336 – CET HOMME EST-IL DANGEREUX?

Posted on septembre 24, 2012 par

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 Lorsque François Hollande a été élu Président de la République, il connaissait l’état catastrophique de l’économie française, criblée de dettes et ayant perdu sa compétitivité. Chacun aurait pu imaginer qu’il ait mesuré l’importance du danger et qu’il prenne des décisions pour y remédier.

Lorsqu’un individu, une entreprise ou un Etat sont endettés à l’excès, suite à des années de laxisme financier et de dépenses inconsidérées, il n’y a qu’une réponse possible : réduire drastiquement les dépenses et faire des économies tout azimut. La conséquence est évidemment une baisse du niveau de vie, mais c’est une conséquence salutaire et provisoire pour rétablir une économie saine : c’est un traitement de choc qui prépare la guérison. Toute autre solution est une fuite en avant qui mène inéluctablement à la catastrophe. C’est pourtant la voie choisie par le nouveau gouvernement qui, sur ce chapitre, ne diffère pas beaucoup de l’ancien.

La solution choisie pour résorber la dette est double: d’une part, emprunter toujours plus, et d’autre part, augmenter les impôts. L’emprunt se fait auprès de la BCE grâce à la création monétaire qui consiste à faire surgir l’argent du néant ! Mais, emprunter pour rembourser ses dettes est une supercherie qui ne dure qu’un temps. Par ailleurs, la France était déjà le pays Européen dont la fiscalité est la plus élevée. Plus d’impôts, c’est moins d’argent en circulation, c’est aggraver la crise, c’est réduire l’activité économique et finalement c’est donc, à terme, réduire les rentrées fiscales à cause d’une économie anémique. L’économiste Patrick Artus ne s’y est pas trompé en écrivant : «Aucun pays ayant tenté de réduire ses déficits par des hausses d’impôts n’y est arrivé ». C’est donc la voie d’une récession durable et sans espoir qu’a choisi le gouvernement français. Un traitement qui ne guérit pas mais qui tue le malade.

 Le plus dangereux c’est que ces mesures sont prises dans un climat délétère et haineux vis à vis de ceux que François Hollande dénomme « les riches » dont il dit qu’ils ne les aiment pas. Personne n’aime particulièrement les riches, même si ceux qui ont de l’argent l’ont obtenu par le travail et l’économie. Mais il se trouve que l’on a souvent besoin de plus riche que soi, ne serait-ce que pour créer des emplois, faire tourner l’économie et payer des impôts. Il n’est pas inutile de rappeler que « les riches » payent déjà l’essentiel de l’impôt en France.

Le résultat catastrophique pour l’économie française de cette chasse aux sorcières, c’est que ceux qui sont très riches vont voir ailleurs, là où ils sont mieux acceuillis et où la fiscalité, sans être le paradis, n’est pas l’enfer ! Dans le même temps, les entreprises auxquelles on reproche de faire trop de bénéfices et que l’on veut une fois de plus mettre à contribution, commencent à s’organiser pour faire des bénéfices ailleurs. Toutes ces mesures confiscatoires et humiliantes ne font qu’appauvrir la France en freinant la création d’emploi et la compétitivité des entreprises. Quelle entreprise internationale a aujourd’hui le désir de s’installer en France? Beaucoup se préparent à se développer ailleurs, y compris les entreprises nationales.

On peut légitimement s’interroger sur les motivations du nouveau Président à prendre des mesures à ce point contre-productives et antiéconomiques? Est-il incompétent et mal informé des faits économiques? Sans doute en partie les deux. Mais je crois surtout que ses décisions ne tiennent qu’à des considérations de politique de partie. L’idéologie remplace la compétence : quand on n’a pas d’idée on répète son bréviaire avec des phrases toutes faites. Il a été élu par une majorité de fonctionnaires et ils sont majoritaires à l’Assemblée Nationale : c’est cette armée qu’il convient de remercier et de satisfaire dans leurs dogmes.

 Ainsi, le budget de l’Etat est en grave déficit permanent à cause d’une fonction publique pléthorique. La France compte 7 millions de fonctionnaires, plus 3 millions de retraités de l’administration et 800.000 contractuels, tous payés par l’impôt. La fonction publique représente 26% des actifs, c’est-à-dire le double de la moyenne européenne. Le mal qui ronge la France, c’est une bureaucratie tentaculaire et inefficace.Dans ces conditions comment imaginer que la France puisse être compétitive ?

La seule solution, pour espérer un jour surmonter la grave crise économique, consiste donc à couper de façon énergique dans le fonctionnement de l’administration, c’est-à-dire de diminuer en priorité le nombre de fonctionnaires. C’est la voie inverse qui est choisie. C’est donc le chemin de croix qui commence pour la société française dans son ensemble. L’augmentation sévère des impôts va handicaper durablement l’économie et va aggraver la récession qui se dessine, de façon irréversible à terme. L’argent et les forces vives vont quitter la France. Le remède choisi va sans doute tuer le malade.

 L’homme que les français ont mis au pouvoir est dangereux car il n’a pas de vision d’avenir, il agit par esprit partisan et par idéologie. Nous allons vivre en direct l’agonie d’un pays, matraqué par son chef. Lorsqu’il quittera le pouvoir la France sera probablement à genoux!… Comme le dit Jacques Attali: « Si les politiques ont peur de la révolte des français, ils auront la révolution.« 

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