1140 – LA PEUR DES ENVAHISSEURS

Il est facile de comprendre que, depuis l’origine de l’humanité, les humains ont été confrontés à la peur des envahisseurs. L’Histoire que l’on enseigne aux jeunes élèves est avant tout une accumulation de récits sur les multiples guerres qui ont émaillé les siècles et qui se concluaient par l’invasion du vainqueur chez le vaincu.

Quelle est la nation qui ne fut jamais envahie, et jamais mise-à-sac, par une horde barbare ou une armée moderne ? Quel siècle ne connut pas ses kirielles d’invasions, de pillages et d’asservissements ? Quel peuple su vivre en paix sans jamais partir à la guerre et sans jamais avoir été envahi ?

Aujourd’hui encore, quelle famille n’a pas eu un père ou un aïeul qui périt pour protéger son pays d’un envahisseur ? Y a-t-il jamais eu, en ce bas-monde, une seule journée sans guerre territoriale ? Consultez un journal, n’importe lequel, quelle que soit sa date, vous n’en trouverez pas un qui ne rapporte aucun conflit de territoire.

On peut imaginer que, depuis la préhistoire, depuis les hordes primitives, la peur de l’invasion est au cœur de l’homme, elle fait partie de ces peurs viscérales, instinctives, probablement inscrites jusque dans nos gènes. Il s’agit d’une peur animale, une peur nécessaire, retenue par la sélection naturelle, car c’est une peur indispensable à la survie de tous les groupes humains.

Élargissons le débat et observons le monde animal. Quelle espèce ne défend pas âprement son territoire ? Quelle espèce animale se laisse envahir sans réagir ? Certains oiseaux s’installent dans le nid des autres, et cela génère aussitôt un conflit bruyant ! Les lapins ont leurs terriers et le gardent jalousement. Les fourmis se gardent bien de s’installer dans une autre fourmillière, sous peine de mise à mort. Les renards, les loups ou les lynx surveillent et protègent leur territoire.

Vous pouvez observer les animaux et vous constaterez que ce sont les plus faibles qui se font envahir. Le lapin est démuni face au renard ou au putois qui s’est mis dans la tête d’occuper son terrier. Dans la nature, c’est la loi du plus fort. Celui qui est faible, et se laisse envahir, est condamné à disparaitre ! La sélection naturelle est implacable et c’est ce qui a permis aux espèces de survivre et de se renforcer au fil des générations. Les humains ont été soumis aux mêmes contraintes…

Les migrations sont-elles des invasions ?

Toutes les espèces migrent et cela ne se fait pas toujours sans heurt. Les migrations sont facilitées si les territoires sont vides ou peu peuplés. Les romains se sont installés en Gaule à une époque où elle était peu peuplée et y ont laissé des traces permanentes. Les Espagnols ou les Anglais ont débarqué dans le nouveau monde avec d’autant plus de facilité que les peuplades locales étaient dispersées, peu nombreuses, moins bien armées et crédules.

Il n’empêche que les indiens d’Amérique ont été chassés de leurs terres et décimés. Cette migration, qui s’est étalée sur deux ou trois siècles, a correspondu à une véritable invasion qui a détruit de vieilles civilisations qui se sont écroulées et furent décimées. Que reste-t-il aujourd’hui des civilisations amérindiennes ? Elles se sont défendues, mais furent vite minoritaires dans leur propre pays. Ce sont toujours les barbares qui détruisent les vieilles civilisations fragilisées par leurs structures plus rigides et leur crédulité face aux intentions des nouveaux arrivants.

Certaines tribus indiennes ont fait le pari de collaborer avec les nouveaux migrants et se sont alliées à eux, par intérêt à court terme ou par naïveté. Elles furent aussi broyées par le rouleau compresseur d’une civilisation dominatrice, plus organisée et plus forte. La masse continue des migrants a totalement envahi les territoires ancestraux des Indiens et a pris leur place…

Le tourisme peut être une invasion

Avec l’émergence des transports à bas prix, le monde s’est mis à voyager. Une immense transhumance s’est mise en marche et, à certains endroits, fait l’effet d’une invasion. Allez passer quelques jours à Venise, à Florence ou à Barcelone et vous aurez une petite idée de ce qu’est le tourisme de masse.

On pourrait croire qu’il s’agit d’une invasion transitoire puisque, après quelques jours, les touristes rentrent chez eux… mais d’autres arrivent aussitôt ! Donc, l’invasion est permanente. Nous pourrions supposer qu’il s’agit d’une invasion pacifique, c’est vrai, mais quand la horde est trop nombreuse, elle piétine tout et laisse des traces ! Le touriste contemporain est sans-gêne et a pris l’habitude d’être chez lui partout. En réalité, il n’oserait pas se comporter chez lui comme il le fait souvent ailleurs…

Certaines villes sont obligées de mettre des quotas et émettent des billets pour pénétrer dans le centre. Des villes-musées, comme Venise par exemple, vont être obligées de mettre en place un tel système. Elle a déjà interdit la lagune aux gros bateaux de croisières.

A certaines époques de l’année certains lieux sont devenus inaccessibles à cause du surtourisme. Dans les années qui viennent, il est possible d’anticiper des vagues énormes de touristes asiatiques qui, pour l’instant, sont encore relativement rares et discrets… L’invasion touristique peut se transformer en tsunami dont il faudra se protéger.

