques années plus tard, le même gouvernement est revenu sur sa décision catastrophique, mais la filière avait perdu ses meilleurs cadres et techniciens qui étaient partis offrir leurs compétences sous d’autres cieux. Voilà ce qui arrive lorsque l’on oublie de réfléchir et que l’on pense en se réfugiant derrière une idéologie. Les écolos de gauche ne voulaient ni du pétrole ni du nucléaire, mais cela ne les empêche pas de parcourir les quatre coins de la planète en avion !
A l’ère de la déconstruction, la gauche s’est attaquée à la famille, dernier bastion qui tenait encore debout. « L’individu a gagné contre la famille » note un sociologue à l’époque. Toute stabilité est une frustration, toute permanence est une prison, toute barrière est une castration. Faire l’éloge de la famille devient suspect et renvoie au slogan Famille-Patrie du régime de Vichy, c’est donc fachiste ! Le terrorisme intellectuel est à l’œuvre une fois de plus.
Le nouveau slogan de la gauche est devenu « jouir sans entrave ». L’avortement devient l’alpha et l’oméga de la vie de couple. Toute réserve au sujet de la sexualité est assimilée à du fascisme qu’il convient de combattre. « Love in fun » est la nouvelle émission radio sans tabou à destination des jeunes qui choque une partie de l’opinion car on y prône même les accouplements avec des animaux ! Mais « il ne faut pas se laisser intimider par les tenants de l’ordre moral » s’insurge Jack Lang… Exit donc, l’ordre moral…
Comme il fallait s’y attendre, l’ordre moral est remplacé par la délinquance sous toutes ses formes qui littéralement explose, accompagnée souvent par la violence, parfois extrême. Au fil des années on peut observer la société française s’enfoncer, avec nonchalance, dans une sorte de déchéance, on pourrait dire de déliquescence. Les prisons françaises se remplissent et la moitié au moins des délinquants sont d’origine étrangère, mais chut ! Il est interdit de le dire…
En 2006, un reporter de l’hebdomadaire l’Express écrivait la phrase qui dérange : « Le visiteur qui pénètre dans une prison en région parisienne découvre le vrai visage des détenus : blacks et beurs, à une écrasante majorité ». La recrudescence de la délinquance, de la violence et des attentats, dans les années qui suivirent, permet de comprendre que selon un sondage CSA de 2023, 66% des personnes interrogées pensent que « l’immigration extra-européenne peut être un danger pour la France ».
En 2010, à la suite d’un énième attentat, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, fait la remarque de bon sens suivante : « cinquante ans d’immigration insuffisamment régulée ont abouti à mettre en échec l’intégration ». Ces propos qui ne font que souligner l’évidence soulève une indignation de la gauche et même de certains centristes bien-pensants. La France s’enfonce dans la pire des attitudes : le déni.
Jusqu’à la date où j’écris ces lignes, on ne compte plus le nombre d’émeutes, de violences urbaines, de règlements de compte, de manifestations incontrôlées et de meurtres qui surviennent ici ou là, y compris dans les régions les plus reculées et que l’on croyait paisibles. La police, continuellement critiquée et stigmatisée par la gauche, semble lasse et commence à baisser les bras.
Les caïds de banlieue font la loi dans les quartiers périphériques et s’adonnent, à la vue de tous, à un trafic de drogues qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Puis, à partir des années 20, apparait une nouvelle génération de délinquants, extrêmement jeunes. Dans les émeutes urbaines de 2023, « les interpellés étaient mineurs, leur moyenne se situant à 17 ans. Ce sont les réseaux sociaux, surtout TikTok, qui font circuler l’information entre eux », précise Gérard Darmanin devant les sénateurs.
Le constat est accablant : « En matière de sécurité, l’État est nu. Il n’est plus en mesure de protéger les personnes et les biens, ce qui est pourtant sa responsabilité première », constate amèrement le Figaro Magazine le 6 juillet 2023. Mais la gauche dira que ces mots, à la fois défaitistes et critiques, émanent d’un journal fachiste…
Le refus de voir que l’immigration massive constitue sans doute le plus grand défi, que la société française devrait aborder avec lucidité, car l’avenir pourrait être sombre. Le démographe américain, Stephen Smith, écrivait récemment : « La population au sud du Sahara passera de 1,1 milliard d’habitants aujourd’hui, à 2,2 milliards en 2050. Autant dire que l’Afrique du Nord, tout comme l’Europe, n’a vu jusqu’ici que le début des migrations subsahariennes ». Sans compter, bien sûr, l’immigration en provenance du Maghreb.
