264 – LE DENI

Posted on avril 2, 2012 par

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Lorsque la douleur est trop insupportable, notre cerveau libère des endorphines qui nous endorment. Lorsque la réalité est trop dure à regarder en face, nous la fuyons, chacun à sa façon.

  Un de mes cousins fut un avocat brillant et admiré pour son verbe et sa prestance. Il savait bien recevoir et traitait ses amis comme des princes. Bref, en société, il brillait de mille feux et s’étourdissait lui-même. Il dépensait sans compter, tant il lui semblait vulgaire de se restreindre. Il traversa ainsi la vie, comme au théâtre, éloigné des contingences, tout occupé qu’il était à se mettre en scène. Quand il fut ruiné et que le rideau tomba, il s’éclipsa soudain par l’entremise d’une attaque cérébrale qui lui fit perdre la mémoire et tout ce qui pouvait lui rester de principe de réalité. Par une sorte de programmation inconsciente, il tira sa révérence, ne supportant pas de regarder la réalité en face. Tel est le déni…

Dans nos vies, nous avons tous bien des occasions de déni, lorsque, par exemple, nous sommes frappés par une douleur affective trop dure. Nous pensons alors :   « Non, cela n’est pas possible, cela doit être une erreur!». J’ai en tête l’exemple d’un voisin dont nous savions la femme gravement malade. De retour de vacances, nous le rencontrons et lui demandons des nouvelles : il nous répond  que sa femme souffre encore, mais qu’elle va mieux. Mais quelle surprise d’apprendre, le lendemain, que sa femme était décédée depuis une semaine ! Fuir, est un mécanisme de survie lorsque l’on n’a pas le courage ou la force de faire face. Face au danger, quel qu’il soit, nous n’avons que trois alternatives : fuir, combattre ou subir ! Ainsi, peu d’entre nous sont capables de regarder en face la réalité de leur propre mort. Cela reste hypothétique et lointain.

Le déni concerne aussi les sociétés. De nombreux pays Européens se comportent comme mon

conséquence du déni

cousin. L’état continue à y mener grand train, avec ses cohortes de fonctionnaires, ses subsides distribués tout azimut, son immigration non contrôlée et ses guerres lointaines. Ces pays ne veulent pas voir la réalité de leurs finances publiques et ne veulent pas se restreindre. Faire des économies est considéré comme vulgaire, réservé aux gagne-petit. La faillite est proche, mais on ne change pas son train de vie. On se berce d’illusions en empruntant des milliards que nos petits-enfants devront rembourser, comme mon cousin qui est aujourd’hui pris en charge par sa famille. Les emprunts à long-terme de la France sont portés à 50 ans ! Oui, vous avez bien lu ! Cinquante ans, c’est deux générations… chacun vit au jour le jour et se dit: « Après moi, le déluge ! ».

Nous entendons ici et là des discours politiques insensés, pleins de promesses folles. La France est en campagne électorale et tout est bon pour mentir au peuple, prêt à gober tous les mensonges. Car nous aimons les mensonges qui nous font rêver, nous ne voulons croire qu’aux belles promesses. Nous ne voulons pas voir la réalité : les Etats Occidentaux sont ruinés et s’ils ne se réforment pas d’urgence, ils seront mis en dépendance, assisté, comme mon cousin dont on me dit qu’il est heureux ! Peut-être que les Européens seront heureux d’être sous protectorat allemand et de travailler pour la Chine, comme des mercenaires ? Tel sera le résultat du déni collectif…

De Mix&Remix, L'hebdo, Lausanne

 Personne n’aime  Cassandre qui voit venir les malheurs lorsqu’ils sont encore évitables. Nos chroniques n’ont qu’un but : aider à prendre conscience du monde qui vient, pour s’y préparer et participer à sa construction, plutôt que s’y soumettre. Nous plaidons sans cesse pour plus de liberté et donc plus de responsabilité. Le déni, c’est la soumission, c’est l’irresponsabilité, c’est fuir sans combattre. L’occident manque de courage et les hommes politiques cherchent à nous endormir et plus personne ne pense!

Il est temps de se réveiller et de demander notre part de responsabilité. Nous réclamons la démocratie directe, seule capable de redonner au peuple sa dignité. Les représentants du peuple ont failli à leur tâche qui est celle de guider et d’éclairer, ils ne méritent plus notre confiance. Nous voulons participer activement à chaque décision et regarder la réalité en face.