La peur est sans doute l’émotion fondamentale et unanimement partagée dans le monde animal. Elle protège du danger et elle permet de diriger et de contrôler les meutes, les troupeaux et les foules. C’est aussi l’émotion universelle la plus destructrice, génératrice de maladies…
La vie avance sur la lame d’un rasoir et, à chaque pas, nous manquons de tomber à droite ou à gauche ou de nous faire déchiqueter. Comme l’oxygène de l’air, les éléments les plus vitaux sont aussi les plus dangereux. Tel un couteau, nos outils sont conçus autant pour tuer que pour se nourrir.
Nous baignons dans la dualité et notre esprit ne parvient pas à sortir du dilemme dans lequel nous sommes enfermés. Chaque émotion, sentiment ou opinion possède son double, sa face lumineuse et sa face obscure.
La peur elle-même n’échappe pas à cette dualité qui la rend ambigüe, à la fois sauveuse et bourreau. Sans la peur du lion, la gazelle ne pourrait survivre. Mais la peur du cobra tétanise la souris qui se fait avaler. Les humains sont soumis à la même contrainte, entre le stress destructeur et la fuite salvatrice…
Mon oncle d’Amérique
Face à un danger nous avons trois alternatives : la fuite, la lutte ou l’inaction. Ces trois possibilités ont été parfaitement décrites par le professeur Laborit dans l’excellent film « Mon oncle d’Amérique », datant de 1980, dans lequel le jeune Gérard Depardieu est déjà au zénith.
On y comprend l’analogie entre la vie des humains tiraillés par des injonctions contraires et des rats en cage soumis au stress. Après un signal sonore, des impulsions électriques sont envoyées sur les grilles de la cage d’un rat. Si le rat ne peut fuir, il développe en quelques heures un ulcère d’estomac, dans l’attente de la prochaine décharge électrique. Celui qui peut fuir dans un compartiment aménagé demeure indemne et en bonne santé.
Mais si la cage contient plusieurs rats, et qu’ils ne peuvent fuir, le stress et la peur de la décharge génère de l’agressivité au point qu’ils se battent entre eux. Cette réaction de lutte fait qu’ils ne développent pas d’ulcère, contrairement à ceux qui sont dans l’inhibition de l’action.
Cette expérience célèbre est riche d’enseignement pour nous les humains. Lorsque nous nous trouvons dans des situations stressantes ou dangereuses dans lesquelles nous ne pouvons ni fuir, ni lutter, nous développons une maladie. Si la guerre est à nos portes et que nous ne pouvons rien faire, la peur nous envahit et le besoin d’agir devient impérieux. Nous devenons agressifs, soit en prenant les armes, soit en aidant les combattants.
Lorsque la menace de la guerre devient insupportable à cause de l’inhibition de l’action, la déclaration de guerre génère un soulagement et l’on part à la guerre en chantant ! Contrairement à ce qui est généralement admis : « le cerveau n’est pas le centre de la pensée mais celui de l’action », précise Henri Laborit.
Le domaine de la psychosomatique est vaste et mal étudié par les instances médicales qui s’intéressent peu aux causes des maladies. (Relire chronique n°1018 « Nous sommes responsables de notre santé ». Nos peurs, nos angoisses et toutes nos émotions négatives génèrent des maladies. La dépression ou le burn-out sont des moyens privilégiés pour fuir une situation psychologique ou émotive intenable. Inconsciemment on se met hors-jeux !
Peurs collectives diffuses
Notre attitude collective face au réchauffement climatique, face à l’augmentation des dettes gouvernementales ou face à la pollution chimique, est assez typique de l’inhibition de l’action, très pathogène. Il semble que nous vivions dans la civilisation de la soumission, avec cette idée que nous ne pouvons rien y faire, comme le rat qui attend la décharge électrique. Ce thème a déjà été abordé dans notre chronique n°1019 « Est-il minuit moins une ?».
Certains fuient dans la drogue ou l’alcool et les autres attendent la maladie. La peur est trop diffuse et trop abstraite pour nous faire réagir et lutter. Nous ne savons ni où, ni quand, le danger peut survenir, donc personne ne fait rien, sauf une poignée d’éclaireurs qui tentent d’éveiller les consciences.
Ceux qui seront sauvés seront ceux qui militent et luttent, même si l’espoir de succès est mince. L’action est salvatrice, quoi qu’il arrive. Rien n’est pire que la soumission et l’acceptation docile et passive. Mieux vaut la révolution que la déprime ou la drogue. « Les yeux ont peur mais les mains agissent », nous prévient un proverbe Russe.
Il faut toujours se méfier des foules en colère, muées par la peur. Peur du chômage ou du déclassement, c’est ainsi que commencent les révolutions. La colère des agriculteurs qui nous nourrissent, et ne parviennent pas à vivre décemment de leur travail, peut dégénérer et devenir incontrôlable. Ils sentent le mépris et le désintérêt des urbains et des politiciens.
