270 – SOCIALISME OU LIBERALISME ?

Posted on avril 16, 2012 par

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Les partis politiques s’affrontent sur ce thème, mais personne ne répond à la question suivante : Quel est le système politique le plus efficace économiquement et le plus juste socialement ?

Libéralisme ou socialisme ?

 Partons du principe que chaque parti politique cherche, de bonne foi, le bien être des citoyens et la meilleure efficacité dans la gestion de l’économie. Comment se fait-il, qu’après des générations de pratique démocratique, nous ne soyons pas encore capable de déterminer quel est le meilleur des systèmes politiques ? Le socialisme et le libéralisme continuent à s’affronter comme au premier jour et, dans bien des pays, le peuple semble indécis pour trancher définitivement cette question. Essayons de faire une synthèse honnête et impartiale :

1 – La base philosophique du socialisme repose sur une idée généreuse de partage et

Le partage

d’égalité. La démarche sous-jacente consiste à rechercher une société harmonieuse dans laquelle chacun est responsable de son voisin, quel qu’il soit. Cette idée d’entre aide est directement issue de la pensée chrétienne, de même qu’un certain mépris de l’argent, considéré comme « un mauvais maître ». Le socialisme prône donc le partage : partage des richesses, partage du travail, partage des lieux de vie, partage des connaissances, accueil des étrangers, etc.… Il s’agit donc d’une philosophie très noble et généreuse orientée vers la lutte contre l’exclusion et la pauvreté, à tous les niveaux de la société. La prise en charge des plus démunis est la caractéristique la plus essentielle de la pensée socialiste.

La notion même de partage suppose une instance officielle qui se charge de cette redistribution et qui, elle-même, est responsable d’un grand nombre de services sociaux, des services de santé, des caisses de retraites, de l’assurance chômage, de l’enseignement… C’est donc l’Etat qui, dans un système socialiste, est prépondérant et omnipotent. L’Etat est l’arbitre suprême en toute chose, il légifère et il dispose de budgets très importants pour diriger les flux monétaires en fonction de ses choix : il devient l’Etat-Providence. Disons, en résumé et de façon lapidaire, que le socialisme est le meilleur défenseur des droits des citoyens.

Caricature du Socialisme

  Comme pour toute idée généreuse, le socialisme se heurte à certaines difficultés pratiques : tout d’abord la recherche incessante de l’égalité peut conduire à « l’égalitarisme », c’est à dire à un refus des élites et à un certain nivellement par le bas, puisqu’il est plus facile d’amener le plus fort au niveau du plus faible que le contraire. L’autre écueil auquel se heurte fréquemment la mise en pratique du partage et de l’entraide systématique c’est qu’elle se transforme facilement en assistanat et mise en dépendance. Celui qui reçoit peut y prendre goût et perdre ainsi le sens de l’effort et de la responsabilité. Ainsi, les expériences socialistes ont souvent conduit à plus d’égalité, mais à moins de liberté et moins de responsabilité, car lorsque l’Etat a tous les pouvoirs et veut venir en aide à tout le monde, il devient plus autoritaire, plus dogmatique et le citoyen moins prompt à l’effort. D’une façon générale l’Etat socialiste a tendance à s’hypertrophier en multipliant le nombre de fonctionnaires et de subventions tout azimut. Cette générosité risque donc de se transformer en prodigalité. Le pays devient moins compétitif et progressivement s’appauvrit.

2 – Le libéralisme poursuit les mêmes buts que le socialisme et travaille aussi au

Le goût de la compétition

bonheur des peuples, mais avec une philosophie assez différente dans ses fondements. Il prône davantage la compétition et la réussite par l’effort individuel et collectif. Il gratifie le risque et l’engagement dans la formation d’élites et la création de richesses. Moins idéaliste, le libéral est sans doute plus pragmatique, et il récompense la libre entreprise et la performance. En ce sens le libéralisme n’est pas généreux mais il sait être économe et réaliste dans ses choix. Grâce à ces caractéristiques le libéralisme peut être remarquablement efficace dans le domaine économique. Il est obsédé par l’efficacité et l’amélioration des rendements, basé sur la liberté d’entreprendre et que le meilleur gagne !

Cette approche libérale de l’économie suppose un Etat fort qui assure les fonctions régaliennes essentielles mais qui permette un maximum de liberté au niveau individuel et collectif. Ce plus de liberté se traduit aussi par plus de responsabilité. Le partage se fait avec parcimonie et en fonction du mérite. La hantise du libéralisme c’est le risque de l’assistanat et du gaspillage des ressources vers ceux qui ne font pas d’effort. Il réfute donc l’Etat-Providence dispenseur de subsides. En résumé on peut dire que les deux piliers du libéralisme sont, d’une part la notion d’effort et, d’autre part, l’importance des devoirs du citoyen.

caricature du libéralisme

  Le libéralisme n’échappe pas à des dérives graves qui peuvent faire douter de sa pertinence. Tout d’abord, il est par nature plus agressif et moins respectueux du citoyen en état de faiblesse. La recherche de l’efficacité et de la liberté peut lui faire oublier l’importance de la fraternité et de l’égalité. Si le libéral prône aussi l’égalité des chances au départ, il revendique l’inégalité à l’arrivée en fonction du succès de chacun.  D’une certaine façon, il ne semble pas exagéré de dire que le libéralisme, à son apogée, se transforme en égoïsme. La grande faiblesse du libéralisme est sans doute sa propension à générer des inégalités et, dans son stade ultime, à créer une société à deux vitesses dans lesquelles les disparités deviennent insupportables. Le puissant devient si puissant qu’il peut dicter sa loi au plus faible qui peut même être écrasé. Cette oligarchie médiatique, politique et financière existe actuellement en occident.

A titre personnel, ma préférence va néanmoins vers le libéralisme pour les raisons suivantes : il a maintes fois apporté la preuve de son efficacité pour améliorer le niveau de vie des citoyens et éviter les gaspillages. Les notions fortes de liberté et de responsabilité correspondent à mon tempérament. Enfin, je suis persuadé que les dérives actuelles proviennent d’un laxisme des systèmes politiques et qu’elles peuvent être corrigées. Je dirais que l’on peut être social sans être socialiste. Le socialisme peut, à mon avis, être plus difficilement amandé car il est plus dogmatique. A tout prendre, je préfère un peu trop de libéralisme qu’un peu trop de socialisme.

Mix&Remix, l'Hebdo, Lausanne

 REMARQUE : Cette chronique ne concerne pas les élections prochaines en France. En effet ce pays est gouverné depuis 40 ans par une pensée socialiste, mise en œuvre systématiquement par les gouvernements de droites et de gauches, dans une surenchère permanente. Il n’existe pas de politique libérale en France. Il suffit d’écouter les discours surréalistes des candidats pour s’en convaincre. Le pays est arrivé dans la phase d’excès de socialisme et, comme prévu, il s’appauvrit.

 

 

 

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