296 – LE CHEMIN DE LA CROISSANCE

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Ceux qui ont l’habitude de me lire savent déjà que je ne crois pas beaucoup aux miracles en matière économique. J’ai déjà expliqué que la croissance ne se décrète pas mais se prépare.

Sous toutes les latitudes, la croissance économique dans nos sociétés industrielles n’a été

main d’oeuvre bon marché

possible que par la conjonction de trois facteurs fondamentaux : de l’énergie, des matières premières et de la main-d’œuvre bon marché. L’occident et le Japon ne remplissent aujourd’hui aucune de ces conditions et sont donc condamnés à la stagnation si rien ne change. Les pays dits « émergeants », la Chine en tête, bénéficient d’une forte croissance car ils ont une main-d’œuvre bon marché. C’est un avantage décisif.

Pour envisager un peu de croissance, il faudrait débloquer un des trois paramètres ci-dessus. Par exemple la Norvège, qui dispose de pétrole bon marché, parvient à maintenir une croissance qui fait rêver les Européens. Les Etats-Unis et le Canada qui développent l’extraction des gaz de schiste à marche forcée peuvent retrouver un peu de croissance à terme car leurs réserves paraissent immenses. Les Européens qui choisissent la voie de l’abandon du nucléaire et qui ne disposent d’aucune autre source d’énergie à des prix compétitifs se condamnent eux-mêmes au déclin économique. Chacun a le droit de se faire harakiri !…

 Néanmoins, les pays Occidentaux et le Japon sont entravés par un autre handicap qui les paralyse pour longtemps : UNE DETTE IMMENSE, COLOSSALE ! Ce poids de la dette est insupportable et les intérêts versés aux créanciers saignent à blanc toute vitalité économique. L’essentiel de nos ressources sont ainsi stérilisées avant de pouvoir s’investir dans l’économie. Il n’existe donc aucun espoir de croissance tant que le poids de cette dette ne sera pas considérablement allégé. Pour cela il faut en connaître l’origine. Les Etats-Unis, par exemple, se sont ruinés en dépenses militaires considérables et en interventions armées tout azimut, pour maintenir l’illusion de l’empire : la puissance a un coût !

Pour ce qui concerne l’Europe, chacun sait que c’est l’hypertrophie de l’Etat Providence et la démagogie des élus qui a ruiné les pays les uns après les autres. Les gouvernements successifs ont entretenu une armée de fonctionnaires et ont versé des subsides à des cohortes de citoyens, d’associations et d’institutions qui ont toutes rivalisé dans le gaspillage. Maintenant les Etats sont ruinés, acculés à subir le diktat des créanciers et condamnés à une longue récession…

médecine à la française

 Comment dégager le nœud coulant qui nous étrangle ? Il faudra accepter la sanction inéluctable qui suit toute débauche économique : la pauvreté. Il faudra passer par la sanction d’une grande correction économique et d’une baisse importante du niveau de vie, jusqu’à ce que les économies occidentales redeviennent compétitives face aux pays émergents. Ceci ne se fera pas sans des mesures drastiques et une remise en cause fondamentale du laxisme de l’Etat Providence. Il ne faut pas se cacher que ces mesures seront douloureuses et paraitront même insupportables à certains. Sans oublier que dans nombreux pays, dont la France, il faudra entreprendre une réforme en profondeur du système éducatif au bout du rouleau et du marché du travail. Les peuples devront choisir en se souvenant que ce sont leurs élus qui les ont mis sur la paille, par incompétence et lâcheté, ce qui ne les empêchent pas de continuer à se pavaner !…

Pour les peuples les plus courageux, les plus persévérants et les plus avisés, la croissance est au bout du chemin, lorsque toutes ces conditions seront réunies. Il faudra une génération d’efforts… Souhaitons bon courage à nos enfants et petits enfants…

5 comments

  1. Je ne donne pas ma caution à cette analyse! Si les pays sont endettés, c’est parce qu’ils se sont fait harakiri (la france en 1973) en se retirant le droit d’émettre de la monnaie. Des politiciens corrompus et des financiers véreux ont obligé les états à emprunter aux banques commerciales – c’est pour cela qu’il y a la dette et pas pour autre chose – avant 1973, il n’y avait pas de dette du tout et beaucoup plus de fonctionnaires et une armée d’appelés.

  2. Les faits que vous relevez sont exacts: les Etats ont abandonnés le droit d’émettre de la monnaie. Mais il faut dire aussi qu’ils en avaient abusé ce qui conduisait à des dévaluations fréquentes. La système actuel ne peut fonctionner que si les gouvernements ne dépensent pas plus que ce qu’ils perçoivent en recettes. Ce n’est hélas plus le cas depuis les années 80. Il faut dire aussi que nous vivons aujourd’hui dans un monde ouvert que l’on dénomme « mondialisation », c’est à dire que chacun est en concurrence avec tous les autres! La perte de compétitivité s’accompagne toujours d’une diminution de la croissance. Et, lorsque les taux d’intérêts sont supérieurs à la croissance, l’état s’appauvrit chaque année davantage: c’est le cas de nombreux pays européens, dont la France. Je crains fort que mon analyse soit juste…HELAS….

  3. C’est la première chose dans le succès de la croissance ne doit pas être politisée et peut-être vous le savez la situation économique juridique du laissez-faire laisser passer, et tant que la croissance est soumise à certaines politiques, telles que l’échec de certains pays de l’euro est au détriment des nations à succès tels que le déficit, qui a frappé la Grèce, l’Espagne, et provoquerait un déficit des pays européens qui est ce qui a fait intervient Amérique comme le sauveur de l’Europe et le fait que le déficit des États-Unis à le convaincre de couvrir, si nécessaire de revoir la politique économique et c’est seulement la mort besoin de commenter plus que cela

  4. En réponse à Habib, je considérerais le « sauvetage de l’Europe » par les États Unis comme une incohérence étant donné que les États Unis sont endettés eux mêmes à concurrence de 15 mille milliards de dollars, qu’une partie de leurs avoir est détenue en bons du trésor par la Chine. Pour moi, comme je l’ai dit dans un autre article, la dette n’est qu’un instrument factice qui sert à maintenir le système commercial actuel en place, qui sert aux financiers pour s’enrichir, spéculer et maintenir les moins riches et les gouvernements sous leur coupe. Ce n’est qu’une grosse bulle qui peut crever. L’ennui, c’est que si elle crève un jour, cette bulle, et c’est ce qui nous pend au nez, ce sont toujours les mêmes qui prendront les débris sur le coin de la figure et cela: PARCE QU’ILS NE COMPRENNENT PAS COMMENT LE SYSTÈME FONCTIONNE. C’est l’instruction des masses qui a permis la chute des régimes monarchiques. C’est la connaissance de la machine financière par le plus grand nombre qui permettra la chute du système actuel. Prions seulement pour que ça ne se fasse pas dans la violence et que ce ne soient pas des mafias, comme ça s’est produit lors de la chute du système soviétique qui reprennent les choses en main.

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