Liberté de ton, Liberté d'opinion
La critique du PIB ne s’arrête pas là. Hervé Kempf, spécialiste d’écologie politique, précise dans son livre « Fin de l’occident, naissance du monde » : « Le PIB ne rend pas compte d’un effet majeur de l’activité économique, son impact sur l’environnement. Comme l’avenir du monde repose sur la capacité de l’humanité à maintenir l’équilibre de la biosphère, toute augmentation du PIB signifie l’affaiblissement de cette capacité vitale ». Le naufrage de l’Amoco Cadix accroit le PIB ! Le même auteur fait remarquer que la mesure du PIB donne un chiffre moyen qui masque une réalité importante, à savoir la disparité des revenus. Autrement dit, une augmentation du PIB peut masquer une augmentation des inégalités. L’enrichissement des actionnaires n’est pas équivalent à l’augmentation des salaires !
Il s’agit, ni plus, ni moins, de maximiser le bonheur et de minimiser l’impact sur l’environnement. Cela nous amène à une redéfinition de la richesse qui ne se mesurerait plus seulement en quantité de monnaie, mais ferait intervenir la notion de qualité de vie. Dans cette perspective, la décroissance se distingue de l’austérité en ce sens que la première est démocratiquement choisie et la seconde imposée par une oligarchie dominante. Cette « sobriété heureuse » dont parle Hervé Kempf suppose « une réduction de la consommation matérielle sans que cela soit vécu dans la souffrance et le sentiment de privation ».