La chute ou le sursaut
Le tableau est sombre. J’ai énuméré ci-dessus les principaux sujets tabous qui concernent la société française et qu’il conviendrait de regarder en face pour résoudre les problème qui s’accumulent : La désindustrialisation, le désordre des comptes publics, l’impuissance de l’autorité dans les domaines régaliens de la sécurité et de l’ordre public, le surpoids de l’État dans tous les domaines, l’absence de régulation des flux migratoires, la progression de l’Islamisme, l’effondrement du niveau scolaire, la hausse de la délinquance, la demande d’autorité, les dérives du transhumanisme et du wokisme…
Parmi les sujets hautement préoccupants, à court terme, je pense d’abord au potentiel de violence qui fermente au sein d’une société française désormais fracturée, au point qu’il n’est pas exagéré de dire qu’elle danse au bord d’un abime.
Ce qui pourrait attiser cette violence, et précipiter la chute, réside dans le deuxième danger qui concerne le double problème de la dette abyssale de la France et de la désindustrialisation. La vulgarisation rapide de l’intelligence artificielle peut, à court terme, déstabiliser la société française minée par un chômage massif et représenter un véritable tsunami qui emporte tout sur son passage.
La dette totale, cumulée, approche la zone des 120% du PIB et le nouveau budget pour 2026 prévoit 330 milliards supplémentaires, au point que personne ne croit que le déficit puisse refluer vers 5% du PIB, comme promis par le gouvernement. Sous la pression de la gauche, toujours aussi imprévoyante, il est prévu peu d’économies et beaucoup d’impôts supplémentaires qui vont handicaper davantage une économie déjà anémique ! Sabotage, encore et toujours !… Plus personne ne fait confiance au gouvernement…
Précisément à cause de sa dette, la France est incapable de prendre des mesures susceptibles d’affronter la tempête. Il faudrait réformer l’école d’urgence et rétablir l’autorité à tous les niveaux d’une société, rongée de l’intérieur par une idéologie de gauche défaitiste et laxiste.
Sur le plan politique, le vent commence à tourner et la gauche a perdu son aura. A force de se tromper et de saboter les fondements de la société, les esprits d’éveillent. Certains ont même le courage de l’autocritique. Le 12 juin 2024, le journal Libération a osé publier une autocritique signée par Ariane Mnouchkine, égérie de la gauche culturelle : « Je nous pense en partie responsables, nous, gens de gauche, nous gens de culture. On a lâché le peuple, on n’a pas voulu écouter les peurs, les angoisses. Quand les gens disaient ce qu’ils voyaient, on leur disait qu’ils se trompaient, qu’ils ne voyaient pas ce qu’ils voyaient. Ce n’était qu’un sentiment trompeur, leur disait-on. Puis, comme ils insistaient on leur a dit qu’ils étaient des imbéciles, puis, comme ils insistaient de plus belle, on les a traités de salauds ». Tout est dit, tout est magnifiquement résumé. La gauche, par idéologie, et une fois de plus, a nié l’évidence !
Faut-il croire le philosophe américain, Peter Boghossian, qui vient de déclarer au journal Le Figaro : « Beaucoup d’américains pensent que la France aura disparu d’ici la fin du siècle ». Si les Français ne parviennent pas à se débarrasser, non seulement des gouvernements socialistes, mais aussi de la pensée socialisante qui infuse toute la société, je crains qu’il ait raison.
Mais, si la société française sort de sa torpeur et accepte de voir les réalités en face, le sursaut est sans doute encore possible. Des forces, interdites jadis de s‘exprimer et qui dormaient dans l’ombre, peuvent se réveiller, prêtes à agir, à prendre le relai, à relever les défis du déclin. Des forces qui refusent de disparaitre et veulent préparer l’avenir dans une société ouverte, démocratique et libérale, mais bien conduite avec des objectifs clairs et des moyens exigeants.
Relire la chronique 1110 ” Pourquoi le socialisme rime avec laxisme ?”
Ils l’ont fait.
Le ministre de l’économie vient de valider la vente de Biogaran à un fonds d’investissement étranger.
Les macronistes vendent la France à la découpe : industries stratégiques, sidérurgie, armement, médicament.
Souvenez-vous de leurs grandes promesses pendant la crise du Covid, alors que les européens se battaient sur des tarmacs d’aéroport pour des stocks de masques chinois.
Ils promettaient que rien ne serait comme avant. Qu’on relocaliserait nos médicaments.
