270 – SOCIALISME OU LIBERALISME ?

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Les partis politiques s’affrontent sur ce thème, mais personne ne répond à la question suivante : Quel est le système politique le plus efficace économiquement et le plus juste socialement ?

Libéralisme ou socialisme ?

 Partons du principe que chaque parti politique cherche, de bonne foi, le bien être des citoyens et la meilleure efficacité dans la gestion de l’économie. Comment se fait-il, qu’après des générations de pratique démocratique, nous ne soyons pas encore capable de déterminer quel est le meilleur des systèmes politiques ? Le socialisme et le libéralisme continuent à s’affronter comme au premier jour et, dans bien des pays, le peuple semble indécis pour trancher définitivement cette question. Essayons de faire une synthèse honnête et impartiale :

1 – La base philosophique du socialisme repose sur une idée généreuse de partage et

Le partage

d’égalité. La démarche sous-jacente consiste à rechercher une société harmonieuse dans laquelle chacun est responsable de son voisin, quel qu’il soit. Cette idée d’entre aide est directement issue de la pensée chrétienne, de même qu’un certain mépris de l’argent, considéré comme « un mauvais maître ». Le socialisme prône donc le partage : partage des richesses, partage du travail, partage des lieux de vie, partage des connaissances, accueil des étrangers, etc.… Il s’agit donc d’une philosophie très noble et généreuse orientée vers la lutte contre l’exclusion et la pauvreté, à tous les niveaux de la société. La prise en charge des plus démunis est la caractéristique la plus essentielle de la pensée socialiste.

La notion même de partage suppose une instance officielle qui se charge de cette redistribution et qui, elle-même, est responsable d’un grand nombre de services sociaux, des services de santé, des caisses de retraites, de l’assurance chômage, de l’enseignement… C’est donc l’Etat qui, dans un système socialiste, est prépondérant et omnipotent. L’Etat est l’arbitre suprême en toute chose, il légifère et il dispose de budgets très importants pour diriger les flux monétaires en fonction de ses choix : il devient l’Etat-Providence. Disons, en résumé et de façon lapidaire, que le socialisme est le meilleur défenseur des droits des citoyens.

Caricature du Socialisme

  Comme pour toute idée généreuse, le socialisme se heurte à certaines difficultés pratiques : tout d’abord la recherche incessante de l’égalité peut conduire à « l’égalitarisme », c’est à dire à un refus des élites et à un certain nivellement par le bas, puisqu’il est plus facile d’amener le plus fort au niveau du plus faible que le contraire. L’autre écueil auquel se heurte fréquemment la mise en pratique du partage et de l’entraide systématique c’est qu’elle se transforme facilement en assistanat et mise en dépendance. Celui qui reçoit peut y prendre goût et perdre ainsi le sens de l’effort et de la responsabilité. Ainsi, les expériences socialistes ont souvent conduit à plus d’égalité, mais à moins de liberté et moins de responsabilité, car lorsque l’Etat a tous les pouvoirs et veut venir en aide à tout le monde, il devient plus autoritaire, plus dogmatique et le citoyen moins prompt à l’effort. D’une façon générale l’Etat socialiste a tendance à s’hypertrophier en multipliant le nombre de fonctionnaires et de subventions tout azimut. Cette générosité risque donc de se transformer en prodigalité. Le pays devient moins compétitif et progressivement s’appauvrit.

2 – Le libéralisme poursuit les mêmes buts que le socialisme et travaille aussi au

Le goût de la compétition

bonheur des peuples, mais avec une philosophie assez différente dans ses fondements. Il prône davantage la compétition et la réussite par l’effort individuel et collectif. Il gratifie le risque et l’engagement dans la formation d’élites et la création de richesses. Moins idéaliste, le libéral est sans doute plus pragmatique, et il récompense la libre entreprise et la performance. En ce sens le libéralisme n’est pas généreux mais il sait être économe et réaliste dans ses choix. Grâce à ces caractéristiques le libéralisme peut être remarquablement efficace dans le domaine économique. Il est obsédé par l’efficacité et l’amélioration des rendements, basé sur la liberté d’entreprendre et que le meilleur gagne !

