947 – NOS TRES CHERS UKRAINIENS

Une fois de plus, l’Europe s’aligne sur les USA, ce qui lui évite de réfléchir et d’agir par elle-même. Nous nous sommes donc soudain pris d’affection pour l’Ukraine et les Ukrainiens et nous semblons prêts à les assister et les aider, les yeux fermés, jusqu’à nous mettre en péril ! Est-ce bien raisonnable ?

Je suis prêt à parier qu’il y a encore quelques mois, pas un européen du sud sur deux n’était capable se situer l’Ukraine avec précision sur une carte de géographie. Mais, après une intense campagne médiatique, ils sont tous prêts à se sacrifier pour une cause qui ne les concerne pas.

Rappel historique

Pendant des siècles, l’Ukraine a fait partie de l’Empire Russe auquel elle fut rattachée en 1654. Du temps de l’URSS, l’Ukraine devient une République autonome sous la férule de l’empire soviétique.

Puis, en 1954, Nikita Khrouchtchev, d’origine Ukrainienne, décide de rattacher la Crimée à L’Ukraine. Après la chute de l’Union Soviétique, en 1991, l’Ukraine devient une nation autonome. En 2014, à la suite des évènements à Kiev, la population de Crimée demande son rattachement à la Russie qui fut confirmé par un référendum.

En effet, en 2014, les USA fomentent et soutiennent un soulèvement en Ukraine contre le gouvernement élu qui est chassé du pouvoir et remplacé aussitôt par un gouvernement pro-occidental qui continue de suivre les directives de la CIA. Les évènements actuels en Ukraine ne sont que la suite logique de cette entreprise de déstabilisation effectuée par l’Amérique.

Mais les russophones du sud de l’Ukraine n’acceptent pas les conséquences de ce coup d’État et protestent ! Ces populations sont alors l’objet de nombreux sévices et humiliations. Des groupes paramilitaires, porteurs d’une idéologie nazie, bombardent régulièrement les populations russophones qui ne cachent pas leur désir d’être autonomes ou rattachées à la Russie.

Cependant, lors d’un sommet à Minsk, capital de la Biélorussie, le 11 février 2015, les dirigeants de L’Ukraine, de la Russie, de la France et de l’Allemagne, se mettent d’accord sur des mesures concernant la guerre du Donbass. Il était prévu un cessez-le-feu supervisé par une instance européenne, un statut spécial pour les régions séparatistes et des élections spéciales dans ces régions.

Malgré les demandes réitérées de Wladimir Poutine, Les Ukrainiens n’ont respecté aucun de ces accords et le régiment néonazie Azov a continué de bombarder les territoires autonomes. Les Français et les Allemands, garants des accords de Minsk, n’ont rien fait et, tel Ponce Pilate, se sont lavés les mains…

De guerre lasse, le 24 février 2022, l’armée Russe entre en Ukraine pour protéger les populations russophones qui demandent de l’aide. Les Occidentaux sont largement responsables de la situation actuelle : les USA d’abord, pour être intervenus afin de déstabiliser un pays, la France et l’Allemagne pour n’avoir pas joué leur rôle de médiateur et n’avoir pas fait respecter les accords de Minsk. Leur cynisme est à son comble lorsqu’ils prennent parti de façon massive en faveur des Ukrainiens et qu’ils attribuent tous les torts à la Russie…

L’engrenage fatal

Nous aimons tous les Ukrainiens qui sont certainement pleins de qualités et qui ne déméritent pas dans l’épreuve qui est la leur aujourd’hui. Nous avons même de la compassion pour les populations qui reçoivent des obus et autres gentillesses des deux provenances et pour tous ceux qui se battent fièrement.

Mais il faut aussi considérer que le gouvernement ukrainien a pris ses responsabilités en ne respectant pas les fameux accords de Minsk et en continuant de maltraiter les populations qui revendiquaient leur indépendance. Pour tout dire, c’est un conflit qui ne nous concerne pas et qui concerne encore moins les Etats-Unis qui ont cette fâcheuse habitude d’aller porter le fer et le feu aux quatre coins du monde.

Les européens se sont crus malins en s’associant aux sanctions, dictées par les USA, qui voudraient bien continuer à gouverner le monde et à s’immiscer dans les affaires des autres en vue de les affaiblir. Ces sanctions, en effet, sont doublement contreproductives pour les européens. Les prix du gaz, du pétrole et de l’électricité explosent ce qui ruine notre économie et met dans la misère des millions de citoyens. De ce fait, les Russes font des superprofits sur ce qu’ils nous vendent. Et, tout compte fait, nos sanctions ont pour effet de financer la guerre que font les Russes !

Non seulement nous finançons donc les Russes mais nous finançons aussi la guerre côté Ukrainien. Il s’est installé une rivalité entre les pays pour apporter des chars, des canons, de l’artillerie lourde, des missiles, des camions et même des casques ! Mais aussi, des renseignements militaires sur la position des troupes Russes, des experts et autres conseillers militaires. L’addition se compte en milliards de dollars et, bien sûr, personne n’espère être payé un jour…

Chaque pays européen rivalise aussi pour être le meilleur pays d’accueil pour les populations déplacées. Par exemple, en Espagne où je me trouve actuellement, les Ukrainiens sont non seulement accueillis à bras ouverts, mais ils reçoivent aussitôt un logement gratuit, un passeport européen et, pendant un an, une indemnité de 1100 euros par mois et par personne. On peut se réjouir de cette largesse mais on peut aussi faire remarquer que l’inflation est ici galopante, que la misère s’installe et qu’une majorité d’Espagnols gagne, en travaillant, moins de 1000 € par mois !