Si vous allez dans la médina de Fez ou dans la vieille ville du Caire ou à Djakarta, vous allez vous comporter au mieux, pour vous conformer aux coutumes locales afin d’éviter de choquer. Vous serez modeste et discret. Vous respecterez les lois et la religion locale. Vous n’imposerez pas votre vision du monde. N’est-ce pas le minimum que l’on puisse demander aux migrants comme aux touristes qui viennent en Europe ?

Et l’immigration contemporaine ?

L’Europe vieillissante est encore riche, elle attise naturellement la convoitise des peuples venus d’une Afrique plus pauvre et dont la démographie est encore solide. Par un effet de vases communicants, l’Afrique déverse son trop plein de jeunesse vers une Europe qui, sans cela, se dépeuplerait.

Bien que de nature différente, nous pouvons cependant comparer l’invasion touristique à l’invasion migratoire. Tout est question de quantité. Le touriste et le migrant sont les bienvenus et sont accueillis avec plaisir et intérêt. Néanmoins, l’arrivée en masse de touristes ou de migrants n’est ni souhaitable, ni acceptable.

Pour les uns et les autres, il est nécessaire d’établir des quotas en fonctions des possibilités d’hébergement et des besoins. Les gouvernements qui acceptent l’arrivée massive de migrants sans avoir de métiers à leur proposer sont gravement coupables. Ces jeunes migrants, laissés à eux-mêmes, sont naturellement enclins à commettre des délits. Malgré cette délinquance en augmentation, le gouvernement français, par exemple, semble incapable de renvoyer les délinquants. Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur les motifs de ce laxisme suicidaire.

La situation est d’autant plus difficile avec certains migrants qu’ils ont été éduqués avec un autre système de valeurs que le nôtre, mais qu’ils doivent cependant accepter. C’est un secret pour personne, l’Islam est une religion de conquête qui prétends imposer ses valeurs et ses rites et refuse de se soumettre aux valeurs de l’Occident.

C’est ainsi que s’est installé un conflit de civilisation, dont on ne connait pas encore l’issue, mais qui nécessite, à l’évidence, un contrôle plus strict des flux migratoires. La faible démographie et le laxisme généralisé des pays d’accueil constitue une faiblesse évidente face au dynamisme et à l’esprit de conquête des arrivants non-européens…

Le plus fort impose toujours sa loi. Dans les siècles passés, les pays européens sont arrivés en Afrique, en Amérique et en Asie, en pays conquis. Ils ont imposé leurs lois et leur religion. Nous vivons probablement un retournement de l’Histoire, les anciens peuples colonisés ont relevé la tête et entendent coloniser à leur tour l’ancien colonisateur ! Il nous appartient d’accepter ou de refuser.

L’immigration inter-européenne est d’une autre nature. Nous partageons avec les peuples européens des millénaires d’histoire commune. Nos langues, nos valeurs, nos religions et nos coutumes s’interpénètrent car elles sont issues du même socle qui nous unis.

Depuis la nuit des temps, les peuples bougent et migrent au gré de leurs besoins et de leurs pulsions. Le nouvel arrivant, touriste ou émigrant, est souvent considéré comme un envahisseur et il doit accepter les us et coutumes locales pour être bien accueilli. De nombreux pays européens, dont la France, ne semblent pas avoir compris cette équation fondamentale et font preuve d’un étrange aveuglement et d’un déni coupable. Par conséquent, leur destin est en jeu … et le compte à rebours a commencé !

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2 commentaires

  1. Je me permets de proposer un petit débat. Si l’on analyse sans parti pris le mécanisme de l’invasion, on observe que toute invasion provoque une réaction visant à la repousser ou en supprimer la crainte (soit-elle infondée). Les peuples précolombiens vivaient en guerre, les tribus africaines vivaient en guerre et les Européens vivaient en guerre. Les Américains vivent en guerre. Ces invasions ont sûrement provoqué des dégâts irréparables, mais c’était comme ça, à chacun son tour d’envahir et d’être envahi. Donc, l’énorme ressentiment que l’on constate de la part de certaines nations envahies à une époque déterminée n’a pas de raison d’être, il est parfaitement déplacé. Si invasion il y a dans ces grands mouvements migratoires actuels, notamment de l’Afrique vers l’Europe, il ne faudrait surtout pas que ces mouvements soient motivés par des prétextes vindicatifs et encore moins que l’on taxe de racistes, de fascistes, d’antisémite, d’islamophobe ou de quoi que ce soit ceux qui s’opposent à ces mouvements et qui essaie de les repousser. L’invasion ainsi que la réaction d’opposition à l’invasion sont le propre des sociétés. Ce serait absurde de demander à une société de subir apathiquement une arrivée en masse d’étrangers. Voilà pour ma petite opinion très personnelle.

    1. Vos remarques sont parfaitement pertinentes… L’Histoire de l’humanité n’est qu’une succession d’invasions ! Le pauvre est attiré par la richesse du plus riche, rien de plus normal. Lorsque le riche devient faible et que sa civilisation décline, il se fait envahir par les pauvres, plus combatifs et plus fiers… C’est ce dernier scénario que vit actuellement l’Europe…

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