Cette approche libérale de l’économie suppose un Etat fort qui assure les fonctions régaliennes essentielles mais qui permette un maximum de liberté au niveau individuel et collectif. Ce plus de liberté se traduit aussi par plus de responsabilité. Le partage se fait avec parcimonie et en fonction du mérite. La hantise du libéralisme c’est le risque de l’assistanat et du gaspillage des ressources vers ceux qui ne font pas d’effort. Il réfute donc l’Etat-Providence dispenseur de subsides. En résumé on peut dire que les deux piliers du libéralisme sont, d’une part la notion d’effort et, d’autre part, l’importance des devoirs du citoyen.

caricature du libéralisme

  Le libéralisme n’échappe pas à des dérives graves qui peuvent faire douter de sa pertinence. Tout d’abord, il est par nature plus agressif et moins respectueux du citoyen en état de faiblesse. La recherche de l’efficacité et de la liberté peut lui faire oublier l’importance de la fraternité et de l’égalité. Si le libéral prône aussi l’égalité des chances au départ, il revendique l’inégalité à l’arrivée en fonction du succès de chacun.  D’une certaine façon, il ne semble pas exagéré de dire que le libéralisme, à son apogée, se transforme en égoïsme. La grande faiblesse du libéralisme est sans doute sa propension à générer des inégalités et, dans son stade ultime, à créer une société à deux vitesses dans lesquelles les disparités deviennent insupportables. Le puissant devient si puissant qu’il peut dicter sa loi au plus faible qui peut même être écrasé. Cette oligarchie médiatique, politique et financière existe actuellement en occident.

A titre personnel, ma préférence va néanmoins vers le libéralisme pour les raisons suivantes : il a maintes fois apporté la preuve de son efficacité pour améliorer le niveau de vie des citoyens et éviter les gaspillages. Les notions fortes de liberté et de responsabilité correspondent à mon tempérament. Enfin, je suis persuadé que les dérives actuelles proviennent d’un laxisme des systèmes politiques et qu’elles peuvent être corrigées. Je dirais que l’on peut être social sans être socialiste. Le socialisme peut, à mon avis, être plus difficilement amandé car il est plus dogmatique. A tout prendre, je préfère un peu trop de libéralisme qu’un peu trop de socialisme.

Mix&Remix, l'Hebdo, Lausanne

 REMARQUE : Cette chronique ne concerne pas les élections prochaines en France. En effet ce pays est gouverné depuis 40 ans par une pensée socialiste, mise en œuvre systématiquement par les gouvernements de droites et de gauches, dans une surenchère permanente. Il n’existe pas de politique libérale en France. Il suffit d’écouter les discours surréalistes des candidats pour s’en convaincre. Le pays est arrivé dans la phase d’excès de socialisme et, comme prévu, il s’appauvrit.

 

 

 

3 comments

  1. Mis à part l’humanisme, je suis persuadé que tous les ISMES raidissent les idées et les sentiments; ce qui est dogmatique devient mauvais car il systématise tout ce qu’il touche. Toutes les doctrines ont leurs défauts: on peut être libéral sans ISME comme on peut se montrer social sans ISME. L’ISME pousse les choses à l’excès, caricature les meilleures intentions.

  2. Cher Monsieur Ponroy… j’adore votre description de la façon avec la quelle cherchent les politiciens Français à gagner l’appui des électeurs…Je ne suis pas tout à fait mis à jour quant aux évènements en France ; mais j’ai déjà était un témoin d’une tragédie pareille en Tunisie.