Par ailleurs, on peut même se demander si la frénésie du sport de haute intensité, jusqu’à l’épuisement, comme la course de fond ou l’haltérophilie, ne constituent pas des actes désespérés et inconscients pour fuir une peur existentielle, latente dans nos civilisations en proie au doute. En outre, le sport intensif libère des endorphines euphorisantes. L’hyperactivité, dans le sport ou dans le travail, peut constituer une fuite salutaire qui évite la maladie.
L’arme favorite des puissants
Aussi déplaisant que cela puisse paraitre, les peuples se gouvernent et se contrôlent comme des troupeaux. La peur est l’arme favorite des bergers, des vachers et des gouvernements. Il suffit d’observer la manœuvre d’un chien en charge d’un troupeau pour comprendre comment il est facile d’obtenir la docilité.
Nous avons tous constaté, récemment, comment on obtient la docilité des peuples à l’occasion d’une banale épidémie. Il a suffi de quelques déclarations alarmistes des responsables de santé et des politiciens, relayées par les media, pour obtenir une docilité totale.
La soumission fut totale pour le port des masques, pour le confinement et pour la vaccination, bien qu’il n’existe aucune preuve tangible de la moindre efficacité de l’une ou l’autre de ces mesures. Seule la peur était maitresse de nos émotions, de nos pensées et de nos actes.
La peur étant contagieuse, comme beaucoup d’émotions, elle se répandit dans les conversations, sur les réseaux sociaux et sur les ondes comme un trainée de poudre. En quelques jours seulement nous sommes devenus un immense troupeau docile…
Les gouvernements ont sans doute eux-mêmes été surpris de cette soumission inhabituelle, même chez les peuples les plus récalcitrants. Un danger potentiel, parfaitement identifié, en l’occurrence un virus, génère facilement une peur panique plus efficacement que les éventuels dangers du réchauffement climatique ou de la pollution chimique, sans doute infiniment plus graves, mais mal définis.
De ce fait, les dirigeants qui cherchent le meilleur moyen de contrôler les peuples ont trouvé dans la peur de l’épidémie l’arme fatale qu’ils vont utiliser à chaque fois que surviendra une contestation qu’ils ne parviennent pas à contrôler. Dès maintenant, Ils laissent en permanence planer le doute sur un éventuel retour d’un virus mortel qui roderait autour de la planète et près à surgir sur les citoyens réfractaires !
Comment éloigner la peur ?
La peur est pathogène, la peur est contagieuse et la peur nous asservit. Nous devons surmonter nos peurs et les éloigner en prenant du recul sur l’importance des dangers. Il s’agit d’une émotion chargée d’une énergie négative qu’il est important de calmer ou d’éliminer.
La peur du vide donne le vertige et peut nous aspirer vers le précipice. Marcher sur une poutre posée sur le sol n’est pas la même chose que marcher sur la même poutre placée à 5 mètres du sol. Ceci prouve bien que la peur est plus subjective qu’objective. Cette peur se rééduque progressivement en se familiarisant avec la poutre située chaque fois un peu plus haut.
Dans son livre « Transurfing », que j’ai déjà évoqué, Vadim Zeland donne des moyens pour éviter les émotions négatives. Il ne propose ni de les nier, ni de lutter contre, mais simplement d’en modifier l’importance dans notre esprit. Prendre du recul, relativiser, ne pas subir les émotions, mais les contourner, comme on contourne un obstacle. Il s’agit de modifier notre énergie mentale pour ne plus être focalisé sur notre émotion négative. (Ma dernière chronique n° 1020 intitulée « La loi d’équilibre » donne plus de détails sur les idées développées dans « Transurfing » dont je vous recommande la lecture).
Il convient, tout d’abord, d’accepter cette peur, d’admettre qu’elle est là, de ne pas la combattre frontalement au risque de l’augmenter, mais de penser à autre chose jusqu’à l’ignorer… « Si vous ne voulez pas de quelque chose, alors arrêtez d’y penser, considérez-là avec indifférence et elle disparaitra de votre vie ».
Si un chien vous poursuit en aboyant et que vous vous retournez pour l’affronter ou le faire taire, il devient encore plus menaçant. Si vous l’ignorez, il se taira ou ira aboyer vers quelqu’un d’autre. Considérons la peur comme un chien menaçant, n’y prêtons pas attention. Ne restons pas focalisés sur les mauvaises nouvelles, sur les dangers potentiels, sur les émotions négatives ou les situations menaçantes. Restons en position d’observateur, en recul, à distance. Nous n’ignorons rien mais nous ne donnons pas trop d’importance aux dangers et aux éléments négatifs. C’est l’importance que nous donnons aux évènements qui crée des dégâts.
On obtient ce que l’on sème. Ne cultivons pas d’émotions négatives et restons à l’écart du troupeau afin d’éviter d’être manipulés. « En étant en bon terme avec vous-même et le monde qui vous entoure, vous lui transmettez des émanations harmonieuses. Vous créez autour de vous une zone de vibrations harmonieuses où tout évolue avec succès. Une attitude positive mène toujours au succès et à la création ».