861 – LA CIVILISATION des NON-BINAIRES

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Une nouvelle civilisation est en train de naitre et d’imposer sa vision du monde. Elle prétend que désormais il n’y a plus de dualité entre le bien et le mal, entre le beau et le laid, entre le rationnel et l’irrationnel, et bien entendu entre le féminin et le masculin… Autrement dit, tout se vaut et elle nous propose une société qui marche à cloche-pied !

S’il est une philosophie qui exprime bien la dualité du monde, c’est celle du Tao et son symbole du Yin et du Yang, universellement connu. Ce qui me parait magnifique dans ce symbole, c’est qu’il exprime à la fois la dualité mais aussi la complémentarité. Dans cette représentation du Yin et du Yang, il y a à la fois une tension et une transformation.

Cette dualité habite toutes les sociétés humaines depuis l’aube des temps et le fait qu’elle soit contestée, aujourd’hui, par une frange d’intellectuels post-modernes, et adoptée par une cohorte de suiveurs qui se prétendent progressistes et non-binaires, ne présage rien de bon quant à l’avenir de la société occidentale, si ce mouvement s’amplifie.

Confusion masculin / féminin

La dualité est présente à tous les étages des sociétés et on peut presque les énumérer à l’infini. J’en passerai en revue quelques-unes pour expliciter ma pensée et montrer l’inanité d’une pensée non-binaire. Mais il convient avant tout de préciser que dualité ne signifie pas opposition, bien au contraire, même si trop souvent cette dualité est vécue comme deux pôles opposés.

C’est à partir de cette opposition que raisonnent les partisans du non-binaire et  c’est ainsi qu’ils se justifient pour tenter d’en sortir. Ce n’est pas un hasard si le noyau dur de ce mouvement se situe à l’intérieur de la mouvance féministe, qui appréhende la dualité homme/ femme comme une opposition frontale.

Pour eux, la non-binarité se vit en fusion homme/femme, c’est-à-dire en gommant les différences, rendant possible, voire souhaitable, toute une panoplie d’expériences sexuelles, allant jusqu’à la transsexualité qui génèrent des individus au genre incertain et confus et, par conséquent, non-binaires ! 

Cette confusion des sexes s’appuie sur le refus d’une autre dualité qui est celle entre la nature et la culture. Pour les tenants de la théorie non-binaire, la culture prime sur la nature, c’est-à-dire sur le biologique ! Nous savons que notre sexe biologique se détermine, dès la conception, par la présence ou non d’un chromosome Y. Il n’y a pas de doute là-dessus. De-là découle un certain nombre de caractères sexuels spécifiques à chaque sexe, que cela plaise ou que cela déplaise.

Mais il est vrai que la culture assigne à chacun un rôle social qui renforce des stéréotypes masculins ou féminins, dans nos comportements et dans la façon de s’habiller par exemple. Il existe indiscutablement une part culturelle dans la façon de nous affirmer homme ou femme. Il est vrai également que chacun porte en lui une part des caractéristiques de l’autre sexe, chaque homme porte en lui une part féminine et vice-versa, comme le signe du Tao l’exprime parfaitement. C’est ainsi que, lors de la période floue de l’adolescence, il peut y avoir un certain flottement avec des fragilités psychologiques, qui peuvent amener une confusion, voire un passage à l’acte.

Il est toutefois abusif de nier le biologique et de plaider que seul le conditionnement culturel et social détermine le sexe et qu’il n’y a pas de conséquences si un homme prend l’apparence d’une femme ! cela correspond à une certaine mode, allant jusqu’aux traitements chimiques et chirurgicaux, ce qui est une curieuse façon d’affirmer son adhésion au non-binaire !

Confusion rationnel / irrationnel

La même pensée non binaire a envahi depuis longtemps le champ des sciences qui prétendent appréhender le monde uniquement avec la pensée logique et rationnelle, en évacuant tout ce qui ne peut pas se quantifier, c’est-à-dire se mesurer et se doser.

On dit que le cerveau droit est celui de l’imaginaire et de l’irrationnel, celui des poètes et des créateurs. Nos scientistes modernes sont en quelque sorte hémiplégiques puisqu’ils ne se servent que de la moitié de leur cerveau ! Seuls les grands scientifiques sont binaires et savent jouer des deux hémisphères en complémentarité, ils sont créatifs et font avancer le monde.

 Les scientistes ne sont que des techniciens qui ont une vue étriquée et parcellaire du monde. Ils sont incapables de l’appréhender dans sa globalité et sa complexité. Ils ne croient que ce qu’ils peuvent mesurer et réfutent tout ce qu’ils ne comprennent pas : ils sont non-binaires, pour eux le monde réel peut se mettre en équation, le reste n’est qu’illusion.

La logique pure réfute toute morale et toute éthique, car elle ne voit dans l’humain qu’une machine, qui vient du hasard pour repartir vers le néant. Pas de surnaturel, pas de spirituel, pas de transcendance, la seule chose qui compte c’est la matière, c’est le plaisir égoïste et personnel.

Confusion relativisme / universalisme

Pour le non-binaire, il ne saurait y avoir de morale, mais seulement des arrangements provisoires et localisés, pour satisfaire les besoins matériels et l’équilibre minimum d’une vie en société.

