Liberté de ton, Liberté d'opinion
En écologiste convaincu, Pierre Rabhi soulève le paradoxe fondamental de cette société moderne « qui ne peut produire sans détruire et porte donc en elle-même les germes de sa propre destruction ». Il a des mots très durs pour cet homme moderne, « démiurge occidental autoproclamé » qui a décrété la subordination de la nature à son service. L’homme moderne a ainsi asservi la nature à son profit. Cet asservissement a commencé avec l’agriculture intensive et le déclin du monde paysan, serviteur de la nature. L’exode massif vers les villes a démantelé les structures sociales traditionnelles et « l’épopée agronomique de l’Occident s’achève sur la disparition des paysans en tant qu’intendants millénaires de la terre nourricière ».
Ce qui est peut-être le plus tragique dans notre civilisation, c’est que « tout ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur ». Pour nous, le mot « économie » concerne exclusivement les flux monétaires et est basé sur l’exploitation des richesses de la nature et du travail des hommes : « l’économie consiste en un système qui, par son caractère dissipateur et destructeur, en est précisément la négation, un véritable outrage à l’économie ». Nous voilà au cœur du sujet, l’économie de marché serait tout ce qu’il y a de plus antiéconomique ! En effet, nous constatons avec effroi à quel point nous avons pillé les richesses de la nature et combien, dans le même temps nous continuons de les gaspiller. La véritable « économie », serait l’envers du productivisme en vigueur, mais une nouvelle et aussi très ancienne façon de vivre, basée sur la frugalité.
Merci pour votre article et ce bel hommage à un homme juste !