958 – PLENITUDE

Depuis la nuit des temps, l’humanité cherche l’apaisement du corps et de l’âme, l’harmonie entre l’intérieur et l’extérieur, l’épanouissement, bref le bonheur d’être ici et maintenant, avec cette conviction de faire partie d’un tout.

Notre époque contemporaine, surtout en Occident, ne parle pas beaucoup de l’âme. C’est pour beaucoup une terra incognita et, pour d’autres, c’est une illusion. Le chercheur matérialiste dira « je n’ai jamais vu l’âme au bout de mon scalpel » et il en déduira qu’elle n’existe pas. En effet l’âme ne se soupèse pas et n’apparait pas sur les scanners…

Il se pourrait que le malaise de notre époque matérialiste soit précisément le symptôme d’un manque d’âme. En latin, l’âme se traduit par « anima », le souffle qui anime la matière inanimée. Celui qui serait sans âme serait donc littéralement un être inanimé. Nous avons donc une âme même si, parfois, nous ne voulons pas le savoir.

Dans « Le miracle oublié », Deepack Chopra avance l’idée que « la plénitude correspond à la connexion du corps, de l’esprit et de l’âme ». Ainsi, lorsque l’on atteint cette plénitude, l’on n’est plus divisé intérieurement, on devient cohérent et plein, c’est-à-dire que nos pensées et nos actions sont en alignement avec notre âme.

Aujourd’hui, dans notre vie de tous les jours, nous sommes souvent priés de laisser notre âme à la maison et de parler et d’agir comme si nous n’en avions pas. Nous sommes donc divisés, morcelés, mutilés et loin de la plénitude. Sans âme, notre vie perd son sens, nous ne sommes plus qu’une machine qui accomplit des actes mécaniques, sans signification. Ceci entraine un malaise, un mal-être, qui se traduit par la déprime et peut aller jusqu’au suicide.

Beaucoup de décisions incohérentes et souvent totalement folles, dans nos sociétés modernes, sont prises par des dirigeants qui ne savent pas qu’ils ont une âme. Prendre soin de son âme et rester connecté avec elle, ne nécessite pas d’adhérer à une religion, ni de croire en des dogmes ou de suivre des règles et des rituels. On peut vivre avec son âme en dehors des religions.

Pour atteindre la plénitude, Deepack Chopra envisage 10 étapes d’éveil de la conscience :

  • Nourrir son « corps de lumière»

De même que le corps a besoin d’être nourri et choyé, l’âme, notre corps spirituel, reçoit et donne une énergie subtile qui apporte à l’esprit sa raison d’être, sa vision. Sans cette énergie subtile, nous avançons dans la vie à tâtons, sans vision. C’est l’énergie de l’âme qui donne sens à la vie.

Il est donc nécessaire de laisser l’âme s’exprimer et elle a mille façons de le faire en fonction de chacun. L’âme est dynamique et peut nous pousser à atteindre un objectif, l’âme est aimante et favorise les liaisons basées sur l’amour, l’âme est créative et nous inspire dans nos œuvres artistiques ou scientifiques, l’âme est joueuse et aime les plaisirs dans l’innocence, l’âme a la connaissance et se développe dans la réflexion et l’évolution.

  • Transformer l’entropie en évolution

Dans le monde matériel, l’énergie se dissipe avec le temps et le chaos augmente. Les physiciens disent que l’entropie augmente.

Dans le monde de l’esprit et de l’âme, l’entropie n’augmente pas car elle se transforme en évolution. Lorsqu’une pensée disparait, elle n’a pas épuisé notre capacité à penser. Au contraire, plus on pense plus on augmente notre capacité à penser, comme plus on aime, plus on augmente notre facilité à aimer.

De la même façon, plus on consacre d’énergie à notre vision et à notre âme, plus l’énergie de l’âme croit et plus elle peut nous aider pour atteindre les buts.

  • Approfondir la conscience

La conscience est à la source de qui fut, est ou sera. Sans notre conscience, l’univers cesse d’exister, c’est la conscience qui fait s’épanouir la réalité dans toutes les directions.

Le regard chargé d’amour et de gratitude fait apparaitre des niveaux subtils de la nature. Lorsque notre perception s’affine, le caractère sacré de la vie se dévoile. Selon Sri Aurobindo, une gradation des plans de conscience s’échelonne sans interruption de la matière pure à l’esprit pur, pour atteindre ce qu’il dénomme le « supramental » qui englobe la vision de la globalité.

  • Être spirituellement généreux

La générosité débute au niveau de l’âme qui ne tarit jamais des deux choses absolument nécessaires à la vie : l’énergie et la conscience. Quand on est certain que l’on ne manquera jamais de ces deux choses, on peut être spirituellement généreux.

Quand on est généreux en esprit, il devient facile de donner à n’importe quel niveau. « Il y a une différence entre le bienfaiteur qui donne son temps et de l’argent et celui qui offre son soi réel ouvert et vulnérable et qui se sent en empathie avec la condition humaine, sans faire de différence entre une âme et une autre ». 

