323 – LE RETOUR DE BIG-BROTHER

Posted on août 24, 2012 par

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A « chronique-libre », nous nous méfions des « belles âmes », des « bien-pensants », des donneurs de leçon, des redresseurs de torts, des Ayatollahs de la pensée qui scrutent les écrits et les paroles des uns et des autres et prononcent des excommunications. Nous constatons que cette espèce pullule en Amérique, comme en Europe, et tend à se multiplier.

Ainsi les discours des deux candidats à la présidence sont passés au peigne fin, scrutés, analysés et sous-pesés pour savoir s’ils sont « politiquement corrects ». C’est la presse en premier qui s’arroge ce droit de juger de tout ce qui est convenable et ce qui ne l’est pas. Elle va ensuite épiloguer pendant des pages sur le bien fondé de telle ou telle parole. Si, à propos d’une possible sortie de crise, le président de la Banque Centrale utilise le mot « may » (peut) ou « might » (pourrait), cela donne lieu à une avalanche de commentaires…

Le candidat démocrate, Mitt Romney, en visite à Londres, a eu cette réflexion, avant sa rencontre avec David Cameron : « notre héritage Anglo-Saxon crée une relation spéciale entre nous », ce qui apparaît comme une évidence à toute personne de bon sens. Mais cette seule phrase  a été interprétée comme une gaffe très grave car cela semble dire qu’il est plus difficile de s’entendre avec les autres ! Une autre phrase du même genre de Romney a été épinglée par les puristes de la pensée toute faite, lorsqu’il a dit « qu’Israël possède une plus grande vitalité économique que les Palestiniens, pour des raisons culturelles et quelques autres raisons ». Cette phrase banale fut considérée comme la plus grosse gaffe de Romney ! Les media nous prennent pour des idiots, d’autant qu’ils n’ont rien trouvé à redire lorsque Mitt Romney a pratiquement donné un blanc-seing à Israël pour attaquer l’Iran !…

1984: BIG BROTHER VOUS REGARDE
2004/ VOUS REGARDEZ BIG BROTHER

Il y a ici deux sujets tabous qu’il faut aborder avec des pincettes : les Juifs et les homosexuels, qui les uns et les autres ont droit à des traitements de faveur au point qu’il est pratiquement impossible d’émettre la moindre réserve sur l’attitude de l’une ou l’autre de ces communautés. Ne rien dire est parfois même insuffisant, et, pour être « invité » à la télé, il est de bon ton de réciter un petit couplet élogieux sur les uns ou les autres, voire les deux à la fois. Il y a actuellement aux Etats-Unis une affaire qui fait grand bruit qui est celle dénommée « Chick-fil-A ».

– « Merci pour la publicité gratuite ».

 Il s’agit en fait d’une enseigne de fast-food à la mode et réputée pour ses sandwichs au poulet. Or, il se trouve que Dan Cathy, le patron de la chaîne Chick-fil-A a publiquement fait savoir qu’il était contre le mariage entre homosexuels et qu’il soutenait financièrement les institutions qui militaient pour cela. Il a prononcé cette phrase jugée infâme : « Je prie pour la clémence de Dieu pour notre génération qui a un tel orgueil et une attitude si arrogante, qu’elle a l’audace de définir ce qu’est le mariage ». Il a ajouté : «  We are very much supportive of the family, the biblical definition of the family ». A partir ce ces faits qui me paraissent sans importance et qui constituent une prise de position toute personnelle, les media se sont déchaînés contre Chick-fil-A, au point que l’affaire en éclipse la crise économique ! Des villes comme Santa Barbara, Boston et Chicago ont décidé de refuser à Dan Cathy d’ouvrir des restaurants Chick-fil-A. Le sieur Cathy doit exclusivement se concentrer sur son business sans se soucier des problèmes de sociétés. Big-Brother est de retour !…

Même le fait de cliquer « J’aime », sur Facebook, peut être répréhensible, comme vient de le juger le tribunal de Newport en Virginie. Dans la ville de Hampton, des employés municipaux avaient approuvés, sur Facebook, la campagne électorale d’un candidat opposé au shérif en place. Une fois réélu le shérif avait alors renvoyé les employés « déloyaux » : le tribunal lui a donné raison, jugeant que c’est « l’équivalent d’une pancarte plantée dans son jardin ». Ce simple clic a été jugé comme infamant et déloyal !

Pendant que vos media s’attendrissent sur les « Pussy riot » de Moscou, ils ne vous parlent pas des pressions que Washington exerce sur la Suède afin d’accuser de viol Julian Assange, le patron de Wikileaks. En fait chacun sait que l’accusation réelle c’est que la jeune femme en question a simplement demandé à son amant de passage de remettre un préservatif après que celui-ci ait éclaté, ce qu’il n’a pas fait en plein milieu de son exercice ! Cet acharnement médiatique en dit long sur la liberté d’expression dès que l’on dit ou écrit des choses qui dérangent ! L’Amérique préfère parler de la liberté d’expression en Russie, c’est plus confortable! S’il est extradé aux USA, Julian Assange sera jugé plus sévèrement que les Pussy Riot. Nous allons voir Putin donner l’asile politique à Assange et Obama proposer la même chose aux 3 Pussy Riot!.. Que d’hypocrisie…

– « Je crois en la liberté de parole pour celui qui en a les moyens ».

 Comme vous le voyez, l’inquisition est de retour, même si elle a parfois changé de camp. Nous constatons que la liberté d’expression est en Amérique, comme en Europe, chaque jour plus étroite. Chassez Big-Brother par la porte, il reviendra par la fenêtre !… C’est comme cela que sont nés tous les totalitarismes, car il y a un Ayatollah qui sommeille en chacun de nous…

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