    Ennahdha qui a gagné les élections en Tunisie avait promis au peuple 400 000 postes d’emplois. Puis elle a tout simplement dit qu’elle ne peut que Créer 25 000 emplois…

    Bref de retour à la guerre éternelle entre le socialisme et le libéralisme ; je tiens particulièrement à signaler que la problème qui a fait allonger ce conflit tout ce temps est l’ignorance… en effet comme nous ne pouvons pas lire sans avoir les alphabets en tête ; nous ne pouvons pas savoir sans avoir la vrai définition du « savoir » en tête…

    Dans ce sens ; le savoir est toute formule de création qui était acquis ; admis ; mémorisé et cumulé dans les réserves humaines. Et quand je dis « réserves humaines » je parle des bibliothèques… c’est ainsi que s’étale le savoir pour couvrir plusieurs domaines artistiques ; historiques ; sociales ; culturelles ; linguistiques ; scientifique etc.

    Avec l’éclatement de la société humaine ; ce qui a engendré un éclatement de ressources de savoirs ; l’humanité s’est organisée pour définir « l’Unité de savoir » et c’est de là qu’on a commencé de parler de « l’information ». Et puis avec l’éclatement de moyens de communications ; nous avons commencé à parler de la « nouvelle » entant qu’un produit banal disponible chez tous les individus. Et avec le cumule de deux ; nous avons commencé à voir de plus en plus de gens qui réclament leurs droits d’expression et leurs droit de participation et nous avons commencé à parler de « l’opinion »…

    C’est ainsi qu’en quelques centaines d’années ; l’humanité a voyagé d’un air où le savoir était une droit réservée aux élites et aux chanceux…un savoir qui n’est en réalité que des notions édictés d’un maître à un apprenti à un savoir disponible et banale pour tout le monde ; un savoir qui se compose d’une mosaiique d’informations ; de nouvelles et d’opinions…un savoir sensé être très riche…mais aussi très difficile à absorber et vulnérable par sa propre richesse. La quasi-totalité de populations ne sachent pas distinguer entre une information validée ; testée ; reproduite et généralisée…une nouvelle qui est un accident géo-temporairement définie et confirmée par plusieurs agents spécialisés… et une opinion qui n’est qu’une appréciation individuelle ou une cause défendue par une ou plusieures personnes

    La guerre entre le socialisme et le libéralisme n’est en réalité qu’une de figures de vulnérabilité de savoir humain. Pendant toute son histoire ; le socialisme n’était que des opinions personnelles et une littérature de rêve d’une civilisation décrit il y a longtemps par Aristote. Le socialisme n’a jamais était sujet d’une validation scientifique ni étude quantitative ni ouvrage scientifique non plus un article scientifique dans un revus connu… alors quelqu’un peut me dire c’est quoi le socialisme ?

    Par contre et perpendiculairement à l’évolution de l’école socialiste ; s’est développé le libéralisme du « mercantilisme » au « physiocratie » puis la pensé classique ; Keynésien et Néoclassique…et d’une pallié à une autre il y avait à chaque fois un cumule d’expérience ; d’erreurs et de validation scientifique d’une thèse à une autre. Le plus important dans le développement de ce courant est qu’il avait fait en permanence des appels à des autres sciences…la psychologie ; la sociologie ; la psychosociologie ; le mathématique ; les méthodes quantitatives ; le recherche opérationnel etc…

    En solde de tout compte ; après 200 ans de guerre…nous avons un camp qui n’a fait que des défaites ; qui n’a cumulé que des opinions et des rêves…et qui n’a engendré que la pauvreté et les conflits. Par contre l’autre camp s’est acquis de plus en plus de savoirs ; d’expériences ; de réussites ; de sérieux et de validation. Pourquoi malgré tout ça nous continuons à voir des socialistes dans les podiums ? … la réponse est simple…c’est l’ignorance … c’est l’obsession qu’on ne cesse de réveiller chez les faibles en lui disant qu’il est possible de travailler moins et de gagner plus….
    Et merci…

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