226 – MILLE MILLIONS DE SABORDS !

Posted on janvier 4, 2012 par

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«Mille millions de mille sabords !» nous a souvent répété le Capitaine Haddock, au plus fort de ses colères … Comme lui, parfois, je m’emporte : en ce moment, par exemple, je fais tout un travail d’acceptation sur la complexité de notre psychisme humain.

Plus j’avance dans mes réflexions et mes ressentis plus j’ai l’intuition, qu’effectivement, nous créons nos vies avec nos pensées, c’est à dire nos croyances. Nous avons ce pouvoir extraordinaire ! Ce pouvoir est à la portée de tous et, pourtant, nous ne l’utilisons pas, ou si peu … Quel gâchis !!!!

Ce qui est terrible à accepter c’est que, même avec cette Foi profonde, mes pensées s’échappent et s’égarent encore, parfois, au pays de mes angoisses et de mes peurs. Sur ce sujet, je viens de recevoir une merveilleuse leçon d’Olive, me montrant à quel point la condition humaine est handicapée …

Olive vient de faire le grand voyage : accompagnée par ses maîtres et son frère Oscar, elle a quitté son corps. Jusqu’au bout elle a vécu telle qu’elle était : enthousiaste, généreuse, paisible. Jusqu’au bout elle a vécu le PRESENT et elle a offert ce présent à ceux qui l’entouraient. Olive, je ne sais plus si je vous l’ai dit, était une chienne. Peu importe sa race, elle était une «grande» chienne, dans tous les sens du terme. Malgré ses problèmes de santé, elle a vécu jusqu’au bout comme si la vie était éternelle : elle a joué, elle s’est réjoui de revoir la neige, elle a exprimé son amour à ses maîtres, elle a tout simplement vécu. Tout le monde s’inquiétait autour d’elle et, elle, elle continuait à les consoler ! Oui, oui, c’est elle qui les préparait à son grand départ …

Quelle sagesse ! Quelle force ! Bien sûr, vous me direz : «C’est un animal, pas un humain, elle n’a pas la même conscience».

Mais que sait-on de la conscience des animaux ? Surtout celle de nos animaux de compagnie qui partagent si intimement nos vies … Cette intimité profonde les oblige peut-être à évoluer vers notre conscience humaine ? Qu’en savons-nous ? Ils ne parlent pas, voilà la grande différence.

Il a été prouvé que les animaux que l’on amène à l’abattoir stressent et expriment la peur. Quelque part, ils «savent» qu’ils vont mourir de façon assez atroce. Il suffit de voir les pauvres poulets se débattre sur les tapis roulants des «élevages» industriels, tapis roulants qui les mènent à la mort. C’est absolument horrible !

Ces animaux ont déjà cette perception, pourtant ils n’ont jamais partagé l’intimité et l’affection d’un ou de plusieurs humains. Alors, imaginons les perceptions des animaux qui partagent quotidiennement les états d’âmes, les émotions, les événements, la vie des êtres humains !

Comme Olive … qui a vécu entouré des soins et de l’affection de ses maîtres. Pourtant, Olive est restée sereine jusqu’au bout, comme si elle savait qu’elle ne pouvait qu’accepter ce qu’elle vivait …

Et voilà où le Capitaine Haddock se réveille : «Mille millions de mille sabords !». Pourquoi, nous, les êtres humains, n’arrivent-on pas à accepter la vie telle qu’elle est ? Avec ses lois ? Les lois de la vie et de la mort … Nos pensées étant majoritairement commandées par notre mental, et celui-ci étant mal dirigé par notre égo, nous nous retrouvons à créer des pensées de peurs, d’angoisses, d’inquiétudes … Et plutôt que de savourer le présent tel qu’il est, ou de créer des pensées positives pour notre avenir, nous vivons dans la peur de l’avenir, dans la peur de la mort. Et c’est cette peur qui gouverne nos vies ! 

Je discutais, dernièrement, avec un jeune homme. Je lui demandais pourquoi il buvait autant en «soirée». Réponse : «Sinon, je ne peux pas m’amuser». Devant mon étonnement, il rajoute «Quand je suis en boite et à jeun, je vois le ridicule de tout cela, le vide, le non sens. Alors je me sens seul vu que tous les autres ont bu et rigolent de tout et de rien. Je préfère boire avec eux, j’oublie tout, je ne suis plus tout à fait conscient».

Vous imaginez la complexité de la psyché humaine ? Etre obligé de boire, de se droguer d’une façon ou d’une autre, pour -soi-disant- «rigoler» ? Pour fuir la réalité ? Pour se fuir soi-même ? Donc … si j’extrapole, pour fuir ses angoisses ? Ce que nous fuyons sans cesse, in fine, n’est-ce pas notre peur de la mort ?

La vie est tellement belle ! Pourtant, au lieu de la savourer, de la déguster, d’en profiter au maximum (avec ses joies et ses peines), nous la gâchons avec nos angoisses permanentes, bien cachées sous les apparences.  Oui, nous mourrons un jour … mais ce jour n’est pas encore là et nous laissons cette angoisse (bien souvent inconsciente !) nous tuer à petits feux … Ainsi nous ne vivons pas vraiment : nous faisons du remplissage. Nous nous occupons, nous créons des drames, nous buvons et mangeons trop, nous agressons, nous nous compliquons la vie, tout ceci pour fuir notre réalité de mortel.

Mille millions de mille sabords ! Pourquoi n’arrivons nous pas à atteindre la sérénité d’Olive ? Je me demande, parfois, si Adam et Eve n’ont pas réellement croqué la pomme …