Après le Doliprane, voilà qu’on laisse partir un géant qui réalise 30% des ventes de génériques dans notre pays.
Ne les croyez plus jamais. Ils ne défendent ni la France, ni les Français.
Source : https://lnkd.in/gT93hnc5
Très bonne analyse
Colette
Jean Ballet . Bravo, Yves , pour cet excellent article . A 95 ans , je vais bientot m’en aller et te lire me fait du bien dans cet océan de tristesse qu’est la France ….
Bonjour Jean, Toujours bon pied, bon oeil ! Bravo et merci de me lire… Je crois que cela sera ma dernière chronique. J’ai ouvert un blog santé intitulé Métabolisme & Santé sur lequel j’interviendrai chaque semaine. Je t’enverrai le lien.
Il est super ton discours, il ne nous rassure pas mais nous savons que c’est bien cela la réalité. Tu termines sur un message d’espoir potentiel mais nous savons comme toi que ce n’est plus jouable. Donc nous n’attendons plus rien de notre beau pays qui a été assassiné par nos hommes politiques
Christian Delloye
OPINIONS
La France en voie de tiers-
mondisation
CHRONIQUE – NOTRE PAYS EST DEVENU L’ARGENTINE DE L’EUROPE, LA DÉMAGOGIE FAISANT BASCULER DES
PANS ENTIERS DE LA CLASSE MOYENNE DANS LA PAUVRETÉ TOUT EN ORGANISANT L’EXIL DES TALENTS ET
DES CERVEAUX, DES ENTREPRISES ET DES CAPITAUX.
7 min • Nicolas Baverez
L a paupérisation de la France et des Français s’emballe. En 2024, la richesse par
habitant s’est élevée dans notre pays à 38 110 euros. Elle se situe au 34e rang
mondial et est désormais inférieure de 7 % à la moyenne européenne, et ce pour la
troisième année consécutive. Elle est en retrait de 25 % par rapport à celle du
Danemark, de 20 % par rapport à celle de la Suède, de 15 % par rapport à celle de
l’Allemagne, de 0,5 % par rapport à celle de l’Italie. Par ailleurs, l’écart favorable vis-
à-vis de la Pologne a été réduit de 60 % à 20 % depuis 2000.
Le décrochage brutal du PIB par habitant se traduit par la montée de la pauvreté, qui
touche près de 10 millions de Français et voit basculer plus de 650 000 personnes
supplémentaires par an dans la précarité. Il est d’autant plus préoccupant qu’il
s’accompagne d’une explosion de l’endettement.
La dette des ménages s’élève à 60 % du PIB. Elle est lourdement aggravée par la perte
de contrôle des finances publiques, dont la charge revient aux citoyens. La dette
publique de la France, qui constitue un impôt différé, atteint 3 482 milliards d’euros,
soit 117,4 % du PIB. S’y ajoutent, d’une part, la quote-part française (20 %) des
emprunts souscrits par l’Union européenne pour le plan de relance post-Covid
(807 milliards) et le soutien de l’Ukraine (90 milliards), soit 180 milliards d’euros, et,
d’autre part, les engagements de retraite, qui culminent à 12 300 milliards d’euros.
Chacun des 69 millions de Français se trouve donc engagé au titre des finances de la
nation à hauteur de 231 000 euros, soit 6 années de revenu.
La France et les Français sont ainsi pris en étau entre leur appauvrissement et
l’envolée de leurs dettes. La situation est d’autant plus insoutenable que la
démographie est sinistrée – avec en 2025, pour la première fois depuis 1945, un
excédent des décès (651 000) sur les naissances (645 000) – et que la position
extérieure nette du pays est négative, à hauteur de 22 % du PIB – contre un surplus de
77 % du PIB pour l’Allemagne.
La paupérisation massive des Français et d’une majorité de nos territoires constitue
une exception au sein des pays développés. La mondialisation, la financiarisation, la
révolution numérique, les chocs qui se sont succédé avec le krach de 2008, la
pandémie de Covid, l’inflation provoquée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie ont
entraîné dans toutes les démocraties une augmentation des inégalités. Mais la
richesse par habitant a continué de s’accroître, y compris dans l’Europe du Sud,
comme le montrent l’Italie, l’Espagne et le Portugal.
