173 – POURQUOI LA NATURE EST-ELLE SI BELLE ?

Posted on septembre 2, 2011 par

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Cette question me hante depuis toujours. Comment se fait-il que l’univers, né de presque rien, d’un grand bang originel, d’un chaos primitif, ait généré tant de beauté, par les seules forces du hasard ?

Arrêtez-vous un instant de lire et regardez par la fenêtre, la beauté qui est autour de vous. Où que vous soyez, la nature est belle. Regardez le ciel, les arbres dehors, un bouquet de fleur sur votre table. Vous pouvez aussi admirer votre main et observer la beauté d’un simple ongle, si modeste et si parfait. Donnez-moi un seul coin de la nature qui n’ait pas sa prodigieuse beauté, sauf, bien entendu, là où l’homme l’a salie et polluée.

rouge gorge

Regardez le vol d’un oiseau et écoutez son chant. Même un enfant s’émerveille devant un chat qui dort. Le saut d’un écureuil, de branches en branches, avec sa belle queue touffue, est un enchantement. Pourquoi toute cette diversité, ces millions d’espèces, le vol du papillon un après-midi d’été, le renard aux aguets dans les broussailles ? Comment se fait-il que l’évolution de la vie ait débouché sur tant de beauté ? Bien sûr, vous allez me dire que l’hippopotame n’est pas très beau, je vous le concède, de même que la hyène et quelques autres. Mais nous avons le scarabée doré et le mille-pattes !

Parcourez les forêts et les champs, regardez les gammes de verts, du vert tendre au vert

automne dans les Laurentides

sombre en passant par le vert argenté du saule. Bientôt vous irez voir l’automne dans les Laurentides ou ailleurs pour admirer les couleurs. Par quel mystère la nature est-elle multicolore ? par quelle nécessité évolutive la couleur nous fut donnée ? Vous pouvez aussi regarder le moutonnement des bois au loin, mais arrêtez-vous sur un seul arbre et ressentez la force qui en émane, avec ses branches qui s’élancent vers le ciel pour capter l’énergie cosmique. Approchez-vous encore et observez attentivement une feuille et ses nervures fines, si délicates. Cette feuille vous paraît banale et pourtant elle est capable d’effectuer la prouesse de transformer en matière, l’énergie lumineuse qu’elle reçoit. Nous en reparlerons.

A tous les niveaux où nous l’observons, l’univers est une merveille. Les nuages qui balaient le ciel, le soleil qui s’embrase au couchant, les aurores mauves lorsque la vie s’éveille, les nuits étoilées, les étoiles filantes, la voie lactée. Et, au-delà, l’immensité du ciel, le tourbillon des galaxies, l’infini de l’univers qui nous donne le vertige, sans parler des trous noirs et des univers parallèles dont nous parlent les physiciens. Toute cette beauté cosmique serait née de presque rien, d’une explosion initiale, jaillie  d’on ne sait où, sans pourquoi ni comment.

Il est possible d’arguer que la beauté du monde est subjective ; qu’il s’agit d’une illusion de nos sens. En fait, c’est notre imaginaire qui verrait la nature belle. La beauté d’une fleur serait une vue de l’esprit, un artefact, une sorte d’illusion. Rien ne serait beau dans cet univers seulement mû par le hasard et la nécessité. Selon cette hypothèse, c’est nous qui donnons de la beauté au monde, pour notre plaisir : mais en fait, il n’y aurait ni beau, ni laid. Cela serait le fruit de l’évolution biologique et naturelle, de nous avoir donné la capacité de voir le monde beau. Peut-être une illusion bienfaitrice pour aider l’homme à mieux accepter son destin tragique et la perspective du néant.

Mais alors, allons plus loin dans l’observation de la nature. D’autres, avant nous, ont eu le vertige de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. Observez attentivement une cellule vivante au microscope avec sa structure complexe et sa machinerie minutieuse, son noyau qui renferme tout le contenu de l’évolution naturelle depuis l’aube de la vie, ses mitochondries où

cellules végétales

se déroulent des milliers d’échanges, dans une parfaite harmonie. De son côté, une cellule végétale est capable, selon un processus absolument inouï, grâce aux rayons lumineux, de fabriquer des glucides à partir de gaz carbonique et d’eau. Tout cela ne serait que la résultante d’une évolution aveugle que des milliers de chercheurs n’ont jamais réussi à imiter. Comment est-ce possible et d’où vient cette somme d’intelligence qui est contenue dans la nature ? Il demeure, au sein de la complexité du monde, une intelligence enfouie et mystérieuse. Mais il n’y a pas que la vie qui soit intelligente. Prenez un atome avec ses électrons, son noyau fait de protons et de neutrons, et de quantité d’autres particules. Ainsi, même la matière, dans son fondement, est d’une prodigieuse intelligence et d’une extraordinaire beauté. Nous constatons donc que l’intelligence de l’univers, à tous les niveaux où nous l’observons, contient sa propre beauté. L’intelligence de la matière est belle. La physique quantique est un émerveillement permanent. Il n’est donc plus possible de dire que l’intelligence de la nature serait une illusion de l’esprit. Sauf à admettre que tout est illusion, que rien n’existe, ni vous, ni moi.

Lecteurs exigeants, ne m’en veuillez pas si je ne suis pas parvenu à répondre à la question contenue dans le titre de cette chronique. Je ne comprends toujours pas pourquoi la nature est si belle et si intelligente. Cela demeure un mystère et je n’ai pas la prétention de penser que la nature est belle simplement pour nous faire plaisir à nous les hommes…

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