Nous oublions trop souvent combien nous sommes coresponsables des maladies qui nous accablent. Nous les dénommons, à juste titre, maladies de civilisation, et chaque année elle gagnent du terrain, sans que jamais notre responsabilité individuelle ne soit mise en cause.
L’erreur fondamentale de la hiérarchie médicale, relayée par les media, est de laisser croire que les maladies surviennent au hasard et fondent sur nous comme un oiseau de proie, supposant que nous étions au mauvais endroit, au mauvais moment ! Pas de chance…
J’ai passé ma vie à expliquer que les maladies ont des causes et qu’il ne suffit pas d’agir maladroitement sur les conséquences. La vraie médecine, que j’appelle de mes vœux, est d’agir sur les causes et pas seulement sur les symptômes !
Si les maladies ont des causes, cela signifie qu’il est de notre responsabilité d’agir sur ces causes afin d’en prévenir les méfaits. Le système de soin et de remboursement actuel ne responsabilise pas les citoyens et très peu de médecins impliquent le malade dans son traitement. La prévention, qui est à la base d’une bonne santé, ne fait pas partie des préoccupations des praticiens ou des caisses d’assurance maladie.
De ce fait, la grande majorité des maladies qui nous affligent sont en augmentation constante, aggravée par le vieillissement accéléré de nos sociétés. Il en résulte une augmentation rapide et inquiétante des dépenses de santé qui atteignent des sommes astronomiques, jusqu’à miner notre système économique.
Tout se passe comme si les citoyens étaient irresponsables, incapables de se prendre en mains, et confiaient leur santé, de façon aveugle, à une médecine toute puissante et parée de vertus et de performances imaginaires. Nous sommes, à juste titre, émerveillés par les progrès de la chirurgie et des techniques précises de diagnostics, et nous en déduisons que la médecine générale fait des miracles !
En fait, la médecine générale qui traite 80 % de nos maladies métaboliques, demeure ce qu’elle était il y a 50 ans, c’est-à-dire assez inefficace, et rien ne remplace l’efficacité de la prévention…
Autodestruction
Lorsque l’on observe le fonctionnement et le comportement des sociétés humaines, nous pouvons être surpris de leurs capacités d’autodestruction. Nous agissons souvent comme des enfants gâtés et nous dilapidons de façon délibérée notre capital santé.
La bonne santé est un bien gratuit qui nous est offert et, trop souvent, nous ne savons pas en apprécier la valeur et nous ne la respectons pas. Nous pouvons observer, autour de nous, trop de gens qui s’autodétruisent, plus ou moins consciemment …
Nos métabolismes et les mécanismes intimes de la vie sont une merveille d’équilibre instable et de précision, ils sont dotés de formidables qualités de résilience et d’autoréparation. Il est dommage que nous négligions ce cadeau gratuit !
La gamme possible des moyens d’altérer sa santé est vaste, au premier rang desquels on peut citer l’abus d’alcool et de nourriture qui constitue sans doute le premier fléau et semble s’aggraver. Par ailleurs, une mauvaise alimentation est responsable des innombrables maladies cardiovasculaires.
L’usage de stupéfiants s’est considérablement démocratisé chez les jeunes générations, ce qui constitue une menace extrêmement grave pour l’avenir, menace pour la santé publique, et menace aussi pour la sécurité et l’économie !
Ainsi, l’usage des opiacés aux USA constitue une véritable épidémie et génère plus de cent mille morts par an, sans compter les dégâts sur la santé générale. On peut mettre dans la même catégorie l’abus de médicaments chimiques et les prescriptions abusives ou erronées. Une étude Britannique estime qu’une prescription sur 5 est erronée ! Cette croyance aveugle aux bienfaits supposés des médicaments chimiques est souvent fort préjudiciable et moins efficace que la prévention.
A titre d’exemple, parmi une multitude d’autres, il n’est pas inutile de rappeler les ravages dus à l’usage abusif et inconsidéré de paracétamol qui est hautement hépatotoxique, et pourtant utilisé les yeux fermés par les familles au moindre bobo, aussi bien chez les adultes que chez les enfants. Les autorités médicales précisent cependant que « le mésusage du paracétamol est la première cause de greffe du foie d’origine médicamenteuse ». Cette molécule est également à l’origine de la majorité des cirrhoses du foie non-alcoolique…
Epigénétique
Une des découvertes médicales les plus surprenantes et les plus prometteuses de ce siècle, dans le domaine de la santé, est l’importance de l’épigénétique. Cela signifie que nos comportements, notre hygiène alimentaire et notre environnement influencent nos gènes qui sont ainsi activés ou désactivés. Autrement dit, nous pouvons « influencer » nos gènes dans un sens favorable ou défavorable, selon notre mode de vie.