L’appauvrissement de la France est directement lié au modèle de la décroissance à
crédit qui s’est installé depuis la fin des années 1990, fondé sur la compensation de
l’attrition de la production et du travail par l’endettement favorisé par la protection
de l’euro. En dépit d’un déficit structurel de 4,5 % du PIB, la croissance potentielle n’a
cessé de diminuer et plafonne en dessous de 1 %. Elle n’est plus tirée que par la
consommation, alimentée par les transferts sociaux (34 % du PIB), eux-mêmes
financés par la dette publique. Simultanément, la production et le travail se
contractent. La mondialisation et l’euro ont été dévoyés en rentes, générant un
pouvoir d’achat fictif au prix du transfert systématique vers l’étranger des activités,
des investissements et des emplois. Notre pays ne fabrique ainsi plus que 36 % des
biens manufacturés qu’il consomme. Ses parts de marché ont fondu pour se réduire à
2 % dans le monde et à 12 % dans la zone euro.
L’euthanasie de la production découle de la chute du travail et de sa productivité.
Seuls quatre Français sur dix travaillent, entrant dans la vie active à 22 ans et demi
pour prendre leur retraite à 62 ans et demi, alors que l’espérance de vie atteint 80 ans
pour les hommes et 85,6 ans pour les femmes. Le volume de travail est limité à
664 heures par personne et par an contre 715 en Espagne, 720 au Royaume-Uni, 767
en Italie et 825 aux États-Unis. L’insuffisante quantité du travail est aggravée par le
déclin de la productivité, en baisse de 6 % depuis 2019. Ce recul trouve son
explication première dans la déliquescence du système éducatif, ravalé depuis 2000
du 13e au 26e rang sur 32 pays dans le classement Pisa.
La loi de finances pour 2026 pousse à l’extrême ce modèle insoutenable, qui consiste
à taxer davantage la production – avec 44 milliards d’impôts supplémentaires, dont
12 sur les grandes entreprises, qui constituent l’ultime atout de notre économie -, afin
d’augmenter des dépenses improductives et d’alimenter la course folle de la dette,
qui approchera 120 % du PIB à la fin de cette année. Elle accélère l’étranglement
financier de notre pays et programme un choc financier majeur, avec un service de la
dette qui dépassera 100 milliards d’euros en 2029.
La paupérisation des Français acte leur déclassement comme celui de la France, au
moment où montent les risques géopolitiques et où la mondialisation se disloque.
Notre pays est devenu l’Argentine de l’Europe, la démagogie faisant basculer des
pans entiers de la classe moyenne dans la pauvreté tout en organisant l’exil des
talents et des cerveaux, des entreprises et des capitaux. Avec pour symbole l’impôt
sur la fortune, qui, depuis sa création, a privé la France de 150 milliards de capital
productif, de 1 point de croissance et d’une vingtaine de milliards de recettes fiscales
par an.
La France se trouve aujourd’hui enfermée dans une spirale infernale qui conduit à sa
tiers-mondisation. À trajectoire inchangée, elle ne figurera plus parmi les dix
premières économies mondiales à la fin de la décennie. Elle se trouve incapable de
répondre aux défis de la réindustrialisation, de l’IA, de la transition écologique ou du
réarmement. Elle smicardise les salariés et prolétarise ses classes moyennes, en les
jetant dans les bras du populisme – qui achèvera de les ruiner. Elle livre à la misère, au
désespoir et à la violence des pans entiers de la société. Elle perd toute crédibilité en
Europe comme dans le monde, moquée par Donald Trump, qui peut à bon droit
souligner que tous les États fédérés affichent une richesse par habitant largement
supérieure à celle de la France, marginalisée par l’Allemagne de Friedrich Merz, qui
fait de son partenariat avec l’Italie de Giorgia Meloni le nouveau moteur de l’Union.
La paupérisation de la France n’a rien de fatal. Elle est le produit de nos erreurs et de
nos renoncements, qui culminent aujourd’hui avec l’immobilisme du pays quand
l’histoire accélère et avec la déconnexion totale du système politique d’avec les
réalités de la société, de l’économie et de la géopolitique. Elle ne peut être enrayée
que par une thérapie de choc qui réoriente le modèle économie vers la production et
redonne aux Français confiance en eux-mêmes pour rebâtir leur nation et se
réinventer un avenir. Cessons de nous appauvrir et de ruiner notre pays par les taxes
et les normes, le loisir et la dette. Enrichissons-nous et reconstruisons la puissance de
la France par l’éducation et le travail, l’investissement et l’innovation. Nous reposer
ou vivre mieux, dignes et libres : il nous faut désormais choisir ! N.B.
Cette chronique-libre sera sans doute la dernière.
Vous pouvez me retrouver sur https://metabolismesante.substack.com/
mon nouveau blog santé