267 – LES ÂMES FORTES

Posted on avril 9, 2012 par

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Les buts que nous atteignons, sont ceux que nous nous sommes fixés. Si nous ne savons pas où nous allons, nous n’arriverons nulle part.

Il nous faut conduire notre vie, comme nous conduisons notre voiture. Avant de partir, nous établissons un itinéraire afin d’atteindre le lieu où nous allons. Si nous partons sans but, nous tournons en rond et n’arrivons nulle-part. D’une certaine façon, la vie est courte, mais le chemin est long. Nous sommes parfois ralentis dans notre marche et faisons quelques embardées mais, si nous sommes assez prudents, nous arrivons à destination… Nous pouvons aussi nous attarder en chemin et perdre notre route. La vie, en effet, est un long voyage, plein d’imprévus, de péripéties et d’embûches. Pour arriver à destination, il faut de la persévérance.

 Certains destins peuvent être tragiques, mais « il n’y a pas de tragédie définitive si l’âme est forte ». J’emprunte cette belle phrase au Comte Potocki que j’ai glanée dans son livre émouvant que je viens de lire : « Châtelain en Pologne ». Cet aristocrate Polonais a eu, pendant la première moitié du 20ème siècle, une intense activité sociale et mondaine. Il fut un fin observateur des drames qui ont couvé en Europe pour la conduire à la ruine, et il fut un interlocuteur privilégié des Grands de ce monde, des princes et des hommes politiques qui ont gouverné. Il dinait aussi bien à la table du roi d’Angleterre, de l’Empereur d’Autriche, du chancelier d’Allemagne, des Présidents américains successifs, d’Atatürk ou du vice-roi des Indes !…

La hantise du Prince Potocki fut, toute sa vie, la sauvegarde de la Pologne qui fut d’abord occupée et mise sous tutelle par les Allemands, détruite par la guerre germano-russe et finalement saccagée et humiliée par l’occupation soviétique qui dura 40 ans. Revenir sur ces périodes dramatiques nous permet de prendre conscience combien l’Europe occidentale en porte la responsabilité. C’est l’indécision et la faiblesse de la France et du Royaume-Uni, devant les vociférations d’Hitler et les prétentions de Staline, avant la guerre, qui ont laissé la Pologne isolée au milieu de l’Europe. Si la France avait eu la fermeté d’intervenir lorsque l’Allemagne envahit la Rhénanie en 1936, le cours de l’histoire eut été changé. Mais elle était gouvernée par le Front Populaire qui était plus intéressé par le succès des grèves générales à répétition que par les intérêts de la France !…

Comme l’écrit le comte Potocki, « les deux seuls pays sûrs de leur direction, pendant toute cette période, étaient la Russie de Staline et l’Allemagne d’Hitler. Ailleurs on ne faisait que tâtonner ». Nous savons où ces tâtonnements nous ont conduits ! En toutes circonstances, l’absence de ferme détermination est déjà une faiblesse. Il en va ainsi des Peuples comme des citoyens. La faiblesse consiste souvent à ne pas décider, à attendre que les évènements décident à notre place. Nous sommes alors ballotés par la vie, comme un bouchon sur la mer. Les évènements du passé doivent être pour nous des leçons, individuellement et collectivement. L’histoire se souvient de ceux qui savent se déterminer, tel Winston Churchill, Roosevelt ou de Gaulle. Les autres furent des girouettes désorientées.

La bonne nouvelle, c'est que nous sortons de la dépression...

 L’Europe aborde à nouveau des périodes de grandes difficultés. La ruine économique est toujours le prémisse de désordres sociaux. Souvenons-nous que la deuxième guerre mondiale fut la suite logique et implacable de la crise de 1929. La pauvreté conduit les peuples dans la rue et les laissent vulnérables face aux diatribes des tribuns. N’oublions pas qu’Hitler a tiré son pouvoir de la ruine des classes moyennes. Quel homme politique et quelle âme forte saura parler fermement pour faire accepter des réformes profondes et indispensables afin d’éviter la faillite totale de l’Etat-Providence ? Sans des économies draconiennes, l’Europe peut être à nouveau soumise aux vents mauvais de l’histoire. Le peuple est un dictateur dont il faut savoir contrôler les caprices !…

Je vous livre, pour conclure, cette réflexion du Comte Potocki que je fais mienne : « Une vie vécue sans en tirer de leçon est une vie gaspillée… Nous n’avons pas le total contrôle de notre vie, mais nous avons le pouvoir de modeler les circonstances dans lesquelles nous vivons ».

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