Le génome humain peut être comparé au « hardware » d’un ordinateur. Les gènes sont comme des informations codées qui déterminent les traits généraux de la personne. L’épigénome, quant à lui, est le « software », cet ensemble de logiciels qui contrôlent les opérations et sont capables de « moduler l’expression des gènes ». Les modifications épigéniques sont le fondement de la diversité biologique.
De très nombreuses maladies se développent sous l’influence de modifications épigéniques provoquées par nos modes de vie : mauvaise alimentation, pollution chimique, manque d’exercice physique, stress, traumatismes psychiques, etc… C’est le cas du cancer, des maladies cardiovasculaires, du diabète, de l’obésité, de nombreuses maladies neurologiques, des maladies d’Alzheimer et de Parkinson, des dépressions…
Autant dire que nous sommes, grâce à notre mode de vie et nos comportements, directement responsables de nos maladies et de notre santé. J’ai souvent affirmé que 80 % de nos maladies pourraient être facilement évitées !
Plus surprenant encore, nos comportements peuvent provoquer des modifications génétiques qui seront transmises à nos descendants. Des traumatismes psychiques, durant l’enfance, peuvent perturber les descendants jusqu’à la troisième génération ! C’est ainsi que l’on peut expliquer certaines maladies psychiques familiales qui se perpétuent dans certaines familles… On peut supposer que le cancer familial procède du même mécanisme épigénétique, donc modulable et corrigible.
Le sport, médicament universel
L’activité physique constitue l’un des moyens les plus simples pour agir favorablement sur nos gènes et prévenir de très nombreuses maladies dites « de civilisation ». Plus encore que pour notre alimentation, nous sommes directement responsables de notre activité physique. Des experts ont estimé que l’inactivité des Français coutait la somme astronomique de 140 milliards d’euros !
Le manque d’activité est coresponsable de la même cohorte de maladies que j’ai déjà énumérée. Une pratique régulière et assidue d’un sport, suivant votre goût, votre âge et vos capacités, est la meilleure ordonnance que vous puissiez recevoir…
L’activité physique représente un levier formidable de prévention et de traitement des maladies chroniques et les bénéfices sont prouvés dans le cancer, les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’hypertension, la dépression… Cela peut réduire de 40 à 60 % le risque de récidive d’une tumeur du sein.
En France, les spécialistes estiment que 47 % des femmes et 29 % des hommes sont inactifs. Les adultes passent en moyenne 12 heures par jour assis. Ce phénomène gagne les plus jeunes. Il y a là tous les ingrédients d’une bombe à retardement sanitaire. « On va arriver à un tsunami de maladies chroniques non pas à 50 ou 60 ans, mais dans la trentaine » redoute un cardiologue qui étudie cette problématique. « En France, les prévisions sont de 150.000 à 200.000 cas en plus par an. Comment va-t-on les soigner ? ».
Les dégâts engendrés par les téléphones portables et les tablettes ne se limitent pas à la perte des neurones, mais concernent la globalité de l’organisme. La situation est tellement grave que certains professionnels de santé envisagent de payer les gens pour qu’ils pratiquent un sport. Des essais en ce sens sont réalisés dans le Grand-Est de la France ! Où va-t-on ? Mais il parait que cela couterait moins cher à la collectivité que la prise en charge des maladies chroniques qui flambent…
Beaucoup comptent sur l’effet Jeux Olympiques 2024, en France, pour motiver les foules et les faire sortir. Je crains que cela les incite à rester sur leur canapé et y faire du sport par procuration ! Selon une responsable des Jeux Olympiques, « favoriser l’offre dans les quartiers populaires est une priorité, la carte de France de la sédentarité est celle de la pauvreté, c’est du copier-coller ».
Je ne suis pas persuadé qu’il s’agisse principalement d’une question d’argent. Il s’agirait, avant tout, d’un manque d’information. Les autorités médicales ont bien su remuer ciel et terre pour nous convaincre de se faire vacciner. Ils ont envahi les ondes durant des mois alors qu’ils sont muets au sujet de l’exercice physique. La sédentarité est infiniment plus meurtrière que le Covid et enrichit le corps médical. Or, marcher une heure par jour ne coûte rien à quiconque mais surtout ne lui rapporte rien !
La santé est, avant tout, un problème de bon sens. Nous sommes plus prompts à prendre soin de notre voiture ou de notre ordinateur que de notre corps. Nous sommes directement responsables de la grande majorité de nos maladies. Il ne s’agit pas de se culpabiliser, mais de prendre conscience. L’information nécessaire est en libre accès sur internet, il est urgent d’y recourir et de prendre sa santé en main. Nul n’est mieux placé que nous pour prendre soin de soi…
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