136 – LE LANGAGE DES SIGNES

Posted on juin 8, 2011 par

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Ce que j’appelle «le langage des signes» peut également s’appeler «synchronicité». Le psychanalyste Carl Yung nous l’a merveilleusement expliqué. Ces signes sont des «messages» qui viennent vous parler en synchronicité avec un évènement qui vous arrive ou une question qui vous interpelle. Et cette synchronicité entre deux évènements n’aura de sens que pour vous ! C’est un langage personnalisé que l’Univers met à votre disposition pour mieux vous comprendre, pour être plus conscient.

Pour illustrer je vais vous raconter l’histoire de Julie. C’est un exemple parmi des centaines d’autres ! Et je suis certaine que, vous aussi, vous avez déjà vécu ce genre d’expérience …

«Julie hésite à déménager. Elle habite une belle maison à la campagne avec son mari et ses trois enfants. Malgré une vie «de rêve» (selon tout son entourage) elle ressent un mal-être diffus qu’elle refoule. Quand on a tout pour être heureux … on doit être heureux, n’est-ce pas ? Alors elle «déplace» ce mal-être intérieur sur sa maison : elle est trop isolée, les enfants vont grandir et seront bien loin de leurs copains, elle a envie de vivre plus près d’une grande ville, plus près de la mer, etc … Bref, elle a plein de bonnes raisons de déménager ! Ouf … elle comprend mieux pourquoi elle sentait ce malaise en elle. C’était simplement son lieu de vie. Alors elle commence à en parler avec son mari, ses amies … Le premier lui parle de son travail qu’il va perdre s’ils quittent cette région, de cette grande et magnifique maison qu’ils ont aménagée avec amour et qui est un vrai petit coin de paradis, de leur tranquillité, etc … Les secondes se demandent si elle sera vraiment satisfaite un jour et lui conseille de réfléchir encore un peu.

Les semaines passent et Julie est de plus en plus mal : elle ne sait plus quelle décision prendre. Son mari lui a dit que si vraiment elle ne pouvait plus vivre ici, ils déménageraient et tenteraient de refaire une vie ailleurs mais, enfin, «Réfléchit encore ma chérie ! Ici je gagne bien ma vie, je suis à mon compte, les clients m’apprécient : nous perdrons tout cela.»

Leur maison s’appelle «L’hirondelle» …

Depuis quelques jours, deux familles d’hirondelles sont venues faire leurs nids dans le toit du garage. Elle les voit qui volent gracieusement et travaillent à l’élaboration de leur «home» pour accueillir leurs petits. Elles piaillent et chassent allègrement : les petits seront bientôt là. Julie est toujours émue par ces oiseaux, elle les aime et se réjouit de les accueillir sous son toit, malgré les déjections que cela va entraîner. A ce moment là, elle ressent sa maison comme un nid protecteur non seulement pour les hirondelles mais également pour sa petite famille. Elle aimerait être une hirondelle et pouvoir s’envoler légèrement, gracieusement, joyeusement et … revenir au nid à la nuit tombante pour s’occuper de ses petits, pour partager avec son mari.

 Elle rêve, Julie … quand tout à coup un gémissement strident l’interpelle. Elle ouvre sa fenêtre et là, sur le sol, elle voit une hirondelle posée dans une position bizarre. Elle sort, court vers elle, s’approche et s’aperçoit qu’elle a une aile brisée. Mon Dieu, la petite hirondelle ne peut plus voler ni remonter dans son nid. Qui est elle ? Le mâle, la femelle ? Qui va nourrir et couver les petits ? Tout à coup, la petite hirondelle blessée prend une place inconsidérée dans son coeur : Julie veut la sauver, l’aider à assurer la protection de ses petits, bref … Julie et l’hirondelle ne font momentanément plus qu’un ! 

Elle se renseigne, apprend plein de choses sur les hirondelles, soigne son aile blessée en la redressant d’un coup sec, lui donne à boire et lui met une mouche dans le bec pour la nourrir ! Julie redevient une merveilleuse infirmière … Puis elle repose l’hirondelle (certainement une femelle vu le dessin de la queue) dans le nid des petits avec quelques moucherons et mouches qu’elle a «chassées» pour eux.

