1020 – LA LOI D’EQUILIBRE

La vie consiste en une recherche permanente d’équilibre entre des forces antagonistes. Les maladies surviennent dès que les mécanismes biologiques s’éloignent de l’équilibre. Il en est de même, pour nos émotions, notre vie psychique et pour le fonctionnement des sociétés humaines ou animales.

Dans l’atmosphère, lorsque survient une différence de pression entre deux zones, le vent se lève pour rétablir l’équilibre. Si la différence de pression est trop importante, c’est la tempête ! Ainsi en est-il pour l’ensemble des phénomènes physiques, biologiques, psychologiques et sociétaux…

« La loi d’équilibre, c’est la loi primaire et il n’est pas possible d’expliquer pourquoi l’équilibre doit exister dans la nature » affirme le physicien Russe Vadim Zeland dans « Transurfing ». Il faut imaginer une balançoire à bascule sur laquelle, pendant que l’un est en haut, l’autre est en bas, et alternativement. Si l’un des enfants est beaucoup plus lourd, l’équilibre est rompu et la balançoire est bloquée.

Il est possible d’appliquer cette analogie à bien d’autres évènements de notre vie. Nous pouvons constater alors que tout ce qui s’éloigne de l’équilibre est pathogène et que nous devons faire porter nos efforts sur le retour à l’équilibre. Bien entendu, l’équilibre absolu est impossible et n’existe pas, il s’agit donc d’un équilibre instable, par définition, et c’est ce qui le rend dynamique …

La vie biologique

Le métabolisme est constitué d’un ensemble très complexe de flux, d’échanges et de transformations biologiques. Le moindre déséquilibre conduit à un blocage qui peut se répercuter à l’ensemble et provoquer une maladie.

Chacune de nos milliards de cellules contienne des centaines d’enzymes spécifiques qui président et contrôlent les réactions biologiques. Les enzymes sont des catalyseurs biochimiques qui facilitent la réaction, c’est-à-dire la transformation d’une molécule biologique A en une autre molécule B. Ce mécanisme est en équilibre lorsque la réaction est réversible, c’est-à-dire qu’une trop grande abondance de B arrête la réaction.

On comprend bien que ces mécanismes sont fragiles et peuvent être perturbés de diverses façons, par une carence, par la pollution chimique ou médicamenteuse, et même par une perturbation psychologique, car l’esprit et la matière sont interconnectés. Survient alors une maladie.

Nos sociétés actuelles, soumises à une pollution chimique abondante, à l’abus de médicaments chimiques et à de nombreux stress sont affligées d’un grand nombre de maladies, justement dénommées « maladies de civilisation ».

Pour lutter contre les maladies, il convient donc d’agir sur la ou les causes qui ont provoqué le déséquilibre afin que le métabolisme revienne à la normale. C’est la raison pour laquelle l’usage de médicaments chimiques n’est généralement pas une bonne réponse car eux-mêmes bloquent une réaction enzymatique qui peut masquer un symptôme et engendrer des effets secondaires, mais pas guérir.

On ne peut supprimer un déséquilibre biologique que par des moyens physiologiques, soit avec des molécules biologiques, soit par la nutrition ou avec une approche psychothérapeutique, et souvent avec les trois.

Le psychisme

L’énergie mentale, nos pensées et nos émotions sont des phénomènes immatériels qui agitent notre esprit ou notre âme et dont les perturbations provoquent des déséquilibres néfastes, y compris sur notre métabolisme.

L’importance excessive que nous donnons à des évènements, une réaction émotive intense face à une situation, créent un potentiel émotionnel en excès qui conduit à un déséquilibre néfaste et pathogène. Cela donne naissance à des forces de rééquilibrages qui peuvent s’exprimer sous forme de maladies. La maladie va détourner notre énergie psychique et réduire l’importance de l’émotion qui nous a rendus malades.

Si vous placez votre travail avant votre famille, votre maison, votre temps libre et vos loisirs, vous créez un potentiel en excès et un déséquilibre qui peuvent conduire à une maladie et un accident qui vous éloigneront du travail. « Tout dans la nature recherche l’équilibre » précise Vadim Zeland.

L’amour peut être une source de déséquilibre si, par exemple, on idéalise trop l’être aimé ou si l’amour génère une relation de forte dépendance ou encore si l’amour se transforme en possession avec un excès de jalousie. Dans ces conditions-là, le retour à l’équilibre ne survient qu’avec la perte de l’être aimé. Seul l’amour inconditionnel rend l’autre libre et ne crée pas de déséquilibre.

Nous pouvons être trop vaniteux et mépriser ceux qui paraissent plus faibles, plus vulnérables ou plus pauvres. Il peut nous arriver de mépriser les alcooliques ou les drogués. Ces sentiments négatifs, en excès, créent un déséquilibre qui nous fragilise et nous expose à orienter inconsciemment notre vie vers une autodestruction comparable.

