319 – OBAMA VS ROMNEY

Posted on août 13, 2012 par

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Quand les maîtres du monde élisent leur président, le monde entier devrait voter, car nous sommes tous concernés !

Le spectacle que la démocratie donne d’elle même, n’est pas ici plus brillant qu’il fut en France il y a peu ! C’est, comme d’habitude, celui qui ment le mieux, et le plus, qui sera élu. Il est naturellement plus facile pour le challenger Romney de promettre des miracles que pour le président Obama qui est obligé de reconnaître qu’il n’a pas su en faire! Ici, comme ailleurs, le peuple est candide et continue de croire les balivernes des politiciens. On voit des images de foules hystériques en liesse et de femmes en pleurs, pendues aux basques des candidats, comme si le Sauveur était revenu sur terre. La stupidité des foules a toujours été pour moi l’objet d’une grande perplexité, comme on peut le voir aussi dans les stades. Ce sont ces mêmes foules qui acclament les führers !…

A part la guerre contre l’Iran, dont nous avons déjà parlé (chronique 318), l’économie est naturellement au centre des débats. Le chômage est massif et la pauvreté gagne du terrain. Selon les derniers chiffres 45 millions d’américains reçoivent des bons d’alimentation et 53 millions bénéficient de Medicaid, une assistance aux soins mise en place par Obama pour les pauvres. Face à ce constat, Romney promet, s’il est élu, de créer pas moins de 12 millions d’emplois, sans préciser comment ! Comme un certain François Hollande, en son temps, qui s’en prenait à l’Allemagne, Romney s’en prend à la Chine : « J’irai finalement m’asseoir avec les Chinois et ils devront comprendre que s’ils trichent il y aura des conséquences, parce que nous n’allons pas nous laisser marcher dessus ». Ah, les belles paroles dignes du café du commerce.

– Le capital que Romney sait faire grandir
– Le Capitol que Obama sait faire grossir

 L’autre grief que les républicains font à Obama, c’est de favoriser l’administration plus que le business. C’est un reproche recevable car le gouvernement fédéral dépense à lui seul 24% du BIP et emploie 17% du total des emplois américains, un plus haut historique. Comme ailleurs, le pourcentage des dépenses de l’Etat a augmenté fortement, dû à une baisse drastique des emplois privés. Donc, comme ailleurs, les citoyens peuvent faire grief au gouvernement de ne pas avoir su réagir et diminuer ses dépenses en conséquence. Le poids de l’administration est devenu pesant, avec de nouvelles régulations contraignantes et pléthoriques, ce qui a beaucoup irrité et aussi entravé l’activité économique. La presse cite souvent la phrase célèbre de Milton Friedman : «Si vous mettez le gouvernement Fédéral en charge du désert du Sahara, en l’espace de cinq ans, il manquera de sable ». Tout ceci permet à Mitt Romney de promettre de ramener les dépenses fédérales à 20% du PIB ce qui semble une sage décision, bien que, une fois de plus, il n’explique pas comment.

– Ce que je disais était…
– Ce que je voulais dire était…

Elisez-moi et je promets de baisser mes impôts

Le Président Français a été élu, par ceux qui ne paient d’impôts, grâce à sa promesse d’augmenter les impôts de ceux qui en paient. Au contraire, Romney s’adresse à ceux qui paient des impôts et il promet de baisser les taxes de 20% pour stimuler l’économie, sans dire lesquelles, ni comment. Bien entendu, il prétend aussi réduire le déficit, ce qui apparaît hors de portée aux analystes. Mais la démocratie a cela de bien, c’est qu’elle permet de dire n’importe quoi et son contraire dans la même phrase. Cependant, le problème fiscal sera peut-être le facteur le plus déterminant le jour du vote. Les deux candidats utilisent des slogans de plus en violents au fur et à mesure que le résultat est indécis. Ils se battent à coup de milliards dans des campagnes médiatiques de grande ampleur dans lesquels tous les coups sont permis.

Un des slogans les plus percutant d’Obama est le suivant : « IL PAIE MOINS, VOUS PAYEZ PLUS ». Cela fait référence au fait que le riche gouverneur Romney paie proportionnellement moins d’impôts que les citoyens de la classe moyenne.

 Disons, en bref, que les deux candidats n’ont aucune idée pour sortir le pays de la crise, mais ils font comme s’ils savaient. D’un côté le candidat sortant ne peut éviter que l’on discute son bilan et la réalité des chiffres, de l’autre le challenger peut faire rêver autant qu’il veut et promettre à gogo. Entre l’austère réalité de l’un et le rêve merveilleux, il y a un fossé dans lequel la démocratie représentative agonise. Chantal me transmet à propos cette belle phrase de J F Kennedy : « Les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des septiques ou des cyniques dont les horizons se limitent aux réalités évidentes. Nous avons besoin d’homme capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé ».

 

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