Pendant toute la journée, il ne se passe rien. Julie entend simplement les petits pépier et voit le mâle qui vient les nourrir. Aucun signe de la maman … Chaque jour elle monte quelques mouches sur un morceau de bois afin que la jolie hirondelle se nourrisse afin de reprendre des forces. 

Et, un beau matin, elle la voit posée sur le fil à linge, à quelques mètres d’elle. Sans crainte, l’hirondelle la regarde. Exprime-t’elle sa reconnaissance ? Julie ne sait pas mais leur «échange» lui semble durer une éternité. Et, tandis qu’elles se fixent ainsi, une paix, une force grandit en Julie. Une évidence aussi ! Elle va reprendre son métier d’infirmière, elle va s’envoler un peu de sa belle maison pour soigner les gens puis revenir à la tombée du jour s’occuper de sa petite famille qu’elle aime tant. Ce malaise qu’elle ressentait, c’était donc ça ! Non pas que sa maison était trop isolée mais qu’elle, Julie, avait besoin de déployer à nouveau ses ailes pour exercer ce métier qu’elle aime tant. Elle n’osait pas se l’avouer : tant de femmes aimeraient avoir sa vie et pouvoir rester à la maison ! Dans sa belle maison qui s’appelle «L’hirondelle» … et qui devenait pour elle une cage dorée.

Julie a su entendre le langage des signes. Elle a «parlé» avec l’hirondelle qui, par synchronicité, est venue lui rappeler que ses ailes pouvaient encore voler. Cette hirondelle n’aurait certainement rien signifié à quelqu’un d’autre : elle n’était là (en mission ?) que pour Julie. 

Julie a pu parler de tout cela avec son mari qui, bien soulagé, l’a aidé à organiser leur nouvelle vie. Maintenant Julie est infirmière libérale et a un petit cabinet dans la petite ville voisine. Elle peut ainsi emmener ses enfants à l’école et les reprendre le soir. Quand elle ne peut pas … son mari s’en occupe ! Bien trop heureux d’être toujours dans leur nid «L’hirondelle». 

La petite hirondelle est donc venue porter un message à Julie. Vous auriez été à la place de Julie, certainement qu’elle aurait été «muette» ! Peut-être l’auriez-vous soignée mais vous n’auriez pas eu cet échange si fort. Car, pour Julie, tous les ingrédients étaient là pour expérimenter l’aventure d’une synchronicitéJulie aimait beaucoup les hirondelles : pour preuve elle avait appelé sa maison «L’hirondelle» !

  • Julie traversait une période de mal-être dont elle ne voulait pas voir l’origine et qui la culpabilisait
  • L’hirondelle est tombée devant sa fenêtre. Son aile était cassée et elle ne pouvait plus voler (donc, par conséquence, elle ne pouvait plus s’occuper de ses petits)
  • Julie la soigne et remet son aile en place. N’est-ce pas son «aile» à elle qu’elle soignait en même temps ? Julie qui rêvait tellement de voler comme un hirondelle et qui avait l’impression d’être enfermée dans une cage … D’un autre côté, en soignant l’hirondelle Julie retrouve les gestes de l’infirmière lui rappelant sa vocation.
  • L’hirondelle, une fois remise, vient «dialoguer» avec Julie et lui montre qu’elle peut voler à nouveau. «Toi aussi, Julie, tu peux voler ! En réparant mon aile, tu as réparé les tiennes». 
  • Julie prend conscience …

La nature nous envoie souvent des "signes" : restons vigilants !

Ouvrons nos yeux et nos oreilles et regardons autour de nous : les «signes», en apparence anodins, nous parlerons dès que nous en aurons besoin pour mieux nous guider dans nos vies.Toutefois, pour «entendre» et «voir» ces signes il est important de rester ouvert : développons notre perception et notre vie deviendra alors un véritable jeu de piste passionnant, enthousiasmant, captivant …

Et maintenant je laisse Carl Yung vous donner sa propre explication :

 «La synchronicité est un rendez-vous pour prendre conscience de soi-même. Elle est une coïncidence chargée de sens, qui à l’air invraisemblable et qui produit un très fort impact émotif. Elle transforme quelque chose dans notre histoire»