Je comparerais la morale du non-binaire avec le code de la route. Il roule à droite lorsque c’est plus facile de le faire ainsi. Mais il peut aussi, comme tout un chacun, rouler à gauche là où il le faut. Autrement dit, selon lui, il n’y a pas de morale universelle qui s’imposerait à chaque humain, toute règle et toute loi n’est qu’un arrangement relatif, comme le code de la route.

Il n’est pas étonnant que cet individu, sans foi ni loi, si je puis dire, soit un peu perdu et désespéré dans un monde aussi dépourvu de transcendance, et éprouve quelques difficultés à être heureux !

Nous pouvons nous reconnaitre dans cet individu dénué de valeurs universelles, qui ne marche que sur une jambe et ne croit qu’au relativisme. Nous avons oublié que chacun d’entre nous représente toute l’humanité, qu’elle est en nous depuis la nuit des temps et qu’il nous appartient de la défendre et de la porter haut ! On n’impose pas une valeur universelle par la force, comme le code de la route, on y adhère si on est binaire et que l’on sait que le bien et le mal existent.

C’est probablement cette absence de transcendance et de valeur universelle qui sont à l’origine de l’invraisemblable panique qui s’est propagée en 2020 dans les pays occidentaux, face à la peur de la mort, comme si c’était la première fois dans l’histoire de l’humanité que survenait une épidémie. En d’autres temps les peuples étaient plus sages face à la mort…

Montaigne qui a connu, en même temps, la peste de 1585, autrement plus meurtrière que le covid-19, et les guerres de religion plus dévastatrices que les attentats islamistes ! Il écrivit dans ses Essais : « Je veux qu’on agisse et qu’on prolonge les offices de la vie tant qu’on peut. Et que la mort me trouve plantant mes choux, mais nonchalant d’elle et encore plus de mon jardin imparfait. » 

Cultivez votre jardin !

Confusion bien / mal

Bien entendu, pour les non binaires, le bien et le mal sont des valeurs bourgeoises, relatives, qui ne signifient rien, sauf à brimer le peuple pour mieux le dominer. Selon eux, il faut donc réfuter ces notions sans valeur. Partant de là, tout est permis, ou presque…

Le pape de la bioéthique, celui qui montre le chemin dans le sentier du futur, se nomme Peter Singer, professeur de Bioéthique à l’Université de Princeton. Ses prises de position façonnent les plus beaux esprits du monde et il est le maitre à penser de nombreux universitaires à travers la planète. C’est lui qui fait la distinction entre les vies qui méritent d’être vécues et les autres. Selon Singer, seuls ceux qui ont la conscience d’être et de jouir de la vie peuvent revendiquer le droit à la vie.

Singer trouve donc légitime de pratiquer des « avortements post-nataux ». Il met sur le même pied avortement et infanticide, ce qui sur le plan de la logique pure, c’est-à-dire d’un raisonnement non-binaire, est irréfutable ! Il ne s’embarrasse pas de préjugés : « Du point de vue utilitariste total, si tuer le nourrisson hémophile n’a pas d’effets néfastes sur d’autres personnes, le tuer sera justifié ».

Singer, toujours à l’avant-garde de la provocation écrit que : « l’on peut tuer un enfant de trois semaines pour des raisons frivoles », par exemple, « accepter un emploi » ou « faire un voyage en Toscane ».

Ensuite, Peter Singer se jette sur le sujet scabreux et délicat de la vie et de la mort. Il le fit à travers son livre « Repenser la vie et la mort », que certains ont qualifié de « Mein Kampf du mouvement pro-euthanasie ». L’euthanasie peut être étendue à tous les individus non conscients : « On ne doit pas prétendre que des humains qui respirent sont morts. Ils ne sont pas morts, mais cette vie-là ne vaut pas la peine d’être vécue ».

On peut aussi envisager de conserver les comateux comme réservoirs d’organes :« Les néo-morts sont chauds, ils respirent, ont un pouls, des fonctions d’excrétion, leur corps a besoin de soins, y compris alimentaire et toilettage… et ils pourraient sans doute être maintenus dans ces conditions pendant de nombreuses années pour être utilisés au service de la science et de l’humanité de manière extraordinairement utile ».

Dans un monde non-binaire, rien n’est sacré, rien n’est tabou, seule la matière existe, l’humain est une machine utilitaire sans morale et tout est donc permis pourvu que cela serve ou procure du plaisir, pour autant que l’on ne fasse pas souffrir un être conscient… Mais le plus étrange, c’est que ce sont ceux qui nient la spécificité humaine qui sont les plus ardents défenseurs de la cause animale !

Je ne sais pas si vous aimez ce monde-là, mais pour nourrir vos réflexions, je vous conseille de relire Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq, cet autre prophète moderne, qui voit l’homme comme « La première espèce animale de l’univers connu à organiser elle-même les conditions de son propre remplacement ».

2 comments

  1. C est d un cliché… issu d un homme bien “confiné” dans le paradis fiscal pendant des années, caché derrière son “paradis de Dieu” comme il l appelle… Mais sa non connaissance de l humanité, de la réalité, son ignorance de l époque dans laquelle il continu de vivre (justement pour lui permettre de comprendre ce qu il l entoure) , le pousse à penser de manière irréaliste et donc de façon “non binaire”. C est le non binaire qui tente de réfuter sa propre raissonnance. C est hilarant de constater que ce genre d humain se pense ouvrir un chemin philosophique…

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