  • La relation avant la consommation

La plénitude dépend des relations car elles représentent un ensemble qu’on ne peut pas trouver dans l’isolement. Mais établir une relation au niveau de l’ego est condamné à l’échec parce qu’il se dirige dans une direction opposée à celle de l’âme. La vraie relation n’a rien à voir avec la négociation. 

« En fait, ce qui importe le plus dans une relation, c’est le niveau de conscience ». Il convient de passer du « Je » au « nous ». C’est une communion entre deux êtres qui dissout les frontières de l’ego. Les liens ne mentent pas et on ne peut pas faire semblant !

  • Relation avec son corps

« Le corps a gardé sa foi dans l’âme, y compris quand on l’a soi-même perdu ». Il s’ouvre au courant de la vie. Tous les jours, et sans relâche, le corps s’occupe de nous. Il est donc normal d’entrer en relation de façon consciente avec son corps.

« La conscience désire couler librement du corps vers l’esprit et retourner au corps ». Mais, trop souvent, nous ne prenons pas la peine d’écouter notre corps et on remet au lendemain ou à jamais.

Le corps n’est pas exigeant mais ses besoins doivent être respectés avec une bonne hygiène de vie et une alimentation harmonieuse, du calme et du repos nécessaires. « L’objectif ultime dans la vie est le mariage de l’esprit et de l’âme » et c’est le corps qui les relie…

  • Chaque jour est nouveau

La routine, l’attachement au passé et l’ennui du quotidien sont des ennemis pernicieux qui sapent notre dynamisme de vie et nous mènent vers la déprime. Au contraire, chaque jour nous devons être prêts à recevoir l’énergie et la conscience en provenance de l’âme, mais si le cerveau est occupé à trop ressasser de vieilles expériences, nous ne sommes pas réceptifs.

Une partie importante de l’activité cérébrale est volontaire. Par conséquent nous pouvons diriger notre cerveau. Chaque matin il convient de dire d’une façon claire et volontaire : « Je veux être nouveau aujourd’hui ».

Or, « l’instant présent est le seul endroit où le renouveau existe, puisque l’on reçoit tous les messages dans le présent ».

  • Laissons l’éternité gérer le temps

D’un point de vue pratique, la gestion du temps est souvent ce qui nous est le plus problématique ! Le temps nous met souvent sous contrainte et crée un stress permanent.

Selon Chopra, « La véritable solution est de vivre l’éternité, ce n’est que quand le temps disparait qu’il y en a suffisamment. Cela semble paradoxal, pourtant c’est la réalité ». Je dois humblement avouer que je ne suis pas encore parvenu à atteindre cet idéal de détachement !… Je ne suis pas parvenu à ce que le temps se plie à mon désir et je demeure encore trop souvent son esclave…

Néanmoins j’approuve cette affirmation : « Quand on est trop lié à un sens externe du temps, on passe à côté de la véritable raison d’être de l’existence, qui n’est pas de respecter les délais… Pour être dans la plénitude il faut laisser l’éternité se fondre dans le temps. »

  • Ressentir avant de comprendre

La conscience dépasse l’entendement. On ressent les évènements, les situations et les gens avant de les connaitre. En entrant dans une pièce on ressent s’il y a de la tension dans l’air, s’il y a de l’hostilité. On ressent la personne qui ne nous aime pas et elle n’a pas besoin de le dire, elle ne peut même pas le cacher. Le corps est conçu pour percevoir au-delà de nos cinq sens généralement admis.

C’est un handicap de ne pas ressentir le monde qui nous entoure. On ne peut pas ressentir l’amour de quelqu’un si on ne croit pas pouvoir être aimé. Aucune réussite ne peut apporter de l’estime de soi à quelqu’un qui ne croit pas en sa propre valeur.

« Pour être entier, vivre la plénitude, il faut véritablement penser : ce que je suis est suffisant.  Quand on ressent cela, le monde devient suffisant lui aussi … Tout ressenti de manque renvoie à une déconnexion de la source ».

  • A la recherche de son mystère personnel

La société actuelle n’est pas faite pour fournir la plénitude, parce que tout ce qui est de l’ordre du spirituel a été complètement dissocié de la vie matérielle.

« Il y a deux conditions pour atteindre la plénitude: la désirer de manière aussi fervente que pour obtenir un travail, une maison, une voiture ou une famille et être prêt à parcourir seul le chemin ». Il n’y a pas de recette ou de chemin tout tracé, chacun a son propre chemin, en toute liberté.

Nous savons seulement que les biens matériels ne nous apportent ni le bonheur, ni la plénitude, car il manque encore une dimension, que l’on peut nommer la transcendance, et qui est une aspiration fondamentale de notre âme. « C’est l’aspiration à la transcendance qui nous unit à notre âme et qui unit notre âme à toutes les autres ». Mais à chacun sa propre transcendance…

Finalement, ce que je retiens de ces réflexions c’est que nous sommes en grande partie maitre de notre destinée. Nous sommes notre propre créateur tout au long de la vie. Pour tendre vers la plénitude, il nous revient de connecter le corps, l’esprit et l’âme. Tel est notre responsabilité d’être humain…

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