Ces très chers Ukrainiens nous font donc faire des folies, au-delà du raisonnable, et c’est là qu’intervient la théorie du chaos…

La théorie du chaos

Je vous recommande la lecture du livre du conseiller politique Giuliano da Empoli : « Les ingénieurs du chaos » consacré aux nouveaux maitres de la propagande politique. Vous comprendrez comment nous sommes manipulés par les media de masse qui jouissent d’un monopole de l’information.

Ces techniques ont conduit à une sorte d’unanimité pour condamner les Russes et la Russie, y compris le plus modeste de ses ressortissants foulant le sol européen. Le Russe lambda, vivant dans un quelconque coin de l’Europe, a vu ses comptes bloqués en guise de représailles ! Manifestement les dirigeants européens ont perdu la tête… Nous avions observé le même phénomène à propos de la crise covid, ce qui ne présage rien de bon pour notre avenir !

Le plus étrange dans les deux cas, c’est la léthargie des citoyens qui ont avalé tout cru et sans protester tous les mensonges qui sont véhiculés par la sphère politico-médiatique. Personne n’a protesté, même pas les français si prompts à descendre dans la rue et à mettre la France à feu et à sang pour une modeste augmentation du prix de l’essence de quelques centimes, comme nous l’avons vécu avec l’épisode, devenu célèbre, des « gilets jaunes ».

Aujourd’hui, ils ont un gouvernement qui les conduit vers la pauvreté et, non seulement ils ne bougent pas, mais ils ne disent rien et semblent approuver. Pas un seul leader de l’opposition, de droite ou de gauche, ne proteste ou ne conteste. Comment comprendre cela ? C’est là qu’intervient la théorie du chaos.

L’idée de base repose sur la fameuse devise « diviser pour mieux régner ». En termes de chaos l’Union Européenne, constituée de 27 états aux intérêts divergents, est un modèle du genre. Pour générer le chaos et la confusion, il suffit de favoriser l’individualisme, la compétition, les divergences d’idées entre les groupes et les groupuscules.

On peut dire les choses autrement en comparant la hiérarchie horizontale, constituée de quantité de petits roitelets autonomes et la hiérarchie verticale dans laquelle chacun suit une ligne directrice claire et bien définie. L’horizontalité constitue à la fois le charme et la diversité des démocraties mais aussi leur grande vulnérabilité. « Le chef doit être fort s’il veut protéger sa tribu » résume Giuliano da Empoli dans un autre ouvrage dont je vous recommande la lecture : « Le mage du Kremlin ».

Il est un fait, c’est que les régimes autoritaires semblent plus stables que les démocraties horizontales, tiraillées par des idéologies contradictoires et fragilisées par un individualisme outrancier. D’un côté l’État prime sur l’individu et de l’autre l’individu a priorité sur les intérêts de l’État. Ce sont deux visions radicalement différentes du monde. Xi Jinping ne s’y trompe pas lorsqu’il fait remarquer à la réunion de l’OCS à Samarcande, que « La concurrence entre deux orientations politiques, l’une marquée par la solidarité et la coopération, l’autre par la division et la confrontation, se fait avec une acuité croissante ».

La peur, l’instabilité et l’incertitude du lendemain constituent le terreau fertile du chaos comme nous l’avons tous appris lors de l’épidémie du covid. C’est dans le chaos que nous prenons les plus mauvaises décisions et les plus grands risques car « le chaos devient plus attractif que l’ordre, au moins il offre la possibilité de quelque chose de neuf » insiste da Empoli. C’est le syndrome du joueur qui est prêt à prendre les risques les plus fous au casino lorsqu’il est déjà à moitié ruiné !

L’auteur du Mage du Kremlin a cette phrase cruelle qu’il met dans la bouche d’un expert Russe : « Les Occidentaux pensent que leurs enfants vivront moins bien qu’eux. Ils voient la Chine, l’Inde et, grâce à Dieu, la Russie, faire des pas de géants et eux, rien. Chaque jour qui passe, leur pouvoir se réduit, la situation échappe à leur contrôle, l’avenir ne leur appartient plus. Ils sont prêts à faire les choix les plus absurdes. Notre devoir est simplement de les aider ».

Nous en sommes là, en plein chaos, et nos gouvernants prennent les décisions les plus folles qui vont nous ruiner tous. Pourquoi s’être amouraché de l’Ukraine ? Pourquoi pas de nos cousins d’Arménie massacrés par les musulmans d’Azerbaïdjan ? Nos cousins et amis d’Haïti méritaient aussi notre aide, au nom d’une histoire commune, mais eux n’ont pas droit à un seul regard. Tout est pour nos chers Ukrainiens, qui nous mettent dans la mouise pour longtemps !…

 

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