Celui qui tombe dans l’alcoolisme ou devient drogué ne le fait généralement que pour échapper à des traumatismes insurmontables qui l’accable. L’alcool ou la drogue est une fuite qui lui permet de supporter la vie et retrouver un certain équilibre, comme l’explique très bien le docteur Gabor Maté dans « The wisdom of trauma » dans son incontournable documentaire. Le traitement de l’alcoolique ne sera lui-même possible que par l’intermédiaire d’un travail psychothérapeutique sur l’origine du traumatisme afin de retrouver un meilleur équilibre émotionnel.

La vanité, le mépris, la culpabilité, les complexes d’infériorité ou de supériorités sont néfastes et sources de déséquilibre, comme à chaque fois que nous nous comparons. Vadim Zeland nous rappelle que « La nature sauvage est plus parfaite que l’homme qui pense. Un loup, comme tout prédateur ne ressent ni haine ni mépris pour sa proie… La grandeur des plantes et des animaux tient au fait qu’ils ne sont pas conscients de leur grandeur »

Les sociétés humaines

Les conflits, quels qu’ils soient, sont le fruit d’un déséquilibre, d’un dialogue rompu, d’une mauvaise interprétation, d’un mépris qui dégénère, d’une peur, d’une comparaison malvenue. « Nous sommes les plus forts, les meilleurs, les plus honnêtes, les plus riches ou les plus pauvres, les plus intelligents, etc ».

Ainsi naissent les guerres, par le mépris de l’autre et le refus d’écouter son point de vue. Regardons la guerre en Ukraine qui nous préoccupe. Les Russes ont eu peur des manœuvres militaires et politiques en Ukraine, sous influence américaine. L’oscillation de la balançoire s’est accentuée et est devenue dangereuse. Un accord a été conclu mais pas respecté, les Russes se sont sentis méprisés, ce qui a accentué la peur.

Cela a généré un potentiel guerrier en excès. La guerre fut la réponse pour laver l’affront et apaiser la peur afin de rétablir un équilibre. Il arrive donc que la recherche d’un équilibre génère un autre déséquilibre, comme nous l’avons vu pour le cas des drogués ou des alcooliques.

La guerre ne peut finir qu’en renouant un dialogue, en apaisant les peurs et les ressentiments des deux côtés et aussi en assurant un avenir de paix. Comme pour les individus, les sociétés peuvent guérir. Il faut souvent un médecin, un médiateur, qui aide à sortir du processus morbide.

Les conflits, les grèves, les révolutions naissent de la même façon, par un déséquilibre dans la relation. Souvent le peuple a peur et se sent méprisé. Il suffit de regarder le conflit actuel avec les agriculteurs qui luttent pour leur survie et qui se sentent méprisés par les urbains qui leur fixent des règles.

Nous pouvons faire la même analogie si nous avons un différend avec notre voisin. Le conflit nous est toujours désagréable et source d’inconfort. Les humains n’aiment pas vivre en désaccord qui est toujours disharmonieux. Pour mettre fin au déséquilibre, il peut suffire de lui apporter des pommes de notre jardin ou un simple sourire.

Nos sociétés contemporaines sont confrontées à de nombreux risques, financiers, économiques, militaires et écologiques. (Relire chronique n°2019 « Est-il minuit moins une ? ») Nous sentons tous la tension monter sur tous ces fronts. Les déséquilibres et les inégalités grandissent dangereusement. Ces pressions en excès sont anxiogènes et ne seront libérées que par un évènement majeur dont la gravité sera proportionnelle aux déséquilibres en question. Le retour à l’équilibre, inévitable, ne peut se faire qu’à ce prix, à moins d’une prise de conscience salutaire, in extremis !

Conclusion

La recherche de l’équilibre est la pierre angulaire de tout processus physique, biologique, psychologique et sociétal. L’univers tout entier est à la recherche permanente d’un équilibre. Il n’est pas un atome, une molécule ou un astre qui ne soit dans un flux qui cherche un meilleur équilibre. Notre santé biologique et psychique, ainsi que le bon fonctionnement des sociétés humaines, dépendent de cet équilibre. C’est le moteur de la vie. Mais, selon le principe du balancier, le retour à l’équilibre, après un profond déséquilibre, peut être douloureux.

Pour atteindre cet équilibre individuel nous devons prendre le rôle de l’observateur.  Ne nous précipitons pas et prenons du recul. Descendons de la scène et observons avant d’agir, puis évitons de donner trop d’importance aux évènements qui surviennent. Ne perdons pas notre énergie dans la lutte ou la confrontation avec les évènements. Méfions-nous des idéologies politiques, syndicales, religieuses, économiques et autres, qui sont sources de conflits.

Souvenez-vous de cette belle allégorie que j’emprunte à Vadim Zeland dans son livre Transurfing. Vous vous promenez dans la forêt et vous voyez un essaim d’abeilles qui pend d’un arbre, habité par des abeilles sauvages. Quelqu’un vous dit : « Ce sont des abeilles sauvages, elles sont très dangereuses et par conséquent doivent être détruites ». Il prend un bâton et donne des coups dans l’essaim et alors les abeilles sortent et vous piquent partout sur le corps. Il s’exclame alors triomphalement, « Je vous l’avais bien dit ! Regardez comme elles sont agressives! Nous devons les détruire ! ».

Vous pouvez appliquer cette parabole à tous les conflits, à Gaza, en Ukraine, et partout ailleurs…

 

 

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